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samedi, 12 septembre 2026

Cinquante ans après la mort de Mao, la gauche n’en a pas fini avec le communisme

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Mathieu Bock-Côté

Il fut un temps où Mao passait pour un dieu vivant. La jeunesse militante récitait le « petit livre rouge » et s’enthousiasmait pour la Révolution culturelle, censée changer l’homme, l’arracher aux illusions les plus tenaces de la condition bourgeoise, pour renaître à lui-même dans la pureté du communisme accompli. Ceux qui ont connu de telles hallucinations idéologiques, cinquante ans plus tard, en ont souvent honte et on les comprend. Ils se sont liés à l’un des pires régimes du XXe siècle.

Mais ce n’est pas toujours le cas. La commémoration des 50 ans de la mort de Mao a permis de voir que le monde occidental conserve à son égard une forme de tendresse inavouée. Elle prend d’abord la forme d’un constat enjoué d’une partie de la presse sur la renaissance du culte de Mao en Chine, le régime communiste ayant renoué, après des années compliquées, avec sa figure, au point où une partie de la jeunesse chinoise veut y voir un bilan globalement positif. Autrement dit, Mao a beau être responsable de dizaines de millions de morts, ce n’est pas une raison de maudire à jamais son souvenir.

C’est la théorie du point de détail appliquée à l’univers du communisme chinois. Elle est souvent utilisée, d’ailleurs, pour excuser de même manière l’URSS, en cherchant à sauver l’utopie de son application concrète, comme si un même modèle des dizaines de fois appliqué et chaque fois avec des résultats désastreux devait néanmoins conserver sa valeur. La critique des totalitarismes est asymétrique depuis longtemps. Le nazisme et le fascisme sont jugés criminels en soi, le communisme ne le serait qu’accidentellement.

Et on y revient : la commémoration en apparence critique mais fondamentalement sympathique de Mao nous rappelle que la gauche occidentale, au fond d’elle-même, n’a jamais renoncé au communisme, qui revient ces années-ci, des deux côtés de l’Atlantique, à la manière d’une utopie censée répondre aux angoisses apocalyptiques de notre temps – l’angoisse climatique étant la première d’entre elles. Nul besoin d’évoquer ici la candidature folklorique de Fabien Roussel, même si l’existence d’un parti explicitement communiste ne cessera d’étonner.

Exciter les pulsions révolutionnaires

LFI réactive ainsi l’imaginaire communiste, avec ses promesses de collectivisme bureaucratique, d’élimination juridique des différentes catégories nuisibles, de censure à grande échelle des contradicteurs, de mise au pas des médias, de négation des libertés, de confiscation de l’épargne. Sans oublier, car le communisme de notre temps en est désormais indissociable, le racisme anti-Blancs, qui n’est que l’expression contemporaine de l’aversion profonde de la gauche radicale pour l’Occident.

On le voit aux États-Unis. La renaissance de l’aile gauche au sein du Parti démocrate, pudiquement qualifiée par la presse française de progressiste, correspond d’abord à la poussée d’un mouvement entendant conquérir les grandes villes l’une après l’autre, pour les transformer en territoires libérés de l’Amérique impériale, colonialiste, capitaliste. À terme, elle rêve de faire de l’Amérique le siège d’une révolution nouvelle. Le wokisme des dernières années n’était-il pas une poursuite du maoïsme par d’autres moyens ?

Là aussi, le racisme anti-Blancs en est un élément central. On parle même, dans l’entourage de Zohran Mamdani, d’une taxation visant les Blancs, pour redistribuer leurs richesses, apparemment volées, non seulement à la minorité noire, selon une logique de réparation historique, mais à toutes les populations immigrées, présentées, alors qu’elles posent à peine le pied aux États-Unis, comme victimes du suprémacisme qui caractériserait le pays depuis ses origines.

Le communisme n’a jamais su se passer d’une base sociale investie d’une mission messianique. Il excite chez elle les pulsions révolutionnaires, et la tient dans une agitation psychique permanente, pour détruire le monde et le recommencer sur de nouvelles bases. Il mobilise aujourd’hui le revanchisme racial, le ressentiment des urbains tombés dans le piège des diplômes officiellement prestigieux mais sans valeur économique, et des hébertistes nouveaux qui rêvent d’une égalité consistant à couper tout ce qui dépasse.

On en revient alors à Mao, mais aussi à Lénine, même à Marx. Tant que le premier sera pardonné, le second admiré, comme si Staline ne l’avait pas accompli, mais trahi, et que le troisième sera ponctuellement redécouvert à la manière d’un philosophe fécond, on pourra dire que le monde occidental n’a pas compris le mal que lui fait cette idéologie qui toujours revient. À moins qu’il ne s’agisse d’une forme de fondamentalisme de la modernité, comme si cette dernière, laissée à elle-même, était condamnée à l’emballement totalitaire.

C’est ce que suggérait dans d’autres mots François Furet dans les dernières pages du Passé d’une illusion. Sa relecture serait une entreprise utile.

Source :Le Figaro 12/9/2026

09:33 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Une histoire exemplaire de l’extrême droite

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De la chute du second Empire à nos jours, le professeur à la Sorbonne, Olivier Dard, retrace la vaste histoire de l’extrême droite dans un livre appelé à devenir un ouvrage de référence - Histoire de l’extrême droite française, de 1870 à nos jours (Perrin, 912 p., 29 €).. Une lecture également essentielle pour comprendre les enjeux politiques contemporains. Faut-il confondre extrême-droite et populisme à l’heure où ces courants sont en train de s’affirmer dans toute l’Europe ? Même les pays nordiques, pourtant abonné à la social-démocratie peu ou prou chrétienne, basculent eux aussi dans le champ nationaliste et identitaire. Même en Allemagne où le peuple a été lobotomisé par l’occupant américain et sa propagande nauséabonde.

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Source : Le Figaro magazine 12/9/2026

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Journal du chaos

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07:04 Publié dans Le Journal du Chaos hebdo | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |