lundi, 10 mai 2021
Parution du livre d'André Posokhow, "Retour sur le désastre de 1940"...
L’année 2020 a été (aussi) marquée par les célébrations du 80e anniversaire de la débâcle et de l’exode de 1940. De nombreuses émissions télévisées ont été consacrées à cet épisode tragique de l’Histoire de notre pays.
Racontés de manière manichéenne dans les médias de la pensée dominante, ces événements méritaient que l’on s’intéresse à eux d’une manière beaucoup plus libre et non-conformiste.
C’est pour soutenir cette entreprise de reconstruction mémorielle, mais aussi nourrir la réflexion et susciter la discussion que Synthèse nationale a publié, au cours du printemps et de l’été 2020, une série d’articles d’André Posokhow.
Nous les avons rassemblés dans ce nouveau volume de notre collection « IDÉES » ainsi que certains autres publiés dans le quotidien Présent ou sur les sites de la Fondation Polémia et de Riposte laïque.
L’auteur :
André Posokhow. diplômé de Science-po Paris et féru d’Histoire, publie et intervient régulièrement dans les médias nationaux. Il est aussi engagé dans le combat contre le fléau de l’éolien industriel.
Retour sur le désastre de 1940. Responsabilités et prolongations, André Posokhow, Les bouquins de Synthèse nationale, dans la collection "Idées", 2021, 162 pages, 20 € + 5 € de port.
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Quarante ans de déclin
Jean-Gilles Malliarakis
L'Insolent cliquez ici
Les historiens du futur ne retiendront peut-être pas la période de 40 années qui nous séparent de l'élection de Mitterrand le 10 mai 1981, comme nécessairement significative. En effet, à moins d'événements majeurs, toujours imprévisibles, le calendrier constitutionnel nous renvoie en 2022, et rien ne permet de considérer qu'a priori cette échéance soit programmée pour se révéler celle du redressement français.
En revanche, il n'est que trop clair que, même par rapport à l'époque du funeste Giscard, lequel augmenta, par exemple, de 7 points en 7 ans la part des prélèvements obligatoires dans la production nationale, les 14 années de présidence Mitterrand auront été marquées par un règne généralisé du mensonge et du gaspillage, que n'ont su corriger après lui ni Chirac, ni Sarkozy, ni Hollande, ni aujourd'hui Macron. Plus de 25 ans après son départ, la descente aux enfers n'a pas cessé de suivre sa courbe consternante.
Quand ils arrivent au pouvoir les socialistes sortent de 23 ans d'opposition. Leurs alliés communistes comptent 4 ministres, pour la première fois depuis 1947. Les deux premières années du gouvernement Mauroy verront s'accumuler les mesures démagogiques les plus catastrophiques issues des 110 propositions du programme présidentiel.
Dès 1981, les allocations de toute sorte : logement, familiales ou en faveur des adultes handicapés sont augmentées de 20 à 25 % ; en octobre, on tente de bloquer les prix pour 6 mois, la peine de mort est abolie ; et en décembre est institué l'impôt dit sur les grandes fortunes. Cette équipe ne tombera qu'en 1984.
En janvier 1982, est imposée la semaine de 39 heures qui sera aggravée à 35 heures par Martine Aubry, 20 ans plus tard ; en février les grandes entreprises sont étatisées ; en mars, l'âge de la retraite passe de 65 à 60 ans.
Tout cela entraîne un affaiblissement de l'économie française, désormais totalement déséquilibrée par rapport à celle de nos voisins, dans le contexte qui conduira au traité de Maastricht. L'idée absurde de diminuer le temps de travail était conçue comme une façon de diminuer le chômage : il augmenta, très vite etc.
Or, depuis lors, aucun gouvernement n'a eu ni la force ni le courage de corriger vraiment toutes ces erreurs. Et la France n'a cessé de s'enfoncer sur la scène internationale.
