lundi, 15 octobre 2012
Chronique de la France asservie et résistante...
RIVAROL N° 3064 du 12/10/2012
TROIS livres viennent d’être édités, sans qu’il y ait eu la moindre concertation entre les auteurs et les maisons d’édition. Tous trois dénoncent l’enseignement catastrophique de l’histoire, qui ne s’appuie plus sur la chronologie et évacue des siècles entiers.
L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE : UNE CALAMITÉ…
Il y a L’Histoire de France interdite, de Dimitri Casali chez Lattès ; Ils ont tué l’histoire-géo de Laurent Wetzel, chez François Bourin, et L’Histoire fabriquée ? aux Editions du Rocher. Du primaire au lycée, les élèves survolent les millénaires, sautillent de l’étude de l’empire du Monomotapa (le Zimbabwe au Moyen Age), à l’étude de la faim dans le monde, au développement durable et au sida dans le monde. L’histoire de la reproduction des coléoptères à travers les siècles, de leur relation avec l’homme et de leur responsabilité dans le déclenchement des guerres n’est, pour l’instant, pas abordée, mais cela viendra. Les batailles napoléoniennes, Disparues ! La guerre 1914-1918 ? Bof, la conséquence d’un simple engrenage diplomatique. Mais des photos, il y en a dans les manuels. Chacun sait que les photos créent l’émotion, et les auteurs de ces livres savent y faire en « festival d’images émotionnelles ». Beaucoup plus facile que d’apprendre qui était Clovis. Un excellent article paru dans Le Parisien évoque une « chronologie sans repères, des sauts dans le temps, des aberrations, des héros disparus et des oublis. » Florilège : à 8 ans, l’enfant est censé « parcourir toute l’histoire de France, de la préhistoire à la société de consommation, sous une approche économique et sociale. » Rien que çà… Un an plus tard, les écoliers auront la joie et l’honneur d’aborder un sujet de thèse : « La religion et le pouvoir, depuis la christianisation de la Gaule romaine jusqu’aux colonisations du XIXe siècle. » Clovis, comme je l’évoquais, disparaît. Le Roi-Soleil (qui, ça ?) est réduit au seul absolutisme. Molière, La Fontaine, Lully, passent à la trappe… Napoléon est bien entendu un dictateur. Ses batailles, la manœuvre géniale d’Austerlitz, ses réformes, out… La crise de 1929, comme vecteur majeur de la Seconde Guerre mondiale ? Les élèves n’en entendront jamais parler, pas davantage que de la Ve République. Quant à la géographie, elle est étudiée à travers le prisme du développement durable. Les élèves ne savent pas où sont les Alpes et la Chine, mais, pas grave. Ils sont censés apprendre que « le climat méditerranéen est chaud » et ne sauront jamais ce qu’est la mousson. Les élèves des filières scientifiques ont de la chance. Ils doivent apprendre par cœur treize cartes et maîtriser « les enjeux de la construction européenne » avant de se présenter au bac. Bon, certes, ils n’auront jamais étudié les Etats-Unis, la Chine ou le Japon, mais ceci n’a aucune importance… Du moment qu’ils auront étudié la civilisation du Zimbabwe au 15e siècle et son influence sur la civilisation européenne, et le rôle du Lichtenstein dans la construction européenne…
MAIS QUI EST DONC LE PÈRE DE ZOHRA DATI ?
Zohra Dati est la fille de Rachida, l’ex-ministre de la Justice, de Nicolas Sarkozy. Zohra est née en janvier 2009, à la clinique de la Muette, un établissement privé du XVIe arrondissement. Mais qui, diantre, en est le père ? Les hypothèses, des plus saugrenues aux plus sérieuses, ont circulé. Un grand patron, un célèbre acteur, le procureur du Qatar, un ex-Premier ministre espagnol ?
Voire une fécondation in-vitro ? Rachida Dati a décidément la réputation d’être une chaude… Mais le mystère semble devoir se lever sur cette affaire qui nous tenait tous en haleine depuis des mois. Rachida Dati viendrait d’assigner en justice, Dominique Desseigne, le PDG du groupe de casinos Lucien Barrière, pour « reconnaissance de paternité. » Jointe au téléphone par RIVAROL (non, là je ne suis pas sérieux… elle l’a été par Aujourd’hui), elle a fermement démenti : « C’est faux ». Problème : le groupe Barrière confirmait la nouvelle dans les heures qui suivaient. Rachida est folle de rage et s’en prend aux journalistes et à leurs « comportements de charognards irresponsables », disant « Il ne s’agit pas de journalistes, mais de voyous ». Dominique Desseigne, 68 ans, une allure de play-boy, est à la tête de 37 casinos, 15 hôtels de luxe et une centaine de restaurants et de bars. L’homme a la réputation d’être un don Juan. On lui prête une foule d’aventures, avec une prédilection pour les riches héritières. Desseigne nie être le père de Zohra, déclarant : « Le père, ce n’est pas moi, jusqu’à preuve du contraire… » Personne ne le croit, mais ce n’est pas grave… Nicolas Sarkozy, dont il est très proche, fut recueilli par Desseigne, lorsque le couple présidentiel explosa en 2007. Sarkozy fêta d’ailleurs son élection au
Fouquet’s, propriété du groupe Barrière-Desseigne.
RACHIDA DATI, PERSONA NON GRATA AU MAROC ?
Un juge marocain vient de demander l’arrestation de Rachida Dati. Rachida Dati ne pourrait-elle plus passer ses vacances à Marrakech ? La raison ? L’ex-ministre de la Justice serait en infraction avec le code pénal marocain, rapporte un site d’information de Rabat. L’un des juges les plus connus au Maroc, l’adjoint du procureur du roi près du tribunal de première instance de Taza, Adil Fathi, en est convaincu. Mieux, il a adressé un courrier officiel au ministre de la Justice et des Libertés pour réclamer l’arrestation de l’eurodéputée d’origine marocaine dès qu’elle sera de retour au Maroc. Le crime de l’ancien ministre ? La maire du VIIe arrondissement a eu un enfant né d’une « relation sexuelle illégitime ». Rachida Dati serait en effet sous le coup de l’article 490 du code pénal marocain qui stipule que « sont punis de l’emprisonnement d’un mois à un an, toutes personnes de sexe différent, qui, n’étant pas unies par les liens du mariage ont, entre elles, des relations sexuelles ». Le Haut conseil marocain de la magistrature (HCM) s’est saisi de l’affaire.
TRIERWEILER, SUJET DE RIRES ET DE MOQUERIES
Ça ne se passe pas bien du tout entre Valérie Trierweiler et la direction de Paris Match. Trierweiler aurait demandé à une secrétaire de faire ses cartons. Elle préfère éviter d’y mettre les pieds, car elle perçoit les regards entendus des journalistes de la maison, qui se moquent doucement d’elle. « Le pire, c’est que maintenant on la lit », ironise, selon le site Pipole.net, un rédacteur qui n’en peut plus de côtoyer l’arrogante perruche. VSD révèle que Trierweiler est le sujet de rires et de moqueries de Nicolas Sarkozy et Carla, et de leur entourage. Du coup, Valérie cherche à réparer la casse. Pas facile du tout. En chute de 20 points dans les sondages de popularité, quatre mois après son tweet cosmoplanétaire contre Ségolène Royal, elle fait, dans Ouest-France, profil bas, très très bas, déclarant : « Ce tweet était une erreur que je regrette. Je n’avais pas encore réalisé que je n’étais plus simplement une simple citoyenne. Cela ne se reproduira pas. » Elle gardera cependant une rubrique dans Paris-Match. La pauvre déclare : « Mes enfants sont à ma charge et je ne vois pas comment faire sans salaire. » Par contre, les projets d’émission sur la chaîne D8, du groupe Canal+, sont tombés à l’eau. Il est vrai que Bernadette Chirac s’était amusée à lui donner un tout petit coup de pied à l’âne, en déclarant sur RTL qu’il n’était pas “convenable”, pour une première dame, fût-elle une première petite amie, de présenter une émission de télévision. Il y a quelques jours, histoire de revenir sans doute en grâce auprès des Français, elle assistait aux défilés de la maison Saint-Laurent au Grand-Palais. Elle a commis ce commentaire qui passera à l’Histoire, et qui fut, bien entendu, repris par la presse : « Sublime, exactement ce que j’aime. » Cela suffira-t-il pour qu’elle revienne en grâce aux yeux des Français ? Pas sûr du tout. Moins d’un Français sur trois a une bonne opinion de la concubine du Président, et parmi eux, il n’y a que 1 % à avoir « une très bonne opinion ». Pis, Valérie Trierweiler a beau se taire depuis quatre mois, 44 % estiment qu’elle occupe « une place trop importante dans la vie politique depuis l’élection de François Hollande » et que « la vie privée de François Hollande a un impact négatif sur l’image qu’ils se font du président de la République. » Elle n’est décidément pas sortie de l’auberge, pas davantage d’ailleurs que François Hollande…
MARTIN SCHULZ : UNE CALAMITÉ EUROPÉENNE AMBULANTE
Le Président du Parlement européen, venait de dire, il y a quelques jours, tout le mal qu’il pensait du film L’innocence des musulmans. Mais, à ses yeux, cela ne suffisait pas. Au cours d’une conférence de presse clôturant une rencontre à Bruxelles avec une délégation arabo-musulmane du Golfe Persique, il en a remis une couche, se disant favorable à une fusion des valeurs de l’Occident avec celles de l’Islam. Il souhaite voir ses collègues du Parlement « coopérer avec le conseil musulman de coopération du Golfe Persique concernant les croyances religieuses, les opinions politiques et l’environnement politique et économique des deux parties (islamique et européenne) ». Martin Schulz s’était déjà singularisé récemment lors de la visite du Premier ministre serbe à Bruxelles. Il lui avait fait savoir que l’intégration de la Serbie dans l’Union européenne passait par la reconnaissance du Kossovo, c’est-à-dire l’abandon d’une portion de la Serbie aux Kossovars musulmans…
YOM KIPPOUR À LA MAIRIE DE PARIS
Bertrand Delanoë a décidé récemment d’écourter les débats du Conseil de Paris en raison du Yom Kippour, le Grand Pardon, une fête juive, ce qui a suscité la réaction courroucée d’un élu communiste. La mairie de Paris subventionne une vingtaine de crèches confessionnelles, principalement juives, dont sont exclus, de facto, ceux qui ne sont pas juifs. Quant aux catholiques, ils n’ont droit qu’à ce que prévoit la loi. Point barre…
CHRISTINE (BOUTIN) FAIT ENCORE DES SIENNES
C’est Valeurs Actuelles qui rapporte cette confidence d’un député UMP : Christine Boutin vient d’annoncer son soutien et celui de son fantomatique Parti chrétien-démocrate à Jean-François Copé. En contrepartie, elle va toucher 180.000 euros, d’ici au mois de novembre. Une mauvaise langue de l’UMP dit, parlant de Copé : « S’il en est là, c’est qu’il commence vraiment à avoir peur de perdre… » Christine se récrie, face à de si basses insinuations. Elle dément formellement avoir été achetée et se dit « blessée que l’on ait pu, une seconde, imaginer qu’elle était achetable. » Mais attention, ce n’est pas tout ! L’UMP lui devra encore 120 000 euros, fruits de calculs byzantins que nous épargnerons à nos lecteurs. Et comme elle est de naturel prévoyant et prudent, elle précise, faisant état d’un culot de tous les diables : « Fillon devra honorer cette dette s’il est élu président du mouvement. » Pas sûr que Fillon ait, dans cette hypothèse, envie de sortir le chéquier…
LES RAVAGES DU PRÉSENTÉISME
J’avais déjà évoqué cette curieuse manie typiquement française qui consiste, pour un salarié, à être présent à son poste de travail jusqu’à des heures parfaitement indues. Il pense ainsi faire preuve d’abnégation et espère se faire apprécier de ses patrons. En Amérique du Nord, comme en Allemagne, ce comportement est mal vu. Un ingénieur français, fraîchement débarqué dans une entreprise du Nouveau-Monde, s’est fait tancer : « Etes-vous malade ? Avez-vous des difficultés ? » En fait, une récente étude, tout à fait sérieuse, menée par Ron Goetzel, chercheur à l’université Cornell aux Etats-Unis, démontre que le présentéisme, loin d’être souhaitable, aurait des conséquences négatives. Un salarié trop présent ne rapporte en moyenne rien à son entreprise. Au contraire, il lui coûte, car il dégrade la productivité de l’équipe. Les conséquences du présentéisme ? Manque de concentration, piètre communication, travail à refaire. Toujours est-il que le taux d’absentéisme n’a jamais été aussi bas qu’en cette période de crise. Il s’agit d’un de ses effets pervers. Le salarié, qui craint de perdre son emploi, aura tendance à travailler, ou du moins à faire semblant de travailler davantage…
FILLON, POUR UNE FOIS AMUSANT
Fillon, ironisant sur les difficultés que rencontre le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a eu cette phrase : « Montebourg a ouvert la boîte à gifles, et prend claques sur claques… » Il est vrai que Montebourg, grand donneur de leçons pendant les primaires socialistes, se retrouve pris à son propre piège. Un piège qu’il était le seul à ne pas avoir pressenti, tant son désir d’être ministre lui avait occulté que sa mission était proprement impossible à mener à terme, dans les conditions actuelles, et selon les règles d’un jeu truqué. Il ne voudra pas, il ne pourra pas, il n’osera pas renverser la table des tricheurs… Tant pis pour lui.
MAIS DE QUOI SE MÊLENT-ILS ?
L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a annoncé avoir porté plainte contre Jean-Marie Le Pen, auprès du tribunal correctionnel de Saint Nazaire, pour « provocation à la haine raciale » et « diffamation raciale ». Le 22 septembre dernier, le président d’honneur du Front National avait en effet attribué aux Rroms, lors de l’université d’été du mouvement qui se déroulait à la Baule, cette phrase : « Nous, nous sommes comme les oiseaux, nous volons naturellement ». L’affaire sera examinée le 5 février à 14 heures.
23:11 Publié dans Chronique de la France asservie et résistante | Lien permanent | Commentaires (0) |
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François Hollande à Gorée : Roudoudou se couvre de cendres et de ridicule !
Yves Darchicourt
Il paraît qu'après avoir visité la "maison des esclaves" de l'Ile de Gorée au Sénégal, François Hollande a jeté un regard profond vers l'océan. C'est du moins ce qu' a relevé le quodien sénégalais "Le Populaire" : belle image que celle de Roudoudou raidi d'émotion, en communion mémorielle avec les malheureux esclaves noirs arrachés à leur continent par les capitaines des négociants-négriers européens, des avides et des sans-coeur... approvisionnés amplement en vaincus des guerres tribales directement par les rois nègres de la région ou par l'intermédiaire des caravaniers arabo-musulmans. Mais cela, il n'est pas de bon ton de le dire, ce n'est pas l'Histoire Officielle, celle qui met en exergue la responsabilité unique du chrétien blanc, celle qui oblige et obligera de générations en générations les petits écoliers de France et d'Europe à donner dans une repentance systématisée et monnayée jusqu'à l'outrance.
L'Histoire de l'esclavage - disons plutôt celle des esclavagismes - n'a bien évidemment pas qu'une seule facette ; or, celle qui concerne l'Afrique est idéologiquement orientée dans sa recherche, déformée dans son enseignement, entachée "d'erreurs" volontaires érigées en axiomes. Roudoudou ne pouvait pas manquer l'occasion de sacrifier sur l'autel de la repentance, quitte à se faire le répétiteur de l'Histoire Officielle et à paraître ridicule aux yeux de la muse Clio qui, il est vrai, en a vu, en voit et en verra beaucoup d'autres... jusqu'à ce que l'Histoire, dans tous ses domaines, soit remise à l'endroit. Comme le disait - pour répondre à ses détracteurs - l'immense vrai historien que fut Georges Dumézil : "la répétition, la vulgarisation d'une erreur ne la transforme pas en vérité". Et la vérité finit toujours pas se révéler !
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La grande peur des temps présents...
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Depuis 1989 et la parution des Ennemis du système, Christophe Bourseiller s’intéresse aux « périphéries politiques ». Désormais maître de conférence à Sciences Po – Paris, cet acteur de cinéma et de publicité a consacré de nombreux ouvrages à l’« extrême gauche » (Les Maoïstes en 1996, Histoire général de l’ultra-gauche en 2003), à l’« extrême droite », au phénomène sectaire (Les Faux Messies en 1993, Carlos Castaneda. La Vérité du mensonge en 2005), aux nouvelles sexualités (Les Forcenés du désir en 2000) et à la franc-maçonnerie (Un Maçon parle en 2010).
Avec L’extrémisme. Une grande peur contemporaine, Bourseiller poursuit sa description des extrêmes politiques. Outre une préface convenue de l’universitaire Pascal Ory, l’ouvrage se divise en quatre grandes parties : une introduction qui tente de cerner l’extrémisme perçu comme un « animal insaisissable », une conclusion qui examine le concept même d’« extrémisme » et deux parties centrales, inégales en pagination et en réflexions contenu qui portent respectivement sur les « extrêmes gauches » et les « extrêmes droites ». Ces dernières n’occupent que 67 pages alors que les précédentes en couvrent quelque 137, même si une vingtaine se rapporte au négationnisme au sein de l’ultra-gauche, aux pensées libertaires et aux anarchismes marginaux (anarchisme de droite micberthien, anarcho-capitalisme libertarien, etc.).
Ce déséquilibre n’est pas que quantitatif. La partie traitant de l’extrême droite est assez pauvre et superficielle. La distinction entre les « contre-révolutionnaires » (royalistes, catholiques traditionalistes, traditionalistes inspirés par Guénon et Evola…) – le sédévacantisme n’est pas mentionné ! -, le F.N. envisagé comme un « populisme calculé (p. 199) » et les « révolutionnaires » (« N.D. », nationalistes, néo-nazis, nationaux-communistes, post-nationalistes…) est décevante. On y décèle des limites déjà relevées dans ses précédents ouvrages. Bourseiller a beau déclaré que « si le nomadisme est plus intense que dans le camp adverse, la rigidité doctrinale semble moins prégnante (p. 193) », il affirme qu’« il n’est pas rare de voir un militant démarrer dans le royalisme, devenir nationaliste révolutionnaire, puis national-communiste, passer par la mouvance néonazie, et aboutir dans un parti populiste (pp. 192 – 193) ». Ce cheminement est moins fréquent qu’il ne le pense.
Bourseiller commet d’autres erreurs. Il appelle Alain de Benoist « Alain de Benoist de Gentissart », ce qui est inexact si on lit Mémoire vive: « Peut-être parce qu’il [lui] est arrivé de signer quelques textes de jeunesse du nom de Cédric de Gentissart, mais ce n’est qu’une légende parmi d’autres (1). » Il range Bruno Mégret au sein des droites modérées alors qu’il fut formé par le Club de l’Horloge. Si Bourseiller les commet, c’est parce qu’il n’est pas en phase avec ce sujet d’étude qu’il ne connaît pas intimement. En revanche, malgré les nombreuses critiques, parfois violentes, provenant de l’ultra-gauche, reconnaissons qu’il se débrouille mieux avec ce thème, ce qui est logique puisqu’il écrivit en préambule de sa biographie de Guy Debord qu’il créa, seul et unique membre, un Parti communiste marxiste-léniniste-maoïste-stalinien (P.C.M.L.M.S.), puis un Mouvement situationniste pour un tourbillon créatif (M.S.T.C.), et enfin un Mouvement créateur situationniste subversif (M.C.S.S.), respectivement dotés de proto-revues à lecteur unique, La Lutte et Le Tourbillon des masses (2). Pour ses détracteurs de gauche, Bourseiller serait indigne de les aborder, car « on ne peut étudier l’extrême gauche que si l’on est soi-même militant ou sympathisant (p. 52) ». S’il n’est ni l’un, ni l’autre, il y a cependant longtemps baigné; c’est la raison pour laquelle son analyse sur les « gauchismes » est plus conséquente que sur les « dextrismes ».
