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vendredi, 12 juin 2026

En réponse à la "nouvelle France" fantasmée par Mélenchon et sa clique...

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Une banderole « Remigration » déployée sur la basilique de Saint-Denis !
 
L'action a été revendiquée par « Objectif Remigration », toute nouvelle structure identitaire. Qu'elle en soit félicitée...

07:06 Publié dans Combat nationaliste et identitaire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Les libraires récoltent-ils ce qu’ils ont semé ? Censure, conformisme… et faillites

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Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées

Je sortais de L’Aire de Broca, la belle librairie de Pont-l’Abbé, où j’étais entré par curiosité, comme il m’arrive de le faire lorsque je cherche un livre illustré pour un cadeau, une bande dessinée bien dessinée, ou simplement cette odeur de papier neuf qui reste l’un des derniers parfums honnêtes de notre temps. La librairie est agréable, le lieu bien tenu, l’accueil sans reproche. On y sent ce soin des boutiques indépendantes qui veulent encore faire croire qu’elles sont les chapelles discrètes de la liberté de l’esprit.

J’en sortis pourtant avec cette impression familière, presque comique, d’avoir traversé un espace où rien ne dépasse. Pas une aspérité. Pas une idée fâcheuse. Pas un éditeur incorrect. Pas un auteur de droite connu, sauf à condition qu’il fût mort depuis assez longtemps pour devenir patrimonial, ou suffisamment inoffensif pour servir de bibelot culturel. Dans ces librairies, l’impertinence est soigneusement rangée du côté gauche du rayon, l’audace porte le badge de la bonne conscience, la subversion a reçu l’agrément moral de France Culture. Trouver un livre vraiment dissident y relève moins de la promenade que du marathon.

C’est en quittant cette maison convenable que je parcourus l’enquête de Mohammed Aïssaoui publiée dans Le Figaro sur les difficultés croissantes de la librairie indépendante française. Le titre parlait d’un « dernier miracle culturel français » qui commencerait à trembler. Les chiffres n’étaient pas sans gravité. Les ventes reculent depuis le début de l’année 2026. Pour la première fois, en 2025, le nombre de librairies fermées aurait dépassé celui des ouvertures. Gibert Joseph et le réseau Furet du Nord-Decitre ont demandé leur placement en redressement judiciaire. Sauramps, à Montpellier, réduit la voilure. Le Syndicat de la librairie française s’est réuni à Rennes pour chercher des solutions, comme une confrérie inquiète autour d’un malade que l’on ne veut pas encore appeler mourant.

J’aurais dû m’attrister. J’aurais dû prendre mon air grave, parler du maillage culturel, du lien de proximité, des territoires, de l’ancrage local, de ces petits commerces qui résistent à la brutalité numérique. Toutes choses qui ne sont pas entièrement fausses. Seulement je ne parvins pas à réprimer un sourire. Chaque fois que l’on évoque les malheurs des libraires indépendants, je sens remonter en moi une mauvaise joie, une de ces rancunes anciennes que l’on croyait assagies, et qui se réveillent brusquement comme un chien sous la table.

De mes années de travail dans l’édition, j’ai gardé une haine tenace des libraires. Le mot est rude. Je pourrais dire méfiance, lassitude, antipathie, prévention. Ce serait plus urbain. Ce serait moins vrai. J’ai connu trop de ces petits magistrats du comptoir, trop de ces douaniers du goût, trop de ces procureurs du carton d’office, trop de ces prêtres laïques qui ne vendaient pas seulement des livres, mais distribuaient les permissions de penser. Ils croyaient tenir une caisse enregistreuse. Ils tenaient souvent un tribunal.

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