mardi, 16 juin 2026
Un aperçu de la manifestation pour la remigration, samedi dernier, à Rome...
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L’Iran sort de cette guerre renforcée

Pierre Lellouche
Trump avait commencé la guerre en promettant une « capitulation sans condition de l’Iran ». Il la termine avec un mauvais accord, annoncé dimanche, dont l’Occident n’a pas fini de payer les conséquences. En réalité, cette guerre a tourné au cauchemar stratégique pour l’Administration Trump, un cauchemar qui rappelle les pires heures de Jimmy Carter, lorsqu’il échoua lamentablement à libérer les otages de l’ambassade américaine à Téhéran, il y a quarante-cinq ans… Un long supplice persan de 444 jours, où, comme aujourd’hui, les dirigeants de la jeune République islamique semblaient jouer au chat et à la souris avec une Administration américaine brouillonne et dépassée par les événements.
Après trois mois et demi de conflit, force est de constater que non seulement aucun des trois objectifs principaux assignés à cette guerre n’aura été atteint : ni dénucléarisation, ni destruction de l’arsenal de missiles, ni arrêt du soutien au Hezbollah et autres alliés chiites, mais surtout que la République islamique sort de cette guerre renforcée, plus revancharde que jamais, convaincue qu’elle a déjà vaincu la première puissance militaire du monde et son allié israélien.
Le président américain voulait un « regime change ». Il l’a obtenu, mais pas celui qu’il souhaitait. À Téhéran, la « puissance divine » de l’ayatollah Khamenei père a été remplacée par « la puissance brute », incarnée par un commando de dirigeants plus jeunes, tous anciens combattants de la guerre contre l’Irak, et tous membres des gardiens de la révolution, la nouvelle colonne vertébrale du régime en lieu et place du clergé chiite.
Tandis que le vieux Khamenei, prudent, persistait à refuser de franchir le seuil de l’arme nucléaire, en s’efforçant d’écarter le risque d’une attaque massive contre l’Iran, ses successeurs sont aujourd’hui convaincus que le pire est derrière eux, ayant survécu à 13 000 frappes américano-israéliennes. Ceux-là sont également convaincus que Trump ne reprendra pas la guerre, mieux, qu’il bloquera même les velléités israéliennes de « finir le travail ». C’est cette conviction qui a conduit les dirigeants iraniens à prendre le risque calculé de frapper directement Israël au début de la semaine dernière pour défendre leurs alliés du Hezbollah au Liban. Trump n’a pas bougé, sauf pour intimer l’ordre à Netanyahou d’arrêter ses frappes…
Quant à la négociation sous médiation pakistanaise, ses résultats s’annoncent bien pires pour les Américains et les Israéliens que les termes consentis par l’Iran en février à Genève… avant les bombardements du 28 février.
Sur le nucléaire, censé être le but principal de cette guerre, les Iraniens ont maintenu leur position constante, à savoir l’affirmation de leur droit souverain d’enrichir l’uranium, ce qui leur permettra de conserver les équipes nécessaires à une éventuelle reprise d’un programme militaire, même si, dans l’intervalle, le programme d’enrichissement devait être suspendu. Quant à la demi-tonne d’uranium enrichi à 60 %, la moitié serait diluée sur place et l’autre serait déposée dans un pays tiers non encore déterminé : au total, un arrangement très similaire à celui de l’accord JCPOA signé par Obama en 2015, que Trump avait jugé « horrible » à l’époque, avant de le dénoncer trois ans plus tard, lors de son premier mandat. De toute façon, cette négociation nucléaire, censée commencer dans les semaines à venir, s’échelonnera sur de nombreux mois, au vu de sa très haute technicité, mais surtout du talent des négociateurs iraniens à faire durer indéfiniment les tractations…
Mais pire encore, il y a Ormuz. Les dirigeants de Téhéran peuvent remercier Trump. C’est lui et sa décision de lancer une « petite excursion » en Iran qui ont fourni le prétexte qu’attendaient les Iraniens pour s’approprier de fait la totalité du détroit, y compris les eaux territoriales appartenant aux voisins, les monarchies arabes du Golfe. C’est désormais chose faite. Avec plusieurs conséquences considérables.
La première est que les Iraniens vont faire payer très cher la réouverture du détroit, exigeant en échange 24 milliards de dollars de fonds iraniens séquestrés dans les banques arabes ou occidentales, dont le paiement sera, dit-on, échelonné en deux fois. Pour mémoire, l’accord signé par Obama en 2015 n’avait « coûté » que 1,7 milliard. Un vrai « progrès » donc grâce à Trump ! Avec ces 24 milliards, et la possibilité de vendre à nouveau son pétrole, Téhéran disposera du cash indispensable pour soulager l’énorme crise économique qui pèse sur les Iraniens, ce qui lui permettra aussi d’éviter de nouvelles protestations de masse, et bien sûr de réarmer.
Mais l’essentiel est ailleurs : une réouverture d’Ormuz dans le cadre du fameux mémorandum n’est, dans l’esprit des Iraniens, qui n’en ont pas fait mystère, qu’une option temporaire qui ne règle en rien le problème de fond du statut de ce détroit, que les Iraniens considèrent désormais comme partie intégrante de leur territoire maritime. Il serait naïf de croire que Téhéran renoncera à cette carte maîtresse, dont ils ont découvert qu’elle leur permet de prendre en otage, à tout moment, la totalité de l’économie mondiale. Pour une raison simple : le monde ne peut pas durablement survivre en étant privé du quart de l’énergie dont il a besoin chaque jour… Après l’accord, les Iraniens pourront donc refermer le détroit à leur guise, et cette seule menace représentera une force de dissuasion majeure contre les Américains et autres alliés qui pourraient être tentés de frapper à nouveau l’Iran. Le détroit d’Ormuz est donc à la fois la corne d’abondance de la République islamique, l’affirmation de sa domination de fait sur ses voisins arabes, et surtout l’équivalent d’une deuxième bombe atomique dissuadant toute interférence extérieure dans la région.
Au-delà, la conséquence la plus durable de ce désastre stratégique est d’avoir conduit à la destruction pure et simple du système de sécurité qui avait été construit entre l’Amérique et les monarchies pétrolières arabes après 1945 : j’assure votre sécurité, vous me garantissez votre pétrole. Plus encore que la guerre de Bush en Irak il y a vingt-trois ans, qui avait débarrassé Téhéran de son rival de Bagdad, la guerre de Trump laissera l’Iran en position de domination absolue de la région. Une superpuissance islamique en devenir, face à laquelle les monarchies arabes n’auront d’autre choix que de se plier, en espérant que le grand voisin chiite ne s’emparera pas purement et simplement de leurs ressources pétrolières.
Exit, en tout cas, l’image de ces petits paradis sûrs et prospères, leurs shopping malls et leurs plages ouvertes toute l’année. Les influenceurs et autres parrains du narcotrafic qui y avaient fait leur nid découvrent que leurs petits paradis étaient bâtis sur du sable… Quant à Israël, ses bombardements auront permis, comme on dit là-bas, de « passer une nouvelle fois la tondeuse » : deux à trois ans de gagnés avant la prochaine crise, mais le poison du terrorisme est toujours là à Gaza et au Liban. Pour la République islamique, la seule gagnante, le ni-paix-ni-guerre aux conditions des Iraniens, financé par les dollars de l’oncle Trump, est assurément la situation idéale pour assurer la pérennité du régime. Tant pis, malheureusement, pour le peuple iranien qui attendait sa liberté, tant pis pour les dizaines de milliers de braves gens qui ont été massacrés en début d’année et pour tous ces jeunes qui continuent à être pendus tous les matins à Téhéran.
Source : Le Figaro 16/6/2026
10:05 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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A lire sur Breizh-Info, un reportage exclusif au coeur de la manifestation pour la remigration, à Rome, samedi dernier, 13 juin.
09:19 Publié dans En Europe et ailleurs..., Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Accord États-Unis-Iran : la défaite des va-t-en-guerre

Thomas Joly, président du Parti de la France
Une paix, même fragile, même tardive, même obtenue au prix de laborieuses négociations, vaut toujours mieux que l’ivresse des va-t-en-guerre.
Il faut donc se réjouir de l’accord annoncé entre les États-Unis et l’Iran, qui pourrait enfin mettre un terme à cette guerre absurde, déclenchée par l’aveuglement stratégique et l’alignement américain sur les intérêts du gouvernement israélien.
Pendant des mois, les fanatiques israéliens et leurs supplétifs ont rêvé d’anéantir l’Iran, d’écraser le Liban, d’embraser toute la région et d’entraîner l’Occident dans leur guerre sans fin.
Ils ont échoué.
Le danger, désormais, est clair : que le gouvernement Netanyahou tente par tous les moyens de faire capoter cet accord, incapable d’accepter qu’une solution diplomatique vienne contredire sa logique d’escalade permanente.
La France, elle, n’a rien à gagner dans ces aventures moyen-orientales qui ne sont pas les siennes. Elle n’a pas à sacrifier son économie, son énergie, sa sécurité et potentiellement ses soldats sur l’autel de conflits étrangers.
Donald Trump ressortira affaibli de cette séquence. Lui qui promettait de ne pas se laisser piéger par les guerres de l’ancien monde s’est retrouvé aspiré dans le bourbier proche-oriental.
Pourquoi diable est-il allé se fourrer là-dedans ?
Sur le plan international, il apparaît comme un dirigeant contraint de reculer après avoir perdu le contrôle de la situation. Sur le plan intérieur, il devra expliquer à ses électeurs pourquoi l’Amérique a failli payer une nouvelle fois le prix du bellicisme de ses alliés.
Pour les Français, l’essentiel est ailleurs : la réouverture du détroit d’Ormuz doit permettre de desserrer l’étau énergétique qui a frappé de plein fouet notre économie. Car derrière les grands discours diplomatiques, il y a les factures, les entreprises, les agriculteurs, les familles. Si cet accord permet de faire baisser la pression sur l’énergie, alors c’est une bonne nouvelle.
Mais cette crise doit surtout nous rappeler une leçon essentielle : un pays dépendant n’est jamais un pays libre.
La France doit retrouver sa souveraineté diplomatique, énergétique et stratégique. Elle ne doit en aucun cas participer aux guerres des autres et ne défendre que ses propres intérêts.
Source : le blog de Thomas Joly, cliquez ici
08:52 Publié dans Thomas Joly | Lien permanent | Commentaires (0) |
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