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mercredi, 14 janvier 2026

Le n° 8 du mensuel "Pour un Ordre nouveau" est à nouveau en vente sur Synthèse éditions

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Janvier 1972, la France stupéfaite apprend que son premier Ministre, le gaulliste Chaban-Delmas, ne paye pas d'impôts. Immédiatement Ordre nouveau lance une campagne pour dénoncer le pouvoir vermoulu avec le fameux slogan : "Chaban, tes impôts c'est le peuple qui les paie !".

Cinq mois plus tard, le malfaisant quittera piteusement Matignon.

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Alain et Stéphane

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Richard Dessens

La faculté de droit d’Assas dans les années 1972/1973. Le GUD défend un territoire que convoitent les facultés de la Sorbonne, de Jussieu, de Tolbiac aux mains des nombreux groupes gauchistes de cette époque : maoïstes, trotskystes, communistes, anarchistes assaillent Assas avec zèle. Seule une bonne organisation et des militants toujours présents en nombre, permettent d’empêcher les groupes gauchistes de pénétrer dans la faculté d’Assas. La période est encore violente, sensible, et porte les séquelles d’un mai 68 alors tout proche.

A côté du GUD est arrivée une autre organisation : le GAJ (Groupe Action Jeunesse), de la mouvance solidariste, créé par des anciens membres du GUD et d’Ordre Nouveau. La cohabitation, parfois difficile, n’empêchait pas localement les échanges et la communauté de pensées entre GUD et GAJ.

C’est dans ce contexte qu’Alain Orsoni et Stéphane Zannetacci arrivent en même temps, l’un au GUD, l’autre au GAJ ensuite. On se souvient d’Alain Orsoni, dont les activités en Corse étaient déjà connues ainsi que son attachement profond à son île. Farouche indépendantiste, il militait avec son cousin Versini dans la mouvance nationaliste corse et se retrouvait dans le mouvement nationaliste auquel le GUD appartenait. Il serait anachronique d’évoquer ici les moments passés et les services qu’il rendit à plusieurs militants du GUD. Il repartit assez vite en Corse où son cœur et sa foi militante l’appelaient. Sa « carrière » en Corse et ses pérégrinations de par le monde sont connues par la presse qui s’est souvent faite l’écho de ses actions de toute sorte.

C’est avec tristesse et une mélancolique mémoire qu’on a appris l’annonce de son assassinat par balle lors des obsèques de sa mère lundi 12 janvier. Une page s’est tournée après une vie bien remplie, pleine d’aventures, de violence et de fortes convictions.

Au GAJ, il y avait aussi Stéphane Zannetacci, et l’assassinat d’Alain Orsoni a opéré comme un retour de 50 ans en arrière, lorsque l’un et l’autre avec les militants du GUD se côtoyaient dans une même recherche d’idéal et une volonté d’aller jusqu’au bout de leurs idées. Que de discussions tardives eurent lieu avec lui qui portait dans ses yeux une sorte d’illumination que seule une foi peut donner. Mais pour Stéphane, la fin fut beaucoup plus rapide. Comme une centaine de militants nationalistes, il s’engagea dans les Phalanges chrétiennes pour aller combattre au Liban. Au bout de quelques mois, il est tué en 1976. Il avait 22 ans.

Voilà deux destins, deux engagements, qu’on ne peut que saluer et porter au rang de camarades qui, eux, eurent le courage d’assumer leurs idées et d’y laisser leur peau.

Requiescant in pace.

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Le nouveau numéro (n°52) de Livr'arbitres est sorti

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Groenland, l’épreuve de vérité de l’Europe

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Balbino Katz
 
Chroniqueur des vents et des marées
 
Je suis sur les quais du port du Guilvinec, à cette heure grise où les chalutiers larguent les amarres avant que la terre ne reprenne ses droits. La mer, ici, n’est pas un paysage, elle est un appel. Elle pousse vers le large, elle ouvre des routes mentales autant que maritimes. En regardant ces coques sombres glisser vers l’Atlantique, je songe que cette même eau conduit sans rupture jusqu’au Groenland, cette île immense que l’Europe croyait reléguée hors de l’histoire, alors qu’elle en concentre aujourd’hui les tensions les plus vives.

Le Groenland n’a jamais été une terre vierge ni paisible. Bien avant l’arrivée des Danois, les populations originelles qui occupaient l’île furent éliminées ou refoulées par des vagues venues de l’Arctique nord-américain. Les Inuits, tels que nous les connaissons aujourd’hui, ne furent pas les premiers habitants du Groenland, ils furent des conquérants tardifs, porteurs de techniques adaptées au froid extrême, qui supplantèrent les cultures antérieures. Avant eux encore, les Vikings avaient établi des colonies durables sur les côtes méridionales de l’île, bien avant que les Inuits n’atteignent ces latitudes. Cette succession de peuplements violents, de disparitions et de remplacements rappelle que le Groenland n’est pas un sanctuaire anthropologique figé, mais un espace de lutte, de survie et de domination depuis plus d’un millénaire.

Lorsque le Danemark prend officiellement possession du territoire au début du XVIIIe siècle, il ne fait que s’inscrire dans une longue chaîne de prises de contrôle successives. La colonisation danoise se pare d’un discours religieux et administratif, mais elle s’appuie sur une réalité déjà façonnée par la disparition des anciens et par l’installation d’une population venue d’ailleurs. Aujourd’hui, le Groenland a quitté l’Union européenne depuis plusieurs décennies, par crainte de perdre la maîtrise de ses ressources halieutiques, tout en demeurant un territoire relevant du Danemark, pilier de l’Union européenne et membre discipliné de l’Alliance atlantique.

Cette construction juridique fragile se trouve désormais mise à l’épreuve par la volonté américaine. Donald Trump ne dissimule rien de son intérêt pour l’île. Il invoque la sécurité, la présence russe et chinoise dans l’Arctique, la nécessité de protéger le continent nord-américain. L’argument est commode. Depuis les accords de défense du milieu du XXe siècle, les États-Unis disposent déjà au Groenland d’un accès militaire quasi total, bases, radars, liberté d’installation. Aucune menace réelle ne justifie une annexion. Ce qui se joue est d’une autre nature, une logique d’appropriation territoriale, héritée d’un imaginaire impérial que l’Amérique contemporaine croyait avoir dépassé.

Face à cette pression, les Européens découvrent une situation que personne n’avait véritablement envisagée. Un territoire relevant d’un État membre central de l’Union européenne et de l’Otan se retrouve menacé par la première puissance de cette même alliance. Le cadre mental atlantique se fissure. Paris, Berlin et Londres évaluent désormais des scénarios autrefois impensables, non par goût de la confrontation, mais parce que l’inaction créerait un précédent impossible à contenir.

En France, la réflexion militaire s’est accélérée autour des capacités de projection en milieu polaire. L’expérience des opérations extérieures, la maîtrise des environnements contraints, la crédibilité navale (les sous-marins nucléaires d’attaque pèsent ici leur poids d’or) confèrent à Paris une marge de manœuvre réelle. En Allemagne, la prise de conscience est plus tardive mais profonde. Berlin comprend que l’effacement militaire n’est plus tenable dès lors que le territoire européen lui-même devient un objet de convoitise. Le Royaume-Uni, malgré sa sortie de l’Union, se sait directement concerné, car toute remise en cause des équilibres arctiques fragilise l’ensemble de l’Atlantique Nord et, à terme, ses propres possessions et routes maritimes.

Si l’Europe laissait faire, si elle acceptait qu’un fait accompli américain s’impose au Groenland, elle se condamnerait à une incohérence stratégique définitive. Comment prétendre s’opposer demain à d’autres annexions, à d’autres coups de force, si l’on admet aujourd’hui que le plus fort peut redessiner les cartes à sa guise ? Le monde n’obéit pas aux discours, il obéit aux précédents.

Il n’existe pas de solution miraculeuse pour écarter à jamais une prise de possession par la force. Une option demeure pourtant à portée des Européens, prendre les Américains au mot et affirmer concrètement une capacité de défense du territoire. Une présence militaire européenne crédible, unités arctiques, défense aérienne, moyens navals et aériens, transformerait immédiatement l’équation. Une intervention américaine resterait possible, mais elle deviendrait coûteuse, politiquement explosive, et humainement lourde.

Un tel geste offrirait à l’Europe un bénéfice inattendu. Il fournirait le choc psychologique nécessaire pour refonder la relation transatlantique. L’Atlantisme, ce monstre politique né de la défaite en 1945 des puissances continentales européennes, ne survivrait pas intact à une telle épreuve. Carl Schmitt rappelait que tout ordre politique repose, tôt ou tard, sur la désignation claire de l’ami et de l’ennemi. Le Groenland oblige l’Europe à sortir de l’ambiguïté.

Si les États-Unis attaquent et que l’Europe défend, l’équilibre du monde sera modifié. S’ils renoncent face à une présence européenne déterminée, un autre équilibre, plus mental que matériel, se sera imposé. Dans les deux cas, l’Europe cessera d’être un espace administré. Sur le quai du Guilvinec, tandis que les chalutiers disparaissent dans la brume du matin, il devient difficile de nier que la mer, une fois encore, nous intime de choisir entre la soumission tranquille et la responsabilité du large.

Source Breizh info cliquez ici

14:42 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |