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mardi, 14 juillet 2020

Un "Qui suis-je ?" consacré au navigateur malouin Jacques Cartier signé Rémi Tremblay

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Décidément, la collection "Qui suis-je ?" des éditions Pardès ne cesse pas de s'enrichir de nouveaux titres. Après le Drieu de Thierry Bouclier cliquez ici, voici un nouveau personnage disséqué cette fois par notre ami québécois Remi Tremblay, sans doute le mieux placé pour cela, puisqu'il s'agit du navigateur malouin Jacques Cartier.

Voici l'entretien qu'il a accordé à Renaud Demers du site EuroLibertés cliquez là.

Avril 1534, Jacques Cartier, Breton originaire de Saint-Malo mandaté par le Roi de France, part à la découverte de ce qui deviendra ultimement la Nouvelle-France, puis le Québec. Si la fondation de la Nouvelle-France est davantage attribuée à cet autre grand explorateur qu’est Samuel de Champlain, quelles sont les grandes contributions de Jacques Cartier ?

Sans Jacques Cartier, on peut aisément croire qu’il n’y aurait pas eu de Champlain, pas eu de Nouvelle-France, pas eu de Québec et que l’Amérique aurait été anglo-saxonne au nord, espagnole et portugaise au sud.

Rarement un homme seul a eu autant d’impact que Jacques Cartier dans l’histoire du monde. Ce n’est pas François 1er qui mandata Cartier pour entamer son long périple vers l’ouest, mais Cartier, qui ayant atteint l’âge de la retraite, exprima son souhait de partir vers l’ouest au souverain français qui lui donna son aval. Sans lui, on peut douter qu’il y aurait eu une volonté de la France de continuer les explorations partielles entreprises par Jean de Verrazano sur le littoral américain.

On doit donc la paternité de cette exploration à Cartier lui-même. Puis, il fut celui qui pénétra dans le fleuve Saint-Laurent, explorant l’intérieur du Canada, via cet immense cours d’eau. Après avoir voulu découvrir la fameuse route vers la Chine, il comprit que la véritable richesse de cette nouvelle lande était la terre en soi, sur laquelle il serait possible d’ériger une Neuve France, une colonie permanente. C’est dans cet état d’esprit qu’il hiverna deux fois sur les berges du Saint-Laurent, vainquant le rigoureux hiver qui se dressait contre la volonté des Européens.

On peut donc affirmer, comme Charles de Gaulle, qu’il fonda le Canada français par sa prise de possession.

N’y a-t-il pas aussi un sentiment de devoir, alors que les mouvements de justice sociale en tous genres à travers le monde tentent de détruire et de faire répudier ce qui reste des figures historiques phares aux populations nationales de souche, à revisiter les grands explorateurs européens ?

Nous vivons actuellement une époque où l’on tente de faire table rase du passé en invoquant une nouvelle morale qui doit être appliquée pour tous, y compris ceux décédés avant nous. Cette vision culpabilisatrice de notre passé entend réécrire l’histoire d’un point de vue anachronique en imposant une vision centrée sur le présent à des siècles d’histoire. C’est un pervertissement incroyable, digne des régimes totalitaires.

Mais, on invoque de bons sentiments pour le faire.

Il n’est jamais venu à l’idée des révisionnistes actuels, que même dans les régimes tyranniques, ce sont avec des bons sentiments que l’on muselle le peuple, et qu’on réécrit l’histoire.

Mon livre, qui se base sur les faits rapportés à l’époque de Jacques Cartier, serait passé inaperçu à une autre époque, tant je me cantonne aux faits dans cette courte présentation biographique du « Christophe Colomb français » pour réutiliser l’heureuse expression de François-René de Chateaubriand. Mais aujourd’hui la vision qui prévaut dans les médias de masse du moins est si loin de la réalité que mon ouvrage détonne. Par honnêteté, je ne prête aucune motivation génocidaire ou diabolique à Jacques Cartier, ce qui fait de mon livre une œuvre de réinformation.

