dimanche, 24 mai 2026
Le Pape Léon XIV vient d’approuver la béatification de 80 martyrs espagnols de plus
Michel Festivi
Ce vendredi 22 mai 2026, le Pape Léon XIV a signé le décret de béatification de Francisco Gonzalez de Cordova, et de ses 79 compagnons martyrs de la foi à Santander pendant la guerre civile, entre 1936 et 1937. Cette approbation s’est faite après que le Souverain Pontife ait reçu en audience, le préfet du dicastère pour la cause des Saints, le cardinal Marcello Semeraro. Comme l’a souligné le communiqué du Vatican, certains d’entre eux ont été noyés dans la mer, les pieds attachés avec une pierre au cou. Ces faits abominables ont eu lieu à bord du bateau-prison, Alfonso Pérez. D’autres ont été assassinés et brûlés, d’autres encore moururent « dans une espèce de camp de concentration ». Sur ces 80 martyrs, 67 étaient des prêtres, 3 des religieuses carmélites, 3 des séminaristes et 7 des laïques.
Francisco Gonzalez de Cordova refusa de fuir, malgré les interdictions de célébrer la messe et d’administrer les sacrements. Dans ce navire qui allait devenir sa dernière demeure, il continua à confesser les prisonniers voués à la mort. Ce prêtre avait 48 ans.
Déjà en avril dernier, le Pape Léon XIV avait élevé par plusieurs décrets, des dizaines d’autres béatifiés de Catalogne, comme martyrs de la foi. Il s’agissait du serviteur de Dieu Estanislao Ortega Garcia et ses 48 compagnons, tous religieux et professeurs à Institut des Frères de l’Instruction chrétienne de San Gabriel, une congrégation laïque catholique de droit pontifical. Tous furent assassinés entre les mois de juillet et de novembre 1936 en Catalogne.
Cela nous remémore aussi l’affreux destin des trois carmélites de Guadalajara, martyrisées le 24 juillet 1936 qui ont été criblées de balles en criant « Vive le Christ Roi ! », refusant de déclamer vive le communisme, comme le leur intimaient l’ordre les misérables et lâches miliciens rouges qui les tenaient au bout de leurs fusils. Il s’agissait de Jacoba Martinez Garcia, Marciana Valtierra Tordesillas et d’Eusebia Garcia Garcia, âgées respectivement de 58, 31 et 27 ans. L’oncle d’Eusebia, le prêtre Florentino Garcia Andrea fut lui fusillé le lendemain, près de Barbatona à Sigüenza province de Guadalajara, l’un des diocèses les plus touchés par les crimes contre les religieux. Ces martyrs avaient été béatifiées en 1987 par le Pape Jean Paul II. Les reliques de ces vénérables ont été déposées au Couvent San José de Guadalajara.
Selon Jorge Lopez Teulon, prêtre et chercheur historique, 48% du clergé de Tolède et sa région fut assassiné en 1936 « un authentique holocauste sacerdotal ». Dans ce diocèse, il explicite que 300 ecclésiastiques furent massacrés. Teulon est l’auteur d’une somme, véritable encyclopédie sur ce sujet, intitulée La persécution religieuse dans l’archidiocèse de Tolède en 1936. Rappelons que Tolède fut reprise aux criminels communistes et anarchistes, à la fin du mois de septembre 1936, et que les combats de la guerre civile avaient repris le 18 juillet 1936.
On évalue en Espagne plus de 10 000 assassinés simplement à cause de leur foi catholique, et uniquement à cause de cela, si l’on rajoute aux ecclésiastiques stricto sensu, tous les laïcs qui travaillaient ou œuvraient pour une communauté religieuse. Un historien espagnol, Fernando Paz dans un entretien d’octobre 2025 au journal El Debate, a pu dire « jamais en un espace de temps si court s’est produit une telle quantité de victimes : ni dans les persécutions de l’Empire romain, si même à la Révolution française ». Furent ainsi éliminés 88% dans le diocèse de Barbastro, 66% à Lerida, 62% à Tortosa, 55% à Segorbe, 48 % à Malaga, 49% à Minorca, 48% à Tolède, selon les chiffres donnés par l’historien italien de la guerre civile, Gabriele Ranzato. C’est pourquoi nos fameux catholiques progressistes français comme Maritain et Mauriac portent une responsabilité morale considérable dans cette affaire, puisqu’ils ont pris fait et cause pour les soi-disant « républicains » espagnols, qui étaient tout, sauf des républicains, comme l’ont souligné des historiens comme Inger Enkvist, Luis E. Iñigo ou Stanley Payne.
Bernanos aussi joua un rôle misérable avec ses fameux Grands cimetières sous la lune. Pour moi il est impardonnable, et je le considère comme quelqu’un qui n’a rien compris à ce qui se passait alors en Espagne, et qui s’est définitivement déshonoré. Sa formation intellectuelle aurait pourtant dû le prévenir d’écrire de telles avanies. José Ortega y Gasset le grand philosophe espagnol, qui pourtant n’était pas spécialement porté sur la foi catholique, leur a réglé leurs comptes à tous ces philosophes de salon, qui prenaient position pour les tueurs de curés, en les mettant devant leurs responsabilités dans une adresse de la fin 1936. Dès 1931, Ortega y Gasset n’avait pas supporté les emportements antireligieux de la constitution républicaine espagnole et avait avec ses amis républicains, pris des distances avec la république espagnole. Même Simone Weil qui admirait Bernanos, s’était permise de lui envoyer un courrier en 1938.
Elle qui s’était battue par idéalisme dans les rangs des révolutionnaires du POUM, lui avait fait part de ce qu’elle a vu, à savoir des anarchistes de la colonne Durruti qui fusillaient à tour de bras sans sourciller, les exécutions sommaires auxquelles elle a assisté. À cet égard, il faut lire et relire le magnifique poème de Paul Claudel, Aux martyrs espagnols publié en 1937. Nous avons aussi le témoignage d’un homme d’Église, résolument antifranquiste, Hilari Raguer, qui dans son ouvrage : La Espada y la Cruz, publié à Barcelone en 1977, indiquait en page 147 : « il faut admettre cette terrible réalité historique...il suffisait que quelqu’un soit identifié comme prêtre, religieux ou simplement membre d’une congrégation ou d’un mouvement apostolique, pour qu’il soit exécuté sans procès ».
20:26 Publié dans Michel Festivi | Lien permanent | Commentaires (0) |
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