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jeudi, 22 octobre 2009

Une alliance avec la Fédération de Russie comme alternative à l'impérialisme états-unien...

s85822686907_7027.jpgSource : Alliance Europe-Russie

 

Si l'on essayait d'avoir une approche systémique des alliances internationales, il serait rapidement possible d'en comprendre l'existence à travers une motivation : 


- civilisationnelle et idéologique (1)


- étatique et de positionnement national et international sur un fondement patriotique et /ou nationaliste  (2)


- économique (3)


- personnelle ou familiale des dirigeants (4)


Chacune de ces motivations peut être à l'origine d'une alliance. Par ailleurs un choix diplomatique et militaire peut également résulter de la combinaison de ces différents facteurs, soit que ceux-ci convergent dans le même sens 
(5), soit que l'un d'entre-eux soit plus privilégié que les autres (6).


S'agissant de l'Europe et de la Fédération de Russie, un rapprochement fort entre les deux ensembles permettrait, selon les trois premiers items précités :

 

- de constituer un bloc continental cohérent, encore majoritairement de même civilisation chrétienne  face aux menaces civilisationnelles importantes de la montée de l'islam ainsi qu'à la volonté états-unienne et onusienne de gommer tout enracinement identitaire ; il permettrait par ailleurs, face aux donneurs de leçons de Washington et de New York, de prendre les décisions qui s'imposent en ce qui concerne les mouvements migratoires allogènes qui touchent aujourd'hui l'Europe mais qui pourraient toucher également demain la Fédération de Russie ;


-  de mieux se positionner face aux menées hégémoniques américaines (7) ;


-  de consolider les économies des états en organisant un grand marché intérieur cohérent et solidaire.


L'intérêt de prendre de la distance vis à vis des États-Unis mais aussi d'un rapprochement avec la Russie, avait été compris par le général de GAULLE (8)
. C'est par exemple tout le sens de son attaque du 4 février 1965 contre le « gold exchange standard (9) » ; de son message au président JOHNSON en date du 7 mars 1966 indiquant que la France décidait de retirer ses troupes des forces intégrées de l'OTAN ; de son « vive le Québec libre » le 24 juillet 1967 lors de son voyage à Montréal. C'est aussi tout le sens de son rapprochement avec les pays de l'Est (10) et de ses propos sur une Europe «  de l'Atlantique à l'Oural ».


L'intérêt d'un tel rapprochement, d'une construction diplomatique sur un axe Paris-Berlin-Moscou a par ailleurs été présenté dans les années 2000 par la publication du livre d'Henri de GROSSOUVRE "Paris Berlin Moscou. La voie de l'indépendance et de la paix"(11)
 qui démontre comment la politique américaine tend à affaiblir l'Europe et à introduire des motifs de discorde avec la Russie.


On retrouve aussi la thématique de l'axe Paris Berlin Moscou dans la toute récente étude de Marc ROUSSET « La nouvelle Europe. Paris-Berlin-Moscou. Le continent paneuropéen face au choc des civilisations » (12)
 préfacée par Youri ROUBINSKI de l'Académie des Sciences de Russie. Elle inscrit cette politique de coopération dans le cadre d'un rapprochement entre une Europe Carolingienne centrée sur Paris et Berlin et la Fédération de Russie. Elle a par ailleurs l'intérêt de la placer dans l'environnement général de la menace islamique, de la volonté hégémonique américaine, de l'écroulement démographique dans ce qu'il qualifie de "continent paneuropéen" (de Brest à Vladivostok) et de l'immigration de masse de peuples d'une origine non européenne ;

La thématique sur le jeu très anti-européen des États-Unis se retrouve dans bien d'autres ouvrages (13)
. Citons ici par exemple, plus orientée sur la politique pétrolière des États-Unis, l'étude d'Alexandre DEL VALLE « Islamisme et États-Unis. Une alliance contre l'Europe » (14).  

  
Aussi, on ne peut être que surpris de voir le président SARKOZY, porté au pouvoir par le parti se réclamant de l'héritage gaulliste, faire engager la responsabilité du gouvernement par le Premier ministre le 17 mars 2009 sur une déclaration de politique étrangère au cours de laquelle a été défendu le retour de la France dans la structure militaire intégrée de l’OTAN. 


Cette décision intervient après l'alignement de la France sur les États-Unis lors de la première guerre contre l'Irak (premier trimestre 1991), lors de la crise de l'ex-Yougoslavie, avec notamment l'intervention de l'OTAN de mars 1999, puis récemment lors des agissements irresponsables du président géorgien SAAKACHVILI d'août 2008 ou dans l'actuelle guerre civile en Afghanistan (15). Il y a donc bien urgence à dénoncer cette politique ainsi que la
duplicité américaine, et de proposer la voie qui permettra à l'Europe d'acquérir son indépendance vis à vis des États-Unis, de sauvegarder ses identités nationales et européennes et de jouer pleinement son rôle dans le monde dans le cadre d'une alliance avec la Fédération de Russie qui pourrait dans un deuxième temps se transformer en une Confédération des pays d'Europe et de Russie.

 

Commissaire colonel (er)

Jean-Claude PHILIPOT

Docteur de troisième cycle en histoire militaire

et étude de défense nationale

 

Notes

 

(1) Alliances de cités grecques lors des Guerres médiques entre les Grecs et les Perses au Vème siècle avant Jésus-Christ. Sainte Ligue de 1571 contre le danger turc avec la bataille de Lépante le 7 octobre de la même année. Regroupement militaire face à la menace turque à l'appel du pape Innocent XI avec la victoire, sous les ordres du duc de Lorraine Charles V et sur les pentes du Kahlenberg, devant Vienne le 12 septembre 1683, des armées des princes catholiques et protestants du Saint Empire et du roi de Pologne Jean SOBIESKI, etc.

 

(2) Guerres napoléoniennes. Première guerre mondiale (1914-1918), etc.

 

(3) À distinguer des intérêts étatiques proprement dits à motivation patriotique ou nationaliste. L'attaque du Koweit par Sadam HUSSEIN le 20 août 1990, la première guerre du Golfe (16/1/1991 au 3/3/1991) sont un exemple d'intervention à finalité initiale économique ; La deuxième guerre du Golfe (20/3/2003 au 1/5/2003) croise par contre plus fortement intérêts économiques et visées hégémoniques des Etats-Unis.

 

(4) Ce type de motivation concerne essentiellement la période antérieure au XXème siècle.

 

(5) Positionnement d'Athènes et de Sparte dans les guerres puniques, au delà de tout concept de défense civilisationnelle. Intervention des États-Unis le 2/4/1917, etc.

 

(6) Scandaleuse position de Louis XIV refusant de participer à la défense de Vienne privilégiant ainsi des considérations purement « nationales » à un enjeu civilisationnel supérieur. Il reproduisait alors le refus du roi de France Charles IX de participer au combat de Lépante et son opposition à une participation à titre personnel de nobles volontaires.

 

(7) Cette remarque vaut pour la Fédération de Russie, mais plus encore pour les pays membres de l'UE.

 

(8) Si l'on peut émettre plus que des réserves sur les choix du  général de Gaulle, notamment sur sa gestion de l'affaire algérienne, il convient cependant de reconnaître le réalisme de sa politique d'indépendance vis à vis des États-Unis.

 

(9) Ou « étalon de change or », avec un commerce international fondé soit sur l'or, soit le le dollar, soit sur la livre, avec des valeurs par rapport à l'or considérées comme stable.

 

(10) Visite en URSS du 20 juin au 1er juillet 1966, en Pologne en 1967, en Roumanie en mai 1968.

 

(11) Éditions L'age d'Homme, Lausanne, 2002, 175 p.

 

(12) Editions Godefroy de Bouillon, Paris, 2009. 538 p.

 

(13) Ces livres, mais aussi bien d'autres pourront, si nécessaire, faire l'objet d'une présentation ultérieure plus complète et servir de base à des travaux ultérieurs.

 

(14) Éditions L'Age d'homme, Lausanne, 1999. 360 p.

 

(15) Quand la police et les pompiers ne peuvent entrer sans risque dans des quartiers de grandes métropoles françaises…

 

L'Alliance Erope-Russie aura un stand à la 3ème journée nationale et identitaire de Synthèse nationale, mercredi 11 novembre, de 11 h 00 à 18 h 30, à Paris (Espace Grenelle, 5, rue de la Croix Nivert, XVème - métro Cambronne).

11:27 Publié dans En Europe et ailleurs... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, russie, aer, reims, poutine, france, géopolitique | |  Facebook