vendredi, 30 octobre 2026
Interdiction du colloque Remigration de Polémia : quand la menace de l’extrême gauche devient un motif pour l’anarcho-tyrannie
Source : Breizh info cliquez ici
Jeudi 29 octobre, le préfet des Hauts-de-Seine a signé un arrêté interdisant le colloque « Remigration : ouvrons le débat ! ». Polémia, le think tank de Jean-Yves Le Gallou, l’organisait samedi 31 octobre à la Maison des arts du Plessis-Robinson. Le même jour, le préfet de police de Paris a interdit la manifestation qu’Objectif Remigration prévoyait dimanche dans la capitale. Les 2 préfets disent avoir agi « à la demande du ministre de l’intérieur », Laurent Nuñez.
La France compte donc désormais une catégorie d’événements interdits d’avance : ceux où l’on parle d’immigration sans avoir été autorisé à en penser du bien. Le même gouvernement regarde par ailleurs, depuis des semaines, des centres-villes livrés aux casseurs.
Des parlementaires étrangers persona non grata
Le programme n’avait rien d’un rassemblement de rue. Selon Polémia, des parlementaires en exercice de 5 pays devaient prendre la parole. Parmi eux, le premier vice-président du Sénat péruvien, Alejandro Muñante, un député tchèque et 2 membres du Bundestag allemand. 3 Américains étaient aussi annoncés :
- Jason Killmeyer, ancien chef de cabinet de l’ICE, l’agence fédérale chargée de l’immigration et des douanes ;
- Matt O’Brien, de l’organisation FAIR ;
- Kristen Ziccarelli, de l’America First Policy Institute.
La presse de gauche évoque aussi des représentants de l’AfD, du Vlaams Belang et de Restore Britain, ainsi que Renaud Camus et Éric Zemmour, en vidéo.
Ces élus siègent dans des parlements démocratiques. Ils viennent d’un pays allié pour 3 d’entre eux. En France, un fonctionnaire préfectoral a décidé qu’ils ne parleraient pas.
Polémia tient le parallèle pour évident. En février 2025, à Munich, J.D. Vance avait averti les Européens que la menace contre leurs démocraties venait de l’intérieur. Un an et demi plus tard, une préfecture le confirme par arrêté.
Un arrêté qui juge les idées
Les autorités invoquent officiellement le risque de troubles à l’ordre public. Elles citent l’attentat raciste de Trappes du 23 octobre, qui a fait 1 mort, et le climat de tension lié au mouvement lycéen. Mais l’arrêté des Hauts-de-Seine va plus loin. Il reproche au colloque de reposer sur une « idéologie xénophobe et raciste ».
Le préfet ne se contente donc plus d’évaluer un risque matériel. Il qualifie une pensée, puis l’interdit au nom de cette qualification. Or le droit français pose depuis l’arrêt Benjamin de 1933 un principe simple : une réunion ne s’interdit que si la police est incapable d’en assurer la sécurité. Ici, l’État préfère faire taire les orateurs plutôt que de protéger une salle de quelques centaines de places.
La salle était louée légalement. Le maire LR du Plessis-Robinson, Philippe Pemezec, l’a rappelé : Polémia a payé 4 500 euros pour la Maison des arts, et l’association est légale. Il a ajouté que les organisations légales doivent pouvoir s’exprimer librement.
La gauche donne les ordres, le ministre exécute
La chronologie est limpide. Depuis le début de la semaine, les élus de gauche multipliaient les courriers et les injonctions :
- le groupe LFI à l’Assemblée ;
- le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, qui a saisi le préfet de police ;
- le sénateur communiste Ian Brossat, qui dénonçait des « rassemblements néo-nazis » ;
- la députée PCF Elsa Faucillon et le sénateur PCF Pierre Ouzoulias ;
- le premier secrétaire du PS des Hauts-de-Seine, Brice Gaillard.
Dans le même temps, une vingtaine d’organisations appelaient à des contre-manifestations devant la Maison des arts. On y trouvait Plessis Insoumis, NousToutes92, Utopia 56, des groupes « antifa », un collectif baptisé « Virons les fachos ! », la CGT et le PCF.
Jeudi, le ministre de l’intérieur a cédé. Le mécanisme est connu : l’extrême gauche promet de venir perturber l’événement, l’État invoque le risque de « troubles », et c’est la cible des menaces qu’on interdit. Le perturbateur annoncé devient le motif de la censure, et il crie victoire. Brice Gaillard a salué auprès de Mediapart « une victoire de la République ».
Casseurs en liberté, colloques interdits
Le contraste avec le traitement des débordements récents est saisissant. Le 17 octobre, des manifestations ont dégénéré en violences dans plusieurs villes, dont Paris et Marseille. Des commerces ont été saccagés. Un commerçant du centre de Paris, victime de casseurs, a annoncé qu’il baisserait le rideau samedi.
Ces violences n’ont débouché sur aucune interdiction générale des cortèges. Une nouvelle journée de mobilisation reste d’ailleurs prévue samedi 31 octobre à Paris. Jean-Yves Le Gallou a résumé la situation sur X : le gouvernement « laisse les casseurs pilleurs gambader dans les villes ». Dans le même temps, il interdit « les colloques de réflexion pour complaire à la gauche ».
C’est la définition même de l’anarcho-tyrannie. L’État est impuissant face au désordre réel, impitoyable face au débat d’idées. La France laisse ses frontières aussi poreuses qu’une passoire, mais elle sait encore refouler un homme à l’aéroport.
Martin Sellner refoulé
L’essayiste autrichien Martin Sellner devait dédicacer vendredi son livre Remigration à la librairie Logos, dans le 7e arrondissement de Paris. Jeudi soir, il a annoncé sur X avoir été arrêté à l’aéroport. Il dit faire l’objet d’une interdiction d’entrée sur le territoire et devoir être renvoyé vers l’Autriche vendredi. Il précise que son téléphone allait aussi lui être retiré.
Pour l’État français, ce militant autrichien représente donc une menace qui justifie une mesure d’éloignement immédiate. Il n’a commis aucune violence en France. Il venait parler d’un livre. cliquez ici
Un débat qu’on ne peut plus avoir
Les idées de droite sur l’immigration ne sont plus marginales dans ce pays. Pourtant, chaque fois qu’elles cherchent un lieu pour s’exprimer, elles se heurtent aux mêmes obstacles : pressions sur les mairies, menaces de contre-manifestations, puis un arrêté préfectoral.
Fermer une à une les portes légales du débat revient à dire à des milliers de militants qu’ils n’ont plus voix au chapitre. À force, on peut se demander si l’objectif n’est pas de pousser certains d’entre eux au dérapage, pour mieux justifier la prochaine interdiction.
Référés en cours
Polémia a déposé un référé-liberté. Une audience était fixée ce vendredi 30 octobre à 14 h devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Le think tank assure maintenir son colloque tant que toutes les voies de recours ne sont pas épuisées, et annonce qu’il ira jusqu’au Conseil d’État si nécessaire.
Objectif Remigration a également saisi la justice administrative contre l’interdiction de sa manifestation de dimanche. Son porte-parole, Stanislas Tyl, l’a annoncé à l’AFP. La manifestation prévue dimanche elle, est maintenue selon les organisateurs.
09:43 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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