Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 28 avril 2026

Sortie cette semaine du nouveau numéro (n°73, printemps 2026) de la revue Synthèse nationale

COUV Maquette SN REVUE copie 97.jpg

En savoir plus,

le commander dès maintenant cliquez ici

Abonnez vous à Synthèse nationale cliquez là

Bulletin d'abonnement

Immigration – Mythes et réalités, un ouvrage qui détruit les fantasmes immigrationnistes

Immigration, mythes et réalités (Grand format - Broché 2026), de Nicolas  Pouvreau-Monti | Éditions Fayard

André-Victor Robert

Avec Immigration – mythes et réalités, paru récemment aux éditions Fayard, Nicolas Pouvreau-Monti, jeune et brillant directeur de l’Observatoire de l’Immigration et de la Démographie (OID), signe un premier ouvrage dont la qualité d’ensemble mérite d’être saluée. L’auteur assemble intelligemment les matériaux accumulés par l’Observatoire au fil de ses trois années d’existence sur les multiples facettes du phénomène migratoire, pour dégager une vision d’ensemble des causes de l’immigration et de ses conséquences sur l‘économie et la société françaises. Nicolas Pouvreau-Monti propose un ouvrage fondé sur l’exploitation systématique des statistiques publiques, dans l’objectif explicite de clarifier un débat souvent obscurci par des représentations partielles et simplificatrices, souvent tendancieuses. Son ambition est d’examiner méthodiquement les effets réels de l’immigration à partir de données vérifiables et accessibles à tous, puisqu’issues de la statistique publique.
L’ouvrage est construit autour de six mythes, qui constituent autant d’idées reçues et que l’auteur s’attache à « déconstruire » :

  • il n’y aurait pas plus d’immigration aujourd’hui qu’hier,
  • l’immigration rapporterait à la France davantage qu’elle ne lui coûte,
  • l’immigration n’aurait pas d’impact nocif sur notre vie quotidienne et notre accès aux services publics,
  • l’immigration ne changerait pas la culture française,
  • l’état serait en mesure de contrôler l’immigration,
  • il conviendrait écouter les « experts » sur le sujet.

Les flux d’immigration et le nombre d’immigrés

Retraçant brièvement l’histoire des flux d’immigration vers la France et analysant les chiffres d’immigration produits par le service statistique du ministère de l’intérieur (relatifs aux flux d’immigration) et ceux de l’Insee (relatifs à la composition de la population française en termes d’ascendance migratoire), Nicolas Pouvreau-Monti rappelle tout d’abord que les flux d’immigration ont atteint au cours des années récentes un niveau inégalé et que le nombre d’immigrés n’a jamais été aussi élevé, que l’on raisonne en nombre d’individus ou en termes de proportion qu’ils représentent dans la population résidant sur le territoire national.

La France a connu sa première vague importante d’immigration durant les années 1920, suite à la mort au combat de 1,4 millions de Français pendant la première guerre. Il s’agissait d’une émigration d’origine essentiellement européenne, et temporaire. Les années 1930 ont été marquées par une inversion des flux : la crise économique a entraîné des mesures restrictives entre 1931 et 1936. Une 2e vague importante d’immigration, motivée par un fort besoin de main d’œuvre, s’est produite pendant la période des Trente Glorieuses, avant la suspension officielle de l’immigration de travail en 1974 par le gouvernement Chirac. Deux ans plus tard, sous la pression des juges, un décret instituait le droit au regroupement familial, c’est-à-dire le droit pour les travailleurs de nationalité étrangère régulièrement installés en France à être rejoints par leur conjointe et leurs enfants. Et depuis cette période, le motif familial a acquis une part prépondérante au sein du flux d’immigration et le flux d’immigration de travail est devenu très minoritaire. Le flux d’immigration a connu un emballement spectaculaire et une croissance quasi-continue depuis la fin des années 1990, sous la pression des juges et l’absence de volonté des politiques de contenir cette pression. Ainsi que le note l’auteur : « Aujourd’hui, l’immigration n’est plus ce phénomène ponctuel lié au besoin de bras pour faire tourner des usines florissantes. Elle prend la forme d’une dynamique autonome, déconnectée de l’économie et alimentée par une mécanique administrative qui tourne à plein régime, indifférente aux alternances politiques.  »

Nicolas Pouvreau-Monti précise qu’au fil du temps, la part des immigrés d’origine européenne, tant au sein du flux d’immigration qu’au sein du stock de migrants, n’a eu de cesse de se réduire, au profit de l’immigration d’origine africaine, d’abord maghrébine puis plus récemment d’origine sub-saharienne. Autres transformations qualitatives notables : le motif « étudiant » est de plus en plus invoqué pour obtenir un titre de séjour, suivi des motifs humanitaire (asile et protection subsidiaire) et familiaux, et l’immigration revêt de plus en plus un caractère durable et non plus temporaire.

Un point important de l’ouvrage concerne la dimension territoriale. L’auteur souligne que les régions autrefois épargnées par l’immigration, comme la Bretagne et les Pays-de-la-Loire, connaissent maintenant des flux importants d’installations de populations d’origine étrangère, y compris et jusque dans des villes de taille moyenne et des petites villes. L’auteur voit là le résultat de politiques ayant pour objectif clairement assumé de désengorger la région parisienne en déplaçant la charge vers des territoires moins tendus, par le biais notamment de la création de centres d’hébergement pour demandeurs d’asile.

Au sein de l’Europe, la France n’est pas seule à connaître des flux d’immigration d’une ampleur inégalée jusqu’alors. Le phénomène affecte tous les pays d’Europe de l’ouest, quoi qu’avec une intensité variable et aussi une volonté politique plus ou moins affirmée de contenir les flux – quant il ne s’agit pas, pour certains gouvernements, de les encourager. Au sein de l’Europe de l’ouest, la France se caractérise par un recours particulièrement prononcé à l’immigration d’origine africaine : 61 % des immigrés de 15 à 64 ans vivant en France en 2020 étaient originaires du continent africain, soit une part trois fois supérieure à la moyenne de l’UE.

Les effets économiques et sociaux de l’immigration

Dans le débat public, l’immigration est souvent défendue comme un moyen de financer nos retraites. Pour que cela puisse être le cas, il faudrait tout d’abord que la population immigrée soit composée de travailleurs à hauteur d’une proportion au moins égale à celle constatée au sein de la population autochtone. Or – la nature essentiellement familiale et humanitaire des flux récents d’immigration le laissait pressentir – c’est très loin d’être le cas : la proportion de personnes en emploi au sein des personnes de 15 à 64 ans est de seulement 56 % pour les immigrés non-européens alors qu’elle est de 70 % pour les non-immigrés et de 68 % pour les immigrés européens.

Nicolas Pouvreau-Monti montre aussi, sur la base des projections de population des Nations Unies, que pour que l’immigration puisse rééquilibrer notre pyramide des âges et ainsi contribuer au rééquilibrage financier de nos régimes de retraite, il faudrait un flux d’immigration beaucoup plus important que celui constaté à présent (pourtant déjà très élevé), puisqu’il faudrait faire venir en France pas moins de… 90 millions de personnes d’ici à 2050, ce qui est à l’évidence totalement irréaliste et insoutenable sur le plan social.

Par leur profil socio-démographique, enfin, les immigrés sont susceptibles de peser sur les comptes publics (considérés dans leur ensemble) plutôt que d’y contribuer : peu souvent en emploi et – lorsqu’ils le sont – plus souvent en emploi non qualifié que la population autochtone, les immigrés en France sont davantage exposés au risque de pauvreté ; ils paient en conséquence moins d’impôts que la moyenne des français et sont plus susceptibles de dépendre des minima sociaux et du logement social. D’ailleurs, 35 % des immigrés sont logés dans le parc HLM (la proportion monte à 49 % pour les immigrés d’origine algérienne et même à 57 % pour ceux originaires d’Afrique sub-saharienne) alors que ce n’est le cas que de 11 % des non-immigrés. À âge donné, leur état de santé est par ailleurs en moyenne moins bon que celui de la population française (une particularité française, car dans les autres pays, les immigrés sont en moyenne en meilleure santé que les autochtones), ce qui entraîne une consommation plus élevée de soins.

Ce n’est pas seulement en termes de participation au marché du travail que l’intégration des immigrés africains est défaillante, c’est aussi en termes de résultats scolaires et universitaires, ou encore de participation aux activités criminelles et délictuelles. L’auteur souligne a contrario la très bonne intégration des immigrés originaires d’Asie du sud-est, ce qui tend à discréditer la thèse selon laquelle la piètre intégration des immigrés en moyenne en France serait le résultat de discriminations qui les viseraient de manière systématique.

La part croissante des immigrés – en particulier d’origine africaine – au sein de la population en France n’est pas sans influence sur la culture et les mentalités dans notre pays. Nicolas Pouvreau-Monti illustre ces transformations à partir de deux exemples : la natalité, et le poids croissant de l’islam.

La natalité des femmes autochtones s’effondre, l’auteur y voit l’effet en particulier de la mise sous conditions de ressources des allocations familiales et du durcissement du plafonnement du quotient familial, intervenus sous le quinquennat de François Hollande. La faible natalité des femmes sans ascendance migratoire contraste avec la fécondité qui reste élevée des immigrées, en particulier maghrébines (et ce alors même que la fécondité est maintenant relativement basse au Maghreb, en particulier en Tunisie) et celle des femmes d’origine sub-saharienne (l’Afrique sub-saharienne est aujourd’hui la seule région du monde où la fécondité est significativement supérieure au seuil de remplacement des générations).

La croissance du nombre de musulmans dans notre pays est alimentée en majeure partie par le flux migratoire, dans la mesure où, d’une part, le nombre de conversions à l’islam au sein de la population autochtone reste à un niveau relativement modeste, et d’autre part une grosse partie de notre flux d’immigration est originaire de pays où la population est majoritairement musulmane.

L’impuissance de l’état, la complicité des "experts"

Les deux derniers chapitres de l’ouvrage sont consacrés à examiner par quels mécanismes une politique aussi impopulaire et aux résultats aussi désastreux a pu être mise en place et se perpétuer. L’auteur y voit le résultat de l’impuissance d’un état qui a fini par déléguer tous ses pouvoirs en la matière à des institutions internationales et à des juges, et de l’intoxication du débat public par de prétendus experts qui ont quitté le terrain de la connaissance basée sur les faits au profit de celui du dogme. Ces experts, dont l’attitude frise parfois l’obscurantisme, nous dit-il, « travaillent souvent à « convertir » l’opinion publique plutôt qu’à l’informer ».

Le propos sur l’impuissance de l’état n’est pas extrêmement original, mais il a le mérite de retracer l’historique de ce délitement et d’être étayé avec des données et des exemples plus récents. On en arrive ainsi à des décisions absurdes telles que cette décision de 2025 de la Cour européenne des droits de l’homme enjoignant à la France de suspendre l’expulsion vers l’Algérie de Kamel D., ressortissant algérien précédemment condamné pour des actes de terrorisme, en estimant que son passé terroriste faisait de lui une cible potentielle des renseignements algériens… Il faut donc croire que le fait d’avoir été condamné pour terrorisme devient un motif de protection contre le renvoi du territoire, au mépris du principe général du droit qui veut que nul ne devrait pouvoir se prévaloir de ses turpitudes.

Autre exemple de décision absurde : pendant la crise sanitaire alors que tout le pays était à l’arrêt et que les citoyens français étaient assignés à résidence à leur domicile, le Conseil d’état s’est opposé à toute restriction à l’entrée de demandeurs d’asile, qui pouvaient continuer à franchir librement la frontière française.

Pour conclure

Au total, l’ouvrage de Nicolas Pouvreau-Monti est une mine d’or sur la question migratoire. À ce titre, il devrait intéresser tous ceux qui se préoccupent de l’avenir de notre pays, et il devrait constituer une lecture incontournable pour tous ceux qui aspirent aux responsabilités.

