Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 17 mai 2021

De Gaulle et l'armée : un entretien avec Jean-Pierre Brun

2021 05 Degaulle armée.jpg

Les éditions Dualpha viennent de sortir un livre fort intéressant, que nous devons à Jean-Pierre Brun, sur les rapports entre De Gaulle et l'Armée. Cet ouvrage, préfacé par Henri-Christian Giraud (petit-fils du général Giraud), est au coeur de l'actualité entre les cérémonies de l'an passé marquant le 80e anniversaire de 1940 et la crise que traverse actuellement "la grande muette".

S N 

Pourquoi cet essai ? Serait-ce parce que le 60e anniversaire de l’indépendance algérienne se profile avec les commémorations de pure circonstance qui ne vont pas manquer d’intervenir ?

Oui et non. Dans une récente chronique sur EuroLibertés, j’évoquais l’ombre tutélaire du général De Gaulle planant sur les plateaux et studios du monde médiatique, alors que la France traverse une période délicate de son histoire face aux multiples pièges tendus par un islamisme chaque jour plus agressif.

Comment faire de l’homme du 18 juin, de l’ermite de Colombey, du tribun du « Je vous ai compris », l’archétype de l’homme providentiel dont la Nation désemparée aurait aujourd’hui un impérieux besoin ?

Comment celui qui avait prétendu théoriser sur les guerres à venir n’aurait rien vu venir de nos mésaventures coloniales ?

Aurait-il ignoré les grandes manœuvres déjà entreprises par un nouveau panislamisme conquérant ?

Non si l’on en croit la confidence qu’il faisait le 28 mai 1940 à l’aumônier de sa division en des termes on ne peut plus précis : « Ce que je crains le plus, voyez-vous, c’est la transversale musulmane qui va de Tanger au Pakistan. Si cette transversale passe sous obédience communiste russe et, ce qui serait pire, chinoise, nous serions foutus. Et croyez-moi il n’y aura plus de Poitiers possible. »

Alors comment expliquer cette conversion spectaculaire qui l’a finalement conduit à déclencher et à mener à son terme une politique de décolonisation radicale ?

Sans doute le colonel De Gaulle avait-il une conception strictement géostratégique de la problématique posée. Avec le temps, sa traversée du désert, ses nouvelles ambitions politiques, sa toute nouvelle réflexion présidentielle devait s’élargir à des espaces géopolitiques beaucoup plus vastes et surtout considérablement encombrés par les opérations de la guerre froide en cours. Pour valider ses théories, encore lui aurait-il fallu percer les brouillards artificiels savamment générés par les fumigènes politiciens abondamment utilisés par les gouvernements des deux blocs adverses et savamment déplacées au gré de ce fameux vent de l’histoire tout aussi artificiel. Vous savez, ce vent de l’Histoire qui avait imposé un grand Reich pour mille ans et l’empire soviétique pour l’éternité…

Pourquoi les cadres de l’armée vont-ils s’opposer à cette politique ? Réaction spontanée d’une entité bâtie sur le strict concept de la défense de la Nation et de la grandeur de son destin colonial ? Réflexe de vieilles culottes de peau incapables de voir plus loin que la visière de leur képi ?

L’armée de métier vient de vivre au plus profond de sa chair l’affaire vietnamienne, la pusillanimité, la lâcheté des politiques, l’abandon des populations locales, l’ignominie de la guerre révolutionnaire et les cortèges de massacres qu’elle suscite.

Bien qu’elle soit la Grande Muette, elle n’est ni sourde ni aveugle. De ce fait et bien avant les gouvernements instables qui jalonnent l’histoire de la IVe République, elle a pu mesurer le poids, tant de Moscou que de Pékin, dans le destin de la péninsule indochinoise, mais aussi le jeu sournois de Washington. Elle a compris qu’à simplifier les problèmes et à les réduire à une joute bilatérale, on s’interdisait toute projection dans le temps permettant d’anticiper d’autres menaces.

Le 15 novembre 1957, devant un aréopage étoilé du SHAPE, le général Allard brossait déjà un tableau inquiétant de la situation : « En 1956, la France et la Grande-Bretagne avaient voulu s’opposer au déferlement vers l’Ouest du panarabisme encouragé par le communisme. Le monde libre n’a pas compris la portée de ces tentatives et ce furent des échecs. La ligne de défense arrière, la dernière, passe par l’Algérie. »

C’est ce qui, après bien d’autres de ses pairs, conduira le général Challe à se confier ainsi à un journaliste de Barcelone : « La sécurité du monde occidental impose à la France la permanence en Algérie. Ce que représente l’Algérie n’est qu’une bataille dans l’immense conflit où se débat aujourd’hui le monde libre. L’avenir de l’Europe s’y joue […] Il y aura la misère. Cela nous coûtera probablement plus cher qu’aujourd’hui et l’exploitation de cette misère se fera contre qui ? Bien évidemment contre la France.  »

C’est donc cette conviction qui va entraîner les chefs militaires français à renâcler sinon à s’opposer ouvertement à la politique du chef de l’État.

Les positions du Général et de ses détracteurs étant aussi tranchées, pourquoi parler d’équivoque ?

En fin et rusé politicien, De Gaulle, pour imposer sa politique, va utiliser au départ de Mostaganem (« Vive l’Algérie française ») un chemin particulièrement louvoyant pour mieux les perdre. Le plus simple est de le laisser s’exprimer : « Quant à la tactique, je devais régler la marche par étapes, avec précaution. Ce n’est que progressivement, en utilisant chaque secousse comme l’occasion d’aller plus loin, que j’obtiendrais un courant de consentement assez fort pour emporter tout. »

De là à susciter ces providentielles secousses il n’y avait qu’un pas, habilement franchi par celui qui par ailleurs qualifiait de « foutaise » l’idée même d’une guerre subversive.

C’est cette progression tortueuse que cet ouvrage s’emploie à reconstituer.

De Gaulle et l’armée, la fatale équivoque, Jean-Pierre Brun, éditions Dualpha, collection « Vérités pour l’Histoire », Préface de Henri-Christian Giraud, 232 pages, 25 euros. cliquez ici

15:14 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Fabrice Di Vizio balance tout sur le dossier du Covid-19

Me Di Vizio n’a pas sa langue (haut perchée) dans sa poche. Comme avocat, il y a une certaine logique à cela, mais lui enfume beaucoup moins que ne peuvent avoir tendance à le faire ses confrères (c’est même souvent pour cela qu’on les paye). Dans cette interview, il balance sur à peu près tous les sujets gravitant autour de la crise sanitaire, et on peut dire qu’il commet presque un sans-faute, en tout cas de notre point de vue.

Vidéo donc à faire suivre à son entourage, mais pas sur YouTube qui a très rapidement supprimé la vidéo, par trop complotiste probablement, et en tout cas bien mal-pensante. Re-téléchargée de nombreuses fois sur Odysee, nous vous proposons ci-dessous une copie de la vidéo originale. En attendant que YouTube meure enfin d’avoir trop supprimé de contenus et de n’être devenu plus qu’une compilation insipide de propagandes officielles, de tutos maquillages, de modelage de l’arrière-train, de mignons petits chats ou d’influenceurs abrutis et abrutissants.

Capture d’écran 2021-05-17 à 14.36.52.png

Source: E&R

14:38 Publié dans Sacha de Roye | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

La guerre silencieuse 2020-2021

Face à la menace chinoise et la corruption, les patriotes ont mis sur pied des Réseaux clandestins «stay behind».

Capture d’écran 2021-05-17 à 14.25.54.png

14:28 Publié dans Sacha de Roye | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

L’autorité de l’Etat est en ruine

Henri-Guaino.jpg

L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, Henri Guaino,  s’inquiète de la profonde crise morale qui, selon lui, ébranle toutes les institutions de l’État. Outre les rapports dégradés entre tout ou partie de l’armée et l’exécutif, Henri Guaino souligne la montée des violences contre les forces de l’ordre, les pompiers, les enseignants, les élus. Dans ce contexte, la suppression du corps préfectoral ne peut qu’affaiblir un peu plus l’autorité de l’État, juge le haut fonctionnaire. Et Henri Guaino, se fondant sur les exemples historiques de Napoléon, Churchill et de Gaulle, de rappeler qu’il ne suffit pas d’être élu ou nommé pour être un chef. « L’autoritarisme, loin de renforcer l’autorité, l’affaiblit », argumente-t-il.

(Source : Le Figaro 17/05/2021)

Lire l’entretien ICI

11:37 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Le nouveau numéro de l'Afrique réelle : le Tchad après la mort d'Idriss Déby

Couverture.jpeg

Bernard Lugan
 
Conséquence de la guerre insensée faite au colonel Kadhafi, la Libye est devenue le sanctuaire des rebelles tchadiens. Durant des années, ces derniers se vendirent aux belligérants libyens en fonction de leurs intérêts du moment. 
 
Le 16 octobre 2018, le général Haftar effectua une visite officielle à N’Djamena. En échange de l’appui tchadien, il s’engagea à pourchasser les opposants au président Idriss Déby. D'autant plus volontiers que ces derniers s’étaient entretemps alliés à la ville de Misrata, son ennemie mortelle.
 
Afin de ne pas tomber entre les mains des forces du général Haftar, au mois de janvier 2019, les frères Timan et Tom Erdibi, Zaghawa et neveux du président Idriss Déby, tentèrent alors le tout pour le tout en se lançant à la conquête de N’Djamena sous la bannière de l’UFR (Union des forces de la résistance). Mais ils furent pulvérisés les 4, 5 et 6 février par l’aviation française. 
 
A partir du mois de juillet 2020, profitant de la défaite du général Haftar devant Tripoli et de son repli à l’est de la Libye, les opposants tchadiens se réinstallèrent dans le Fezzan. Ils y furent armés par la Turquie qui avait décidé de se servir d’eux dans sa stratégie de poussée vers la région péri-tchadique, renaissance de la politique ottomane de jadis. 
 
Au mois d’avril 2021, sous le drapeau du FACT (Front pour l'Alternance et la Concorde au Tchad) de Mahamat Mahdi Ali, des Toubou-Gorane lancèrent alors une offensive depuis le Fezzan en longeant la frontière du Niger. Pour mémoire, Gorane est le nom arabe désignant les Toubou de l’Ennedi et d’Oum Chalouba. C’est en les combattant qu’Idriss Déby trouva la mort.
 
Désormais, que vont faire les Toubou ? Dans les années 1970, les deux composantes toubou s’opposèrent dans une lutte fratricide. L’une était dirigée par Goukouni Weddeye, fils du Derdéi, le chef spirituel des Tomagra du Tibesti. L’autre, par Hissène Habré, Gorane du clan Anakaza d’Oum Chalouba qui fut renversé en 1990 par Idriss Déby. Si, les Toubou s’unissaient et si la Turquie les poussait à agir, le régime de Mahamat Idriss Déby serait alors extrêmement fragilisé.
 
N’oublions cependant pas que Mahamat Idriss Déby, étant de mère Gorane et ayant lui-même épousé une Gorane, tous les clans gorane ne se dresseront donc pas contre lui. Certes encore, mais certains clans Zaghawa considèrent donc qu’il n’est qu’en partie des leurs… Quant au clan arabe du Ouadaï auquel appartient Hinda, l’une des épouses d’Idriss Déby, il est détesté à la fois par les Zaghawa et par ceux des Gorane qui suivaient son mari… 
 
L’avenir du Tchad, verrou de l’Afrique centrale, dépend donc de la manière dont vont s’exprimer ces puissants déterminismes ethno-claniques dans un contexte régional conflictuel aggravé par les solidarités ethniques transfrontalières (Libye, Soudan, Nigeria, Niger et RCA). Et par les manœuvres de la Turquie depuis la Libye, et celles de la Russie depuis la RCA…. 
 
Pour tout ce qui concerne ces constantes de longue durée qui font l'histoire de la région, on lira mon livre « Les guerres du Sahel des origines à nos jours ». 
 
L'Afrique réelle cliquez ici

10:06 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |