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lundi, 28 novembre 2011

Repentance : la Consulaire va t-elle retourner à Alger ?

2309167544.jpgPar Yves Darchicourt

Un comité de "militaires et historiens" algérien prétend que Claude Guéant - lorsqu'il était secrétaire général de l'Elysée - a promis, qu'à l'occasion des 50 ans d'indépendance de l'Algérie, il serait fait restitution en juillet 2012 de "Baba Merzoug" (Père Fortuné), une énorme pièce d'artillerie enlevée lors de la prise d'Alger le 5 juillet 1830 et érigée en monument en l'Arsenal de Brest.

Connue en France sous le nom de La Consulaire, le canon en bronze (13 tonnes, 6,60 m de long, 25 cm de diamètre) a été coulé en 1542 par un maître vénitien à la demande du gouverneur ottoman Hasan Aga pour protéger la rade d'Alger ; capable d'envoyer des boulets à 4 800 m, il était en revanche plus symbolique qu'utile tant il était long à servir.

Ce que le comité algérois ne précise pas, c'est que l'engin doit son nom de "La Consulaire" et sa triste célébrité au fait qu'il a surtout tué des innocents en représailles des actions entreprise sur Alger par Louis XIV pour détruire ce qui ce qui restait des pirates barbaresques et obtenir la libération des milliers d'esclaves chrétiens qui croupissaient dans les prisons musulmanes en attendant de servir comme bêtes de somme dans les mines ou sur les cultures, ou pour les femmes, les fillettes et les garçonnets de devenir objets sexuels dans les harems de poussah libidineux. En 1683, le père Levacher, consul et 20 résidents français puis en 1686, le consul André Piolle et 42 résidents français sont liés face à la bouche du canon qui projette les miettes de leurs corps sur les navires de la Royale.

Le 5 juillet 1830, les troupes française prennent Alger et trouvent le canon relegué sous les voûtes de l'Amirauté ; transporté à Brest sur ordre de l'amiral Duperré, il est dressé sur un socle de granit flanqué de bas-reliefs et devient un monument commémoratif et un monument aux morts inauguré en juillet 1833 et ultérieurement couronné d'un coq gaulois.

Coulé par un vénitien pour une province turque, payé probablement par le fruit du trafic d'esclaves, le canon La Consulaire, qui n'a pas grand'chose d'algérien, est une prise de guerre - et un instrument de torture - devenu un monument commémoratif du patrimoine français, du patrimoine breton, du patrimoine de Brest, et doit le rester. S'il y a quelques raisons de repentance à son sujet, elle n'ont certainement pas à venir de la France.  

17:20 Publié dans Les articles de Yves Darchicourt | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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