dimanche, 08 novembre 2026
LE GOÛT DES AUTRES N’EST PAS UN DÉLIT
Freddy Roy,
conseiller municipal UDR de La Roche-sur-Yon
On peut aimer la techno, les fêtes folkloriques berbères, l’accordéon ou les grandes tablées autour des produits du terroir. Toutes ces préférences méritent la même considération.
Une municipalité n’a pas à composer le menu des réjouissances selon les goûts de sa majorité.
Sinon, chacun aurait droit à sa fête… sauf ceux dont les goûts déplaisent aux élus.
• À La Roche-sur-Yon, on accuse les participants au Canon Français. Mais à ce jour, aucune condamnation judiciaire publiée pour ces faits n’a été identifiée. Certains titres de presse gagneraient à rappeler cette distinction.
• Dans les stades de football, des condamnations existent bel et bien. En février 2025, un supporter lyonnais a été condamné pour un salut nazi effectué en tribune. On sanctionne les responsables ; on n’interdit pas le football. Pourquoi abandonner cette distinction dès qu’il s’agit d’un banquet ?
• L’argument économique a aussi sa place : les organisateurs paient la location des Oudairies à Oryon, société dont la Ville et l’Agglomération détiennent la majorité des parts. Un contrat signé, c’est un contrat signé. On ne revient pas dessus après coup en donnant des leçons à son propre partenaire.
Comme l’écrivait Bourdieu dans La Distinction, les goûts culturels servent aussi à classer et juger les autres. Quand le désaccord avec une fête tourne au procès de son public, la réflexion vaut d’être relue.
Les risques doivent être examinés, les infractions sanctionnées. Mais les préférences d’une majorité municipale ne doivent pas devenir la règle des plaisirs autorisés.
Personne n’est obligé de s’asseoir à cette table. Personne ne devrait prétendre choisir celle des autres.
Et vous, accepteriez-vous qu’on vous interdise votre fête préférée ?
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