mercredi, 07 janvier 2026
Sarah Knafo est candidate à la Mairie de Paris
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Un an après la disparition de Jean-Marie Le Pen, Jany, son épouse, invitée du Parti de la France
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Après le grand basculement

Le coup de force de Caracas confirme le retour des empires dans un monde où la France et l’Europe sont faibles. Une fois de plus, Pierre Lellouche nous livre une analyse géopolitique pertinente de ce qu’induit la politique de Donald Trump. Une fois encore, les Américains sèment le désordre. Mais ils ont accouché cette fois du retour des empires, Russie, Chine, Inde qui viennent contester son hégémonie. Face à ce chaos, les Européens, faute d’entente, sont totalement démunis. Où va-t-on ?
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Source : Valeurs actuelles 7/1/2026
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7 JANVIER 2025 : JEAN-MARIE LE PEN NOUS QUITTAIT
Le Menhir est immortel cliquez ici
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La doctrine Monroe, ou le rappel brutal du monde réel
Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées
Je reviens d’une semaine dans le Midi, non loin d’Aix-en-Provence, où j’ai fait l’épreuve salutaire de l’oubli volontaire. Oublier l’ordinateur, laisser le téléphone au fond d’une poche, se rendre disponible au paysage et aux livres, voilà un luxe que notre temps croit superflu et qui demeure pourtant l’un des derniers refuges de l’esprit. La Provence, avec ses collines ourlées de pins et ses pierres blondes, offre à qui sait regarder une leçon européenne ancienne, faite de mesure, de durée et d’équilibre. Sous ce ciel sans hâte, j’ai lu, j’ai marché, j’ai observé, comme on le ferait dans une province romaine demeurée fidèle à son génie.
L’illusion d’un retrait total ne dure jamais longtemps. Même au milieu des oliviers, le fracas du monde finit par parvenir jusqu’à vous. Les conversations des terrasses, les journaux laissés sur les tables, la télévision d’un bistrot ont fini par évoquer la spectaculaire opération militaire américaine qui a conduit des unités d’élite de la Delta Force à capturer sans pertes le président de facto du Venezuela. Le déploiement, d’une ampleur quasi théâtrale, a mobilisé des centaines d’aéronefs et des milliers d’hommes, rappel brutal de ce qu’est aujourd’hui la puissance militaire réelle. Nulle autre force au monde n’est en mesure d’égaler une telle projection, ni la Russie empêtrée dans la boue du front ukrainien, ni la Chine qui se gargarise de parades et de chiffres, ni surtout l’Europe, absente du tableau comme un figurant effacé.
Quelques heures après cet enlèvement réussi, Donald Trump s’est longuement adressé à la presse, invoquant une fois encore la doctrine Monroe pour justifier l’action américaine. Depuis son retour au pouvoir, cette référence est devenue chez lui une sorte de refrain, presque une incantation. Elle sert à rappeler, sans fard ni précaution oratoire, que les États-Unis entendent réaffirmer ce qu’ils considèrent comme un droit de naissance sur le continent américain. La doctrine, formulée en 1823 dans un monde encore secoué par les convulsions de l’empire espagnol, surgit ainsi des archives comme un texte vivant, réarmé pour le présent.
Les Européens, pour la plupart, restent interdits devant ce retour en force de principes géopolitiques que l’Amérique elle-même avait semblé reléguer avec la création des Nations unies en 1945. Le droit international, tel qu’il fut patiemment construit après la Seconde Guerre mondiale, se voit remisé au magasin des accessoires par un interventionnisme désormais décomplexé. Il serait pourtant naïf de s’en étonner. La politique, écrivait Carl Schmitt, repose d’abord sur la distinction de l’ami et de l’ennemi, non sur des abstractions juridiques. Les États-Unis renouent avec cette vérité élémentaire, pendant que l’Europe persiste à s’en détourner.
Notre faiblesse est multiple. Elle est militaire, économique, et plus encore politique. L’Union européenne, qui gouverne aujourd’hui nos destinées sans en assumer les risques, n’est que l’ombre d’une puissance, incapable de penser le monde tel qu’il est, et plus incapable encore de défendre ses peuples face au danger le plus immédiat, celui de la submersion migratoire. Cette impuissance n’est pas une fatalité historique, elle est le produit d’une volonté défaillante, d’un renoncement prolongé à toute idée de souveraineté charnelle.
C’est pourquoi il faut analyser avec sang-froid la résurgence de la doctrine Monroe, et peut-être, paradoxalement, s’en réclamer nous aussi. Non pas de la version tronquée que brandit Washington, mais de son texte originel, souvent oublié. En 1823, cette doctrine affirmait certes la prééminence américaine sur les affaires du Nouveau Monde, tout en renonçant explicitement à toute atteinte aux possessions européennes subsistantes, françaises ou britanniques. Elle constatait également, point essentiel, le désengagement volontaire des États-Unis des affaires européennes.
Ainsi comprise, la doctrine Monroe convenait parfaitement à l’Europe. Elle reconnaissait une réalité géopolitique sans humilier les puissances du Vieux Continent, et traçait une ligne claire entre les sphères d’influence. Les États-Unis n’avaient rien à faire en Europe, l’Europe conservait ses territoires et sa liberté d’action. Cette lecture intégrale, équilibrée, serait aujourd’hui plus favorable à nos intérêts que l’universalisme abstrait auquel nous nous accrochons par habitude.
La conclusion s’impose d’elle-même. Revendiquer la doctrine Monroe, oui, mais dans sa totalité. L’Amérique aux États-Unis, l’Europe et ses territoires ultramarins aux Européens. Une telle affirmation n’a rien de belliqueux, elle est simplement conforme à l’ordre du monde réel, celui que Spengler appelait de ses vœux lorsqu’il invitait les peuples fatigués à regarder en face leur destin. Sous le soleil provençal, cette évidence prenait la douceur d’une certitude ancienne, comme une mer calme après la tempête.
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Rumeurs d’effondrement du régime iranien : l’hypothèse d’une restauration royale
Etienne Lombard
Boulevard Voltaire, cliquez ici
Alors que le pouvoir semble vaciller, les slogans pro-Pahlavi se font entendre dans les rues de Téhéran.
La capture de Nicolás Maduro par les États-Unis va-t-il déclencher une réaction en chaîne, dont le régime islamiste iranien serait la première victime ?
Un pouvoir de plus en plus fragile
Si l’incapacité de ce dernier à faire face aux graves difficultés économiques auxquelles il est confronté a fourni à ses opposants un prétexte supplémentaire pour profiter d’une grève des commerçants d'un bazar de Téhéran pour descendre dans les rues, réduire les récentes manifestations à une simple protestation « contre la vie chère », comme l’ont fait de nombreux médias français, n’est guère sérieux. L’accentuation des tensions dans le pays suffit d’ailleurs à montrer que les Iraniens ne réclament pas tant des « soldes » que la fin du régime des mollahs. Après deux soulèvements importants en 2019 et 2022, le pouvoir iranien avait engagé un bras de fer armé avec Israël, lequel avait alors fini par décider Washington à intervenir pour bombarder et détruire en grande partie les sites nucléaires iraniens. Téhéran perdait ensuite, coup sur coup, ses deux alliés au Proche-Orient : le Hamas, neutralisé pour un temps au moins à Gaza, et le Hezbollah, écrasé par les Israéliens au Liban. Autant de secousses, sur les fronts intérieurs et extérieurs, qui ont fragilisé les positions du pouvoir iranien et enhardi ses oppositions.
Le régime en mode « survie »
Depuis une semaine, de nouvelles manifestations ont eu lieu, occasionnant des affrontements qui auraient fait entre 12 et 16 morts à Téhéran et dans quelques autres villes, selon l’AFP, mais Iran International, média qui serait proche de l’Arabie saoudite, avance de son côté un bilan de 20 morts et des troubles dans plus de 220 localités. Le pouvoir iranien semble par ailleurs divisé sur la conduite à tenir face aux émeutiers. Si le président Masoud Pezeshkian a admis n’avoir « aucune idée » pour résoudre la crise en cours et dit faire la distinction entre les appels au soulèvement et des revendications économiques « légitimes », le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, s’est montré beaucoup moins conciliant : « Les manifestants doivent être remis à leur place », a-t-il déclaré, accusant des forces étrangères d’avoir provoqué un effondrement du cours du rial. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Aragchi, évoquant la situation du pays devant la presse, a quant à lui parlé de « lutte pour la survie du régime ».
À Londres, on voit Khamenei bientôt à Moscou
Et pour ajouter à la confusion générale, après la capture de Nicolás Maduro par les Américains et la menace d’intervention adressée par Donald Trump au pouvoir iranien si ce dernier tuait d’autres « manifestants pacifiques », les services de renseignement britanniques ont déclaré que l'ayatollah Ali Khamenei envisagerait de fuir en Russie. Une information à prendre évidemment avec prudence, mais pour le prince Davoud Pahlavi (cousin du prince héritier Reza Pahlavi), qui a accepté de répondre à BV, « à 86 ans, ce dernier disposerait d’un plan d’urgence pour fuir vers Moscou, accompagné d’un cercle restreint de proches, afin de rejoindre Bachar el-Assad en cas d’effondrement du régime. Ces informations, fondées sur des sources de renseignement, paraissent tout à fait plausibles et logiques. » La situation actuelle, qui pourrait évoluer très vite, fait évidemment penser à celle de 1979, qui avait vu la chute du régime impérial, mais « contrairement à 1979, où deux forces idéologiques structurées s’affrontaient et dominaient la scène », explique le prince Davoud Pahlavi, « les soulèvements récents révèlent une réalité bien différente : le changement, s’il doit advenir, naîtra probablement de la rue iranienne elle-même ».
Une « monarchie constitutionnelle, modernisée » ?
La révolution khomeiniste avait été brutale et sanglante, la contre-révolution pourrait-elle l’être aussi ? « Contrairement à ce que certains imaginent, le passage d’un régime autoritaire à une démocratie durable ne saurait s’accomplir dans le chaos ou par des ruptures brutales. Il nécessite au contraire une période de stabilité, un temps de respiration collective, afin de poser les fondations solides d’un avenir libre et apaisé », juge Davoud Pahlavi. « C’est précisément pourquoi je considère qu’un gouvernement de transition, représente la voie la plus sage », plaide le prince, pour qui « une telle instance aurait pour mission essentielle de garantir la sécurité du pays, de restaurer l’ordre public sans répression, de protéger les institutions vitales et, surtout, de préparer le terrain pour des élections libres et transparentes. » De même considère-t-il que le retour des Pahlavi ne constituerait pas une restauration pure et simple de « l’ancien régime » : « Il est temps de réinventer notre monarchie, de l’adapter aux exigences de l’ère contemporaine, en puisant avec sagesse dans les meilleures pratiques des autres monarchies du globe, tout en préservant jalousement notre identité iranienne et notre riche héritage culturel. » Partisan d’une « monarchie constitutionnelle, dans sa forme modernisée », le prince confirme qu’il se tiendrait à disposition de son cousin si celui-ci faisait appel à lui.
Reste à savoir si le régime des mollahs tombera. Si oui, quand il tombera. Et si l’Iran choisirait, alors, la voie républicaine ou une nouvelle voie royale.
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La « doctrine Donroe », cet étrange « sentiment de danger »
La chronique de Philippe Randa
L’année 2026 commence fort par l’attaque surprise – bien que prévisible, paraît-il – des États-Unis d’Amérique contre le Vénézuela et la capture et l’exfiltration de son président contesté Nicolas Maduro.
Officiellement, cela a été décidé pour lutter contre le narco-trafico-business de ce dernier et accessoirement pour délivrer les Vénézuéliens d’un abominable dictateur qui aurait confisqué le Pouvoir pour mieux s’enrichir et les auraient ainsi ruinés. Pourquoi pas !
Grand seigneur, le président Trump a même annoncé que les USA « allaient diriger le pays jusqu’à ce que nous (c’est-à-dire “eux”, les Américains) puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse. »
Pour embêter un peu plus ceux qui jugeraient – on se demande bien pourquoi – cette déclaration quelque peu « colonialiste », sinon « dictatoriale » – l’une n’excluant pas l’autre –, Donald Trump en a rajouté une louche dans la foulée en rappelant la doctrine Monroe, texte vieux de deux siècles selon lui « trop longtemps oubliée » qui considère l’Amérique latine – et plus largement les Amériques – comme la chasse gardée de Washington ; d’ailleurs, emporté par l’enthousiasme, il n’a pas non plus hésité à la rebaptiser de son propre nom, officialisant ainsi la « doctrine Donroe », puisque « nous (c’est-à-dire “lui”, The Donald) nous l’avons dépassée de très loin ». Au moins, les choses sont dites et on n’est jamais si bien servi que par soi-même, c’est bien connu !
D’où les réactions très contrastées entre, d’une part, les « ravis » de la chute spectaculaire d’un narco-dictateur et, d’autre part, les « outrés » d’un viol aussi flagrant du droit international.
Au-delà des réactions partisanes, on peut aussi faire quelques simples remarques qui ne manqueront sans doute pas de déplaire aux uns comme aux autres.
D’abord, en rappelant que l’initiative yankee de ce début d’année n’est en rien une première : les USA avaient déjà, pour les mêmes raisons invoquées, capturé en 1989, puis jugé et emprisonné le chef de l’État panaméen Manuel Noriega, pourtant ancien stipendié de la CIA.
De même, la guerre du golfe de 2003 avec la chute de Saddam Hussein, puis celle du Kosovo (1998-1999) avec celle du président Milosevik avaient été menées certes pour d’autres raisons, mais sans davantage tenir compte du droit international, puisque bafoué par le mensonge du Secrétaire d’État américain Colin Powell sur les armes de destruction massive qu’aurait détenu l’Iraq pour la première… et par une intervention étrangère dans un conflit intérieur de ce qui était alors la République fédérale de Yougoslavie pour la deuxième.
Ensuite, comme n’a toutefois pas manqué de le faire remarquer notamment la RTBF : « Un autre enjeu, bien plus structurant, s’impose en toile de fond : le pétrole. Ressource centrale de l’économie vénézuélienne, l’or noir cristallise depuis près d’un demi-siècle un bras de fer acharné entre Caracas et Washington, que l’offensive américaine vient brutalement raviver. »
De quoi tempérer l’enthousiasme des laudateurs de Donald Trump pour avoir débarrassé la planète d’un « méchant » par une action aussi efficace que pas nécessairement si désintéressée que cela… Mais tout travail mérite salaire, concédront-ils.
Enfin, si la « doctrine Monroe » ne s’est pas cantonnée par le passé aux seules Amériques, la « doctrine Donroe » ne s’appliquera-t-elle pas un jour à un pays de l’Union européenne qui serait, par exemple, dirigé par un gouvernement islamiste ? Et plus certainement encore si ce pays détenait par exemple… l’arme atomique… hors partage nucléaire de l’Otan ?
Mais ce n’est là peut-être qu’un « sentiment de danger ». Un de plus !
00:43 Publié dans Philippe Randa | Lien permanent | Commentaires (0) |
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