mercredi, 16 septembre 2026
Libération d’Ilias Kasidiaris, ancien député de l'Aube dorée
Ilias Kasidiaris, ancien porte-parole du mouvement nationaliste grec l'Aube dorée, était incarcéré depuis 2020. Il avait été condamné alors à 13 ans de prison en tant que responsable du parti. Il a été libéré hier.
Rappelons que l'Aube dorée était la principale organisation nationaliste grecque fondée dans les années 1980 et qui, il y a une quinzaine d'années, avait réalisé une remarquable percée électorale. Afin d'enrayer celle-ci, le pouvoir grec tenta de discréditer le mouvement en le calomniant et lui faisant porter la responsabilité d'actions violentes. Plusieurs de ses militants furent alors assassinés, le mouvement interdit et ses dirigeants lourdement condamnés.
Malgré cette répression insensée, les idées de l'Aube dorée ne cessent de progresser au sein du peuple hellénique. Juste libéré, l'ancien député Ilias Kasidiaris a annoncé qu'il reprenait le combat...
S N
En 2019, nous avons eu le plaisir, lors de nos journées nationalistes et identitaires, de recevoir Irène Dimopoulou Papa, représentante de l'Aube dorée cliquez ici
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Union des droites : l'illusion du programme commun
Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées
Source Polémia cliquez ici
Unir les droites, mais pour défendre quelle France ? Balbino Katz expose les fractures entre RN, droite classique et Reconquête : derrière l’accord électoral se joue un choix fondamental entre administrer le déclin et défendre la continuité du peuple français.
Polémia
Une union possible ?
Le Journal du dimanche a consacré plusieurs pages à une idée qui s’installe désormais au cœur de la préparation de l’élection présidentielle de 2027 : l’union des droites ne serait plus seulement souhaitée par leurs électeurs, elle disposerait déjà de son programme. Sous le titre assez catégorique « Le peuple de droite a déjà son programme », Jules Torres rassemble les résultats de plusieurs enquêtes et fait apparaître un socle commun : maîtrise de l’immigration, sécurité, réduction de la dette, pouvoir d’achat, assimilation, production nationale. Selon les chiffres cités par le journal, 66 % des sympathisants LR, 63 % de ceux du RN et 89 % de ceux de Reconquête souhaitent une union en 2027.
L’intuition est juste, du moins jusqu’à un certain point. Il existe aujourd’hui un électorat de droite dont les préoccupations convergent beaucoup plus que ne le laisseraient supposer les querelles d’appareils. Sur l’immigration, le rétablissement de l’autorité, l’insécurité ou la critique de l’impuissance publique, les électeurs de Bruno Retailleau, de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour parlent de plus en plus souvent la même langue. L’erreur commence lorsqu’on déduit de cette convergence électorale l’existence d’une famille politique homogène. Une addition de réponses identiques à des questionnaires ne produit pas nécessairement une vision commune du monde.
La science politique française nous a précisément appris à nous méfier des étiquettes trop simples. René Rémond, dans Les Droites en France, distinguait les traditions légitimiste, orléaniste et bonapartiste. Sa typologie a été discutée, complétée et parfois malmenée, mais son intuition essentielle demeure féconde : derrière le mot « droite » se cachent des tempéraments politiques, des conceptions de l’État et des représentations de la société profondément différents. Deux partis peuvent voter la même loi pour des raisons presque opposées.
La vieille tripartition de René Rémond ne correspond plus exactement au paysage contemporain. Les héritages survivent par fragments, mais d’autres clivages les recouvrent. Pour comprendre les recompositions actuelles, une nouvelle division peut être proposée. Trois familles se distinguent : une droite populo-étatiste, une droite libérale-étatique et une droite libérale-identitaire.
Le RN, ou le populo-étatisme
La première est principalement incarnée par le Rassemblement national, auquel peuvent être rattachés Nicolas Dupont-Aignan et les différentes survivances du souverainisme français. Cette droite croit à la souveraineté, aux frontières, à l’autorité et à la priorité nationale, tout en demeurant très attachée à la protection sociale, aux services publics, aux retraites et à une forte intervention de l’État dans l’économie.
