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mercredi, 29 avril 2026

Espagne, mai 1931, la révolution sanguinaire par les flammes

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Michel Festivi

Les persécutions religieuses contre les symboles du catholicisme commencèrent très tôt en Espagne républicaine. À peine la république s’était-elle installée, qu’une vague terroriste a submergé la péninsule. Le 12 avril 1931, les élections municipales furent gagnées largement en nombre d’élus, par les candidats monarchistes. Mais dans les grandes villes ce furent plutôt des républicains qui l’emportèrent et les rues de Madrid s’emplirent de militants excités. Le roi Alphonse XIII, le grand père de Juan Carlos, pour éviter une guerre civile et des heurts dramatiques, qu’il prévoyait, préféra quitter le pays, sans abdiquer. Aussitôt un gouvernement provisoire républicain fut constitué le 14 avril 1931. Ces hommes s’y étaient préparés depuis le mois d’août précédent, et avaient tenté un coup d’état en décembre 1930, qui avait alors échoué. 
 
Quelques semaines plus tard, en mai 1931, des sympathisants de la monarchie firent retentir depuis un gramophone l’hymne royal, La Marcha real, depuis un appartement, qui résonna dans les rues avoisinantes de Madrid. Aussitôt des révolutionnaires, notamment des anarchistes crièrent à la provocation, et prenant ce prétexte, décidèrent d’incendier des bâtiments religieux, des Églises, des couvents et pour faire large, des sièges de journaux comme l’ABC ou El Debate, ou de partis de droite, car dans la gêne il n’y a pas de plaisir. Beaucoup d’historiens acceptent sans trop émettre de critiques, ces faits criminels terroristes, en les absolvant par avance, par cette soi disant provocation, comme si les deux événements étaient équivalents. 
 
La machine infernale commença le 11 mai 1931 et se poursuivit jusqu’au 13 mai, sans que le gouvernement provisoire n’intervienne contre les incendiaires, pourtant connus et bien répertoriés, qui déambulèrent tranquillement avec leurs bidons d’essence. Le laxisme politique et judiciaire ne date pas d’aujourd’hui. Un homme, alors ministre de l’Intérieur, Miguel Maura voulut faire intervenir la Garde civile. On l’en empêcha. Ce fut notamment Manuel Azaña, alors ministre de la Guerre qui opposa un veto catégorique à l’action de son collègue. Il reçut l’appui de tous les autres ministres de gauche, comme notamment Francisco Largo Caballero ministre socialiste du Travail, Fernando de los Rios, ministre socialiste de la Justice, ou le radical socialiste ministre l’Instruction publique, Marcelino Domingo. 
 
Le chef du gouvernement et futur président de la république, le pusillanime Alcala-Zamora, pourtant catholique et ancien monarchiste, n’osa pas contredire son ministre de la Guerre. Et c’est ainsi qu’à peine installée, la IIe République espagnole connut des flambées de violence au sens propre comme au figuré. 
 
Les dégâts matériels et culturels furent considérables. Notamment la richissime bibliothèque du Couvent des fleurs à Madrid, vit disparaître des milliers de volumes, comme les oeuvres originales des plus grands écrivains espagnols, Lope de Vega, Quevedo ou Calderón de la Barca. On évoque la perte de 80.000 volumes. Des peintures ou oeuvres inestimables de Zurbarán, Van Dyck, Pacheco, Mena ou Alonso Cano disparurent sous les braises rougissantes de la révolution. Des groupes de révolutionnaires s’étaient amassés devant l’édifice en flammes, sans être inquiétés, empêchant les pompiers d’intervenir. La maison d’enseignement des jésuites, rue Isabel la Católica disparut également. 
 
L’institut catholique des arts et des industries fut aussi anéanti et perdit 20.000 volumes. L’Eglise et notamment les jésuites assuraient alors, et bien souvent gratuitement pour les plus humbles, l’essentiel de l’enseignement, du primaire au supérieur, enseignement de qualité au demeurant, avec tout un système de bourses pour les étudiants brillants mais pauvres. Qu’à cela ne tienne, les jésuites seront expulsés d’Espagne, car les gauches les haïssaient, leurs biens saisis. 
 
Plus d’une centaine de bâtiments religieux ou en lien avec la catholicité furent détruits. Cela ne faisait que commencer. Durant la révolution armée d’octobre 1934, après les élections frauduleuses de février 1936, et surtout après le 18 juillet 1936, date du début de la Guerre civile, les atteintes aux biens et aux personnes considérées comme catholiques redoublèrent. Près de 10.000 religieux et religieuses, moines, curés, évêques seront assassinés entre 1934 et 1936-1939. La papauté en béatifiera et en canonisera des centaines. Paul Claudel écrira un émouvant poème à leur mémoire : Aux martyrs espagnols, en 1937
 
Des peintures de Goya, du Greco, le Christ de Mena et d’autres, furent saccagés et perdus à tout jamais en ce terrible mois de mai espagnol, et ce tout simplement par haine de la foi, comme les magnifiques fresques du couvent de Sijena près de Huesca. Manuel Azaña avait prévenu ses collègues en mai 1931 « tous les couvents de Madrid ne valent pas la vie d’un seul républicain. Si vous intervenez, je démissionne ». La lâcheté fit le reste. Serguei Netchaiev qui fut un mentor de Lénine, avait écrit dans son catéchisme du révolutionnaire « contre les corps la violence, contre les âmes le mensonge ». Les gauches et les extrêmes gauches ont toujours été à bonne école. Ce bréviaire est toujours d’actualité, me semble t’il, avec plus ou moins d’intensité en fonction des circonstances politiques, et des volontés affirmées ou pas de contrer ces mouvements révolutionnaires.
 
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18:55 Publié dans Michel Festivi, Un peu d'Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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