jeudi, 20 août 2026
Il y a cent ans, en août 1926, débutait au Mexique le soulèvement des Cristeros, dernière réplique du violent tremblement de terre qu’a représenté pour le pays sa longue révolution (1910-1917)

Synthèse nationale
Le 1er décembre 1924, Plutarco Elias Calles devient président du Mexique. Athée et franc-maçon, il revient à une politique violemment anticléricale qui dresse contre le gouvernement fédéral révolutionnaire les organisations catholiques : la Ligue nationale pour la défense des libertés religieuses (LNDLR), l’Association catholique de la jeunesse mexicaine (ACJM) et sa branche féminine, la Jeunesse catholique féminine mexicaine (JCFM), l’Union populaire de Jalisco, fondée et dirigée par le Bienheureux Anacleto González Flores (martyrisé en 1927).
Les membres de ces mouvements et le clergé ont d’abord recours à la résistance passive : suspension du culte public (remplacé par le culte privé), appel à renoncer aux achats non essentiels ainsi qu’à la fréquentation des lieux de loisir et de divertissements.
Le gouvernement leur répond par de nouvelles mesures anticatholiques (fermeture des églises, interdiction du culte privé, de l’administration des sacrements) et par la répression : en août 1926, les réfractaires comptent leurs premiers tués et blessés, tombés au cri de Viva Cristo Rei !
La brutalité et les exactions gouvernementales mettent le feu aux poudres. « Un soulèvement populaire spontané et massif se propage alors dans tout le Mexique du haut plateau, celui qui renferme les deux tiers de la population » (Jean Meyer, La Cristiada, la guerre du peuple mexicain pour la liberté religieuse, CLD éditions, 2014).
Durant les trois années qui suivent, le pays des Mayas et des Aztèques connaît une nouvelle "guerre de Vendée" : 250 000 morts, deux millions de réfugiés aux États-Unis. En juin 1929, une paix trompeuse met fin aux combats ; mais la politique anticléricale, les menées et la répression anticatholiques se poursuivent.
En 1936, dix ans après le début du soulèvement, Robert Brasillach, dans son livre Léon Degrelle et l’avenir de Rex, relate le séjour mexicain du futur chef du mouvement belge, parti en 1929 à la rencontre des Cristeros, alors qu’il n’avait que 23 ans.
On peut y lire ces lignes : « (Degrelle) visite le peuple, parcourt le pays. (…) Il n’oublie pas non plus d’aller voir les persécuteurs des catholiques, le président Calles, les bourreaux enrichis. Il veut contempler les résultats réels de cette immonde politique de "libération". Et toujours, il pense à cette épopée d’un peuple martyr, aux femmes et aux enfants imbibés d’essence, aux lignes télégraphiques d’où pendaient, en grappes, des dizaines de chrétiens, aux tortures.
Quand l’Espagne, quelques années plus tard, retrouvera le secret de cette cruauté, Léon Degrelle pourra imaginer ce qu’elle est. Car il se souviendra des trente mille jeunes gens, étudiants, ouvriers, paysans, qui, un jour, ont pris le fusil pour défendre leur liberté et leur Dieu, des quatre mille jeunes filles qui assuraient le ravitaillement en munitions, des fusillés, des pendus, des déportés. Il se souviendra aussi, dans ce pays ruiné, d’où trois millions d’habitants s’étaient enfui pour échapper au massacre et à la famine, du luxe scandaleux des révolutionnaires nantis.
(…) Deux ans avaient suffi aux chefs du Mexique pour détruire le catholicisme. Il n’existe plus, dans le pays, une école catholique, un seul ordre religieux, le port de l’habit est interdit, les prêtres "autorisés" (un par cinquante mille habitants) sont déchus de tous droits politiques et inscrits aux registres de la police, comme des filles publiques. Et pourtant, contre toute cette abjection, accomplie dans le silence de l’Europe, dans la froideur des États-Unis, contre les crimes et la honte, un peuple de martyrs s’était levé.
Léon Degrelle, de l’Atlantique au Pacifique, fit le sombre pèlerinage du sacrifice des Cristeros, à travers quatre mille kilomètres de désert, évoquant ces trente mois de luttes, sans pain, sans armes et sans soutien, les messes de l’aube avec la communion donnée aux soldats, le drapeau orné de la croix, et pour finir, les milliers de tombes qui portent pour seule inscription : "Mort pour le Christ-Roi". Tout cet héroïsme ne fut pas inutile, se disait-il. Il a sauvé l’honneur catholique ».

07:35 Publié dans Didier Lecerf, Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) |
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