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mardi, 13 janvier 2026

Tout le monde aime les paysans… vraiment ?

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La chronique de Philippe Randa

La mobilisation actuelle du monde paysan – appelons-le comme cela –, après tant et tant d’autres, est l’occasion d’une antienne largement répandue dans nombre de médias et dans bien davantage de discutions de moins en moins devant les comptoirs et de plus dans les réseaux sociaux : nos paysans ont bien du malheur alors que tout le monde les aime tant !

Vraiment tout le monde ? Est-ce bien certain ?

Premier constat, ce « monde » représentant moins de 8 % du corps électoral, son intérêt politique va, de fait, en déclinant : « Selon le dernier recensement mené par le ministère de l’agriculture avec des données collectées en 2020, le nombre d’exploitations est passé sous la barre des 400 000, à 390 000. En dix ans, le précédent pointage datant de 2010, 100 000 fermes ont été rayées de la carte. En plaçant le curseur un demi-siècle plus tôt, on constate encore plus l’ampleur de l’hémorragie. En 1970, la France comptait alors 1,5 million d’exploitants agricoles », rapportait Laurence Girard dans Le Monde en juin 2024.

Capter son électorat n’est alors sans doute guère la préoccupation première des sacro-saints incontournables think tanks des partis, d’autant que lors des élections législatives de 2024, « traditionnellement ancré à droite, le monde agricole n’a pas échappé à la vague de vote Rassemblement national », nous apprenait Laurence Girard dans le même article du Monde.

Mais les petites rivières faisant les grands fleuves, selon un adage populaire, un candidat à une élection tordrait-il le nez, sinon à garder, du moins à tenter de conquérir ou de reconquérir 8 % du corps électoral quand défaite ou victoire se joue souvent à moins d’1 ou 2 % des suffrages ? En principe, aucun… Dans la réalité, c’est moins certain, car comment parler à des gens qui ne cessent de clamer haut et fort qu’ils travaillent jusqu’à 10 ou 12 heures par jour et cela 7 jours sur 7, sans prendre de vacances pour parfois ne même pas gagner un smic mensuel… quand pour certains – de gauche, du centre et de droite –, l’instauration de la semaine de travail de 35 heures – en attendant de la réduire encore – fut et reste le nec plus ultra de l’avancée sociale, tandis qu’à l’extrême-gauche, la députée Sandrine Rousseau en rajoute en prônant de son coté le « droit à la paresse » ?

Difficile pour ces gens-là de parler au monde paysan et on comprend mieux l’évolution de son vote en faveur du RN, puisque son président Jordan Bardella, propose, lui, de « pouvoir revenir sur les 35 heures dans les entreprises » dans un entretien à Cnews. Un discours que le monde paysan non seulement comprend, mais qu’il interprète sans doute comme un légitime sentiment de reconnaissance envers sa propre condition.

Quant aux auto-proclamés écologistes qui ne cessent de clamer que les agriculteurs empoisonnent l’humanité avec l’emploi de pesticide pour une basse question de « rentabilité » – dont la même Sandrine Rousseau n’a « rien à péter », comme elle l’a si élégamment déclaré en juillet dernier sur le plateau de la Contre Matinale, du média d’extrême gauche Le Média –, le fossé ne cesse chaque jour de devenir un précipice d’exécration réciproque avec le monde paysan.

Non, tout le monde n’aime pas les paysans ! À l’évidence !

19:31 Publié dans Philippe Randa | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

De l’illusion institutionnelle à la violence nue, ce que dit la mort d’Alain Orsoni

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Balbino Katz

Chroniqueur des vents et des marées

Il est des morts qui ne se contentent pas de clore une existence et qui ouvrent, par la manière même dont elles surviennent, un chapitre plus vaste, plus sombre, plus révélateur. La disparition de Alain Orsoni appartient à cette catégorie rare et funeste. Abattu d’un tir à longue distance, en plein cimetière, alors qu’il assistait aux obsèques de sa mère, l’homme emporte avec lui une part de l’histoire corse contemporaine et laisse derrière lui une île contrainte de se regarder sans fard, sans les voiles commodes de l’indignation médiatique.

J’observe cela depuis la Bretagne, avec ce regard d’étranger durable, enraciné sans être indigène, familier sans être du sérail. J’ai des ancêtres corses issus de l’Île-Rousse, mais je ne suis allé dans cette île qu’une seule fois dans ma vie, mû par une curiosité presque intellectuelle, celle de comprendre ce que l’on nomme aujourd’hui le mouvement palatin. Je connais peu la Corse par le corps, mais suffisamment par l’esprit pour discerner ce qu’elle tolère encore, ce qu’elle accepte par lassitude, et ce qu’elle rejette obstinément. Ce que j’y vois désormais, c’est moins un conservatoire de traditions figées qu’un laboratoire politique et humain, souvent en avance sur un continent qui se croit moderne alors qu’il n’est bien souvent que fatigué.

Ce qui s’est produit à Vero ne relève ni de la vendetta ancienne ni même du règlement de comptes ordinaire. On n’avait jamais tué en Corse lors d’obsèques. Pas même aux heures les plus sombres des haines claniques. Le lieu, le moment, la précision du geste introduisent une rupture. Ils disent que quelque chose s’est déplacé, ou peut-être effondré. Tirer à longue distance, en plein jour, lors d’une cérémonie funéraire, suppose des compétences presque militaires, une logistique, un sang-froid qui excluent l’acte isolé. Ce geste ne parle pas le langage politique, il parle celui d’un monde où l’efficacité prime sur le symbole, où l’intimidation devient démonstration de puissance.

La trajectoire d’Alain Orsoni ne se laisse pas enfermer dans une seule catégorie. Fils d’un militant de l’Algérie française, il appartient à cette génération façonnée par les débris encore chauds de l’empire, par le ressentiment, par une certaine idée de l’honneur et de la fidélité. Il passe par le GUD, ce creuset brutal et idéologique où se sont forgés nombre de nationalistes français des années soixante-dix, avant que l’affaire d’Aléria ne l’arrime définitivement à la cause corse. Le nationalisme, chez lui, n’est pas un vernis. C’est une conversion, presque une religion de substitution, avec ses dogmes, ses fidélités, ses aveuglements.

Ceux qui l’ont connu parlent d’un homme hors cadre, d’une intelligence redoutable, d’un tempérament qui refusait les demi-teintes. Pascal Gannat, père de Jean-Eudes, l’a rappelé avec une sobriété douloureuse, qui vaut témoignage plus que commentaire : « Triste nouvelle. La Corse est devenue un pays de mafia. On n’a jamais assassiné en Corse lors d’obsèques, même dans les pires vendetta. J’avais croisé assez régulièrement Alain Orsoni dans ma prime jeunesse, avec et chez des amis communs à Paris. C’était déjà une personnalité hors du cadre social habituel. Plutôt un idéaliste que la vie a happé vers une forme de désespoir. » Cette phrase éclaire autant l’homme que son destin. Orsoni n’était pas un cynique. Il était de ceux que l’Histoire utilise, puis abandonne.

Son parcours épouse les métamorphoses du nationalisme corse. Le temps du FLNC, des clandestinités structurées, des hiérarchies internes, puis celui du Mouvement pour l’autodétermination, plus politique, plus exposé, plus vulnérable aussi. À mesure que le nationalisme entrait dans les institutions, qu’il gagnait les exécutifs régionaux, il perdait ce qui faisait sa raison d’être. La conquête du pouvoir n’a débouché sur aucune refondation. Elle a accouché d’une gestion molle, souvent alignée sur les modes idéologiques du continent, jusqu’à accepter sans résistance la dilution démographique, culturelle et religieuse de l’île.

La mort d’Orsoni agit comme un tirage de rideau. Elle clôt un cycle né à Aléria et achevé dans les fauteuils feutrés de l’Assemblée de Corse. Elle révèle aussi la porosité entre certaines familles issues du nationalisme historique et les logiques du banditisme organisé. Beaucoup y voient la victoire définitive des logiques mafieuses. J’y vois plutôt un moment de vérité. La violence n’a pas disparu de Corse, elle a simplement changé de visage.

La stupeur des anciens, Jo Peraldi, Pierre Poggioli, la sidération de l’abbé Roger-Dominique Polge, leurs mots lourds, presque incrédules, disent l’effondrement des vieux codes. Le respect des morts, la sacralité des obsèques, ces lignes rouges que l’on croyait intangibles, ont été franchies. La vieille garde pleure un monde qu’elle sent s’éloigner, non sans une culpabilité diffuse, celle de n’avoir pas su empêcher la dérive.

Face à cette mort, un silence retient l’attention, celui de Nicolas Battini et de la Mossa Palatina. Aucun communiqué, aucune émotion affichée. Ce mutisme en dit long. Il marque une rupture nette avec le nationalisme des années quatre-vingt, celui des ambiguïtés, des compromis, parfois des compromissions. Les Palatins semblent tirer une ligne claire entre ce qu’ils estiment être un nationalisme à refonder et un passé jugé irrémédiablement vicié. Le silence devient ici un langage politique.

Il faut accepter une idée dérangeante pour l’esprit moderne. La Corse est une terre où la violence existe encore, et ce n’est pas forcément un mal absolu. Elle rappelle cette vérité trumpienne que tout n’est pas soluble dans la gestion, le droit mou, les indignations rituelles. Carl Schmitt notait que le politique commence avec la désignation de l’ennemi. Une société qui ne connaît plus aucune forme de violence symbolique ou réelle devient un espace ouvert à toutes les prédations. La violence, lorsqu’elle n’est pas purement criminelle, rend des choses possibles. Elle fixe des limites. Elle oblige à choisir.

La mort d’Alain Orsoni ne réhabilite rien et ne justifie rien. Elle oblige à regarder en face la fin d’un monde et l’émergence d’un autre, plus dur, plus froid, peut-être plus cohérent. L’île poursuit son histoire, indifférente aux lamentations venues du continent. Ceux qui prétendent encore aimer la Corse devront accepter cette part sombre, non pour la célébrer, mais pour ne plus se mentir.

Source Breizh info cliquez ici

12:12 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Justice politique : faut-il sauver Marine Le Pen pour qu’elle perde encore ?

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Thomas Joly - Président du Parti de la France
 
Le procès en appel de Marine Le Pen s’ouvre aujourd'hui comme une mauvaise pièce dont on connaît déjà la fin. À Bruxelles, l’hypocrisie règne en maître : des règles absurdes, tatillonnes, conçues par des technocrates hors-sol qui croient qu’un député est un fonctionnaire sous tutelle. Évidemment, un élu devrait pouvoir employer ses assistants comme il l’entend. Évidemment.
 
Mais voilà : encore faut-il ne pas confondre combat politique et amateurisme. Car la fraude, elle, est là. Massive. Grossière. Sans l’ombre d’une précaution. Ils ont pillé le système comme des enfants pris la main dans le pot de confiture. Pas de finesse, pas de camouflage, pas même l’intelligence du doute.
 
La confirmation de la condamnation ne fait guère de suspense. La vraie question est ailleurs : l’inéligibilité sera-t-elle maintenue ? Cette peine infamante, moralement discutable, juridiquement discutable, mais surtout politiquement explosive. Une peine qui vise une seule chose : empêcher Marine Le Pen d’être candidate en 2027.
 
Ironie suprême : ce serait peut-être la meilleure option - pour des magistrats « engagés » - que de la laisser concourir. Car Marine Le Pen n’est plus un espoir mais une habitude. Une machine à perdre. Un repoussoir prévisible et vieillissant. Pendant ce temps, Jordan Bardella caracole en tête, moderne, lisse, électoralement redoutable.
 
Alors la vraie ruse serait-elle judiciaire ? Les juges rouges la remettront-ils dans la course pour être sûrs qu’elle échoue encore ? En politique comme en justice, le cynisme est souvent plus fort que le droit.
 
Blog de Thomas Joly cliquez ici

10:35 Publié dans Thomas Joly | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Décès de Yann Clerc, journaliste engagé

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Yann Clerc, à gauche sur la photo, avec la délégation costarmoricaine du FN, lors d'un défilé de Jeanne d'Arc à Paris dans les années 1990.

Yann Clerc est décédé le 4 janvier dernier à Versailles à l'âge 94 ans.

Grand nom de la presse parisienne (Le Figaro, Valeurs actuelles...), attaché à la Tradition catholique, il a toujours soutenu le combat national. En 1986, il fut candidat du Front national de Jean-Marie Le Pen en Ille-et-Vilaine. Il avait aussi été vice-président de l'Association pour Défense de la Mémoire du Maréchal Pétain ainsi que de l'Union des intellectuels indépendants.

Yann Clerc aimait passionnément la Bretagne, terre d'origine de sa famille. C'est donc en terre bretonne que se sont déroulés, en ce début de semaine, ses obsèques. Roland Hélie et François Floc'h y représentaient notre revue. RIP.

S N

10:21 Publié dans Nous avions un camarade... | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Parution prochaine du nouveau numéro (n°10) de "Frontières"

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En kiosque à partir du 21 janvier 2026

10:01 Publié dans Kiosque de droite | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |