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samedi, 06 juillet 2019

5 juillet 1962 : le massacre d’Oran. Béziers se souvient...

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Le maire de Béziers, Robert Ménard, a rendu hommage vendredi aux victimes. Voici son discours que nous reproduisons entièrement, en le remerciant :

Hommages aux victimes du massacre d’Oran, le 5 juillet 1962. le discours de Robert Menard

Mesdames, Messieurs,

Oran. Jamais, je n’oublierai Oran. Jamais, je ne cesserai de parler d’Oran. Jamais, je ne me lasserai de dire et de redire ce qui s’est passé là-bas, qui était alors chez nous, le 5 juillet 1962.

Oran, le massacre d’Oran, est un avertissement. Un signal d’alarme. La chasse à l’homme européen, la chasse aux Français qui ont eu lieu ce jour-là sont un marqueur. Une borne. Un basculement. Oui, le 5 juillet 1962 à Oran montre qu’un monde peut s’effondrer en une journée.​

Nous sommes rassemblés pour qu’on n’oublie pas les centaines de victimes, les hommes, les femmes, les enfants de cet horrible après-midi. Oui, les centaines de victimes des terroristes algériens.

Égorgés en pleine rue, pendus, les yeux arrachés, les corps mutilés. Martyrisés aussi ces musulmans qui s’étaient « trop affichés » avec les Français.​ Pendant des heures, pendant de longues heures.​ Une éternité sanglante. Une éternité pendant laquelle l’armée française, présente à Oran, avec ses 18 000 hommes, a laissé faire, l’arme au pied. Un crime, une forfaiture, une ignominie. ​

Comment qualifier le général Katz qui commandait ces troupes le 5 juillet ? Comment exonérer cet homme qui a sciemment laissé massacrer les gens de son peuple ? Me concernant, je ne le pourrai jamais. Pas plus, je crois, qu’aucun pied-noir, qu’aucun patriote.​

57 ans plus tard, cela paraît si loin et si proche à la fois. Les images se mélangent : la guerre d’Algérie, les attentats du FLN, les islamistes du Bataclan, le camion de Nice, l’égorgement du père Hamel, le sacrifice du colonel Beltrame, les barbus dans nos rues, les salafistes qui nous narguent, les femmes voilées, le burkini en étendard. Aller et retour de l’histoire. Comme un cycle sans fin. ​

Signe des temps, la France a décidé d’oublier ce 5 juillet 1962 à Oran. Une page blanche dans notre histoire. Comme un aveu de notre faiblesse. Comme une preuve de notre lâcheté.​

On ne parle pas d’Oran à nos enfants dans l’école de la République. On chuchote seulement entre anciens d’Algérie, entre pieds-noirs, entre harkis. On chuchote le déferlement de barbarie, les tueries, les tortures. On chuchote ce qu’on devrait crier, hurler, tambouriner. Pour ceux qui n’étaient pas là. Pour ceux qu’il faut mettre en garde.

Le​ monde, notre monde est fragile. Comme une flamme qui peut s’éteindre par grand vent. Comme une flamme, une petite flamme, une toute petite flamme qui vacille, menacée d’être dévorée par l’obscurité qui gagne.

Les cadavres du 5 juillet sont encombrants, sont dérangeants pour tous ceux qui nous content la fable du « vivre-ensemble ». Oran est là pour nous rappeler que tout cela peut finir mal, très mal si nous baissons la garde, si nous reculons, si nous cédons, si nous nous résignons.

Se souvenir d’Oran, c’est se souvenir que la France est mortelle. Mais qu’elle vit en chacun d’entre nous, malgré le froid de nos morts, malgré nos mémoires en berne.

Le 5 juillet, mon père était sauvé par un vieil arabe qui, l’ayant reconnu, le fit descendre du camion qui l’aurait conduit à la mort. Aujourd’hui, je pense à lui, je pense à eux.

Vive l’Algérie française d’alors ! Vive la République ! Vive la France !

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10:33 Publié dans Un peu d'Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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