À travers Jacques Cartier, c’est toute une époque qui est mise en lumière, celle où l’Européen a repoussé les limites du monde connu, à la recherche d’une certaine universalité. L’époque des grandes explorations, c’est l’incarnation de l’esprit prométhéen, qui fit la grandeur de ce petit continent qu’est l’Europe.

Par ailleurs, l’histoire de l’aventure française en Amérique, dans son approche et ses liens tissés avec les populations locales, ne se distingue-t-elle pas de celle du reste du continent ?

L’épopée française diffère totalement de celle des Anglais en ce qui a trait à l’Amérique du Nord. Dès les débuts et ce avec Jacques Cartier, les Français se sont évertués à tisser des liens avec les Amérindiens qui étaient présents sur le territoire, comprenant que leur survie dépendait de cette bonne entente. Les preuves de ce respect et de cette amitié mutuelle sont légion et la majorité des Amérindiens restèrent alliés des Français jusqu’à la chute de l’Amérique française en 1760 et même après, si l’on se rappelle l’aventure du chef Pontiac. Le système colonial mis en place en Nouvelle-France favorisait ce genre de relation, car l’occupation du territoire par les Français était restreinte et l’économie se basait sur le commerce avec les Amérindiens.

Chez nos voisins du sud, l’occupation du territoire par les nouveaux colons, nettement plus nombreux que les colons français, requérait le départ des Amérindiens de leurs territoires. C’est donc la raison pour laquelle ils repoussèrent ces derniers et n’hésitèrent pas à s’imposer de force.

L’imaginaire des grands explorateurs est partagé à la fois par le Québec et par la France, mais cet imaginaire sombre de plus en plus dans l’oubli. Pouvez-vous brosser un portrait de ce que les lecteurs trouveront dans votre ouvrage afin de raviver l’épopée héroïque de Jacques Cartier en Amérique ?

Les lecteurs redécouvriront l’aventure de Jacques Cartier, sans fard. Je me suis basé sur son récit ainsi que sur les documents historiques de son époque pour transmettre une histoire factuelle. Le révisionnisme ambiant, qui n’épargne ni le Québec ni la France, tente d’imputer de sombres motifs aux explorateurs, motivations que ces derniers n’eurent jamais.

Ma biographie n’est pas une tentative de réhabilitation, ce dont n’a pas besoin Cartier, mais simplement une œuvre vraie et factuelle. Les nouveaux historiens s’abreuvent de sociologie marxiste et quittent la voie tracée par les faits pour ajouter des éléments anachroniques ou qui n’ont pour objet que de conforter leur grille idéologique. J’ai quant à moi réalisé un travail moins subjectif, en me cantonnant à ce qui était connu de Jacques Cartier.

Les lecteurs pourront donc revivre les balbutiements de cette Amérique qui fut un jour presque totalement française, grâce à des hommes de cœur et de courage comme Jacques Cartier, Samuel de Champlain et François Gravé du Pont et ces explorateurs postérieurs qui arpentèrent l’Amérique, dont les aventures firent rêver des générations de Français, à l’instar de feu Jean Raspail qui entreprit lui-même un long périple « en canot sur les chemins d’eau du roi ».

Jacques Cartier, Rémi Tremblay, « Qui suis-je ? », éditions Pardès, 2020, 110 pages 12 euros.

Rémi TREMBLAY, éditeur du Harfang, porte-parole de la Fédération des Québécois de souche, collaborateur à plusieurs journaux (Présent, Synthèse nationale, Livr’Arbitres, Council of Euro-Canadians et Alternative Right) ; il a déjà publié le livre Les Acadiens : du Grand Dérangement au Grand Remplacement (Dualpha, 2015).

Il est aussi l'auteur de deux Cahiers d'Histoire du nationalisme, l'un (n°12 - cliquez ici) consacré à son compatriote Adrien Arcand et un autre (n°14 - cliquez là) à l'Anglais Oswald Mosley.

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