mardi, 27 septembre 2011
Présidentielle Carl Lang démarre sa campagne… à Valdoie

Source Le Pays de Montbelliard
Christophe Devillers, délégué du Parti de la France en Franche-Comté, a accueilli hier, avec des militants, Carl Lang, son président qui part en campagne pour 2012.
Le drapeau tricolore décorait la façade de l’hôtel-restaurant La Parenthèse à Valdoie hier. Et pour cause : le Parti de la France, qui arbore aussi ces couleurs, y accueillait Carl Lang, son président national et ses militants. L’intéressé ne se fait guère d’illusions sur l’intérêt qu’il suscitera auprès des grands médias nationaux. Alors, il séduit sur le terrain, flanqué de ses délégués régionaux, dont Christophe Devillers, qui a eu l’honneur, hier, d’ouvrir la campagne 2012 pour son président.
Je ne renonce jamais
Carl Lang n’est pas un inconnu : à la présidentielle 2007, il émargeait encore au Front national, qu’il a quitté début 2009. Son Parti de la France a deux ans, et déjà un programme dont son président égrène les grandes lignes, insistant bien sur les notions d’économie politique : « Je souhaite baser ma campagne autour de la notion d’une reconquête globale, économique, sociale, démocratique et diplomatique car nous sommes dans un état de crise générale et aucune solution n’émane du pouvoir en place ». Concrètement : « Il faut remettre l’état à sa place, réduire les dépenses publiques, ramener à zéro le coût de l’immigration, la France ne peut plus en supporter le poids ». Alors, Carl Lang, s’il évoque un « retour des règles, la préférence communautaire pour l’économie », imagine aussi l’instauration de « référendums veto » qui mettraient les élus sous « tutelle démocratique et budgétaire ». Plus à droite que le Front national, comme on l’entend ici ou là ? Carl Lang tente le distinguo : « Je suis de droite nationale européenne et démocratique. Nicolas Sarkozy est de droite mondialiste. Madame Le Pen est de droite étatiste, et je suis hostile à toute forme d’intervention étatiste ».
Le candidat, qui va désormais partir à la pêche aux 500 parrainages, pour pouvoir se présenter officiellement, promet de ne pas faire « de démagogie ». Et avoue : « Je ne renonce jamais ».
23:09 Publié dans Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Tribune libre : La destruction des classes moyennes en France, en Europe et aux Etats-Unis...
Par Marc Rousset
Economiste
En Europe, la destruction, mais dans les pays émergents, la montée des classes moyennes, voilà où nous conduisent le libre échange mondialiste, les sociétés multinationales qui, à l’exemple de Renault, délocalisent, ainsi que les stock options des dirigeants embarqués dans un capitalisme au service exclusif des actionnaires, n’en déplaise à Madame Laurence Parisot, Présidente du Medef. Seul le retour au capitalisme rhénan et à la préférence communautaire, avec des droits de douane sonnants et trébuchants, peut endiguer la catastrophe économique et sociale en cours !
Un symbole éloquent est fourni par l’entreprise américaine Apple. Ses produits sont conçus en Californie et assemblés en Chine par Foxconn. Apple, la deuxième plus grosse capitalisation mondiale après Exxon, que tous les bien pensants portent aux nues, fait travailler à peine une cinquantaine de milliers de salariés, chercheurs et cadres. Foxconn que personne connaît fait travailler un million de salariés en Chine dans des emplois industriels ! Le Prix Nobel d’économie Michael Spence constate que de 1990 à 2008, 98% des 27 millions d’emplois créés aux Etats-UnIs l’ont été pour des secteurs travaillant exclusivement pour le marché intérieur américain, dont dix millions pour les agences gouvernementales et la santé. En revanche, les industries dont les produits sont exportables n’ont pas accru leurs emplois sauf dans les métiers très hautement qualifiés. Le grand perdant est donc la classe moyenne employée dans l’industrie .Quant au professeur Alan Blinder, ancien numéro deux de la Fed, il estime que 25% de tous les emplois aux Etats-Unis sont potentiellement « délocalisables » (1).
Il est cocasse de constater pendant le même temps et dans le même quotidien, l’émerveillement du brillantissime footballeur Edson Arantes do Nascimento Pelé. L’Ambassadeur du Brésil pour la Coupe du monde de 2014 s’émerveille au contraire de l’apparition et de la montée des classes moyennes dans son pays : « Notre économie actuellement la 7ème du monde est diversifiée, innovante et elle allie croissance, stabilité, durabilité et inclusion sociale. Ces dix dernières années, plus de 40 millions de personnes ont rejoint la classe moyenne, enfin majoritaire dans le pays. »(2)
Avec l’expansion des échanges et la diffusion rapide des technologies vers les pays en développement, les employés européens sont confrontés à une concurrence croissante par delà les frontières. La Chine, l’Inde et les pays émergents dans une économie mondiale libéralisée et déréglementée provoquent plus qu’un doublement de l’offre de travail globale et un excès structurel de main d’œuvre permettant de faire porter sur les salariés l’ajustement aux nouvelles conditions de concurrence. Le fossé se creuse entre ceux qui sont à l’aise dans la mondialisation et le reste de la population, qui craint la précarité, la vulnérabilité, le déclassement social et se recroqueville sur ses avantages acquis.
