samedi, 18 juillet 2026
Jacques Mayadoux évoque le souvenir de Stéphane Zanettacci mort à Beyrouth il y a 50 ans, le 19 juillet 1976
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Stéphane Zanettacci, présent !
Militants nationalistes français engagés au Liban en 1976
Michel Vial
Combattant volontaire au Liban (août-octobre 1976)
Il y a exactement cinquante ans, Stéphane Zanettacci tombait à Beyrouth. Mortellement blessé au cours des violents combats menés par les chrétiens du Liban pour s’emparer du camp palestinien de Tell el-Zaatar, il est décédé quelques instants après avoir été conduit à l’hôpital.
Il y a cinquante ans, j’étais moi aussi parmi ces jeunes Français qui avaient choisi de rejoindre les rangs des chrétiens du Liban qui combattaient seuls pour leur survie et pour leur foi dans un Proche-Orient alors dominé par des puissances arabes inféodées à Moscou et très majoritairement musulmanes. Combattre au Liban, c’était prolonger la lutte que nous menions en France contre les Rouges, c’était marcher dans les pas de nos anciens qui avaient combattu en Indochine contre le même ennemi. Bien que la plupart d’entre nous n’avaient aucune formation militaire, nous étions décidés à nous battre et nous n’avons pas failli. J’ai appris la mort de Stéphane alors que j’étais encore à Paris et qu’en compagnie de quelques amis, je préparais mon départ. L’annonce de son décès n’a pas refroidi nos ardeurs, bien au contraire.
Stéphane, je l’avais connu à Ordre nouveau, en 1972. C’était un militant exemplaire, un leader. Très porté sur l’action, courageux, pour ne pas dire intrépide, un peu tête brûlée aussi, il était de tous les affrontements contre les gauchistes, toujours en tête. Lorsque la direction politique d’Ordre nouveau a choisi de créer le Front national et de modifier ainsi sa ligne politique, Stéphane a rejoint le Groupe Action Jeunesse (GAJ) créé en 1973 par d’ex-militants du GUD en désaccord avec cette orientation, jugée trop « bourgeoise ». Une scission qui ne se limitera pas à de simples joutes verbales, mais qui débouchera sur des affrontements armés, des luttes fratricides auxquelles Stéphane prendra souvent part. Connaissant son tempérament, il était évident qu’il ne pouvait rester les bras croisés.
Au début de 1976, alors que la guerre du Liban fait rage depuis près d’un an, quelques militants nationalistes décident de s’engager aux côtés des forces chrétiennes qui sont abandonnées à leur triste sort par l’Occident en général et la France en particulier. Les premiers volontaires ne sont que deux, ils seront suivis par une poignée de camarades parmi lesquels Stéphane, toujours en quête d’action. Parvenu à Beyrouth, il rejoint les Kataëb (autrement appelées « Phalanges »), le parti fondé par Pierre Gemayel et dont les forces armées sont commandées par son fils, Cheikh Béchir Gemayel, un chef charismatique. Il combat au centre-ville, dans le quartier du port, avec d’autres camarades parmi lesquels Pierre Bugny qui sera gravement blessé à la tête. Mais, Stéphane ne reste pas chez les phalangistes bien longtemps. Avec quelques camarades, il rejoint une autre milice chrétienne, les « Tigres » du PNL (Parti National Libéral). C’est une formation politique de sensibilité plus conservatrice que les Kataëb, moins militarisée aussi. Mais ce choix n’est en rien dicté par l’orientation politique. Ce que recherche Stéphane, c’est l’action. Or, les Kataëb, dans le louable souci d’épargner les vies françaises, hésitent à les engager dans la bataille pour prendre Tell el-Zaatar, car elle est trop meurtrière. Les PNL, aux effectifs plus légers, n’ont pas de telles réticences.
