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vendredi, 22 janvier 2016

Les nouveaux barbus

14-181.jpgDr Bernard Plouvier

Il ne s’agit nullement, dans ce petit texte, de se moquer de quelle que façon que ce soit des gens qui, par conviction religieuse ou par statut, ornent leur visage d’un additif capillaire, somme toute naturel. Ainsi des popes orthodoxes, des imams, mollahs et autres ulémas, des Kurdes Yézidis ou de leurs ennemis islamistes… une fois pour toutes, l’on doit refuser de différentier le musulman de l’islamiste, puisque le Djihâd est ordonné à tout fidèle – muslim en arabe – en bonne santé par neuf sourates coraniques sur 114 (mais les sourates consacrées en partie au Djihad sont parmi les plus longues).

De même, il serait ignoble de sembler se moquer des pauvres femmes affublées d’un virilisme pilaire, de commande génétique ou par maladie acquise, ce qui fait d’elles des clientes obligées des instituts de beauté et des pharmaciens, ce qui est moins ridicule (mais nettement moins rentable) que leur ancienne exhibition en tant que phénomènes de foire ou de cirque.  

On se contente d’ébaucher une réflexion d’ordre sociologique sur l’épidémie qui gagne une foule d’Occidentaux, devenus subitement réfractaires au rasage… abandonnant un acquis culturel gréco-romain antique, du moins pour les guerriers non spartiates. La pédiculose fut toujours une des nombreuses plaies des armées en campagne ou au cantonnement, d’où la rareté de la barbe dans les armées de terre… et les Perses étaient réputés tirer la barbe de leurs adversaires lors du corps à corps !

Sans vouloir se référer le moins du monde à la supercherie psychanalytique (c’est, avec le marxisme, l’une des rares idioties humaines mortes sous le poids de son ridicule intrinsèque), on peut évoquer les études fort bien faites de psychiatres et de psychologues des XIXe et XXe siècles consacrées au phénomène de compensation.

Quand j’étais jeune interne, un philosophe remarquable (et glabre) m’a dit, parlant de ses confrères barbus, qu’ils « cachaient leur médiocrité sous leur barbe ». Il serait stupide de généraliser l’application de cette boutade, mais à la réflexion on peut y trouver un (petit) fonds de vérité. Considérer la barbe comme un attribut de la sagesse est d’une remarquable absurdité, même si certains historiens (et surtout des historiennes, frustrées ou atteintes de ce virilisme pilaire évoqué plus haut) ont généralisé le cas des philosophes grecs antiques… dont on ne connaît rien de l’apparence physique : seule la tradition artistique des sculpteurs nous les révèle barbus, ce qui est d’autant plus stupide qu’à l’époque hellénistique et qu’en la Rome du 1er siècle avant JC jusqu’à la fin du IIe siècle après JC, il était de bon ton de se raser quotidiennement. Ce fut un Imperator homosexuel (Hadrien) qui remit la barbe à l’honneur !

Cet attribut pileux est-il autre chose que le désir d’affirmer sa virilité par un être quelque peu dubitatif sur son ego ? Quel homme digne de ce nom a besoin de faire savoir, urbi et orbi, qu’il en est « Un » et non « Une » ? Faut-il corréler le renouveau de popularité de la barbe, depuis les années 1995 sq., à la reprise de la vieille lubie d’Otto Weininger (un schizophrène homosexuel refoulé, suicidé en 1903 à l’âge de 23 ans et demi) : la théorie du genre librement choisi, par certains esthètes de l’autoanalyse ou de l’originalité comportementale, en contradiction du sexe déterminé par la génétique et clairement exprimé dès la naissance (sauf malheureux et rares cas d’ambiguïté) ?

À la grande époque des anarchistes terroristes de France (en gros de 1880 à 1912), on appelait « poilu », non pas le barbu ou le moustachu, mais celui qui avait autant de témérité que de poils… en un endroit caché. Et le terme fut tout naturellement employé pour désigner nos remarquables aïeux qui firent preuve de courage et d’abnégation de 1914 à 1918. Il est vrai que Joffre avait exigé de ses soldats, en septembre 1914, qu’ils se laissent pousser la moustache, considérée par lui comme « un attribut gaulois » (alors que les Germains antiques se laissaient bien plus pousser les poils que leurs cousins celtes). Après la mode de la barbe (ou de son timide succédané : l’individu mal rasé), va-t-on assister au renouveau de la moustache ?

Ce serait merveilleux si nos contemporains mâles en profitaient pour retrouver l’ardeur combative de leurs aïeux, face aux nouveaux envahisseurs. Dans ce cas, on leur permettrait – et avec joie – toutes les formes d’hirsutisme qu’ils voudraient.  

18:31 Publié dans Tribune de Bernard Plouvier | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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