Les classes moyennes tremblent en France pour leurs enfants, dont beaucoup obtiennent au mieux, des fonctions inférieures à des diplômes, il est vrai, de plus en plus dévalorisés et inadaptés, et n’auront d’autre ressource que de brûler le patrimoine reçu en héritage (3). 80% des emplois nouveaux créés en France relèvent de l’intérim, de CDD (sept embauches sur dix), de stage, de travail à temps partiel et il arrive sur certains sites de l’industrie automobile que les effectifs soient à plus de 50% intérimaires. La moitié des salariés - dont 52% des cadres et 73% des plus de 50 ans- estiment qu’il leur serait « difficile de retrouver un emploi au moins équivalent » en cas de perte de celui qu’ils occupent actuellement (4). La fameuse « France d’en bas » est la conséquence directe de l’absence de véritables frontières douanières européennes.
Ce qui est vrai pour la France et les Etats-Unis se vérifie aussi en Allemagne où selon une étude de Joachim Frick et Markus Grabka, chercheurs à l’Institut pour la recherche en économie (DIW) de Berlin, la classe moyenne, le « milieu », voit son importance décroître. En 2000, elle représentait encore plus de 62% de la population allemande ; en 2006, cette catégorie, autrement dit les Allemands qui gagnent entre 70% et 150% du revenu médian, était tombée à 54%. Aujourd’hui en haut de l’échelle en Allemagne, les richesses issues du capital ne cessent d’augmenter. Selon Joachim Frick, « la répartition des revenus est plus inégale et plus polarisée qu’avant » ; la confiance et l’optimisme des classes moyennes s’érodent en raison de la précarisation du travail; il est de plus en plus rare de disposer d’un emploi à temps plein et les salaires ne suffisent plus. Selon un quotidien économique en 2008, « l’Allemagne se découvre, 22% de travailleurs pauvres ». Albrecht von Kalnein, Directeur de la fondation Herbert Quandt, explique ces changements par l’ouverture de la Chine, la mondialisation et la délocalisation des services et des emplois industriels. L’offre mondialisée exerce « une pression sur les salaires en Allemagne » explique Albrecht von Kalnein.
Les emplois délocalisés sont en général des emplois ouvriers stables, porteurs de technologie, d’investissements, favorisant d’autres emplois et services grâce au pouvoir d’achat initialement créé par les salaires de l’industrie, ce qui est la base même d’une économie saine. La qualité des emplois se dégrade et les Européens s’abrutissent de plus en plus à des tâches instables, peu gratifiantes et routinières ; au-delà du problème du chômage stricto sensu se pose le problème de la dégradation continuelle et structurelle de la qualité de l’emploi. Les emplois créés pour pousser les vieillards dans leurs petites chaises roulantes, pour faire les courses des personnes malades, pour faire le ménage ou pour jardiner sont un exemple d’emploi de services bas de gamme d’intérêt limité, sans avenir ni contenu technologique, des quasi transferts de revenu qui portent en fait le nom d’emplois pour des pays décadents en voie de désindustrialisation rapide. Dans les statistiques officielles, ces emplois strictement alimentaires contribuent à la croissance d’un PIB qui est en fait de plus en plus désindustrialisé ainsi qu’à la poudre aux yeux médiatique de la lutte victorieuse des gouvernements contre le chômage. Ce qui caractérisait les pays sous développés et les économies de l’Ancien Régime, c’est le nombre incalculable de domestiques que faisaient vivre les nobles dans leurs châteaux et les classes privilégiés dans leurs belles demeures !
Bien que sa politique ait conduit les Etats-Unis et le monde à une situation économique catastrophique, Alan Greenspan prétend que (5) : « L’industrie manufacturière, c’est la technologie du XIXe siècle ! (…) L’industrie manufacturière, ce n’est pas un secteur d’avenir. L’avenir est dans les idées qui servent à concevoir les produits. (…). Il n’y a rien de sacro-saint qui justifie la préservation de l’industrie manufacturière au sens traditionnel du terme. Un pays qui défend son industrie manufacturière d’antan se condamne à voir son niveau de vie stagner ». Nous aimerions savoir comment l’ancien gouverneur de la Réserve fédérale américaine entend trouver du travail à 300 millions d’Américains passant leur temps à concevoir des produits ! Dans les années 1950, l’industrie manufacturière représentait 27% de l’économie et 30% des emplois aux Etats-Unis ; aujourd’hui elle ne représente plus que 12% du PIB et un emploi sur dix. Le développement foudroyant de la Chine (70% de son PIB dans l’industrie) est là pour montrer que ce qu’affirme Alan Greenspan est complètement inexact !
Il est vital pour l’Europe de ne pas rester à l’écart du monde industriel moderne, de concevoir un développement industriel fort, créateur d’emplois pour la prochaine génération, d’assurer un renouvellement de son tissu manufacturier. Il importe de reconquérir avec des droits de douane et la préférence communautaire les 3 millions d’emplois industriels perdus en France pendant 30 ans par la classe moyenne, au profit de celle de la Chine et des pays émergents.
Notes
(1) Jean Pierre Robin, Le Figaro, 26 septembre 2011, Libres échanges, p.29
(2) Coupe du Monde : une Chance pour le Brésil, Le Figaro, 26 septembre 2011
(3) Louis Chauvel, Les Classes moyennes à la dérive, Seuil, 2006, 112 pages
(4) Observatoire du travail BVA, L’Express, 14-29 septembre 2007
(5) Les Conseils d’Alan Greenspan à la France, Le Figaro du 24 septembre 2007
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