L’immigration est un élément clé des discours des tenants de la religion diversitaire, et le système migratoire profite à une frange – certes minoritaire mais influente – de la population et de la société civile : associations subventionnées, hiérarques et employés d’un état-providence devenu obèse et incapable de se cantonner à ses missions essentielles, patrons du bâtiment et des services ravis de pouvoir alimenter par l’immigration « l’armée de réserve du capital » et ainsi comprimer les salaires, bourgeois-bohèmes trop heureux de pouvoir se faire livrer à domicile ou faire garder leurs enfants par des africains payés au lance-pierres… On peut donc s’attendre à ce que, par idéologie ou par intérêt, des officines progressistes tentent de décrédibiliser l’ouvrage.

Certes, les statistiques, fussent-elles élaborées et produites avec la plus grande rigueur (ce qui est le cas des statistiques officielles telles que celles mobilisées par Nicolas Pouvreau-Monti dans cet ouvrage), n’admettent jamais une interprétation univoque : d’autres statistiques, produites avec la même rigueur, peuvent ensuite conduire à nuancer le discours et parfois même venir le contredire. Nicolas Pouvreau-Monti n’appelle d’ailleurs pas à clore le débat mais à l’ouvrir, en particulier à l’occasion du « grand moment de conversation nationale » que va représenter l’élection présidentielle de 2027. Mais en s’appuyant sur des données solides, en n’omettant d’analyser aucune dimension importante du phénomène migratoire, et par la profondeur et la rigueur de son analyse, Nicolas Pouvreau-Monti a placé la barre très haut pour ses contradicteurs, il a en quelque sorte magistralement inversé la charge de la preuve.

Article paru sur Polémia, cliquez ici

08:41 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Un exemple concret de la faillite de la pensée écologiste hors-sol : Zéro déchet, zéro client : le « Super tout nu » de Rennes baisse le rideau après cinq mois

Qu'est-ce que la vente en vrac ? Quels produits acheter en vrac ?

Yann Vallerie

Il aura vécu cinq mois, montre en main. Ouvert le 11 décembre 2025 au 5 rue de la Chaussée, au nord de Rennes, le premier magasin du Grand Ouest de l’enseigne « Le Super tout nu » baissera définitivement le rideau le 9 mai 2026. Sept salariés, son responsable David Séné compris, rejoignent la cohorte des licenciés économiques du zéro déchet. L’enseigne, elle, se replie sur des « corners » logés dans deux Intermarché rennais — ce qui, dans l’histoire du commerce, n’est jamais tout à fait un signe de vitalité.

Deux faillites en deux ans, au même numéro de rue

L’anecdote serait cocasse si elle ne coûtait pas, à chaque fois, quelques emplois. Le local du 5 rue de la Chaussée n’en est pas à son coup d’essai dans le registre de l’échec vertueux. Il abritait auparavant un « Day by day », enseigne de vrac elle aussi, également rattachée au même responsable, et qui avait déjà rendu les armes en 2025. On a donc cédé un magasin zéro déchet à bout de souffle à une autre entreprise zéro déchet, qui a tenu cinq mois de mieux. À ce rythme, la prochaine tentative ne devrait pas dépasser le trimestre.

Interrogé, le responsable ne prend pas de gants : l’ouverture avait été « mal calculée ». Formulation diplomatique pour dire qu’on avait lancé une affaire sans en vérifier la viabilité. On appréciera cette candeur, rare dans le monde merveilleux des start-ups de l’impact. Dans l’économie réelle — celle des boulangers, des garagistes, des éleveurs — un entrepreneur qui ouvre un commerce sans avoir étudié son marché met sa famille à la rue en six mois. Dans l’économie parallèle des enseignes à mission, il « se restructure », « pivote », et communique sur sa « nouvelle étape » dans un post Facebook ponctué d’émojis.

Un modèle économique qui ne tient pas, et pour cause

Le diagnostic posé par le responsable lui-même vaut tous les éditoriaux économiques. Le bocal en verre, pierre angulaire du système, implique une logistique « lourde », « contraignante », et suppose un client prêt à remplir son coffre de récipients fragiles pour faire trente kilomètres. Il suppose aussi — détail qu’on préfère tu, en général, dans les campagnes publicitaires — un client dont le portefeuille peut absorber des prix situés entre Carrefour et Biocoop, selon les termes mêmes utilisés par l’enseigne lors de son lancement.

Or un tel client existe. Il existe même en nombre suffisant pour justifier l’ouverture de trois ou quatre magasins dans les centres-villes huppés de Paris, de Lille, de Bordeaux ou de Toulouse. Mais il ne constitue pas, tant s’en faut, une base consommatrice viable pour une grande surface. La France qui travaille, celle qui fait le plein le lundi matin en calculant au centime près, celle qui arbitre chaque semaine entre la facture d’énergie et la cantine scolaire, n’a ni le temps, ni le budget, ni l’envie de transvaser son quinoa bolivien dans un bocal consigné en revenant du boulot à 19h30. Le responsable l’avoue, en substance, dans un moment de lucidité : entre un paquet de pâtes chez Leclerc et un bocal de pâtes écoresponsable à 1,80 euro de plus, le consommateur médian met l’essence dans sa voiture. On ne saurait mieux dire.

Le modèle reposait sur une classe sociale, pas sur un marché

C’est là tout le nœud du problème, et c’est ce que les prospectus ne disent pas. Ces enseignes ne s’adressent pas à « la population » : elles s’adressent à une fraction très spécifique de cette population — celle qui dispose à la fois du revenu disponible, du temps libre et de la disposition idéologique nécessaires pour convertir ses courses hebdomadaires en acte militant. Elles se développent donc dans les quartiers où cette fraction est suffisamment dense : quelques arrondissements centraux, quelques rues piétonnes bien blanchies de leurs classes populaires, quelques écoquartiers neufs à proximité des lignes de métro.

Dès qu’on sort de cette bulle, le modèle s’effondre. Rennes, pourtant étudiante et plutôt favorable aux enseignes bio, n’a même pas suffi. Que se serait-il passé à Pontivy, à Quimper, à Saint-Brieuc ? Rien. Le magasin n’aurait jamais ouvert, c’est tout. Et c’est précisément ce qui rend ces entreprises si peu intéressantes au fond : elles prétendent proposer une alternative au modèle de consommation dominant, mais elles ne sont viables qu’au sein d’un microcosme qui est lui-même un pur produit de ce modèle — les métropoles bien desservies, les cadres à fort pouvoir d’achat, les centres-villes muséifiés.

Dans l’intervalle, sept personnes perdent leur emploi. Ce sont eux, évidemment, qu’on remarquera le moins. Les start-ups suivantes répéteront les mêmes erreurs, parce qu’elles vivent non pas du marché mais d’un écosystème d’investisseurs qui finance l’idée avant de regarder les comptes.

Ce que cette histoire nous dit vraiment

Derrière l’anecdote rennaise, il y a un enseignement plus vaste : la grande fable écologique occidentale, telle qu’elle est vendue depuis deux décennies, n’a jamais été pensée pour fonctionner à l’échelle d’un peuple. Elle a été pensée pour une clientèle de niche — urbaine, aisée, disponible, imprégnée des bons codes — à qui l’on vend à la fois un produit et une identité. Le reste de la nation, qui voudrait par ailleurs manger sainement et consommer intelligemment, n’a simplement pas les moyens ni l’infrastructure pour accéder à ce rêve. Et quand le rêve cherche à sortir de son quartier natal, il meurt en cinq mois.

La véritable écologie — celle qui mériterait ce nom — passerait par une réindustrialisation de proximité, une agriculture paysanne soutenue, une relocalisation massive des circuits, une alimentation de saison produite par nos campagnes. Pas par des bocaux consignés vendus au prix fort à des cadres du tertiaire qui les transportent en SUV hybride. Entre le « Super tout nu » et une coopérative rurale bretonne qui vend du cidre et des légumes au marché de Pontivy, on sait lequel des deux nourrit vraiment une civilisation. Et lequel des deux ne ferme pas au bout de cinq mois.

Article paru sur Breizh-Info, cliquez ici

07:31 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |