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jeudi, 04 juin 2026

Remigration Summit de Porto, JUGEXIT, démographie : Jean-Yves Le Gallou répond sans détours

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Invité d’honneur du Remigration Summit de Porto, Jean-Yves Le Gallou est l’auteur de Remigration pour l’Europe de nos enfants, paru aux éditions de La Nouvelle Librairie. Il revient ici sur les fondements démographiques, juridiques et civilisationnels de la remigration, le concept de JUGEXIT, et la dynamique politique qui pousse ce thème du camp identitaire vers le centre du débat européen.

Breizh-info.com : Vous étiez l’un des orateurs et l’invité d’honneur du Remigration Summit de Porto, après celui de Milan. Quelle a été votre impression sur place, et que retenez-vous de cette dynamique transnationale qui rassemble désormais des forces de toute l’Europe autour d’un même mot d’ordre ?

Que ressent-on ? La philia des Grecs. Un immense bonheur, celui d’être entre Identitaires européens partageant, par-delà les frontières nationales, l’appartenance à la même civilisation et la même volonté de la défendre. Quelle leçon en tirer ? Identitaires européens de tous pays, unissez-vous, c’est ainsi que vous serez plus forts !

Breizh-info.com : Votre livre s’ouvre sur une affirmation forte : la remigration serait avant tout un « mythe mobilisateur ». Que répondez-vous à ceux qui y voient l’aveu d’un projet relevant davantage de l’incantation que d’une politique publique réaliste ?

Disposer d’un mythe mobilisateur est essentiel, tout simplement parce que cela offre une perspective d’espoir. Celle de retrouver le bien-vivre ensemble, entre les siens, entre les nôtres, une vie paisible entre Européens partageant les mêmes mœurs et les mêmes coutumes dans une société de confiance. Cela ouvre aussi la possibilité de transmettre aux générations futures l’héritage que nous avons reçu et que nous devons transmettre : héritage ethnique, culturel, civilisationnel. C’est une cause qui nous dépasse et qui, par là même, nous grandit et nous rend espoir. Traiter du « comment », c’est bien, encore faut-il dire au préalable le « pourquoi ».

Breizh-info.com : La partie démographique de votre ouvrage est sans doute la plus difficile à contester. Pouvez-vous résumer, pour nos lecteurs, ce que disent réellement les chiffres, et pourquoi vous affirmez que même un arrêt total de l’immigration ne suffirait pas à inverser la tendance ?

Tout simplement en raison des taux de fécondité différentiels : celui des femmes de souche européenne se situe autour de 1,2 enfant par femme, celui des femmes d’origine extra-européenne à plus du double. Allez dans les maternités de Paris, Lyon, Marseille et ouvrez les yeux. Et si vous préférez, regardez les chiffres de naissance, comparez ceux de 2024 à ceux de 2003 :

• moins 37 % pour celles de deux parents français, de 654 000 à 476 000 ;

• plus 42 % pour celles d’un ou deux parents étrangers, de 130 000 à 184 000.

Breizh-info.com : Vous fondez la légitimité de la remigration sur le statut de « peuple premier » des Européens, en vous appuyant sur la paléogénétique et sur la Déclaration de l’ONU de 2007 sur les peuples autochtones. N’est-ce pas une lecture audacieuse, voire risquée, que d’appliquer aux Européens un cadre juridique pensé pour de tout autres populations ?

Il faut faire comme au judo et utiliser les armes de l’adversaire. Que des peuples autochtones veuillent garder leur culture et leur identité, je le conçois parfaitement et je trouve cela légitime. Mais les Européens sont aussi les autochtones d’Europe. Leur peuplement n’a pas changé, sauf marginalement, depuis 5 000 ans, et qu’on le veuille ou non, leur civilisation a fait le monde et y a apporté les bienfaits du développement. Nous avons le droit de poursuivre la grande aventure européenne et, pour cela, nous avons le devoir de préserver l’identité des peuples européens.

Breizh-info.com : L’un des apports les plus originaux de votre livre est le concept de « JUGEXIT ». Pouvez-vous expliquer ce que vous entendez par le « gouvernement des juges » et pourquoi vous estimez que la maîtrise démographique des nations européennes passe nécessairement par une reprise de pouvoir sur les cours constitutionnelles et européennes ?

C’est simple : il faut abattre la dictature des juges et revenir à la souveraineté du peuple — par référendum ou à travers les parlements — pour ne plus se laisser imposer les abus du droit d’asile, un regroupement familial sans discernement, et rendre à nouveau possible les expulsions de clandestins.

Breizh-info.com : Vous documentez de nombreux blocages judiciaires, de l’opération Fox en Autriche au projet albanais de Giorgia Meloni. Mais sur les modalités concrètes du JUGEXIT en France — référendum, sortie de la CEDH, révision constitutionnelle — votre livre reste assez évasif. Où en êtes-vous de votre réflexion sur ce point précis ?

Remigration pour l’Europe de nos enfants a été publié dans le cadre de la collection Iliade de La Nouvelle Librairie ; j’ai donc naturellement inscrit la question dans une perspective métapolitique, historique et culturelle. Ce n’était pas le lieu de rentrer dans le détail de propositions concrètes franco-françaises, d’autant que le livre a été écrit dans une perspective européenne, et que si la question du gouvernement des juges est cruciale dans tous les pays, elle se pose évidemment différemment d’une nation à l’autre, en fonction de leur propre état du droit. Mais je peux tout à fait répondre plus concrètement à votre question : la première étape du JUGEXIT en France, c’est de retirer au Conseil constitutionnel le pouvoir de censurer le contenu des lois, pouvoir qu’il s’est accaparé frauduleusement en 1971, en contradiction totale avec ce qu’avait voulu le général de Gaulle dans la Constitution de 1958. Au fond, il faut simplement revenir par référendum à la Constitution de 1958 en limitant le pouvoir du Conseil constitutionnel, voire en le supprimant purement et simplement. Rappelons qu’aucun conseil constitutionnel n’existait dans les républiques antérieures. La question de la dénonciation des conventions internationales — Convention européenne des droits de l’homme, Convention des droits de l’enfant, Convention de Genève sur les réfugiés — se pose aussi, dans la mesure où le pouvoir judiciaire utilise ces textes généraux en les surinterprétant du point de vue de l’idéologie progressiste. Il faut que la loi et le texte de la loi l’emportent sur les vaticinations pseudo-juridiques.

Breizh-info.com : Vous insistez sur le caractère « raisonné, raisonnable et progressif » de votre démarche, distinguant plusieurs catégories, des clandestins aux assimilés à qui vous reconnaissez pleinement la citoyenneté. Comment répondez-vous à ceux qui, à gauche, réduisent la remigration à un projet de déportation de masse brutal et indistinct ?

C’est un peu comme une course de haies : la remigration progressive doit régler les questions les unes à la suite des autres.

  1. Arrêt de toute immigration nouvelle : la grande pause.
  2. Expulsion des clandestins et des délinquants : la grande respiration.
  3. Non-renouvellement des titres de séjour des étrangers qui ne vivent que d’aide sociale : la grande décharge.
  4. Viendra ensuite la question des binationaux inassimilés et hostiles.

Breizh-info.com : La déchéance de nationalité pour les binationaux hostiles soulève des objections juridiques importantes, que vous reconnaissez vous-même en partie. Sur quels critères objectifs distinguer concrètement le binational « hostile » du binational simplement mal assimilé, sans verser dans l’arbitraire que vos adversaires vous reprochent ?

C’est tout simple : un binational inassimilé et hostile, c’est une racaille qui casse, une racaille qui pille et qui demain violera lors des émeutes immigrées qui suivent chaque 14 juillet, chaque Saint-Sylvestre et chaque match de football important. Cela commence à faire beaucoup. Or, si ces racailles inassimilées et hostiles se permettent cela, c’est parce qu’elles sont issues d’un vaste vivier de binationaux, eux aussi inassimilés, qui viendront à leur secours en cas de mise en œuvre d’une juste, légitime et proportionnée répression policière. En tout cas, c’est ce que pense le pouvoir, qui vit dans la terreur du soulèvement de quartiers entiers — ce qui prouve bien que le problème existe indépendamment de toute politique de restriction migratoire. Et plus nous tarderons à agir, pire cela sera. Ne tournons pas autour du pot : le binational délinquant doit être déchu de la nationalité française.

Breizh-info.com : Votre conclusion, « Peuples de l’Ouest, levez-vous ! », assume une dimension civilisationnelle et européenne, jusqu’à convoquer la mythologie commune et Tolkien. Pourquoi estimez-vous que la remigration ne sera politiquement viable qu’adossée à un imaginaire civilisationnel partagé, et non à de simples arguments techniques ou sécuritaires ?

Parce que la question centrale est précisément celle de l’identité, au-delà des questions de sécurité, de tranquillité ou de budget. Les sociétés multiculturelles sont multiconflictuelles. Si vous voulez retrouver le bien-vivre ensemble, il faut d’abord retrouver le bien-vivre entre nous et inscrire notre démarche dans la longue histoire.

Breizh-info.com : Le terme de remigration, hier confiné aux marges, est aujourd’hui repris par des partis pesant de 15 à près de 40 % des voix, du FPÖ à Chega. Pensez-vous que la bataille métapolitique, au sens où l’entendait Gramsci puis Alain de Benoist, soit en train d’être gagnée ? Et quelle est, selon vous, la prochaine étape pour passer des idées au pouvoir ?

La prochaine étape, c’est de faire comprendre aux dirigeants politiques, mais aussi au peuple des électeurs, l’ampleur des bouleversements que suppose une politique de remigration et de retour à l’identité. Il ne s’agit plus d’ajustements ponctuels et de micros réformes technocratiques, mais de changement de perspective. C’est en ce sens que la remigration est un thème mobilisateur pour rompre avec les discours gnangnans qui abrutissent l’opinion depuis un demi-siècle.

Breizh-info.com : Un dernier mot ?

Rendez-vous le 31 octobre à Paris, pour un grand forum de la remigration organisé par Polémia en partenariat avec Martin Sellner et Eva Vlaardingerbroek du Sommet de la remigration, et Louise Garnier, ainsi que le tout nouveau mouvement qu’elle est en train de lancer.

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