Cette singularité s’explique en partie par la sociologie électorale du RN. Les travaux de Pascal Perrineau ont depuis longtemps montré comment le Front national, puis le Rassemblement national, avait progressivement conquis des catégories populaires autrefois intégrées au système communiste ou socialiste. Le déplacement des ouvriers vers le vote national n’a pas entraîné leur conversion soudaine au libéralisme économique. Le parti a donc absorbé une partie de leur culture sociale en même temps que leurs suffrages.
Le JDD le reconnaît d’ailleurs entre les lignes. LR et Reconquête privilégient davantage la réduction de la dépense et des prélèvements, tandis que le RN se montre beaucoup plus protecteur des prestations et des petites retraites. Le principe de réduction de la dette rassemble ; la méthode sépare aussitôt. Ce détail n’en est pas un. Une coalition peut aisément promettre de réduire les dépenses publiques avant une élection ; elle commence à se diviser le jour où il faut inscrire le nom des bénéficiaires sur la facture.
Le phénomène rappelle ce qu’Otto Kirchheimer avait appelé, dans les années 1960, le catch-all party, le « parti attrape-tout ». Pour élargir son électorat, une formation abandonne progressivement une partie de sa rigidité doctrinale, atténue ses références idéologiques et cherche à agréger des groupes sociaux dont les intérêts ne coïncident pas entièrement. Le RN contemporain correspond assez bien à cette logique. Sa grande force est de permettre à des électeurs très différents de projeter sur lui des espérances parfois contradictoires.
L’ouvrier y voit la protection sociale ; le petit patron, la réduction des contraintes ; le conservateur, l’ordre ; le souverainiste, la nation ; l’identitaire, l’arrêt de l’immigration ; le retraité, la préservation de ses droits. Tant que le parti demeure dans l’opposition, cette polysémie fonctionne admirablement. L’exercice du pouvoir présente l’inconvénient d’obliger les synonymes apparents à retrouver leur sens exact.
Les libéraux-étatiques, éternelle droite de gouvernement
La deuxième famille est celle des libéraux-étatiques. Elle rassemble une partie des Républicains, l’UDR d’Éric Ciotti et, selon des combinaisons variables, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez ou David Lisnard. À la périphérie se trouvent également ceux qui, venus de la macronie, peuvent espérer reconstruire une droite gouvernementale : Édouard Philippe, Gérald Darmanin et, plus difficilement, Gabriel Attal.
Cette famille privilégie l’entreprise, la maîtrise des comptes publics, la réduction des prélèvements et une conception plus classique de l’économie de marché. Elle se distingue pourtant du libéralisme anglo-saxon par une fidélité très française à l’appareil d’État. Elle souhaite généralement diminuer la puissance publique sans renoncer à la haute administration qui la fait fonctionner, déréglementer sans désarmer le centre, décentraliser tout en maintenant la main de Paris.
Il n’y a là aucune anomalie historique. La droite française est étatique depuis Colbert autant que la gauche l’est depuis les jacobins. Tocqueville avait déjà remarqué, dans L’Ancien Régime et la Révolution, combien la centralisation administrative avait précédé 1789 et survécu à presque tous les bouleversements de régime. Nos libéraux gouvernent souvent moins contre l’État qu’à partir de lui.
Cette droite peut parfaitement conclure des alliances électorales avec le RN. Elle peut voter avec lui sur la sécurité, l’immigration ou la fiscalité. Une difficulté apparaît dès que l’on touche à la conception de la société : elle demeure largement persuadée que l’immigration est d’abord une question de flux à maîtriser, de coût économique, d’intégration et d’ordre public. Le problème civilisationnel lui paraît souvent excessif ou politiquement dangereux.
L’apparition d’une droite libérale-identitaire
La troisième famille est aujourd’hui beaucoup plus faible électoralement : celle des libéraux-identitaires. Reconquête en est pratiquement le seul représentant organisé avec Éric Zemmour et Sarah Knafo.