Christophe Bourseiller établit une bonne typologie en distinguant, d’une part, les léninistes des non léninistes, et, d’autre part, les modernistes des invariants. Ainsi muni, il raconte le pablisme, les « gauches italiennes » bordiguistes, le « communisme des conseils » du Néerlandais Anton Pannekoek, etc. Il retrace la genèse du N.P.A. et de sa matrice, la L.C.R., de Lutte ouvrière, du Parti ouvrier indépendant, républicain et souverainiste, des courants post-maoïstes ou néo-staliniens tels Vive le P.C.F. ! d’Emmanuel Dang Tran, farouche opposant interne au Front de Gauche, ou le P.C.O.F., défenseur hexagonal de l’héritage maoïste de l’Albanie d’Enver Hodjah. On peut regretter l’absence des groupusculaires Parti eurocommuniste et du Parti communiste juchéen de France devenu depuis peu le Parti Juché de France. L’auteur est plus disert sur les différentes tendances de l’anarchisme (communisme libertaire, socialisme libertaire, anarcho-syndicalisme, syndicalisme révolutionnaires et individualisme stirnérien). Cette première partie peut être une introduction correcte à la découverte de ce continent politique étrange et méconnu.
Par tous ces exemples, Bourseiller veut comprendre l’extrémisme qui serait le parent pauvre des sciences politiques. Malgré des différences ontologiques entre les extrêmes, il remarque néanmoins que « les pratiques se ressemblent : on pointe un même triptyque de hiérarchie, de violence et de transgression (p. 44) ». Le célèbre politologue, Pierre-André Taguieff, a lui aussi réfléchi sur la notion d’« extrémisme ». Dans un article à la conclusion grotesque paru dans un quotidien hexagonal, Taguieff juge que « ce qu’on appelle “ l’extrême droite ” n’est pas le produit d’une droitisation de la droite, ni de l’extrémisation de l’esprit droitier. Ladite “ extrême droite ” est aussi étrangère à la droite libérale qu’à la gauche socialiste réformiste. Elle n’est pas une super-droite ni une hyperdroite. Elle ne se situe pas “ à droite de la droite ”, selon l’expression aussi confuse que convenue. Elle n’est ni extrêmement de droite ni radicalement de droite. L’expression “ droite radicale ” ne change rien au problème de catégorisation : remplacer “ extrême ” par “ radicale ” n’est qu’une coquetterie verbale. Il en va de même avec la distinction illusoire entre “ droite extrême ” et “ extrême droite ”. Toutes ces expressions ne sont que des étiquetages polémiques sans contenu conceptuel, présupposant une vision essentialiste de la droite (3) ».
