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mardi, 03 février 2026

De « présumés innocents » à « présumés coupables »

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La chronique de Philippe Randa

L’incendie d’un bar à Crans-Montana, en Suisse, le 1er janvier et son terrible bilan – 40 morts et 116 blessés – ont légitimement bouleversé l’opinion publique des pays limitrophes de la Suisse et sans doute bien au-delà… et les médias ont largement rapportés les faits connus ou découverts jour après jour, tout autant que l’émotion, voire la colère, des familles de victimes ou de certains témoins du drame. C’est leur rôle.

Ce qui l’est moins, en revanche, c’est que bien peu d’entre eux n’ont tempéré les excès de certaines accusations, en premier lieu contre le couple Moretti, propriétaires français de l’établissement, en second lieu contre la justice suisse qui aurait « tardé » à incarcérer Jacques Moretti (seulement le 9 janvier), tout en laissant « libre » sa femme Jessica, puis « libéré » le premier après « seulement » 15 jours de détention, décision qui offusque la dirigeante italienne Giorgia Meloni : celle-ci a ainsi exprimé « la vive indignation du gouvernement et de l’Italie » (dont six ressortissants ont trouvé la mort dans le drame) et a jugé que « cette décision représente une grave offense et une nouvelle blessure infligée aux familles des victimes de la tragédie de Crans-Montana et à ceux qui sont encore hospitalisés. »

Ce « faits-divers », certes ô combien abominable, ne se cantonne donc plus à une simple tragédie humaine, mais se déplace sur un terrain politique, de façon assez étonnante puisque de motivations politiques ou religieuses, il n’y aurait trace, sauf rebondissements éventuels et à jusqu’à ce jour, peu probables.

Le rôle de la Justice est avant tout une recherche de la vérité, puis de jugement sans affect ; comme elle l’a expliqué, la mise en détention de Jacques Moretti n’était que « préventive » et ne se justifiait que par les « craintes d’une possible fuite », ce que le versement d’une caution de 200 000 francs suisses (215 000 euros), assorti de « mesures de substitution » (confiscation du passeport, interdiction de voyager, sans port d’un bracelet électronique, mais avec obligation de se présenter une fois par jour au commissariat de police) semble écarter.

Ajoutons qu’une « cavale » n’est guère à la portée de tout le monde : Jacques Moretti et son épouse, même pour ceux qui les détestent le plus, ne sont pas d’importants maffieux, disposant de complices et de moyens financiers suffisants pour espérer échapper à Interpol ; et encore, rares sont les grands maffieux à échapper à une arrestation ad vitam æternam

Au-delà de cette objection, la détention de Jacques Moretti (sinon de son épouse) se justifiait-elle réellement alors que le couple n’est ni jugé, ni condamné et que son « entière » responsabilité n’est pas encore établie ?

La « présomption d’innocence » désormais obligatoire avant toute condamnation pour n’importe quelle personne dont, souvent, les délits sont pourtant avérés, ne peut-elle leur bénéficier, eux qui n’ont tout de même pas orchestré sciemment cette tragédie et dont on peut légitimement penser qu’elle les affecte humainement, sinon autant que les familles des victimes, du moins certainement, eux aussi ? Ce qui, bien sûr, n’exclut en rien leurs éventuelles et peut-être lourdes responsabilités. Et leurs condamnations futures si telles est le cas.

Sans se faire en aucune façon leur avocat, mais simplement pour tenter de raison garder, n’est-il pas indispensable de laisser la police et la justice œuvrer sans passions, sans pressions, afin d’établir si d’autres personnes, voire des institutions, n’auraient pas une part – et quelle part – de responsabilité dans ce drame et dans son ampleur ?

Beaucoup s’insurge souvent, à juste titre et moi le premier, contre le laxisme judiciaire de « présumés innocents »… mais le lynchage populaire de « présumés coupables » n’est-il pas tout aussi indigne ?