Si l'on considère les nationalisations de l'ère Mauroy, si on prend en compte l'instrumentalisation de SOS Racisme, si on observe le nombre d'institutions que les socialistes se sont acharnées à détruire, à salir et à dénigrer, on ne peut que se demander comment le pays a bien pu survivre à ce monopole idéologique de la gauche la plus décadentielle du monde.
Depuis 40 ans, nous avons connu une continuité frappante, marquée par l'impunité des dirigeants, la consanguinité des élites et le développement d'un capitalisme de connivence donnant une dimension, inégalée depuis Thermidor, à ce que Beau de Loménie appelle l'économie accaparée. Remarquons par exemple que le praticien des nationalisations de 1982 sous le gouvernement Mauroy n'était autre que l'homme auquel Sarkozy, une fois élu en 2007, confia la confection de la liste des 316 réformes présentées pour indispensables au gré de la commission Attali. Et quelques années plus tard c'est son jeune secrétaire général, Emmanuel Macron, qui devient ministre des Finances de Hollande puis prend la place de ce dernier.
Certains bons esprits voudraient qu'on ne s'attarde pas à la dimension morale et familiale de tous ces personnages. Le refrain bien connu nous serine : "Nous ne sommes pas aux États-Unis que diable ! Nous entendons respecter la vie privée !"et nous croyons bien faire en renvoyant aux précédents dynastiques des Valois ou de la cour de Versailles, sans parler de Buonaparte. Le roi le plus moral de l'Histoire de France se trouve être celui auquel les révolutionnaires ont coupé la tête : mais précisément, n'est-ce pas un point faible de ce pays ?
Or, Mitterrand a dépassé tous les excès de ses prédécesseurs, par la pratique du mensonge dans sa propre famille. Ne croyons pas que l'affaire de sa double vie, qui donna naissance à la jeune Mazarine, ne relève que de la chronique mondaine : elle a permis à la présidente, outrageusement trompée, d'imposer ses conditions et de développer sans retenue ses activités gauchistes.
Celles-ci furent tout sauf anecdotiques elles-mêmes, puisque, sympathisante des révolutionnaires marxistes du monde entier elle patronna France Terre d'Asile au bénéfice de tous les guérilleros, castristes et autres barbudos sud-américains, de tous les terroristes Brigades rouges en Italie, 17 novembre en Grèce, zapatistes au MEXIQUE, etc.
On ne peut pas laisser passer cet anniversaire sans rappeler tout cela.
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Le bal des cocus, souvenirs des années Mitterrand

Le billet de Patrick Parment
Les socialistes français sont bel et bien la pire engeance qui soit. Non contents d’avoir été cocus, ils en redemandent en fêtant l’arrivée de ce satrape au pouvoir que fut François Mitterrand, un certain 10 mai 1981. Suprême masochisme de cette génération Mitterrand, c’est le Maître lui-même qui les a auto-dissout. Tout comme il a eu la peau du parti communiste. Il faut bien dire que l’homme de droite qu’il a toujours été – on demeure toujours fidèle à son enfance - avait un sérieux compte à régler avec la gauche et plus encore les gaullistes.
Comme quoi, il faut bien distinguer opinion et ambition. Toute la vie de Mitterrand démontre que sur le fond, il n’a aucune conviction particulière mais une terrible ambition : être en sortant de l’indistinct comme le note très justement Jules Monnerot dans Les lois du tragique (PUF, 1969). Exister, prendre le pouvoir, tel est l’ambition du jeune Mitterrand éduqué chez les « bons pères » et dont toute la jeunesse est placé sous le signe de l’Action française et de Charles Maurras ! Excusez du peu.
Sous Vichy, le voici mordicus collabo au point de faire des pieds et des mains pour se voir décorer de la Francisque. C’est chose faite. Sentant le vent tourner, Mitterrand va aussi tourner – il a comme Edgar Faure un sens inné du vent - et s’invente un passé de résistant en participant à un réseau peu ou prou bidon. A la Libération – sur fond de sanglante épuration à laquelle il échappera grâce à ce viatique de résistant -, il comprend que De Gaulle et les communistes écrasent toute la vie politique française. Enfin, à cette époque surtout de Gaulle, dont notre ami, Henri-Christian Giraud, dans un ouvrage magistral (De Gaulle et les communistes (Perrin, 2020, édition revue et corrigée), nous décrit par le menu les connivences instruites à Londres entre De Gaulle et les cocos. Ce que confirmera d’ailleurs l’étoilé déserteur en 1958 avec son coup d’Etat.
De Gaulle-Mitterrand, deux destins parallèles. Mitterrand comprend dès lors que son destin est à gauche s’il veut satisfaire ses ambitions. Car la droite qu’il a connue, est décapitée pour longtemps et notamment toute cette droite intellectuelle – qu’il adore - qui a tenu le haut du pavé entre les deux guerres. Où sont les Drieu La Rochelle, les Alexandre Marc, les Jean-Pierre Maxence, les Jean de Fabrègues, etc., Disparus dans la nasse du nouveau totalitarisme qu’instaure l’alliance des communistes et des gaullistes. Les prisons regorgent de ces soi-disant « collabos » qui en avaient marre des politicards et escrocs de cette troisième République qui nous a laissé démuni pour ne pas dire à poil face à l’armée allemande en 1940. Mitterrand se faufile entre les balles et entame une carrière politique disons de centre gauche. Et pour se faire la main, il faut magouiller pour entrer au gouvernement, acquérir une légitimité.
Dès 1946, il s’inscrit à l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) dont il deviendra le président, ce qui lui vaut en 1954 de devenir ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Mendès-France qui, par ailleurs, le détestera cordialement. Il se montrera curieusement défenseur de l’Algérie française, « parce que l’Algérie c’est la France ». Pour l’anecdote, Mitterrand défendra Jean-Louis Tixier Vignancour, défenseur de Salan dont il sauva la tête mais aussi comme avocat de Rivarol, au nom d’une vieille amitié noué aux Volontaires nationaux au bon temps du Maréchal. Le même Tixier qui lui renverra l’ascenseur en appelant à voter Mitterrand à la présidentielle de 1965.
Arrivé enfin au pouvoir, grâce à un certain Jacques Chirac qui a flingué en vol Valéry Giscard d’Estaing, Mitterrand va laisser la main à ces socialistes qu’il obligera toutefois à accepter le tournant libéral du régime en nommant Premier ministre Laurent Fabius à la place de Pierre Mauroy qui a allègrement vidé les caisses de l’Etat. Résultat, les boursicoteurs n’ont jamais gagné autant de fric que sous Mitterrand ! Paradoxe ? Non pas. Mitterrand aimait l’argent. Surtout celui des autres ! Raison pour laquelle, voir tous les éclopés du Mitterrandisme fêter leur saint patron nous fait hurler de rire.
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L’affaire Patrick Buisson. Sommes-nous devenus des néoconservateurs américains à passeport français ?
François Bousquet
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Deux phrases maladroites de Patrick Buisson, prononcées sur BFM, ont déclenché une petite tempête. String ou voile, trottinette ou tapis de prière, «Homo festivus» ou «Homo religiosus ?» Retour sur une polémique qui cache bien d’autres enjeux.
Le passage de Patrick Buisson chez Apolline de Malherbe, sur BFM, a déchaîné les passions sur les réseaux sociaux, du moins deux phrases arrachées de leur contexte, qui ont pu susciter une certaine incompréhension parmi les gens qui ont lu et admiré La cause du peuple. « J’ai plus de respect pour une femme voilée que pour une lolita en string » et « J’ai plus de respect pour un musulman qui fait sa prière cinq fois par jour que pour les bobos écolos à trottinette ». Deux punchlines qui sont brutalement revenues en boomerang à leur envoyeur.
Ni voile ni string
Des deux, la plus contestable est la première. Ce n’est pas parce qu’il y a hyper-sexualisation des corps adolescents qu’il faut leur préférer le voile islamique. Le voile est le symbole d’une préférence civilisationnelle qui nous est hostile. Généralisé dans les banlieues salafisées, c’est même une marque de conquête territoriale.
Notre problème n’est du reste pas que les musulmanes portent le voile, c’est qu’elles le portent ici, en France. C’est en tant qu’immigrées qu’elles nous posent problème, pas en tant que musulmanes. Rien ne leur interdit d’épouser ostentatoirement leur religion, mais en Dar al-Islam, pas en terre européenne.
Et disant cela, il ne s’agit pas de justifier la marchandisation des corps pubères ou prépubères. En montrant tout, ces corps montrent qu’il n’y a rien, surtout en ces âges immatures. Laissons-les à leurs jeux encore innocents.
Plutôt que le voile, c’est notre culture de la galanterie, de la sensualité, de la mixité sexuelle, de la beauté qu’il importe de retrouver. Quel Français ne serait pas du côté des jeux de l’amour et du marivaudage, du côté de Molière contre son Tartuffe ? Tout plutôt que ce deuil de la séduction. Autrement dit, qui chez nous ne plébisciterait-il pas ces « années érotiques » dont Buisson a dressé il y a une quinzaine d’années le tableau étourdissant ?
La seconde assertion repose sur un malentendu. La lecture de La fin d’un monde, le dernier livre de Buisson, le lève très largement. Ceux qui attaquent Buisson devraient se donner la peine de le lire. Ils comprendraient ce qu’il a voulu dire. C’est qu’on ne fait pas société, qu’on ne fait pas communauté sans religion, fût-elle séculière, fût-elle politique, fût-elle civile. Pour recourir à une image qui est familière à Buisson, la religion, c’est les murs porteurs d’une civilisation. Retirez-les, c’est l’édifice qui s’effondre.
La question que Buisson nous adresse est double. D’un, pouvons-nous faire communauté sans sacré partagé ? Deux, que répondre à l’islam, qu’opposer à sa dynamique ? Sinon en réveillant en nous le feu sacré. Celui du dieu collectif, celui que cherchait Heidegger dans le génie du lieu, celui que cherche Buisson dans la religion historique des Européens.
Pro-migrants et anti-islam
C’était la question que soulevait Philippe Muray dans Chers djihadistes, un livre sorti après le 11 septembre 2001, où Muray comparait, avec le brio qui était le sien, notre monde et le leur ; et où il concluait que l’Occident terrasserait l’Islam, non pas parce que l’Occident était plus fort, mais parce qu’il était plus pourri. Buisson craint que l’inverse ne se produise. Mais qu’importe après tout le vainqueur qui sortira de cette lutte entre le pourri et le confit en dévotions, nous ne nous reconnaîtrons ni dans l’un ni dans l’autre.
C’est ici qu’il ne faut pas se tromper. Si on n’a que le string à opposer au voile, alors nous sommes perdus. Si on n’a que Houellebecq à opposer à l’islam, alors nous sommes moribonds. Si on n’a que Mila à opposer au tchador, alors nous sommes finis. Si on n’a que le nihilisme à opposer au salafisme, alors nous sommes morts.
Cette ligne est néanmoins défendue depuis 2001 par les néo-cons, autrement dit le camp des occidentalistes et des atlantistes, de Bush fils (pro-migrants) à Biden (pro-migrants) ou Valls (pro-migrants). Ces gens-là pensent que l’immigration n’est pas un problème, seul l’Islam en est un. En France, ce sont selon le mot d’Éric Besson des néoconservateurs américains à passeport français. C’est indifféremment Céline Pina et Pascal Bruckner, qui fut un pro-guerre du Golfe forcené. On sait où leur bellicisme nous a conduits : au chaos syrien et au chaos libyen (dans le cas de BHL). Les crises, au pluriel, de migrants et la montée du wahhabisme que nous subissons depuis vingt ans viennent pour partie de là.
Universalistes versus différentialistes
La vérité, c’est qu’on ne peut pas être contre l’Islam et pour l’immigration. L’Islam n’est pas la religion historique de l’Europe. Voilà tout. L’Europe l’a rejeté par le passé à plusieurs reprises. On peut penser que l’Islam est mauvais en soi, mais d’abord et avant tout ce n’est pas le problème des Européens. Le problème des Européens, c’est que l’Islam n’est pas européen. Sauf à penser bien sûr que l’homme est un (et la femme) pour peu qu’il se défasse de son irrationalité et de ses superstitions religieuses. Telle est la position des universalistes, qui pensent que les musulmans peuvent s’installer en Occident pour peu qu’ils deviennent des Occidentaux comme les autres. Le différentialiste raisonne différemment. Les musulmans sont ce qu’ils sont, mais qu’ils le soient chez eux, pas chez nous. Patrick Buisson ne dit pas autre chose dans son livre. Ce à quoi il nous invite, c’est à une réforme intellectuelle et morale : examiner les causes de notre effondrement, pour nous donner les moyens de le surmonter.
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Panorama historique du nationalisme belge d’expression française
Georges Feltin-Tracol
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Le public français se détourne souvent de son voisinage immédiat. Cette ignorance atteint aussi l’Opposition nationale, populaire, sociale, identitaire et européenne qui ne regarde ses homologues étrangers seulement quand leurs nombreux ennemis médiatiques et universitaires les critiquent. Quand on aborde la Belgique, l’attention se focalise, aujourd’hui, sur le Mouvement national flamand et, hier, sur le rexisme de Léon Degrelle. Or, l’activisme nationaliste y reste bien vivace en Belgique, y compris, malgré des conditions éprouvantes pour militer, en Wallonie.
Acteur historique du nationalisme-révolutionnaire outre-Quiévrain et fondateur du mouvement Nation, Hervé van Laethem supervise le n°19 des Cahiers d’histoire du nationalisme plus que jamais fidèles à leur vocation de raconter l’histoire à l’endroit. Il est en effet temps de se pencher sur notre propre histoire politique et de laisser dans leur miasme conformiste des experts pontifiants qui profitent de la « bête (immonde) » (tout en méprisant leur objet d’étude).
Hervé van Laethem avertit qu’il ne s’agit pas d’un travail encyclopédique, « mais simplement un survol d’une histoire somme toute assez dense et foisonnante (p. 8) ». Il précise aussi se limiter « essentiellement aux groupes les plus radicaux (p. 8) ». Il se contente enfin de la partie francophone de la Belgique. Il signale toutefois que des liens se tissent très tôt entre des groupes wallons et quelques mouvements flamands. Tous les francophones ne rêvent pas de transformer la Belgique en bastion septentrional de la latinité…
Engagé très jeune dans des formations radicales, Hervé van Laethem se souvient de hautes figures militantes telles Jean-Robert Debbaudt (1921–2003) ou Bert Eriksson (1931–2005). Il explique par ailleurs que l’histoire des forces nationalistes francophones en Belgique est compliquée. Vieille terre d’immigration italienne, puis nord-africaine et turque, la Wallonie et Bruxelles demeurent encore des fiefs du Parti socialiste, un parti hautement corrompu qui camoufle ses turpitudes financières par des prises de position qui feraient passer Martine Aubry et Benoît Hamon pour de pâles centristes tirant vers la droite… Les autorités politiques, judiciaires et policières ainsi que les journalistes font en outre leur maximum pour entraver le développement des campagnes nationalistes radicales aussitôt tournées contre l’immigration de peuplement, la corruption politicienne et la soumission à l’OTAN.
C’est dans des conditions guère favorables que les militants agissent avec plus ou moins de succès. Hervé van Laethem estime que le militantisme de rue est une excellente école de formation pour de futurs responsables politiques qui, une fois élus, sauront maintenir leurs positions. Il insiste sur l’influence, volontaire ou non, du voisin français sur de nombreux groupes belges. Une association Pour un Ordre nouveau se développe en Wallonie et à Bruxelles. À Charleroi se monte un mouvement appelé Occident ou bien s’active plus tard un Front de la Jeunesse très inspiré par le Parti des forces nouvelles (PFN). Il mentionne aussi des « groupes folkloriques n’ayant existé que de manière éphémère (p. 51) » : National paria (sic !), la Ligue civique belge ou le Faisceau belge. Il revient sur les multiples péripéties et autres métamorphoses – scissions du Front national belge, une « pâle copie du FN de Le Pen, sans réelle vie politique interne, mais très vite gangrénée par des magouilles, délits ou escroqueries politiques (p. 56) ».
Il aborde très rapidement une action occulte et déstabilisatrice de l’État profond. Au milieu des années 1980, la presse dénonce le Westland New Post (« Nouveau Poste de l’Occident ») comme une organisation paramilitaire prête à fomenter des attentats, voire un coup d’État. Il s’agit en fait d’« une construction des services de renseignement belges destinée à manipuler et à utiliser des idéalistes radicaux déboussolés par les procès qui avaient affaibli le Front de la Jeunesse (p. 63) ». Se voulant positif, l’auteur n’en écrit pas plus. Or, cette manipulation politico-policière relève des opérations clandestines du réseau Gladio – Stay Behind conçu par l’OTAN et dont l’affaire jamais élucidée des « Tueurs du Brabant » serait plus ou moins une conséquence connexe.
Hervé van Laethem s’intéresse surtout à trois principaux mouvements marquants. Jeune Europe de Jean Thiriart d’abord, une solide et redoutable école militante dont l’anti-américanisme virulent conduisit en Belgique et en Italie certains cadres motivés dans les rangs de l’extrême gauche armée… Le VMO (Ordre militant flamand) « apparaît dès 1948 (p. 67) » et associe engagement nationaliste flamand et préoccupations sociales. Dès les années 1970, en dépit de la vive querelle linguistique fomentée par les politiciens, le VMO aide des groupes wallons. Journalistes et renseignements généraux remarquent « la présence de nationalistes flamands venus, en Wallonie, prêter main forte à des nationalistes francophones (p. 73) ». Vers 1985, le VMO monte même une section francophone à Bruxelles. Une grande première ! Son activisme redouté suscite la répression inouïe du Régime au point qu’il existera trois VMO successifs. Sa disparition favorisera l’émergence de L’Assaut, bientôt « le groupe activiste le plus “dur” qu’ait jamais connu la Belgique francophone (p. 85) ». L’une de ses actions les plus marquantes provoquera « la disparition de SOS Racisme–Belgique (p. 86) » en 1989 ! L’Assaut annoncera le mouvement Nation.
L’auteur publie douze pages de « Mémoires de prison ». Il fut en effet incarcéré à titre préventif et pour des raisons politiques du 22 mars au 5 mai 1992. Il décrit ses quarante-cinq jours de détention. Son séjour en prison le renforce dans sa conviction de l’inanité de la société multiculturelle. S’il traite souvent des liens et des échanges mutuels avec les nationalistes flamands, il tient à saluer la mémoire de Sébastien Deyzieu. Militant de l’Œuvre française qui manifeste en 1994 contre l’impérialisme yankee, Sébastien Deyzieu est pourchassé par la police de Charles Pasqua, « fait une chute mortelle du cinquième étage (p. 169) » et décède « deux jours plus tard, le 9 mai (p. 169) ». Depuis cette funeste date, chaque année, de nombreux militants commémorent ce martyr du peuple et de la nation. Il eut « la volonté de combattre le Système. La volonté de rappeler que l’impérialisme américain a toujours été et reste un des plus dangereux adversaires du nationalisme européen (p. 174) ».
Ce dix-neuvième Cahiers d’histoire du nationalisme résume bien l’existence mouvementée et tumultueuse des forces nationalistes en Belgique d’expression française, une véritable école d’énergie. Il est du devoir de tout bon Européen d’en prendre connaissance. Sa lecture en est profitable, car la guerre continue plus que jamais contre les Régimes cosmopolites décadents.
Les mouvements nationalistes en Belgique. De 1950 à 2000, Hervé van Laethem (sous la direction de), préface d’Éric Vuyisteke, Cahiers d’histoire du nationalisme, n°19, Synthèse nationale, 2020, 188 p., 24 €.
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01:36 Publié dans Les Cahiers d'Histoire du Nationalisme | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Au Brésil, soutien populaire au président Bolsonaro
La chronique de Philippe Randa
Allons bon ! des centaines de milliers de manifestants dans les rues pour réclamer une intervention de l’armée. Non pas en France où une simple tribune de généraux en retraite (tout de même déjà signée à l’heure où ces lignes sont écrites par plus de 22 000 policiers, gendarmes et militaires et 10 000 civils !) met la classe politique en émoi. Non, au Brésil, le 1er mai dernier, où les partisans du président Bolsonaro lui ont apporté un soutien de poids.
Dans une visioconférence, celui-ci n’a d’ailleurs pas caché sa satisfaction : « Avant, au 1er Mai, il y avait des drapeaux rouges comme si on était un pays socialiste. Je suis content de voir des drapeaux verts et jaunes dans tout le pays, avec des gens qui travaillent vraiment. »
La plupart des médias occidentaux n’ont pourtant de cesse de fustiger sa gestion de la pandémie du covid, rabâchant tant qu’ils peuvent que les 400 000 victimes brésiliennes lui seraient imputables « parce que le gouvernement Bolsonaro s’est refusé à acheter les vaccins qui lui ont été offerts », ainsi que l’a accusé l’ancien président Lula, pour sa part toujours mis en examen dans plusieurs affaires de corruption.
Rappelons, comme nous l’écrivions en avril dernier (Présent n° 9847 « Covid : à qui profite la panique ? ») : « Au Brésil (pas de confinement), (le ratio actuel morts/cas déclarés) est de 2,6 % à comparer avec l’Allemagne (confinement “total”, mais où la chancelière a laissé entrer l’année dernière des centaines de milliers de nouveaux immigrants) : 2,7 %… et loin du Mexique où le manque d’hygiène explique probablement les 9 % de morts/cas déclarés ! »
Des maires et gouverneurs ayant institués localement des restrictions de déplacement qu’il juge inutile et dangereux pour l’avenir économique du pays, le président Bolosanaro entend y mettre un terme comme il l’a déclaré dans un entretien télévisé, suggérant que l’armée « pourrait aller dans la rue un jour, pour faire respecter la Constitution, la liberté d’aller et venir. »
Pour cela, il lui attendait un « un signe du peuple » qu’à l’évidence, celui-ci lui a offert par une démonstration de force ce 1er mai.
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01:16 Publié dans Philippe Randa | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Le génie de l’inflation est sorti de sa lampe
Marc Rousset
Les chiffres décevants de l’emploi américain ont paradoxalement retardé la perspective d’une hausse des taux d’intérêt à long terme, ce qui a permis au Dow Jones, au S&P 500 et au NASDAQ d’atteindre, ce vendredi, de nouveaux records. Le chiffre de l’emploi, en avril, est cependant effrayant sur le plan économique, puisque seulement 266.00 emplois ont été créés, alors que les analystes en attendaient plus d’un million ! Le taux de chômage a augmenté à 6,1 % quand les analystes le voyaient reculer à 5,8 %. Les républicains estiment que les aides au chômage du programme Biden ont fini par décourager la recherche d’emploi. Certains économistes prétendent que ce chiffre n’est pas représentatif et qu’en fait, l’économie repart d’une façon satisfaisante.
Les Bourses ont seulement retenu que le spectre d’une surchauffe et de l’inflation s’éloigne ; donc, pas de resserrement monétaire (tapering) et pas de hausse des taux à venir. Les taux d’intérêt à court terme proches de zéro, ce qu’ils sont depuis la crise du Covid-19, permettent en effet aux entreprises d’augmenter leurs bénéfices, ce qui est favorable au prix des actions.
On risque donc de se retrouver, en 2021, dans un monde où les gigantesques plans de relance financés par l’emprunt vont continuer de plus belle la fuite en avant de 2020, avec des liquidités monétaires (« QE ») des banques centrales qui continuent d’augmenter et de faibles taux d’intérêt de 0 à 0,25 %, tout ce qui sert à éviter l’effondrement systémique mais qui alimente aussi l’inflation. Joe Biden en a conclu que « l’économie américaine a encore un long chemin à parcourir » et qu’il fallait donc absolument investir encore 4.000 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, dont plus de 2.000 milliards dans les infrastructures, pour créer des emplois.
En France, le Président Macron a évoqué « une grande concertation » dans les prochains mois pour inventer « un deuxième temps de relance » après les 100 milliards déjà annoncés, dont 40 en provenance de l’Union européenne. François Bayrou, haut-commissaire au Plan, plaide, lui, pour une reconquête de l’appareil productif « français » en empruntant 200 à 250 milliards d’euros. Un des problèmes, c’est que ces plans de relance peuvent provoquer de la stagflation dans les pays qui, comme la France, l’Angleterre et les États-Unis, produisent trop peu et importent trop de produits industriels en provenance de Chine et des pays émergents.
Aux États-Unis, la situation est d’autant plus complexe que, dans certains secteurs tels que le « fast-food », on ne trouve pas de personnel, ce qui peut contribuer à l’inflation par les coûts. Ce mardi, Janet Yellen, secrétaire d’État au Trésor, a effrayé les marchés en déclarant que les taux d’intérêt devaient augmenter un peu, pour éviter la surchauffe, avant de rétropédaler, suite aux réactions immédiates des Bourses. Jerome Powell a déclaré aux investisseurs qu’ils devaient s’attendre à ce que l’inflation dépasse 2 %, cette année, mais d’une façon temporaire ; le président de la Fed pourrait se trouver très vite dépassé par les événements. L’économiste américain Summers a pu dire, à ce sujet : « Il a peut-être raison, mais les présidents de la Fed qui ont le plus parlé des facteurs transitoires étaient ceux du milieu des années 70, et c’est à cette époque que l’inflation a accéléré très rapidement. » De combien, et pendant quelle durée, l’inflation va-t-elle dépasser, aux États-Unis, l’objectif de 2 % de la Fed ? Le cycle inflationniste n’est pas encore suffisamment avancé pour créer une panique institutionnelle, mais ce n’est qu’une question de temps.
Les prix des produits alimentaires augmentent partout dans le monde, selon la FAO : ceux du pétrole, du bois, du cuivre, du minerai de fer, du lithium, du nickel, du cobalt (folle transition énergétique bien trop rapide) grimpent en flèche tandis que nombre de secteurs industriels sont confrontés à des goulots d’étranglement dans les chaînes logistiques ou à la pénurie de puces électroniques. Stellantis n’a pas pu produire 190.000 véhicules au premier trimestre 2021.
L’Occident hyper-endetté, dont la France, se dirige vers l’inflation et, à terme, vers l’effondrement, mais les Bourses continuent de monter car les taux d’intérêt sont toujours bas et les politiques monétaires toujours aussi laxistes. Les particuliers allemands ont bien reçu le message et continuent d’accumuler non pas des Bitcoin mais de l’or ; ils possèdent, à eux seuls, presque 9.100 tonnes d’or, soit plus de 6 % des réserves mondiales d’or.
01:04 Publié dans Tribunes de Marc Rousset | Lien permanent | Commentaires (0) |
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