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mercredi, 01 juillet 2015

QUAND LES DINDES LISSENT LEURS PLUMES

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Alain Rouet

Ayant assisté à la première du film « Si Paname m’était conté », de Patrick Buisson (1), deux oiselles le prennent violemment à parti, sans doute dans le but de sortir de l’anonymat du poulailler.

Auteuses d’une « lettre ouverte » cliquez ici publiée sur un site qui médit à part, l’une, Ruth Fiori, se présente comme « historienne du patrimoine » et l’autre, Pauline Duyck, comme « restauratrice du patrimoine ». A priori ces titres ronflants doivent recouvrir des gâches de fonctionnaires improductifs…

Elles se plaignent d’abord qu’il ne s’agisse pas « d’un film documentaire ». Outre le fait que la notion de « documentaire » est mouvante, le plus remarquable est que le film n’en porte pas l’estampille !

Il s’agit d’une mise en images de textes littéraires sur le Paname des années 50, la limite de l’exercice se trouvant soit dans l’absence de tels textes, soit en celles d’images correspondantes. C’est simple à comprendre, non ?

Le thème en est « Paname », c'est-à-dire le Paris-Popu. Il n’a pas échappé à l’auteur, pas plus qu’aux spectateurs, qu’à coté des bistrots populaires existaient le Flore ou le bar du Crillon, à coté du Vel d’Hiv’ les courses de Longchamp, à coté des taudis les immeubles post-haussmanniens et les hôtels particuliers des beaux quartiers, à coté des chanteurs de rue, les concerts et l’Opéra….mais ce n’est pas le sujet.

Contrairement à tous les autres spectateurs nos deux inconnues « n’ont pas compris le sens du film ». Le sens du film : ça y en a être le Paname disparu, toi y en a compris ?

Il faut dire qu’elles ont la comprenette difficile, regrettant « qu’extraits d’archives, extraits de films, citations littéraires et chansons populaires, le tout est littéralement fondu et lissé sans que ne soient mentionnes les sources de ces extraits au moment même de leur passage (…) et sans qu’ils nous soit donné de distinguer l’archive d’une production artistique ». Pourtant ce n’est pas compliqué : quand il y a de la musique écrite pour les paroles c’est une chanson ; quand il ya un dialogue avec Gabin c’est un extrait de film et quand il y a lecture par les trois « voix » du film il s’agit d’une citation littéraire !

Les 600 autres spectateurs l’avaient pigé, pas elles !

Le film ne fait évidemment pas, comme elles le prétendent, l’apologie de l’inconfort des logements de l’époque : il nous montre simplement que leurs occupants ne ressemblaient guère à ceux de nos beaux HLM parisiens d’aujourd’hui.

Libre à chacun de constater que si l’on a blanchi les façades des immeubles populaires on a sacrément foncé le contenu… et que le parigot de l’époque s’est vu substituer le bobo ou l’immigré.

Si nos deux critiques avaient quitté pédibus  la séance (mais elles ont peut-être des frais de taxi extensibles) elles auraient pu constater qu’il y avait autant de clochards que dans les années 50 mais qu’il s’agit maintenant de moldo-valaques…

Enfin elles regrettent  la présence de certains auteurs « dans ce marasme de passéisme et de discours populiste ». Se fiant à la consonance elles doivent prendre le marasme pour une sorte de marais ou de marécage… Or le marasme est une forme de consomption conduisant à l’arrêt d’activité… le contresens parfait ! Quand on se veut « historienne » ou « restauratrice » de notre patrimoine encore faut-il le connaître dans tous ses aspects…dont la langue française.

Le critique du « Figaro Magazine », qui consacrait 6 pages au film, a parfaitement compris son contenu. Comme il s’agit de Caracalla, précisons à nos deux « spécialistes » qu’il n’est pas empereur romain.

(1) La première s'est tenue à Paris le 21 juin. Ce film sera prochainement programmé sur la Chaîne Histoire cliquez ici

12:46 Publié dans Débat sur l'identité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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