Précisons pour les lecteurs qui ne connaitraient que partiellement ces événements et le Liban que Tell el-Zaatar n’était pas un camp de réfugiés misérables, c’était une véritable forteresse pourvue d’artillerie, avec des souterrains, des ateliers enterrés, des abris bétonnés et d’innombrables postes de tirs. Elle abritait une garnison pléthorique et sa position au nord-est de Beyrouth, enclavée dans la zone chrétienne, représentait une terrible menace, car elle tenait sous son feu les débouchés vers la montagne. Dès juin 1976, en même temps que l’autre enclave, le camp de Jisr el-Bacha, elle est investie par les forces chrétiennes, mais elle ne tombera que le 12 août, après 52 jours d’un siège très éprouvant.
Les multiples assauts contre Tell el-Zaatar coûtent de lourdes pertes aux chrétiens. Mais, il est indispensable que cet abcès soit crevé coûte que coûte. Il en va de la sécurité des populations et de la survie du réduit chrétien. Le 19 juillet, les miliciens du PNL lancent un énième assaut contre la place forte. Les Français sont de la partie. Au cours des combats, une rafale d’arme automatique atteint Hugues Linard et Georges Simonin (dit « le docteur »). Ils sont salement blessés, Hugues au bras et Georges à la jambe. Stéphane, lui, n’a pas été frappé, mais une grenade explose à proximité, suivie d’une nouvelle rafale. Stéphane est touché par des éclats, il titube et court se mettre à couvert. Il est rapidement pris en charge par les Libanais, placé dans une ambulance et conduit à l’Hôtel-Dieu. Il est vivant et conscient, mais il a perdu beaucoup de sang. Et, par malchance, aucune transfusion n’est possible car son groupe sanguin est alors introuvable à Beyrouth. Il décède au bloc opératoire des suites de l’hémorragie. Après Dominique Borella et Richard Kimble, deux anciens légionnaires, c’est le troisième Français tombé au combat dans ce conflit.
Cette guerre du Liban et notamment sa première phase, appelée « guerre de deux ans » (1975-1976) semble certainement bien lointaine à beaucoup de lecteurs, les plus jeunes bien sûr. Pour certains, elle est même difficilement compréhensible. Beaucoup de temps s’est écoulé, plusieurs de ces combattants volontaires sont maintenant décédés et le Proche-Orient, avec ses tensions incessantes, sa mosaïque de communautés et leurs rivalités, paraît toujours aussi peu intelligible à la majorité de nos compatriotes. Quoi qu’il en soit, cet engagement de jeunesse, nous ne le renions aucunement. Bien au rebours, nous en sommes légitimement fiers. Il est l’aboutissement d’un combat militant débuté dans les lycées et les facultés, il correspond pleinement à la formule désormais consacrée « mettre sa peau au bout de ses idées ».
Enfin, si notre action sur le terrain n’a pas eu réellement d’impact sur le plan tactique, étant donné notre inexpérience et notre faible effectif, notre présence à Beyrouth en ces moments difficiles pour les chrétiens a représenté un soutien psychologique significatif. L’accueil que nous ont réservé la population et les combattants en témoigne. C’est aussi ce qu’a tenu à rappeler Samy Gemayel, le président du parti kataëb, dans un courrier qu’il nous a adressé en 2014 : « je voudrais encore vous remercier de tout cœur d’être venus. Vos souffrances, vos sacrifices et ceux de nos camarades ne sont pas vains. Ils nous ont permis d’être toujours là et de transmettre aux générations qui se succèdent le flambeau de la Résistance dans le respect des valeurs chrétiennes, dans la Charité, le Partage et l’Ouverture, mais aussi dans la fermeté de la Foi et l’Espérance en un Liban éternel. » Autre témoignage de reconnaissance, le musée de l’Indépendance de Jounieh (au nord de Beyrouth) rappelle l’engagement de cette poignée de jeunes Français aux côtés des combattants chrétiens.
Stéphane Zanettacci est tombé au combat pour ses idées, pour la défense de l’Occident et de la Chrétienté, comme sont tombés des milliers de jeunes Libanais et d’autres héros français avant lui. Stéphane, Présent !
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Source : breizh.info
09:17 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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