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vendredi, 22 mars 2019

L’Arabie d’au-delà des mers…

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Georges Feltin-Tracol

Le dégagisme ne se limite pas à la vieille Europe. Il frappe aussi le lointain Salvador en Amérique centrale. Le 23 janvier 2019, Nayib Bukele emportait dès le premier tour l’élection présidentielle pour un parti dissident de l’ARENA, naguère nationaliste anti-communiste pro-reagienne. Il est notable que le nouveau président commença sa vie politique en tant que maire de San Salvador, la capitale, sous l’étiquette du FMLN, la gauche radicale, héritière de la rébellion communiste armée des années 1980. Sa victoire surprise marque la fin du bipartisme issu de l’après-guerre civile en 1992.

Le nouveau président salvadorien a une mère d’origine palestinienne. Il entre ainsi dans le cercle des chefs d’État latino-américains d’origine arabe : le Colombien Julio César Turbay Ayala (1978 – 1982), le Hondurien Carlos Roberto Flores Facussé (1998 – 2002), les Équatoriens Abdala Bucaram (1996 – 1997) et Jamil Mahuad (1998 – 2000), le Salvadorien Elias Antonio Saca (2004 – 2009) ou, plus récemment, le Brésilien Michel Temer (2016 – 2018). Aux États-Unis, l’avocat écologiste et défenseur des consommateurs, Ralph Nader, d’origine libanaise, fut candidat aux élections présidentielles de 1996 à 2008. Hors du champ politique, mentionnons aussi la chanteuse colombienne Shakira par son père étatsunien d’ascendance libanaise, et la sixième fortune mondiale, le Mexicain Carlos Slim dont l’épouse est une nièce des présidents libanais Bechir et Amin Gemayel.

Rarement appelés « Moros » ou plus fréquemment surnommés « Turcos » parce qu’ils étaient sujets de l’Empire ottoman, les Arabes, souvent originaires de Palestine ou du Levant (aire syro-libanaise) ont traversé l’Atlantique à la fin du XIXe et au début du XXe siècle ainsi qu’au début des années 1970 sont devenus d’excellents commerçants. Au bout d’une à deux générations, ils se sont assimilé aux sociétés ibéro-américaines en adoptant le catholicisme ou le protestantisme évangélique aux dépens de l’islam ou même des rites chrétiens orientaux. En 1989, afin de devenir président de la nation argentine, le traître péroniste Carlos Menem se convertit au catholicisme, alors religion d’État. Son épouse avec qui il divorcera rapidement et qui deviendra sa plus farouche opposante jusqu’à la fin de son second mandat en 1999, resta, elle, musulmane.

La présence d’une importante communauté arabo-musulmane aux frontières communes du Brésil, de l’Argentine et du Paraguay fait fantasmer la CIA et d’autres organisations terroristes occidentales. Il est vrai qu’il y vit une forte communauté chiite libanaise influencée par le Hezbollah. La communauté arabe reste néanmoins une minorité en Amérique romane qui ne peut pas être une autre Arabie d’au-delà des mers…

Bonjour chez vous !

• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n°116, mise en ligne sur TV Libertés, le 11 mars 2019.

11:03 Publié dans Georges Feltin-Tracol | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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