lundi, 21 septembre 2026
21 septembre 1972 : Henri de Montherlant se donne la mort
Le 21 septembre 1972, Henri de Montherlant avale une ampoule de cyanure, puis se tire une balle dans la gorge. Prudent, organisé et avisé, il avait préparé un second pistolet : on ne sait jamais, le poison peut être frélaté et une arme à feu risque toujours de s'enrayer.
Son suicide est romain. Sa mort est stoïcienne. Son départ volontaire est un ultime libre choix vital, affirmation dernière de la volonté d'un Caton d'Utique, plutôt que celle, codée et purement rituelle, d'un Mishima.
"Le suicide", écrivait il en 1963, "est le dernier acte par lequel un homme peut montrer qu'il a dominé sa vie".
Ses romans sont un peu datés et sa monumentale œuvre théâtrale n'est plus au goût du jour qui, depuis des décennies, a tourné le dos à la grandeur et l'ésthétisme pour verser dans la médiocrité. Mais il faut lire et relire ses Carnets, écrits au jour le jour de 1924 à 1972 (NRF-Gallimard)) tout comme ses récits et essais, "La relève du matin", "Le solstice de juin", "Services inutiles", "Coups de soleil" (La Pléiade)... On y amasse des munitions pour la vie. La vie debout.
Je n'oublie pas pour autant que cet homme édifiant fut aussi un pervers attiré par les jeunes garçons qu'il courait le jeudi après-midi sur les grands boulevards et draguait dans les salles de jeux, avant de les emmener dans sa garçonnière, protégé par sa qualité d'académicien français. Mais, depuis ce jour de septembre 1972, il s'agit là d'une affaire entre Dieu et lui.
11:46 Publié dans Jean-François Touzé | Lien permanent | Commentaires (0) |
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