mardi, 16 avril 2013
Taiäut ! Taïaut ! La chasse au Cahu est ouverte...
La chronique
de Philippe Randa
C’est fait… La déclaration de patrimoine de nos actuels ministres a été publiée, plus contrainte et forcée qu’acceptée dans la joie et l’allégresse. Il fallait bien après le scandale de l’ex-Ministre du Budget dont on n’aura jamais su s’il aurait été ou non compétent dans sa fonction. Il n’en était en tout cas pas digne, faute de moralité.
Gageons que tous les ministres futurs y passent, eux aussi. Plus aucun chef de gouvernement ne pourra passer outre au risque d’être immédiatement suspecté de dissimulation. Mais pour les prochains ministres potentiels, cela laisse le temps de s’organiser. De répartir leur grisbi ici, là et de préférence ailleurs afin qu’il soit moins voyant. L’apparence, en effet, est primordiale ! L’habit, voilà qui fait le bon ministre ! Ce n’est pas tant d’honnêteté que nos prochains gouvernants devront faire la preuve que de malignité dans la discrétion. Ce ne sera plus « couvrez ce sein que je ne saurais voir », mais « cachez moi ce bien que vous ne sauriez posséder. »
Avant, on envoyait le bêta à la chasse au Dahu(1)… Mais c’était avant ! Désormais, on envoie l’électeur à la chasse au Cahu. Autres temps …
Une fois de plus, tout ce brouhaha médiatico-politique où les uns font surenchère de bons sentiments et de moralité intransigeante, tandis que les autres vitupèrent la déliquescence des mœurs et le laxisme des consciences n’aboutit finalement qu’à déconsidérer la fonction politique… qui n’en avait pas vraiment besoin.
Car obliger tous les ministres à cette déclaration publique de leur patrimoine respectif, outre la bouffonnerie dans la réalisation et le ridicule dans l’efficacité, jette de fait la suspicion sur toute la classe politique… Être obligé de prouver publiquement son honnêteté revient à reconnaître qu’on puisse être malhonnête… Mais les électeurs s’interrogent-ils, eux, sur leur propre perspicacité ? Car la composition d’un gouvernement, c’est tout de même la conséquence directe de leur choix électoral.
Il serait plus logique que ce soit le candidat à une élection qui prouve son honnêteté, bien plus qu’un ministre, désigné pour une fonction précise par un Président mis en place par le vote d’une majorité de ses compatriotes.
Ce n’est, certes là, qu’une contradiction de plus dans cette pantalonade sur le patrimoine des élus ; « tout cela est peu ragoûtant », comme l’écrit la journaliste Marie Delarue qui ajoute : « Démarche qui ne présente aucun intérêt pour quiconque, sauf peut-être celui d’endormir une foule avide de justice comme autrefois les Tricoteuses quand elles regardaient la tête des aristos tomber dans le panier de la guillotine. »(2) !
Mais au fait, pourquoi seuls les membres du gouvernements seraient-ils astreints au déballage financier sur la place publique ? Pourquoi pas tous les élus de la République ? Ça en fait, des suspects de l’indélicatesse, du conseiller municipal au député ou sénateur… Taiäut ! Taïaut !
Pourquoi les policiers et les gendarmes, de moins en moins occupées d’assurer la paix publique, mais de plus en plus transformés en auxiliaires des contributions directes et indirectes, ne seraient-ils pas également astreints à publier leur patrimoine ? Sommés par leur hiérarchie de remplir les caisses de l’État, combien sont-ils à se remplir au passage les poches, comme le premier ministricule venu ? Du très médiatique Michel Neyret, numéro deux de la police judiciaire de Lyon avant son éviction en 2011, suite à sa mise en examen pour « corruption, trafic d’influence, association de malfaiteurs, trafic de stupéfiants, détournement de biens et violation de secret professionnel », en passant par les 17 policiers de la brigade anti-criminalité (Bac) de Marseille accusés en novembre 2011 d’avoir eu des comportements de « ripoux », en quoi les pandores seaient-ils à l’évidence guère moins suspects que le premier politicien venu(3)… Taiäut ! Taïaut ! qu’on vous dit !
Et les magistrats ? Qui nous assure qu’aucun d’eux ne succombe à la menace ou la tentation quand ils sont faces à quelques parrains milliardaires de la criminalité ? Taiäut ! Taïaut ! qu’on vous répète !
Et les fonctionnaires, du plus humble postier susceptible de se servir dans les colis qu’il est chargé de transporter… au plus haut « agent d’une administration publique » tout aussi capable qu’un Cahuzac de « toucher » pour prix de sa bienveillante compréhension et d’en mettre à gauche, même s’il vote à droite ? Taiäut ! Taïaut ! Encore et toujours !
Pourquoi les ministres plus que les autres ?
Et puis, tout ça pour apprendre, finalement, que Laurent Fabius possède quelques millions devant lui pour ses vieux jours, mais que Cécile Duflot roule dans une R4 de 400 euros (à peine plus que les vélos de Christiane Taubira)…
Les ministres, suspectés de vouloir faire les poches des Français ? Désormais, en plus, ils leur font honte. À qui la faute ?
Notes
(1) L’existence du dahu, animal sauvage imaginaire, est généralement évoquée en milieu rural et par plaisanterie auprès de personnes particulièrement naïves et de citadins peu au fait, par exemple, de la faune. « La version moderne, théâtrale et cinématographique, de ce comportement d’un groupe vis-à-vis d’un individu désigné comme vilain petit canard est sans doute Le Dîner de cons » (http://fr.wikipedia.org).
(2) www.bvoltaire.fr.
(3) 17 policiers de la BAC Nord obt été mis en examen pour des faits de vols et d’extorsion ; sept avaient été écroués et cinq placés sous contrôle judiciaire, mais « (ils) ont tous été autorisés à reprendre leur travail, indiquait le site Mediapart le 29 janvier dernier. Même les sept policiers placés en détention provisoire pendant plus de deux mois pourront donc prochainement exercer sur la voie publique. »
Interrogé par Mediapart, « l’homme qui n’a pas pu réintégrer la police confie son amertume. Il a été révoqué début août 2012 par le ministère de l’Intérieur, pour “insubordination”. “Eux qui n’ont rien dénoncé ont eu gain de cause, et nous, nous restons punis, au placard” » (www.leparisien.fr).
12:23 Publié dans Philippe Randa | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Ce mardi soir, Robert Ménard à La Charité-sur-Loire
10:26 Publié dans Sortir en ville... ou à la campagne | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Fourest, Valls : un effort et ils ne mettront plus le nez dehors !

Gabrielle Cluzel
Boulevard Voltaire cliquez ici
« Mariage pour tous : la guérilla des anti », titrait lundi Libération.fr. Et de faire le catalogue de toutes les actions menées dans le week-end, de l’accueil de Fourest samedi après-midi à celui de Valls dimanche soir, en passant par le pique-nique et le camping pour tous à Paris. Un article assez symptomatique du tournant que semblent avoir pris les grands médias : même si la plupart d’entre eux cherchent toujours à en minimiser les effectifs, ils ne peuvent plus ignorer les multiples et inlassables mobilisations. France Info elle-même n’a-t-elle pas qualifié, ce même jour, la loi dite du mariage pour tous de « pour le moins controversée » ?
Ils peuvent d’autant moins les ignorer que sont à chaque fois déployés des dispositifs policiers démesurés qui sont, à eux seuls, une reconnaissance implicite de ce que l’on cherche à cacher : le nombre et la détermination des opposants, la trouille diffuse du gouvernement de ne pas avoir le dessus dans cette affaire.
Trente cars de CRS pour permettre à Manuel Valls de quitter tranquillement son petit concert de la salle Pleyel, ce n’était pas un peu beaucoup ? S’ils angoissent terriblement et se sentent obligés de convoquer deux compagnies de gendarmes mobiles chaque fois qu’ils mettent un doigt de pied dehors, peut-être serait-il raisonnable, dans un esprit d’économie du denier public, de penser à se faire un plateau-télé le soir plutôt que de prendre des engagements mondains ?
Sont-ils croquignolets quand même, tous ces militants vaguement anars d’hier (Manuel Valls a fait ses premières armes à l’UNEF-ID, il faut voir là-bas comme on y adore l’armée et les flics), à aller se cacher dans les jupons des forces de l’ordre : « Là, monsieur l’agent, cette vilaine dame, avec ses enfants, qui agite son drapeau rose, elle ne fait rien que m’embêter ».
Interdit d’interdire, faites l’amour pas la guerre, flower power et les petites pâquerettes dans les cheveux, ce n’est plus trop à l’ordre du jour, on va attendre des temps meilleurs pour redire aux CRS qu’ils sont des SS. 67 jeunes du « camping pour tous » venus monter leur petite tente Decathlon derrière l’Assemblée nationale — sans faire de bruit et en prenant soin de laisser passer la circulation — ont été mis en garde à vue durant plus de de douze heures (rappelons que le DAL a organisé, quant à lui, une centaine de campements à Paris avant d’être poursuivi pour la première fois en 2008).
Non mais les gars, vous vous êtes vus ? Vous ne vous sentez pas un peu grotesques avec vos paniers à salade pleins de mères de famille et de chefs scouts qui chantent à pleins poumons (« C’est à bâbord qu’on gueule, qu’on gueule… c’est à tribord qu’on gueule le plus fort ! », se répondait-on gaiement de fourgon à fourgon dimanche après-midi boulevard Saint-Michel), vos dépôts dans lesquels règne une ambiance de kermesse paroissiale — ce sont les poivrots et les dealers qui doivent être vachement surpris —, vos P.-V. cérémonieux dignes d’un sketch de Fernand Raynaud, pour port de corsage fuchsia, vos gazages de poussettes et vos mobilisations pharaoniques de forces de l’ordre pour vous défendre contre des petits drapeaux, pendant que les délinquants de tous poils continuent de courir les rues ?
Et si ceux qui vous donnent de l’urticaire n’obtempèrent pas, c’est quoi l’étape suivante ? Vous les collez en taule ? Pour avoir commis un port de pull rose en réunion ? Vous avez conscience quand même qu’ils sont très, très nombreux ? Et bien que polis, extrêmement tenaces ? Et que parmi les forces de l’ordre, plus d’un, comme le rapportent de multiples témoignages concordants, commencent à en avoir leur claque de faire le sale boulot ? Il serait dommage que votre irrationnelle fuite en avant, pour un projet de loi « pour le moins controversé » comme dirait France Info, génère bêtement une révolution de fuchsia. Sous les pavés, y a le mariage. Note, François, que la vie à Baden-Baden ne doit pas être si désagréable.
07:55 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Pour pouvoir sortir de ses palais, l'oligarchie n'a plus qu'une solution : la repression !
07:55 Publié dans Combat nationaliste et identitaire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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