18:52 Publié dans Philippe Randa | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Nuremberg, ou l’histoire mise en scène

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Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées

Ce dimanche matin d’hiver, attablé dans ma cuisine bretonne, face à une fenêtre que le vent d’ouest gifle avec méthode, je parcours distraitement la presse étrangère. Sur l’écran de l’ordinateur apparaît une longue tribune du Kyiv Post, signée par Bohdan Nahaylo, consacrée au film américain récemment sorti sous un titre volontairement nu, Nuremberg. À mesure que je progresse dans le texte, une impression familière s’impose, celle d’une œuvre qui prétend transmettre l’Histoire tout en la remodelant selon les exigences d’une mémoire étrangère à l’événement qu’elle prétend raconter.

Le journaliste ukrainien commence par reconnaître ce que le film doit à la virtuosité hollywoodienne. Les acteurs sont solides, parfois remarquables, la reconstitution du Palais de justice de Nuremberg est minutieuse, presque obsédante, la solennité des scènes d’audience produit son effet. Rien n’est laissé au hasard sur le plan esthétique. Le problème, insiste-t-il, n’est pas formel. Il est politique, mémoriel, presque métaphysique. Sous l’apparence d’un récit universel, le film propose en réalité une lecture étroitement américaine du Tribunal militaire international.

Le cœur de la critique tient à cette américanisation radicale d’un événement qui, historiquement, ne l’était pas. Le tribunal de Nuremberg fut une construction à quatre puissances, États-Unis, Royaume-Uni, Union soviétique et France. Chacune apportait son juge, ses procureurs, ses traditions juridiques, ses priorités politiques. Dans le film, cette pluralité disparaît. Le spectateur a l’impression d’assister à une confrontation morale quasi exclusive entre procureurs américains et accusés allemands, avec une présence britannique purement décorative. La France est absente, purement et simplement, comme si elle n’avait été qu’un territoire libéré sans voix propre, et non une puissance victorieuse dotée d’une magistrature et d’une réflexion juridique.

L’effacement le plus grave demeure cependant celui de l’Union soviétique. Le Kyiv Post insiste longuement sur ce point, et l’on comprend pourquoi. À Nuremberg, les Soviétiques ne furent ni marginalisés ni secondaires. Le juge Nikitchenko, le procureur Rudenko, jouèrent un rôle central, notamment dans les interrogatoires les plus vifs, ceux de Göring. Surtout, l’Union soviétique représentait de fait les peuples qui avaient payé le tribut le plus lourd à la guerre. Des dizaines de millions de morts, des villes rasées, des villages entiers anéantis en Ukraine, en Biélorussie, en Russie occidentale. En gommant la présence soviétique, le film efface mécaniquement ces morts-là. Il réduit la guerre à un affrontement occidental, comme si l’Est de l’Europe n’avait été qu’un décor lointain, une zone grise sans chair ni mémoire.

Cette omission entraîne une seconde déformation, plus subtile mais tout aussi décisive. Le film place la tragédie vécue par le judaïsme européen au centre absolu du procès, comme si elle en avait constitué, dès l’origine, l’axe unique. Or, rappelle la tribune ukrainienne, à Nuremberg le génocide des Juifs d’Europe n’est pas un chef d’accusation autonome. Il s’inscrit dans l’ensemble plus vaste des crimes contre l’humanité, au même titre que l’extermination méthodique des prisonniers de guerre soviétiques, les famines organisées, le travail forcé, la destruction planifiée des élites et des cultures nationales dans les territoires occupés. Le tribunal s’attache d’abord à la guerre d’agression, au crime contre la paix, concept largement promu par les Soviétiques, qui voulaient faire de l’attaque elle-même un crime international.

Ce déplacement mémoriel n’est pas innocent. Il projette sur 1945 une hiérarchie des souffrances et des crimes qui s’est construite bien plus tard. Les Alliés, à l’époque, savaient ce qui se passait dans les camps, les services de renseignement en avaient connaissance, mais ils n’en avaient pas fait une priorité stratégique. Ils n’ont ni bombardé les voies ferrées d’Auschwitz ni réorienté la guerre autour de cette question. Faire croire que Nuremberg fut d’abord et avant tout le procès du génocide relève donc d’un anachronisme moral, confortable pour notre conscience actuelle, mais historiquement faux.

Je lis ces lignes en repensant à un souvenir ancien. Dans ma jeunesse, attendant la naissance de mon premier enfant, je passais de longues heures à la bibliothèque municipale de Rennes. Elle se trouve à quelques pas de la maternité, comme si le temps des livres et celui des naissances se répondaient. J’y consultais, volume après volume, les transcriptions intégrales du procès de Nuremberg. Une masse écrasante de papier, de procédures, de dépositions, souvent arides, parfois décourageantes.

De cet ensemble monumental, une seule partie me parut réellement vivante, presque charnelle, les interrogatoires du maréchal Göring. Là, soudain, le procès cessait d’être un rituel figé pour devenir un combat verbal. Göring se défendait avec une intelligence redoutable, une ironie parfois glaçante. Il opposait au procureur américain une logique d’État, une rhétorique de la souveraineté, dénonçant déjà ce qu’il appelait la justice des vainqueurs. Ces échanges furent, sans conteste, l’un des sommets du tribunal. Que les scénaristes américains se soient concentrés sur cet homme, sur cette joute, est parfaitement compréhensible. Göring offrait un personnage tragique, brillant, haïssable et fascinant, idéal pour la dramaturgie.

Il est tout aussi compréhensible qu’ils aient choisi une cause dominante, un récit clair. L’histoire, dans la mémoire collective, ne se conserve jamais dans sa totalité. Elle se condense. Les guerres de Religion françaises se réduisent souvent, dans l’imaginaire commun, aux massacres de la Saint-Barthélemy. Peu importe que les historiens aient depuis longtemps déconstruit cette vision simpliste, pour beaucoup, la couronne a décidé un jour d’égorger les protestants parisiens. La mémoire fonctionne par symboles, non par dossiers.

Ce mécanisme est encore plus visible dans le domaine religieux. L’Église catholique a toujours intégré son passé, y compris ses parts sombres. Elle les a ritualisées, nommées, commémorées. Le culte des saints, les martyrs, les récits de persécution ont constitué une immense machine mémorielle. Le catholicisme n’a jamais cherché à effacer ce qui dérange, il l’a absorbé, transfiguré, inscrit dans un récit long. Le protestantisme, à l’inverse, par méfiance envers le culte des morts et des images, a souvent laissé son passé se dissoudre. Il a produit moins de récits, moins de figures incarnées, moins de mythes durables. À long terme, c’est le récit entendu qui l’emporte sur la vérité historique.

Ce rapport inégal à la mémoire se retrouve dans l’histoire des nations. Les Anglo-Saxons ont su imposer leur lecture du passé par une production culturelle massive, cohérente, obsessionnellement répétée. L’Espagne en est sans doute l’exemple le plus frappant. Durant des siècles, elle a subi la légende noire antihispanique, forgée par ses ennemis protestants et reprise sans distance par la littérature et le cinéma anglo-saxons. L’Inquisition, la conquête de l’Amérique, l’Empire espagnol ont été réduits à une caricature sanguinaire, alors que les violences comparables des puissances protestantes ou libérales étaient relativisées, voire justifiées.

Il est frappant de constater que les Espagnols ne commencent que récemment à revendiquer leur passé, à contester cette légende noire, à produire leurs propres récits. Longtemps, ils ont intériorisé la culpabilité imposée de l’extérieur. Hollywood, les romanciers anglophones, les séries historiques ont continué à marteler une vision univoque, dans laquelle l’Espagne incarne le mal archaïque, pendant que l’Angleterre ou les États-Unis se présentent comme les vecteurs naturels du progrès et de la morale.

Dans cette perspective, le film Nuremberg ne fait que s’inscrire dans une tradition bien rodée. Il oublie les Alliés non américains, il gomme les ambiguïtés, il transforme un acte de puissance politique en geste moral universel. Or, le tribunal de Nuremberg n’était pas une cour de justice au sens classique. Il relevait d’un rapport de forces. La rétroactivité des incriminations, l’absence totale d’examen des crimes alliés, les compromis passés avec Staline montrent qu’il s’agissait avant tout d’un acte fondateur de l’ordre d’après-guerre. La justice y était subordonnée à la victoire.