Son originalité ne réside pas seulement dans une plus grande fermeté migratoire. Elle consiste à établir une hiérarchie différente entre les problèmes politiques. Pour cette droite, la première question n’est pas de savoir si la France aura dans vingt ans un déficit public de 3 ou 4 %, mais quel peuple habitera le territoire français.
Cette interrogation renvoie à une vaste littérature universitaire sur la définition de la nation. Ernest Renan avait popularisé, dans sa conférence Qu’est-ce qu’une nation ?, l’idée du « plébiscite de tous les jours », souvent utilisée depuis pour défendre une conception volontaire de l’appartenance nationale. Plus d’un siècle plus tard, Anthony D. Smith, à travers l’école dite de l’ethnosymbolisme, a rappelé qu’une nation ne surgit jamais d’une pure décision juridique : elle repose aussi sur des mythes collectifs, une mémoire, des symboles, des territoires et des continuités historiques.
Dominique Schnapper, dans ses travaux consacrés à la communauté des citoyens, a pour sa part montré toute la puissance mais également toute la tension du modèle français : l’universalisme républicain prétend transcender les appartenances particulières par la citoyenneté. Cette construction fonctionne admirablement lorsque les nouveaux venus sont suffisamment peu nombreux pour entrer dans une société nationale fortement structurée. La question contemporaine est de savoir si le même mécanisme demeure inchangé lorsque les proportions démographiques, la concentration territoriale et la puissance des appartenances communautaires se transforment.
C’est exactement à cet endroit que l’unité proclamée des droites se fissure.
Immigration : le même mot pour trois politiques
Le JDD constate que l’immigration constitue un sujet déterminant pour 71 % des proches de LR, 85 % de ceux du RN et 95 % de ceux de Reconquête. Une telle convergence paraît spectaculaire. Elle renseigne pourtant davantage sur l’importance du problème que sur les solutions envisagées.
Dire que l’on veut « réduire l’immigration » ne signifie presque rien tant qu’on ne précise pas l’objectif. S’agit-il de diviser les flux par deux ? De parvenir à l’immigration zéro ? De supprimer le regroupement familial ? De remettre en cause certaines naturalisations ? De créer un solde migratoire négatif ? De favoriser le retour de populations étrangères déjà installées ?
Le terme de « remigration » rend cette divergence visible. Le RN refuse de reprendre le mot ; Reconquête l’assume. Derrière cette querelle lexicale s’opposent deux diagnostics. Le premier considère qu’en arrêtant fortement les flux, en expulsant clandestins et délinquants étrangers et en rétablissant l’assimilation, l’essentiel du problème peut encore être traité. Le second soutient que les transformations démographiques déjà accomplies rendent insuffisant le seul contrôle des entrées.
On retrouve ici un phénomène étudié par Seymour Martin Lipset et Stein Rokkan : les systèmes politiques s’organisent autour de grands clivages durables. Ceux-ci peuvent survivre longtemps après les circonstances historiques qui les ont fait naître, puis être progressivement concurrencés par de nouvelles lignes de fracture. En Europe occidentale, le vieux conflit entre capital et travail ne suffit manifestement plus à structurer la compétition politique.
Hanspeter Kriesi et plusieurs politistes européens ont montré comment la mondialisation avait contribué à faire émerger un nouveau partage entre les groupes qui bénéficient de l’ouverture économique, culturelle et migratoire et ceux qui s’en perçoivent comme les perdants. La question contemporaine pourrait aller encore plus loin : au clivage économique ouverture-fermeture s’ajoute désormais une opposition sur la permanence même des peuples européens.
Le RN reste profondément républicain
Les déclarations d’Andréa Kotarac sont de ce point de vue particulièrement instructives. Le porte-parole du RN avait affirmé que « les racines de la France ne sont pas que chrétiennes » et que « les musulmans sont sensibles au patrimoine chrétien de la France ». Ces propos avaient suscité des réactions précisément parce qu’ils donnent à voir la conception nationale qui demeure dominante dans le parti.
La France du RN reste essentiellement une France républicaine : tout individu peut devenir pleinement français à condition d’accepter les règles, les mœurs et un certain patrimoine collectif. L’origine n’est pas, en elle-même, politiquement déterminante. Le nombre l’est assez peu également, dès lors que l’assimilation est supposée fonctionner.
Reconquête introduit une rupture. L’assimilation individuelle peut fonctionner, soutient en substance cette école, sans que l’assimilation de populations entières soit possible dans n’importe quelles proportions. La quantité finit par modifier la nature du phénomène. Une famille arrivée de l’étranger peut devenir française ; plusieurs millions d’individus maintenant des formes importantes d’endogamie, de culture distincte ou de solidarité communautaire posent une question d’une autre nature.
Rogers Brubaker, dans Citizenship and Nationhood in France and Germany, avait autrefois opposé, en la nuançant, une conception française plus politique et assimilationniste de la nation à une conception allemande historiquement plus culturelle. La comparaison est aujourd’hui moins nette qu’elle ne l’était lorsque le livre fut publié. Elle permet néanmoins de comprendre pourquoi le RN demeure, au fond, beaucoup plus proche de la tradition républicaine française que ne le croient certains de ses adversaires.
L’AfD comme révélateur
La récente victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt a offert une démonstration presque expérimentale de cette divergence. Le 6 septembre, le parti allemand a recueilli autour de 44,5 % des suffrages, plus du double de son résultat de 2021. Éric Zemmour et Sarah Knafo ont salué ce succès, tandis que les dirigeants du RN ont maintenu leurs distances avec leur ancien partenaire européen.
Jean-Philippe Tanguy a exprimé cette rupture de manière encore plus explicite. Revenant sur ses contacts anciens avec des responsables de l’AfD, le député RN a raconté être ressorti « terrorisé » d’une rencontre avec certains d’entre eux et a dénoncé des déclarations relatives au passé nazi allemand. Son jugement peut naturellement se discuter ; ce qui importe politiquement est sa netteté. Le RN ne considère plus l’AfD comme un allié encombrant dont il faudrait corriger certaines outrances. Il s’en distingue comme d’une autre famille politique.
Reconquête fait le choix inverse. Il ne partage évidemment pas toutes les positions de l’AfD, pas davantage qu’il ne reprend celles de Vox ou de l’ensemble des droites centre-européennes. Une proximité existe néanmoins autour d’une interrogation commune : l’État doit-il seulement garantir la sécurité et la prospérité des habitants présents sur un territoire, ou possède-t-il également pour mission d’assurer la continuité historique du peuple qui lui a donné naissance ?
La différence est fondamentale.
Une dédiabolisation devenue principe de gouvernement
Cette évolution du Rassemblement national peut s’interpréter à travers Anthony Downs. Dans An Economic Theory of Democracy, l’économiste américain modélisait les partis comme des organisations cherchant à maximiser leurs suffrages et donc, dans certaines configurations, à se rapprocher de l’électeur médian. Sans appliquer mécaniquement un modèle économique à la politique française, la dédiabolisation lepéniste relève manifestement d’une logique analogue.
À mesure que le RN s’est approché du pouvoir, il a éliminé ou atténué les positions susceptibles de fermer l’accès à des électorats supplémentaires. L’euro, la sortie de l’Union européenne, la retraite à 60 ans, certaines conceptions de la préférence nationale, puis plusieurs mesures identitaires ont été successivement abandonnés, reformulés ou repoussés. Chacune de ces évolutions peut être défendue rationnellement. Leur accumulation finit cependant par dessiner une méthode : toute doctrine demeure subordonnée à l’élargissement électoral.
Le problème n’apparaît pas nécessairement avant la victoire. Il surgit après.
Libération a fourni récemment un contrepoint inattendu au bel optimisme du JDD. Dans une enquête consacrée à la préparation de 2027, le journal décrit un RN porté par des sondages favorables, mais encore marqué par « l’atonie programmatique, le dilettantisme et la confusion ». Marine Le Pen y apparaît comme une dirigeante fonctionnant beaucoup à l’instinct, peu soucieuse des grandes constructions de campagne et disposée à attendre les événements plutôt qu’à les provoquer.
Un tel fonctionnement constitue une force dans l’opposition. La souplesse permet de saisir les changements d’humeur de l’électorat et d’éviter l’enfermement doctrinal. Au gouvernement, elle devient plus périlleuse. Une crise financière, une révolte urbaine, un conflit avec les institutions européennes ou une réforme budgétaire ne laissent pas toujours le loisir de consulter l’opinion avant de choisir.
Les tensions entre Marine Le Pen, Jordan Bardella et Marion Maréchal donnent une autre indication. Libération rapporte notamment la réaction de Bardella lorsque fut envisagée une place plus importante pour Marion Maréchal : « C’est elle ou moi. » Derrière la rivalité des personnes existe aussi une concurrence entre orientations politiques, Marion Maréchal incarnant depuis longtemps une droite plus identitaire, économiquement plus libérale et davantage favorable aux rapprochements avec les autres droites.
Ainsi, au moment même où le JDD annonce l’union prochaine des droites, le RN peine encore à régler la question de ses propres droites.
17:38 Publié dans Balbino Katz, Présidentielle 2027, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Jeudi soir, sur BFM TV : Eric Zemmour face à Jean-François Copé
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La tournée de Sarah Knafo à travers la France (première liste)
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Samedi et dimanche prochains, 19 et 20 septembre 2026, IXe édition du pèlerinage Feiz e Breizh
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Aujourd’hui comme hier, le marxisme-léninisme, voilà l’ennemi !

Maurice Bernard
Le marxisme-léninisme, interprétation et mise en œuvre du marxisme élaborée par la momie de la Place Rouge, n’a pas disparu du paysage politique. Les cadres, les militants du Parti communiste, de La France insoumise, voire du Parti socialiste, ont grandi et se sont formés avec lui : ils en restent imprégnés.
Le marxisme-léninisme s’est juste adapté aux évolutions de la société qu’il a acceptées, favorisées et accompagnées, comme la montée de l’immigration africaine et de l’islam, la fragmentation communautaire, le séparatisme ou l’extrême porosité aux revendications des minorités. Son vocabulaire n’est donc plus tout à fait le même. "Intersectionnalité", "décolonialisme", "racisés", "déracialisation", etc., sont désormais à l’ordre du jour. Mais ses luttes actuelles n’en prolongent pas moins celles d’hier, dans la fidélités aux grands ancêtres (Marx, Engels, Lénine, Trotski…). Par conséquent, il n’est pas étonnant de voir aujourd’hui la gauche radicale internationaliste réserver un traitement particulier à la religion musulmane.
Pour illustrer le propos, prenons l'exemple du Collectif d’analyse politique (CAP) québécois, avec son site Nouveaux Cahiers du Socialisme. Les animateurs entendent « contribuer, par une réelle appropriation de la théorie et de la pratique (marxistes, NDLR), à l’ensemble des préoccupations qui traversent les mouvements de résistances et de luttes contre le capitalisme » : convergence des luttes, donc.
L’un de leur contributeur est un philosophe français, Matthieu Renault, présentement professeur à l’université de Toulouse Jean-Jaurès. Sa présentation sur le site de « l’équipe de recherche sur les rationalités philosophiques et les savoirs » (Érraphis) permet de le situer sans peine : « Il co-dirige (…) le groupe de recherche inter-institutionnel "Mondes de la Colonialité et Transmodernité", basé à la Fondation de la Maison des Sciences humaines à Paris. Il est également chercheur affilié au Sarah Parker Remond Centre for the Study of Racism and Racivilization du University College London, et membre du comité de rédaction de la revue Actuel Marx »…
En 2017, Matthieu Renault, que l’on peut considérer comme woke, a publié aux éditions Syllepse (d’extrême gauche), L’empire de la révolution. Lénine et les musulmans de Russie. Trois ans plus tard, en novembre 2020, l’équipe des Nouveaux Cahiers du Socialisme lui a demandé comment « Lénine abordait la question de l’islam et des minorités opprimées ». Sa réponse, consultable sur internet, permet de comprendre le point de vue de tous ses petits camarades de la gauche radicale islamo-compatible. Il suffit d’y remplacer "nationalité" par "minorité", "orthodoxie" par "catholicisme", "Russie" par "France" et "impérialisme grand-russe" par "impérialisme français".
L’enseignant-militant rappelle en effet que, pour Lénine, « l’islam, en tant que religion d’une "nationalité" opprimée, devait elle-même être considérée comme une religion opprimée (…). À la différence de la religion dominante, l’orthodoxie, dont les influences devaient être combattues sans relâche, l’islam devait être traité avec la plus grande "prudence" (maître-mot de la politique de Lénine envers les minorités nationales), avec précaution et sans rechigner à faire des concessions ». Pour autant, « le dialogue avec les musulmans de Russie, que Lénine jugeait indispensable, n’avait rien à voir avec une quelconque capitulation, synonyme d’auto-flagellation, même s’il présupposait de reconnaître les torts causés par l’impérialisme grand-russe et la légitimité de la méfiance éprouvée par ses victimes ; ce dialogue était guidé par des raisons stratégiques, dans le sens le plus noble du terme, et n’excluait nullement l’expression de différends. La règle élémentaire à laquelle ne pouvait déroger Lénine, c’est qu’il ne pouvait y avoir d’émancipation sans auto-émancipation ».
Pour les islamo-gauchistes woke, c’est-à-dire "éveillés", l’homme blanc occidental, chrétien, reste prisonnier d’habitudes, de comportements, de jugements hérités du passé, fruits, en particulier, du capitalisme et de la colonisation. Les sociétés qu’il a bâties sont fondées sur des injustices structurelles qui touchent certaines catégories de la population : les femmes, les LGBTQ+, les migrants, les musulmans, les "racisés". Il faut donc, par les différentes luttes, l’amener à prendre conscience de cet état de fait pour qu’il y renonce et s’en défasse.
Pour une bonne partie de la gauche actuelle, à commencer par LFI, les femmes voilées, en tant que femmes, que musulmanes et que "racisées", sont d’abord les victimes d’un édifice social qu’il s’agit de déconstruire. Et les représentants de la droite nationale qui dénoncent la progression de l'islamisation (et de la réislamisation) - dont la multiplication des voiles dans l'espace public est un signe - sont des ennemis parce qu’ils s’emploient à le maintenir.
Seulement, voilà : manifestement, ceux que l'on qualifie désormais d'islamogauchistes ne perçoivent pas ce que leur point de vue peut avoir de paternaliste… Ils ne voient pas non plus qu'eux et leurs semblables ne sont, au fond, que des facilitateurs, des marchepieds, pour les militants islamistes, indigénistes, décoloniaux. Quand ces derniers n’auront plus besoin d’eux, ils s’en débarrasseront, comme les barbus iraniens se sont débarrassé des communistes du cru. Ce n’est qu’un début, leur combat continue !
Ce texte est tiré d'un article paru dans le numéro 74 (été 2026) de notre revue Synthèse national. Pour le commander ou vous abonner, cliquez ici
10:36 Publié dans Maurice Bernard | Lien permanent | Commentaires (0) |
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10:03 Publié dans La vie de l'association Synthèse nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Rappel : après-demain, vendredi 18 septembre, conférence, à Paris, de Thibault de La Tocnaye, contre l'islamisme révolutionnaire

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Rappel : demain, jeudi 17 septembre, conférence de Jean-Yves Le Gallou à Toulouse

09:55 Publié dans Sortir en ville... ou à la campagne | Lien permanent | Commentaires (0) |
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