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mercredi, 06 mars 2024

L’intelligence artificielle au service de la surveillance généralisée

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Arnaud Raffard de Brienne

C’est parti pour le déploiement de la reconnaissance faciale, en toute illégalité, soit dit en passant, tout au moins à ce jour. L’expérimentation s’est déroulée dimanche dernier à l’occasion d’un concert du groupe britannique Depeche Mode qui se donnait à l’Accor Arena de Paris devant quelques milliers de fidèles de tous âges. Précisons quand même que quelques aveux glanés ici et là confirment une utilisation illégale de la reconnaissance faciale depuis plusieurs années par certains services de police.

Il s’agissait officiellement de la mise au point d’un dispositif de traitement des images par la prétendue intelligence artificielle, l’IA comme on dit, sans doute artificielle mais qu’il nous parait impossible de qualifier d’intelligente. Il s’agit en réalité d’algorithmes destinés en l’occurrence et selon leurs concepteurs, à détecter uniquement des mouvements de foule, des franchissements de clôture, des présences en zone interdite et même des départs d’incendie mais jamais au grand jamais, promis-juré, à la reconnaissance faciale. Il faudra toute la pusillanimité des médias de grand chemin pour accréditer ou tout au moins le feindre cette garantie lorsque l’on sait la débauche de moyens technologiques dont, précisément la reconnaissance faciale, que nous mijote le gouvernement et tout particulièrement le ministère de l’Intérieur en vue des prochains Jeux Olympiques 2024. L’enjeu de taille consistera à masquer aux yeux du monde entier l’effarant niveau d’insécurité sévissant en France et écarter autant que faire se peut tout risque d’attentat.

Les Jeux olympiques constituent un excellent prétexte à la mise en œuvre des technologies de reconnaissance faciale et à la validation juridique de leur utilisation étendue. Celle-ci ne serait que ponctuelle et provisoire, nous affirme-t-on pourtant, juste le temps des JO, du 26 juillet au 15 août de cette année.

Mais alors, à quoi peut-on bien destiner les millions de caméras – oui les millions – déjà installées à chaque carrefour, dans chaque rue, tout au long des routes et autoroutes, dans les entreprises, les commerces, les résidences… ? A améliorer la sécurité pour tous ? Pas vraiment si l’on s’en tient aux statistiques officielles de la délinquance qui, même vraisemblablement minorées, démontrent une explosion de toutes les formes de crimes et délits, des cambriolages aux meurtres en passant par les violences et viols.

Les caméras « intelligentes » qui n’ont, elles non plus, rien d’intelligent annoncent plutôt un monde de surveillance à la chinoise, à faire pâlir les pionniers du roman d’anticipation et à reléguer « 1984 », le célèbre titre de George Orwell au rang des livres de science-fiction pour enfants sages.

00:00 Publié dans Arnaud Raffard de Brienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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