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samedi, 20 juin 2026

Coupe du monde de foot : une arnaque de la Fifa

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Entre l’élargissement du nombre de nations qualifiées et l’extension de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), cette Coupe du monde de football incarne un football aseptisé qui éradique peu à peu la part de hasard et d’incertitude qui faisait tout son charme, analyse Pierre Adrian, écrivain et ancien chroniqueur à L’Équipe.

Le Figaro. - Quarante-huit équipes participent à cette Coupe du monde qui a débuté le 11 juin, soit près d’une sélection sur quatre à l’échelle mondiale. Qu’est-ce que ce nouveau format élargi vous inspire ?

À chaque édition de la Coupe du monde, nous mesurons à quel point la Fifa s’apparente à une sorte de grande mafia du divertissement. L’objectif est de générer toujours plus de profits, de maximiser les droits de télévision et, par conséquent, de multiplier les matchs. C’est une simple logique comptable. L’UEFA applique d’ailleurs la même méthode avec la nouvelle formule de la Ligue des champions. Dans le même esprit, la Fifa avait organisé sa nouvelle Coupe du monde des clubs l’été dernier aux États-Unis. Il faut désormais du football en permanence, partout dans le monde, déraciné entre Los Angeles et Doha, à n’importe quelle heure et aux quatre coins de la planète.

Cette dérive du football moderne est contraire à l’essence même de ce sport. Cette volonté d’internationalisation à outrance, démagogique, va paradoxalement acter un football à deux vitesses. À l’instar de la nouvelle formule européenne, nous allons assister à des phases de groupes profondément ennuyeuses, saturées de matchs sans réel enjeu. Les véritables grandes affiches n’arriveront qu’à partir des phases finales, où nous retrouverons les favoris habituels. Certes, nous aurons probablement droit à une belle histoire, comme celle de l’Islande lors de l’Euro 2016, au récit d’une petite nation terrassant un géant. Mais au bout du compte, les grosses écuries l’emporteront et ce dénouement fera oublier la monotonie des matchs de poules.

C’est le prélude à ce qui nous attend à terme : l’avènement de ligues fermées où n’existeront plus que des chocs, des PSG-Bayern ou des Real Madrid-Manchester City. Le paradoxe est feint. Les nations mineures comme l’Irak ou Curaçao sont les dindons de la farce. Elles sont instrumentalisées par la Fifa pour feindre un idéal méritocratique qui relève de l’hypocrisie.

Source : Le Figaro 20/6/2026

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Journal du chaos

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08:15 Publié dans Le Journal du Chaos hebdo | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Mélenchon assume le grand remplacement. Vingt ans de mensonge viennent de s'effondrer

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Jérôme Viguès

Le 7 juin 2026, Jean-Luc Mélenchon a fait son premier grand meeting de campagne. À Saint-Denis. Au pied de la basilique où reposent les rois de France. Ils avaient prévu 10 000 personnes. Ils en ont compté 26 000. Quand on est de gauche, les chiffres aussi font la révolution. Et là, devant cette foule agitant des drapeaux palestiniens, il a dit haut et fort ce que la droite nationale répète depuis deux décennies et pour lequel elle a été mise au pilori. Il a dit qu'il y a une "Nouvelle France". Que "un Français sur trois est héritier de l'immigration". Il a repris le slogan "on est chez nous", propriété historique du Front national. Et il a évoqué le grand remplacement sans le nier, sans s'en défendre, en s'en amusant sur Radio Nova.

Vingt ans que prononcer ces deux mots valait une condamnation sociale. Vingt ans que les tribunaux de la bien-pensance tranchaient des têtes pour moins que ça. Vingt ans que Renaud Camus était traîné devant les juges, que des journalistes perdaient leurs émissions, que des élus voyaient leur carrière brûler vive pour avoir décrit ce que leurs yeux voyaient. Mélenchon, en une heure de discours, a tout avalé. Il a tout repris. Il a tout assumé.

La différence, c'est qu'il appelle ça une bonne nouvelle.

Ce jour-là, une partie de la foule huait les rois de France devant leurs tombeaux. Le maire insoumis Bally Bagayoko, poing levé, souriait. Il n'a repris personne. Pourquoi l'aurait-il fait ? C'est exactement le message. L'ancienne France dehors. La nouvelle dedans. Et si vous n'êtes pas contents, vous êtes des fascistes.

Treize siècles de monarques utilisés comme décor pour annoncer leur propre enterrement. Il faut avoir un certain culot.

Mélenchon l'avait préparé. "Je crois à la force des lieux", avait-il dit. Oui. Et quel lieu. La nécropole des rois comme tribune pour proclamer que les rois ne comptent plus. Que la France qu'ils ont construite est "dépassée". Que la vraie France, la bonne, la nouvelle, est celle qui arrive. Celle qui, selon son maire insoumis Bagayoko, "a construit ce pays." Pas contribué. Pas enrichi. Construit. Les rois, les paysans, les soldats des deux guerres, les bâtisseurs de cathédrales, les pères de famille qui ont transmis pendant des siècles — eux, ils faisaient quoi ?

Pendant des années, la gauche et ses supplétifs médiatiques ont martelé que le grand remplacement était une "théorie complotiste d'extrême droite". Une invention. Une paranoïa. Une idéologie criminelle. Toute personne qui utilisait l'expression était immédiatement cataloguée, fichée, mise au ban. Les associations antiracistes sortaient leurs avocats. Les parquets ouvraient des enquêtes. Les rédactions viraient leurs journalistes récalcitrants.

Et puis Mélenchon monte sur scène. Il se réjouit publiquement que l'extrême droite veuille lui "coller" l'étiquette grand remplacement. Il ne dit pas que c'est faux. Il ne dit pas que c'est une calomnie. Il s'amuse.

Il a gagné quelque chose ce jour-là. Il a gagné l'aveu.

Mathilde Panot est alors venue aider. Mission : éteindre l'incendie sur les plateaux. Sa réponse restera dans les annales. "Le grand remplacement ? C'est : une génération remplace l'autre."

Lisez cette phrase. Une génération remplace l'autre. Voilà le crime intellectuel pour lequel vingt ans de répression ont été organisés. Voilà ce pour quoi des hommes ont été jugés, condamnés, ruinés, ostracisés. Une évidence biologique. Le passage du temps.

En deux phrases, Panot a innocenté vingt ans de persécutions intellectuelles. Elle ne s'en est pas rendu compte. C'est là tout le génie involontaire de la chose.

Si c'est banal, si c'est juste une génération qui succède à une autre, alors de quoi parlait-on ? Pourquoi Renaud Camus a-t-il été condamné pénalement ? Pourquoi des chroniqueurs ont-ils perdu leurs émissions ? Pourquoi des livres ont-ils disparu des librairies ? Pourquoi des carrières ont-elles été brisées ?

Zemmour l'avait formulé dès 2022 : "Ce que Mélenchon appelle la créolisation, Macron appelle la transition démographique, et moi j'appelle le grand remplacement. Dans tous les cas, on parle du passage d'un peuple à un autre." Il s'était fait lyncher pour ça. Aujourd'hui, Mélenchon reprend le raisonnement en changeant le signe algébrique. Négatif chez Zemmour, positif chez Mélenchon. Le raisonnement est strictement identique.

Qui va s'excuser auprès de Zemmour ? Personne. Ce que la droite dit, c'est du racisme. Ce que la gauche récupère, c'est de la pensée.

Regardons le décor du meeting dans son ensemble. Des drapeaux palestiniens, LGBT, LFI, et quelques tricolores en ornement. La foule entonne "Siamo tutti antifascisti" en italien. Antoine Léaument, député LFI, poste sur TikTok une vidéo du meeting accompagnée d'une musique dont le refrain est "Sortez les armes à feu."

Le tout devant la nécropole des rois de France.

Ce n'est pas une métaphore poétique. C'est un programme de rupture. L'ancienne France est dans la basilique. La nouvelle est sur le parvis. Et la nouvelle hue l'ancienne.

La répression intellectuelle des deux dernières décennies n'était pas une défense de la vérité. C'était une défense du monopole. Le monopole du droit de nommer le réel. Et ce monopole vient de se fissurer de l'intérieur. Pas sous les coups de la droite nationale. Sous les coups de leur propre chef de file.

Ce n'est pas la droite qui a gagné le débat. C'est la gauche qui l'a perdu toute seule.

Si la "Nouvelle France" est une bonne nouvelle, si le fait qu'"un Français sur trois est héritier de l'immigration" est motif de fierté, qu'arrive-t-il aux deux autres tiers ? L'ancienne France, celle de la basilique, celle des rois hués, celle des paysans qui n'ont apparemment rien "construit" selon Bagayoko — elle est quoi dans ce récit ? De la figuration ?

Dans la "Nouvelle France", poser cette question c'est déjà avoir tort. C'est révéler sa "névrose communautariste". C'est s'exclure soi-même du débat. Pas d'argument, pas de réponse. Juste la disqualification.

Sauf que la réalité ne se disqualifie pas. Elle s'accumule. Elle se voit dans les rues, dans les écoles, dans les quartiers. Elle se voit désormais dans la bouche de celui qui prétend gouverner ce pays.

Mélenchon a raison sur un point : il y a bien une "Nouvelle France". Il a tort sur un seul : il croit que ceux de l'ancienne vont l'accepter en applaudissant.

Ils ont avoué. C'est acté. L'histoire retiendra le lieu. La basilique. Les tombeaux. Les rois hués. Le maire qui sourit. Et la phrase de Mathilde Panot, épitaphe involontaire de vingt ans de censure politique.

"Le grand remplacement ? C'est : une génération remplace l'autre."

Merci, Mathilde. Tu n'aurais pas pu mieux dire.

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No pasaran Big Brother !

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La chronique de Philippe Randa

Il y a des livres qu’il est recommandé… qu’on DOIT recommander… de ne pas lire d’une traite. C’est le cas de ce troisième volume d’Une fin de monde sans importance de Xavier Eman.

Pour risque d’éclats de rire trop dangereux.

Car forcément, votre rire devient très rapidement jaune d’une chronique de vie quotidienne à l’autre qui ne sont pas celles de personnages fictifs, qu’on « ne trouve que dans les livres » ou qu’on « ne voit qu’au cinéma ». Non ! L’auteur met en scène ce dont vous, moi, tout le monte, désormais, subit et s’offusque chaque jour dans une société où, pour paraphraser ce qu’on disait de la Suisse dans l’entre-deux guerre du siècle dernier, « tout ce qui n’est pas (encore) interdit est (ou en passe de l’être) obligatoire » !

Dans le monde que nous décrit Xavier Eman, la Bien-Pensance ne se contente plus de vous rabrouer à chaque instant ; elle vous traque, vous harcèle, vous châtie, parfois même avant que vous n’ayez songé à faire… ce qui vous est désormais interdit.

Alors, surtout injectez-vous chacune de ses chroniques sans précipitation pour en goûter la substantifique moelle sans risque.

De résistant, vous deviendrez combattant, c’est vous qui ferez reculer Big Brother et ce sera bien une fin du monde, mais de son monde à lui dont vous mesurerez alors toute l’importance.

Une fin du monde sans importance, volume III, Xavier Eman, Éd. La Nouvelle Librairie, 2026, préface d’Alain de Benoist, postface de Michel Marmin, 222 pages.

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