En se référant à Jacques Ellul, auteur en 1972 De la révolution aux révoltes, Bourseiller estime que l’extrémiste serait finalement la « figure ultime du libéral (p. 259) ». Par conséquent, nos sociétés hypermodernes individualistes de masses s’en accommoderaient assez bien d’autant qu’elles en sont pas déstabilisées, mais au contraire renforcées… Or cette conclusion ne se rapporte-t-elle pas à la seule « extrême gauche » beaucoup plus soluble dans l’hypermodernité que les « extrêmes droites » plus « détonnantes » ? « Considérée froidement, poursuit Taguieff, l’extrême droite apparaît […] comme un produit de synthèse instable, né du mélange, selon divers dosages, de thèmes empruntés aux droites non libérales et à l’extrême gauche, qui n’est pas non plus une gauche gauchisée ou extrémisée, mais un pseudo-gauche dont l’horizon n’est autre que la Révolution. […] L’extrême droite n’est pas plus à droite que la droite, elle l’est moins. Sa dimension réactionnaire s’accompagne toujours d’un volontarisme révolutionnaire. On peut la dire “ ni gauche ni droite ” (comme le fascisme ou l’anarchisme). On peut aussi la caractériser comme “ mi-gauche mi-droite ”. Elle oscille ainsi entre le point neutre (ni l’un ni l’autre) et le point complexe (l’un et l’autre). » Taguieff considère au final que les traits principaux de l’« extrême droite » (autoritarisme et violence) se rencontrent « aussi dans les courants révolutionnaires de type blanquiste, léniniste ou maoïste. C’est à l’extrême gauche que l’extrême droite ressemble le plus ». Mimétisme du « fer à cheval » ? Probablement pour Taguieff. Bourseiller, lui, en est moins convaincu. Passionné par les avant-gardes, il croît plutôt que le phénomène extrémiste tend à « pivoter, du politique vers le culturel. Sur un plan culturel, les mouvements extrémistes, ou du moins certains d’entre eux, sont-ils, ou ont-ils été les foyers d’émergence de pensées radicales ? C’est notre constat (p. 266) ».
L’extrémisme pour Bourseiller préparerait donc le monde de demain. En effet, « par-delà les programmes, les manifestes et les excommunications, l’extrémisme apparaît comme le principal cheval de Troie des contre-cultures, ces singularités qui viennent perturber le champ culturel pour annoncer le changement d’époque. L’extrémisme mène à la radicalité (p. 279) ». N’est-ce pas là de bon augure ?
Notes
1 : Alain de Benoist, Mémoire vive. Entretiens avec François Bousquet, Éditions de Fallois, Paris, 2012, p. 16.
2 : Christophe Bourseiller, Vie et mort de Guy Debord (1931 – 1994), Plon, coll. « Agora », Paris, 1999, pp. 20 – 21.
3 : Pierre-André Taguieff, « Le sens des extrêmes », Le Figaro du 31 mai 2012.
• Christophe Bourseiller, L’extrémisme. Une grande peur contemporaine, préface de Pascal Ory, C.N.R.S. Éditions, Paris, 2012, 303 p., 22 €.
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Dépénalisation du cannabis : Vincent Peillon en plein délire !
Un communiqué du Parti de la France :
Le Parti de la France condamne avec la plus grande fermeté les propos irresponsables du Ministre de l'Éducation nationale tenus dimanche 14 octobre sur France Inter plaidant pour la dépénalisation du cannabis. Monsieur Peillon entend lutter ainsi contre le trafic de drogue. Dans le même esprit, on pourrait aussi lui suggérer de mettre les armes de guerre en vente libre pour lutter contre le trafic d'armes...
En tout cas, cette proposition en dit long sur les intentions de Monsieur Peillon à l'égard des jeunes Français en matière d'éducation.
Complétement dépassés par la crise économique, sociale et migratoire, nos gouvernants socialistes tentent d'enfumer les Français avec des mesures sociétales totalement nocives mais conformes aux revendications de leurs soutiens les plus extrémistes.
En matière de trafic de drogue, le Parti de la France est favorable à une politique de tolérance zéro, à un harcèlement policier et judiciaire des revendeurs de drogue, à la peine capitale pour les plus gros trafiquants, à l'expulsion des dealers étrangers à l'issue de leur peine.
11:48 Publié dans Communiqués de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Prix Nobel de la Paix pour l’Union européenne : une grossière manipulation
La ficelle est un peu grosse et cette opération de communication tellement énorme que l’on pourrait en sourire si le sujet n’était grave, mais une majorité de nos concitoyens n’y verrons, prenons-en ici le pari, que du feu. Devant la récession économique, l’austérité sans précédent qui s’avance pour les années à venir, la délinquance, le chômage de masse, et la disparition de tout ce qui a constituée la force des nations européennes, ils pourront toujours, pour se remonter le moral, admirer le prix de pacotille que vient de leur décerner le comité Nobel.
00:33 Publié dans Les rubriques d'Arnaud Raffard de Brienne | Lien permanent | Commentaires (0) |
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