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jeudi, 09 avril 2026

Trêve en Iran, les trois défis de Donald Trump

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Philippe Gélie

Entre une escalade militaire majeure aux conséquences considérables et une trêve temporaire destinée à donner sa chance à la diplomatie, nul ne saurait reprocher à Donald Trump d’avoir choisi la seconde option. Mais il serait naïf de croire que la première a totalement disparu de l’horizon.

La guerre d’Iran n’est pas finie. Après quarante jours de frappes aériennes, le conflit déclenché par le président américain a acquis sa dynamique propre, qu’une ébauche d’entente n’a pas instantanément enrayée. À peine annoncée, la « trêve fragile », comme la qualifie son maître d’œuvre, le vice-président JD Vance, a été malmenée par toutes les parties, au Liban et dans le Golfe. Le fossé entre les interprétations américaines et iraniennes, contradictoirement triomphales, ouvre un espace à de funestes malentendus. Deux tests mettent déjà l’accord à l’épreuve : la capacité du chef de la Maison-Blanche d’imposer à Benyamin Netanyahou l’extension du cessez-le-feu au Liban - alors qu’il se dépêche d’y frapper massivement le Hezbollah – ; et l’ouverture sans restriction – ni péage – par Téhéran du détroit d’Ormuz au trafic maritime commercial.

Sans ces préalables, les pourparlers prévus samedi à Islamabad risquent de tourner court. À entendre Donald Trump, Téhéran aurait cédé d’avance à quasiment toutes ses exigences. Mais il lui reste à le démontrer, au monde comme aux électeurs américains : cela implique de ne pas abandonner Ormuz au contrôle de l’Iran, d’obtenir la restitution de ses stocks d’uranium enrichi, d’encadrer ses capacités balistiques et son programme nucléaire civil… Sans quoi la guerre aurait renforcé la posture stratégique des gardiens de la révolution et – pire, bien sûr – placé le bilan de Trump face aux mollahs nettement en deçà de celui de Barack Obama en 2015.

Il y a fort peu de chances que ces impératifs, fixés par le président américain lui-même, soient atteints grâce au seul bon vouloir des dirigeants iraniens, après qu’ils ont survécu à 13 000 frappes dévastatrices sans céder leur pouvoir ni épuiser leurs capacités de riposte. Aussi Trump va-t-il certainement devoir durcir son jeu, brandissant à nouveau les feux de l’enfer - avec le crédit qui lui reste.

Source : Le Figaro 9/4/2026

10:58 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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