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vendredi, 08 mai 2020

Quelle signification donner à la date mythique du 8 mai 1945 ?

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Bernard Plouvier

Cette date, célébrée un peu partout de nos jours, est un exemple d’erreur historique manifeste, répétée indéfiniment par les journalistes et les auteurs de manuels scolaires.

C’est le 7 mai 1945 que les envoyés du successeur d’Adolf  Hitler à la tête du IIIe Reich, le Gross Admiral Karl Dönitz, désigné par le défunt Führer pour lui succéder à la Présidence du Reich, ont signé la capitulation allemande au QG (le SHAEF – Commandement Suprême Interallié des Forces Expéditionnaires) du général Dwight David Eisenhower, à Reims, avec date d’effet théorique fixée au 8 mai, à 23 heures (heure allemande).

Les signataires étaient le Generaloberst Alfred Jodl, chef d’état-major du commandement suprême de la Wehrmacht (l’OKW), et le Generaladmiral Hans von Friedeburg, chef de la Kriegsmarine... et partiellement juif ; « quart-de-juif » selon la terminologie raciste !

À la demande des Soviétiques, la cérémonie a été bissée à Berlin, plus exactement à l’école du Génie de Karlshorst, QG du Ier Front de Biélorussie du maréchal Georgi Joukov, le 9 mai, entre minuit et une heure du matin, les signataires allemands étant le Generalfeldmarschall Wilhelm Keitel, chef de l’OKW, le Generaloberst Hans Stumpff (Luftwaffe) et de nouveau v. Friedeburg.

Au moment de la capitulation, soit le 7 ou le 9 mai selon la cérémonie choisie, les hommes de la Wehrmacht occupent encore la Norvège, le Danemark, le nord des Pays-Bas, diverses poches de résistance en Allemagne dont le Land du Schleswig-Holstein, la Bohême-Moravie (ou Tchéquie), la Slovénie, la moitié de l’Autriche et de la Croatie, la Courlande, diverses îles de la Mer Égée et du Dodécanèse (dont Rhodes), la Crète, les Îles Anglo-Normandes et cinq zones portuaires françaises : La Rochelle – La Pallice et l’île de Ré (le 9), Dunkerque (le 10), Lorient et l’île de Groix (le 10), Quiberon et Belle-Île (le 10), Saint-Nazaire (le 11)... les Britanniques avaient débarqué, dès le 8, sur leurs Îles anglo-normandes.

Capitulation ou non, les combats se poursuivent jusqu’au 11 mai en Autriche et en Tchéquie, jusqu’au 14 en Courlande et en Prusse Orientale, et se terminent le 15, en Slovénie et en Croatie (ce sont les troupes du GA-E – le groupe d’armées E - du Generaloberst Alexander Löhr qui sont les dernières à se rendre).

Yougoslaves, Albanais et Grecs continueront longtemps de s’entretuer, tandis que d’authentiques résistants des Pays Baltes, de Biélorussie et d’Ukraine lutteront jusqu’au début des années 1950 contre l’occupant soviétique.

Le dernier vestige du IIIe Reich fut la station météorologique du Spitzberg, que les Alliés investirent en août 1945.

Le 8 mai 1945 est une de ces dates historiques qui sont aussi fantaisistes que bon nombre de mots historiques, jamais prononcés ou écrits longtemps après l’événement. Il est plus judicieux de se souvenir que les vainqueurs n’ont pas signé de Traité de Paix, ce qui a permis d’occuper les deux Allemagnes jusqu’aux années 90 !

16:21 Publié dans Tribune de Bernard Plouvier | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook