jeudi, 07 juin 2012
Quand l’herbe à neuneu fait planer la politique...
Philippe Randa
Que la dépénalisation du cannabis soit la grande préoccupation des Français ces temps-ci, on a du mal à le croire. C’est pourtant le « scandale politique » de ces deux derniers jours, depuis que Cécile Duflot a plaidé mardi pour une telle réforme.
Si on ne voit pas très bien le rapport avec ses toutes nouvelles fonctions de Ministre du logement, on lui reconnaîtra toutefois une remarquable persistance sur un sujet qu’elle et les siens, membres et partisans d’Europe Écologie-Les Verts dont elle est la secrétaire nationale, défendent depuis toujours. Une obsession, chez ces gens-là, tout aussi forte que la sortie du nucléaire. Après la génération passée du « Peace and love », c’est la génération future du « gros pull en laine et défonce pour tous ». Rien que du bonheur !
Évidemment, sa déclaration a mis en émoi le landernau médiatique et politique. Avec une majorité de réprobation, même de la part de certains qui sont ou seraient en accord avec elle. Mais ce n’était pas le moment et c’est sans la moindre honte qu’ils l’assurent tous haut et fort.
C’est que nous sommes en période électorale, à trois jours du premier tour d’élections législatives. Cela pose, on s’en doute, un problème certain à tous ceux qui concourent dans les circonscriptions françaises au nom d’une future majorité présidentielle. Car, évidemment, L’UMP s’est immédiatement empressée de rebondir sur la déclaration de la Ministre écologiste pour fustiger le laxisme présumée de la gauche sur la question.
Alors, les ténors socialistes tentent tant bien que mal d’éteindre l’incendie allumée par leur alliée… De François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon qu’on dit très influent à l’Élysée – « Disons que ce n’est pas le moment, elle l’a fait à titre de secrétaire nationale » – à Claude Bartolone, député et président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis qui a qualifié sur France Info - d’« erreur de jeunesse gouvernementale » ses déclarations, en passant par le chef du gouvernement qui a déclaré le jour même : « Le gouvernement n’a rien dit sur ce sujet. »
Courage, fuyons.
Quoi que l’on pense du sujet, on se doute que la question de la légalisation de « l’herbe à neuneu » tombe d’autant plus mal en ces temps où, après avoir chassé les fumeurs de tabac de l’intérieur de tous les lieux publics, on menace de les interdire de terrasse de café ou de restaurant, voire même, pour les plus enragés des talibans de l’hygiénisme, de prohiber totalement en ville leur abominable habitude tabagique.
Il serait donc pour le moins fort de tabac – sans jeu de mot – qu’on permette alors aux zombis de la défonce de s’ébattre sans vergogne sous leur nez.
À moins encore que ce ne soit une idée, pas plus sotte qu’une autre, finalement, pour remplir les caisses de l’État… Gageons que les fumeurs de cannabis, encouragés par la légalisation du cannabis, n’hésitent guère à se rouler un pétard en place publique… Nul doute que la répression policière ne s’abatte sur eux avec la même hargne que sur les fumeurs de tabac… Rappelons que la consommation de stupéfiants est déjà tout autant réprimée que l’ivresse chez les automobilistes.
Si le prix de la barette devait chuter avec sa légalisation, nul doute que sa consommation, elle, ne devienne rapidement un luxe hors de prix.
Bienvenu alors, à tous les neuneus, chez les cochons de payeurs !
21:55 Publié dans Philippe Randa | Lien permanent | Commentaires (0) |
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La réédition de l'Histoire des Fascismes de François Duprat commentée par Le Journal du Chaos...
Histoire des Fascismes, par François Duprat, Deterna editions, 310 p., 29 €, préfacé par Alain Renault.
Voici une excellente initiative que d’avoir réédité en un volume cette Histoire des Fascismes. En fait, une sélection d’articles rédigés par François Duprat (1940-1978) et issus de la Revue d’histoire du Fascisme ((1972-1977)). Ces textes n’ont pas pris une ride tant les intentions premières de François Duprat sont toujours d’actualité. François Duprat était ce que l’on appelle un intellectuel organique pour qui les idées ne valent que si elles justifient l’action. C’est la raison pour laquelle il a recherché dans les fascismes européens, moins leurs idées que ce qui leur a permis d’approcher le pouvoir à défaut de le prendre comme ce fut le cas en Italie. Car, première leçon de l’ouvrage, il n’y a pas eu "Un" mais bien des fascismes qui sont autant de reflets des caractères d’un peuple et d’une nation à un moment donné. Tant il est vrai aussi que le fascisme ne répond pas d'une doctrine figée mais s'adapte aux circonstances. Le fascisme, c'est aussi et d'abord un pragmatisme et ... une esthétique.
Autre idée forte et fondamentale bien mise en valeur par François Duprat : le fascisme ne peut voir le jour qu’avec l’assentiment du peuple et non contre lui. Ce qui rend le fascisme tout à fait original et très différent des totalitarismes – communistes entre autres - comme devait si bien le démontrer Claude Polin dans son opuscule sur le totalitarisme (QSJ ? PUF. 1995, 3e éd.). Ajoutons à cet ouvrage, passionnant à plus d’un titre et d’une rigueur historique sans faille, une préface très éclairante d’Alain Renault situant la portée de l’œuvre et des idées de François Duprat, un garçon beaucoup « trop tôt enlevé à notre affection » comme disait le grand historien Jean-François Chiappe.
En complément de cet ouvrage, on lira également, Les Fascismes américains (1920-1944), de François Duprat et Alain Renault, 324 p., 31 €, chez le même éditeur. Un aspect trop méconnu de la réalité américaine.
Vous pouvez vous procurer ces deux ouvrages chez Francephi cliquez ici
21:47 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |
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