jeudi, 05 novembre 2026
5 novembre 1988 : disparition tragique de Jean-Pierre Stirbois, secrétaire général du Front national
Pour ceux qui veulent connaître le parcours de Jean-Pierre Sirbois, un Cahier d'Histoire du nationalisme lui est consacré cliquez ici
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L’étrange destin de Françoise Dior
La vie de Françoise Dior eut tout d’un roman : scandales, passions, engagements politiques et fréquentations sulfureuses. Son parcours tumultueux n’est pas sans rappeler celui de certaines sœurs Mitford ou encore de Gabrielle Chasnel, mieux connue sous le nom de Coco Chanel, qui entretint une liaison avec un baron allemand et collaborateur des SS, Walter Schellenberg, sous le nom de code « Westminster ». Entre mondanités, provocations et convictions radicales, Françoise Dior incarna à sa manière une époque où les frontières entre aristocratie, politique et transgression se révélaient particulièrement poreuses.
Par Rémi Tremblay
D’entrée de jeu, tout article consacré à Françoise Dior doit commencer par une rectification : Françoise ne fut ni la fille ni l’héritière du célèbre couturier Christian Dior, dont le nom demeure associé aux parfums et à la haute couture, mais sa nièce. Ajoutons que plusieurs journalistes et historiens n’hésitèrent pas à exagérer son rôle au sein de la mouvance d’extrême droite, une influence qui demeura somme toute relativement secondaire.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le couturier Christian Dior, qui commençait alors dans le métier, était particulièrement apprécié des épouses d’officiers allemands. Après la guerre, la marque Christian Dior obtint la création de sa propre maison de couture et mit de l’avant Ginette Dior, sa sœur cadette. Durant l’Occupation, celle-ci avait participé au réseau F2, un mouvement de résistance franco-polonais. Arrêtée, elle avait été internée par les Allemands au camp de Drancy avant d’être déportée à Ravensbrück.
Françoise Dior, quant à elle, était la fille de Raymond Dior, frère de Christian, collaborateur du Crapouillot et auteur socialiste. Raymond Dior était toutefois davantage un populiste qu’un socialiste au sens strict : farouchement hostile à l’establishment, il dénonçait à l’instar d’Henri Coston le pouvoir des « deux cents familles » qui, selon lui, dirigeaient la France. Il épousa Madeleine Leblanc en 1925, et Françoise naquit de cette union le 7 avril 1932.
Quelques biographes avancèrent cependant qu’elle serait née d’une relation adultère avec un aristocrate hongrois du nom de Valentin Balla. Cette version, qui tendait à la dissocier de sa famille paternelle, fut notamment reprise par certains écrivains dans le but de lui contester son appartenance à la famille Dior.
Françoise Dior épousa en avril 1955 le comte Robert-Henri de Caumont-La Force, un aristocrate que certains décrivirent comme alcoolique, voire homosexuel, selon Savitri Devi. Une fille naquit rapidement de cette union : Christiane, ainsi prénommée en hommage à Christian Dior, décédé onze jours avant sa naissance. Ce mariage contribua à faire connaître Françoise dans les milieux aristocratiques. Installée en France, la famille de Caumont-La Force revendiquait des droits sur le trône de Monaco, en vertu de ses liens de parenté avec la branche Grimaldi. Des querelles dynastiques auraient d'ailleurs contribué à écarter Robert-Henri au profit de son frère Jean, qui devint prince de Monaco.
Le mariage fut malheureux et se termina par un divorce en 1960, sur fond d'infidélités de Françoise.
Son amant de l'époque était le diplomate suédois Ragnar Kumlin, de trente-cinq ans son aîné. Ancien proche d'Hermann Göring, celui-ci continua, malgré la défaite du Reich, à professer des convictions national-socialistes. C'est lui qui initia Françoise Dior à ce qu'il était alors convenu d'appeler la « question juive ».
Elle commença alors à s’intéresser davantage à la politique et au national-socialisme. Lectrice de Rivarol, elle y publia une annonce afin de recruter des nationaux-socialistes susceptibles d’encadrer un futur parti. Son projet visait notamment à favoriser une union pan-aryenne, sans exclure d’éventuelles alliances avec les musulmans contre les Juifs.
Dior tenta de fédérer les différents groupuscules d’extrême droite ainsi que les organisations anticommunistes. Elle se rapprocha notamment du Parti prolétarien national-socialiste de Jean-Claude Monet, neveu du peintre Claude Monet. Cette organisation n’était toutefois qu’une coquille vide qui, selon Franck Buleux, servait aux Renseignements généraux à embrigader et à ficher les éléments les plus radicaux (1).
Dior apporta également un soutien financier à la Jeune Légion d’Attaque et à son journal, Attaque. Sa réputation de Führerin ne tarda pas à faire les manchettes, tandis que la presse contribuait à la diaboliser.
Les réponses à ses appels furent néanmoins peu nombreuses. Elle put surtout compter sur d’anciens membres de la division Charlemagne, qui lui permirent d'intégrer la World Union of National Socialists (WUNS). En août 1962, une réunion de l'organisation se tint dans les Cotswolds, en Angleterre, réunissant 27 délégués de neuf pays. Savitri Devi y représenta la France, ainsi que la Fédération ouest-européenne, dirigée par Yves Jeanne, ancien de la division Charlemagne et proche de Dior (2). Cette dernière devint par la suite responsable des relations internationales de la WUNS.
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