Il existe dans l’histoire d’innombrables procès intentés par des vainqueurs à des vaincus. Ils répondent moins à une exigence de vérité qu’à un besoin psychologique, celui de s’installer définitivement dans le camp du bien. Le cinéma, lorsqu’il s’en empare sans distance, transforme ces moments en mythes édifiants, au prix d’une simplification radicale.

Il arrive cependant que la création littéraire ou artistique serve la vérité profonde du passé. Marguerite Yourcenar, avec Les Mémoires d’Hadrien, a fixé durablement l’image d’un empereur philosophe. Elle n’a pas inventé, elle a interprété avec rigueur des traces fragmentaires, elle a donné chair à des inscriptions. Désormais, quels que soient les travaux savants, c’est ce visage-là d’Hadrien qui demeure dans l’esprit des générations.

La majorité de la production cinématographique anglo-saxonne suit une autre logique. Elle fabrique des récits efficaces, émotionnels, nationalement utiles. Inutile de s’en lamenter indéfiniment. La mémoire appartient à ceux qui la racontent. Le seul moyen de renverser la vapeur consiste à produire, à notre tour, des récits, des films, des livres, capables d’imposer une autre vision du passé. Celui qui renonce à raconter son histoire accepte, tôt ou tard, de vivre dans celle des autres.

Source Breizh info cliquez ici

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lundi, 02 février 2026

Samedi 21 février, en Normandie : réunion nationaliste avec Yvan Benedetti

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23:46 Publié dans Combat nationaliste et identitaire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Large victoire de la droite de conviction au Costa Rica

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Michel Festivi
 
Petit pays de 51.000 km2 entièrement situé sur l’isthme de Panama, bordé d’un côté par l’océan Pacifique et de l’autre par la mer des Caraïbes, peuplé de plus de 5 millions d’habitants, ces derniers étaient appelés aux urnes ce dimanche pour des élections présidentielles et législatives. 
 
La particularité du scrutin est que tout se déroule le même jour. À la  présidentielle pour être élu au premier tour, le candidat arrivé en tête doit réunir au moins 40% des suffrages. Quant aux législatives, elles se déroulent sur un seul tour pour la désignation des 57 députés de la chambre unique. 
 
C’est l’ancienne ministre du gouvernement actuel, âgée de 39 ans, Laura Fernández qui a été largement élue avec 49% des voix, son principal adversaire de centre droit, arrivé en seconde position n’a recueilli qu’environ 33% des suffrages. Il a d’ailleurs reconnu sa défaite. Il y avait une vingtaine de candidats. 
 
Laura Fernández a promis de lutter ardemment contre le crime et notamment contre le narco trafic qui gangrène aussi ce pays depuis plusieurs années. Le taux d’homicides a atteint le pic historique de 17 pour 100.000 habitants, ce ratio a doublé en 10 ans. La nouvelle présidente est donc favorable à une politique à la Nayib Bukele, le président du Salvador, qui était venu assister il y a quelques mois, à l’inauguration de la pose de la première pierre d’une méga-prison, actuellement en cours de construction. 
 
Nayib Bukele a d’ailleurs été le premier président à la féliciter. Car le problème du Costa Rica c’est le pouvoir judiciaire, qui comme souvent s’oppose idéologiquement à des politiques répressives, en multipliant perpétuellement les bâtons dans les roues à toutes les réformes, ce qui a favorisé l’explosion de la criminalité, qui se nourrit du laxisme. Laura Fernández entend consolider les pouvoirs de l’État pour juguler ce phénomène. L’insécurité frappe en tout premier lieu le peuple. 
 
Pour se faire, elle a besoin d’une large majorité au parlement. Or, son parti ne disposait dans la précédente législature que de 8 sièges. Elle entend outre la construction de prisons, alourdir les peines et instaurer dans certaines zones violentes l’état d’urgence. La lutte contre le trafic de la cocaïne et la sauvagerie qu’il génère est une priorité, encore faut-il avoir les coudées les plus  franches. 
 
Les premières projections des législatives semblent lui donner raison. Son parti, le Parti du Peuple Souverain, pourrait passer de 8 à 40  élus. Cela la conforterait grandement dans sa politique sécuritaire, réclamée ardemment par une grande majorité de ses concitoyens. 
 
La presse bien pensante comme à son habitude, recycle des phrases préfabriquées et convenues : « virage autoritaire - tentation autoritaire ». Car vouloir éradiquer des gangs qui essaient de prendre en otage un pays, est considéré, chez certains, comme la preuve d’un autoritarisme débridé. Bel exemple de maladie mentale s’il en est. On connaît cela aussi chez nous parmi nos soi disantes élites. 
 
Les Amériques vivent actuellement une séquence conservatrice et droitière de tout premier ordre. Le Chili, l’Argentine, la Bolivie, le Honduras, le Salvador sont désormais dirigés par des présidents qui entendent assurer en tout premier lieu la sécurité de leur peuple. La Colombie va voter cette année, ainsi que le Brésil. Espérons qu’ils  mettent  fin aux catastrophes gauchistes qui ont trop détruit ce continent. Espérons aussi que cela pourra donner des idées aux électeurs français. 

20:32 Publié dans Michel Festivi | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Sarah Knafo ou l’énigme que Libération ne sait pas lire

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Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées
 
Je suis assis au café des Brisants, à la pointe de Lechiagat. Dehors, la mer est basse, luisante comme une tôle martelée, et le vent d’ouest charrie cette odeur mêlée d’algue et de gasoil qui rappelle aux vivants qu’ils ne sont jamais que des passagers. Sur la table, un café serré, un verre d’eau, et Libération ouvert en grand, deux pleines pages consacrées à Sarah Knafo. Je lis lentement, fasciné. Non par ce qui est dit, mais par ce qui affleure malgré l’effort visible pour le dissimuler.
 
La journaliste de Libération a dilué son fiel habituel dans une eau claire, presque une eau de source. Le ton est policé, la plume de Charlotte Belaïch se veut légère, la bande dessinée signée Florence Cestac amuse la galerie. Pourtant, ligne après ligne, affleure une obsession. Le portrait annonce un « itinéraire d’une ex-conseillère de l’ombre qui cherchait la lumière », formule révélatrice, qui pose d’emblée le soupçon moral, la quête narcissique, l’ambition coupable. Sarah Knafo n’est jamais décrite comme un esprit, mais comme un phénomène optique, une présence trop visible, presque indécente.
 
La journaliste passe son temps à traquer ce qu’elle croit être des petitesse, comme si l’essentiel devait forcément se nicher dans le défaut. Carriérisme, goût du pouvoir, usage supposé de la séduction auprès des hommes d’influence, le procès est instruit à bas bruit. On évoque un « papillon de lumière », on insiste sur les « adoubements », sur les déjeuners, sur les regards, sur les réseaux. Rien de tout cela n’aurait manqué de faire hurler les féministes si le sujet avait été une femme de gauche. Ici, le silence est assourdissant. L’ambition devient faute, la vivacité devient calcul, l’intelligence se mue en ruse, uniquement parce que la femme en question ne sert pas le bon camp.
 
À force de se concentrer sur ces soupçons, Libération passe à côté de la colonne vertébrale du personnage. Tout est là pourtant, à portée de regard, mais comme occulté volontairement. L’intelligence, d’abord. Elle affleure malgré le filtre hostile, jusque dans les témoignages convoqués à charge. Jacques Attali lui-même parle d’une impression « formidable, éveillée, dynamique ». Henri Guaino salue une personnalité « extraordinaire ». Même ses détracteurs reconnaissent une capacité rare à comprendre les mécanismes du pouvoir. Le journal accumule ces phrases sans sembler mesurer qu’elles ruinent sa propre thèse.
 
Nos chemins se sont croisés une fois. Il m’est arrivé deux fois d’être littéralement ébloui par une intelligence en actes. La première, il y a longtemps, lors d’un procès retentissant, en rencontrant l’avocat Jacques Vergès avant l’audience. Une intelligence froide, acérée, souveraine. La seconde fois, ce fut Sarah Knafo. Le parallèle étonnera, il est pourtant exact. Même capacité à saisir immédiatement l’ensemble d’une situation, même rapidité d’analyse, même distance ironique vis-à-vis du décor.
 
À la différence de Marion Maréchal, Sarah Knafo n’est pas tombée dans la marmite idéologique dès l’enfance. Son appareil de conviction, elle l’a lentement intériorisé. Libération évoque son parcours à Sciences Po, à l’ENA, ses hésitations, ses curiosités multiples, comme pour y voir une instabilité. J’y vois au contraire la marque d’une intelligence qui comprend progressivement l’enjeu d’une époque. Elle a vu ce que tant de hauts fonctionnaires refusent encore d’admettre, enfermés dans leur bulle sociale et idéologique, à savoir que le réel a repris ses droits.
 
L’article parle longuement de sa relation avec Éric Zemmour, auréolée de mystère, comme si toute femme devait forcément être définie par l’homme qui l’accompagne. On y suggère la manipulation, l’instrumentalisation, la tornade. Hypothèses commodes. Ce que le journal ne parvient pas à penser, c’est l’évidence d’un double éblouissement intellectuel. Aux idées, à la puissance d’analyse et à la projection historique d’Éric Zemmour, Sarah Knafo apporte une dimension politique et empathique. Elle sait traduire des concepts complexes en formules simples, compréhensibles, directement reliées à l’expérience vécue. Son entrée au Parlement européen a constitué la première étape de cette exposition, son succès médiatique depuis l’été 2025 en a été la confirmation, reposant sur cette faculté rare. Son entrée en lice pour les municipales à Paris n’est qu’une marche de plus.
 
Libération concède, presque à contrecœur, sa maîtrise des codes médiatiques. Il parle de « formules ciselées », de centralité, de visibilité constante. Il ne dit pas l’essentiel. Sarah Knafo est en syntonie avec le réel. Lorsqu’elle parle, elle convoque une expérience partagée par les Français, et désormais par les Parisiens. Elle s’adresse à ce que chacun voit, subit, ressent. Face à elle, des journalistes qui vivent dans une guerre culturelle permanente, petits soldats d’un imaginaire épuisé, mal armés pour affronter quelqu’un qui ne joue pas dans le registre de l’abstraction morale. On l’a vue récemment sur France Info dominer des intervieweurs ouvertement hostiles, cherchant à la déstabiliser, à la faire trébucher, à la piéger sur des mots. Elle les retourne sans hausser le ton, non par brutalité, mais par cohérence avec ce réel qu’ils ont déserté depuis longtemps. Surtout, elle ne porte aucun cadavre dans son placard, et cela les désarme plus sûrement que n’importe quelle polémique.
 
Enfin, Libération feint d’ignorer que rien de solide ne se construit seul. Prenons la campagne parisienne, elle n’est pas l’œuvre d’une soliste capricieuse surgie de nulle part. Elle est le produit d’un travail collectif, discipliné, méthodique, où chacun joue sa partition avec rigueur. Le rôle de Samuel Lafont, petit génie des réseaux sociaux et de la grammaire numérique de Reconquête, est central dans cette dynamique. Celui d’Éléonore Lhéritier, collaboratrice de confiance, organisatrice de l’ombre, dotée d’une véritable intelligence graphique et visuelle, gardienne de la cohérence, de la lisibilité et de la réactivité de l’équipe, l’est tout autant. Le journal préfère parler de bulle, de likes, d’illusion, comme si toute réussite politique qui échappe à son univers idéologique ne pouvait être qu’un mirage ou une imposture.
 
Je replie le journal. La bande dessinée me fait sourire, malgré moi. Elle révèle moins Sarah Knafo que le désarroi d’une classe médiatique de gauche qui sent confusément qu’elle a devant elle un ennemi qu’elle ne sait ni domestiquer ni discréditer tout à fait. Le lapin regarde les phares approcher, fasciné, incapable de décider s’il doit fuir ou rester immobile. L’histoire, elle, décidera.
 
Source Breizh info cliquez ici

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2 février : c'est la Chandeleur !

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Aux Européens de gérer la question russe

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Thomass Gomart est le directeur de l’Institut français des relations internationales. Il vient de publier un ouvrage, Qui contrôle qui ? (Tallandier). Où il analyse en historien les nouveaux antagonismes qui régissent le monde et donne des pistes pour penser l’avenir. Dans le chaos actuel, les Européens vont devoir gérer l’émergence de ces nouveaux empires que sont l’Amérique, la Chine, l’Inde et la Russie. Mais sommes-nous armés pour le faire ?

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Source : La Tribune dimanche 1/02/2026

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dimanche, 01 février 2026

Antoine Valentin de L’UDR, terrasse le candidat LR

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Michel Festivi

Lors du second tour de la législative partielle dans la 3e circonscription de Haute-Savoie, Antoine Valentin, 33 ans, maire d’une petite commune rurale de la circonscription, Saint-Jeoire, l’a largement emporté contre le candidat LR qui avait été soutenu par tout l’appareil du parti autant Retailleau que Wauquiez, qui comme Dupont et Dupond étaient venus faire leur numéro de marionnettiste. 
 
Arrivé largement en tête dimanche dernier avec 40% contre 15% à son adversaire LR, qui n’était autre que le suppléant de la députée sortante élue en 2024, grâce au tripatouillage du sempiternel front républicain mis en place par Macron et Attal en juillet 2024, cette fois-ci les magouilles politiciennes auxquelles sont si habitués les LR, n’ont pas fonctionné. 
 
Adhérent du parti ciottiste et soutenu par le RN, Antoine Valentin a obtenu 59,1% des voix contre 40,1% au dénommé Christophe Fournier qui avait pourtant un CV long comme un jour sans pain : président de l’association des maires ruraux du département, maire et président de sa communauté de communes entre autres fonctions, 
 
Plus de 5.000 voix séparent les deux finalistes. C’est une revanche pour Antoine Valentin, qui en 2024 était aussi arrivé bon premier lors du premier tour, mais avait subi la défaite face à la députée LR de la circonscription, qui avait bénéficié de toutes les voix de gauche au second tour, dans ce département pourtant acquis aux républicains. Ce qui ne l’avait apparemment pas gêné. Est-ce cela qui a été la cause de sa démission ? Elle a invoqué des attaques politiciennes qu’elle ne pouvait plus supporter. 
 
D’ailleurs les oukases ont continué cette semaine. Car le candidat Place publique, arrivé en 3eme position, suivi par les écolos et les communistes avaient comme un seul homme, appelé à voter contre « l’extrême droite ». Le Parti communiste de Haute-Savoie, traître à la France et aux Français y est allé de sa vilenie habituelle, en osant faire allusion dans un communiqué, aux combattants des Glieres qui auraient « lutté contre l’extrême droite » en 1944. 
 
Quand on connaît les trahisons de ce parti qui s’est acoquiné avec les nazis de 1939 à 1941, c’est  comme le proclame le dicton populaire assez fort de café. 
 
Autre attaque scélérate contre Antoine Valentin, elle était venue de Raphaël Glucksmann, qui en 2024 lors des élections législatives, avait fait allégeance à la NUPES et donc à LFI. Cette fois ci il a cru devoir fustiger Antoine Valentin qui serait soutenu par Pierre-Édouard Stérin. Mais ce même petit monsieur n’est pas choqué d’avoir en juillet 2024 fait alliance avec LFI.
 
Que ce soit les communistes ou les gauches, elles n’ont honte de rien. Quant aux LR, ils ont depuis longtemps démontré qu’ils étaient prêts à toutes les compromissions. Encore une fois peut on espérer que les électeurs n’aient pas la mémoire trop courte.

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Tous contre Trump. Les lâchetés françaises

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Une fois de plus, Pascal Praud, chroniqueur avisé du Journal du dimanche met le doigt où ça fait mal, à sa voir sur nos propres lâchetés non seulement médiatiques mais également sociétales. Ah, cette bonne presse qui met sur un pied d’égalité un mort à Minneapolis et 35 000 morts en Iran. Cette même presse qui passe sous silence les victimes au profit des assassins. Ainsi va la France d’aujourd’hui avec la complicité d’une pseudo élite qui ne cessent de nous faire prendre les vessies pour de lanternes.

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Source : Le Journal du dimanche 01/02/2026

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Soutien au courageux maire de Chessy (77) qui refuse de marier un hors-la-loi en situation irrégulière...

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Michel Festivi

Je vous ai déjà relaté l’attitude plus que valeureuse du maire de Chessy, en Seine-et-Marne, Olivier Bourjot, et de ses adjoints, qui ont démissionné comme un seul homme, d’un coup d’un seul, pour s’opposer à devoir marier un algérien de 39 ans, en situation totalement irrégulière sur notre sol, qui avait fait l’objet d’une OQTF en 2022, ladite ordonnance étant devenue caduque pour ne pas avoir été appliquée dans le délai de trois ans, comme des milliers d’autres. 

Le préfet avait refusé leurs démissions, et dés lors le couple par son avocat a saisi le tribunal judiciaire de Meaux et il y a quelques jours, une astreinte de 500€ par jour a été fixée jusqu’à la publication des bans, et ensuite de 3.000€ par jour pendant un mois, si la date du mariage prévue n’était pas tenue. Mais l’édile reste droit dans ses bottes et refuse de se plier à cet oukase avec des propos courageux et de  plus grand bon sens. 

Car l’Etat prend des décisions qu’il ne respecte pas, ce qui est proprement intolérable, et cet individu ne devrait pas se trouver en France.  Les autorités laissent aux communes la charge de leur laxisme et de leur incompétence. Cette résistance qui dure depuis 10 mois maintenant, est remarquable, car les risques sont gros pour la commune et le maire. « Je pense qu’on arrive à l’aberration ultime, ça s’appelle de l’autoflagelation à ce niveau là » a-t-il déclaré.
 
Le premier magistrat de la commune relève aussi des irrégularités frisant les fausses déclarations, puisqu’il a été rapporté que cet individu s’était inscrit au registre du commerce e Créteil, alors qu’il ne dispose d’aucun titre de séjour. Cela n’a semble-t-il ni alerté le préfet ni le procureur de la république ?
 
Le maire appelle d’urgence au vote d’une loi qui interdisse le mariage a une personne qui n’est pas en situation de légalité sur le territoire de la France. Ce n’est pas apparemment la priorité de notre gouvernement. Une proposition de loi a été votée en ce sens au sénat le 20 février 2025. Reprise dans la niche parlementaire de l’UDR en juin 2025 , elle n’avait pas pu être votée faute de temps par l’obstruction des gauches. Aucune personne ne devrait pouvoir revendiquer le moindre droit, si sa situation est totalement irrégulière. Il serait aussi grand temps de rétablir le délit d’entrée irrégulière en  France, qui avait été supprimé en 2012, sous François Hollande. 
 
Pendant ce temps, on apprend qu’en France, les forces de l’ordre ont enregistré un refus d’obtempérer toutes les 20 minutes en 2025, soit une augmentation de 11% par rapport à 2024. 77 refus d’obtempérer par jour, l’autorité de l’Etat n’a jamais été autant bafouée. Ces chiffres émanent du ministère de l’intérieur, le même qui refuse de prendre la défense de ce maire. Car tout se tient. 
 
Vaillamment, Olivier Bourjot refuse toute constitution de cagnotte, appelant le préfet à prendre ses responsabilités. Ce dernier peut-il se substituer au maire, dans ses fonctions d’officier d’état civil pour procéder au mariage ? Il semble que non.  En 1941, Bertolt Brecht avait créé une pièce de théâtre  : Mère courage et ses enfants. En tout cas le maire de Chessy est un maire courage et ses adjoints aussi, tout comme Robert Ménard à Béziers qui avait agi de même et qui est poursuivi par la justice. 
 
Si les maires de France et le premier d’entre eux, David Lisnard, démissionnaient en soutien de ce maire, cela aurait un impact considérable dans l’opinion publique et dans le milieu politique. Mais est-ce trop en demander ? 

00:06 Publié dans Michel Festivi | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |