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dimanche, 03 janvier 2016

Hercules de foire ou Tartarins ?

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Dr Bernard Plouvier

Il y a quelques années, lorsque j’étais encore chef de service hospitalier, un monsieur ordurier à la fois plus grand et beaucoup plus gros que moi m’avait menacé, en dépit de mes explications claires et répétées, de « m’écraser la g… » si son épouse, mourante d’un cancer, ne « guérissait pas vite ». N’étant pas précisément patient, j’ai enlevé mes lunettes – remises à la jeune interne que le gros monsieur avait initialement injuriée -, j’ai fermé les poings et l’ai assuré que j’attendais le premier coup pour riposter… et le matamore est parti en maugréant. Cela m’avait fait souvenir d’une phrase de mon grand-père paternel sur « les coqs de villages qui était parfois de simples chapons »… j’avais 7 ans et n’avais rien compris, mon aïeul m’assurant que « je pigerai plus tard ».

Nos glorieuses opérations aéronavales en méditerranée orientale et dans l’espace aérien de Syrie me font évoquer ces deux épisodes et cela n’a rien de risible. Sous Napoléon Ier, l’armée française était la meilleure de la planète, mais Napoléon était un logisticien, un tacticien et un stratège d’exception (hélas moins intéressé par le perfectionnement technique des armes). En 1918, l’on pouvait affirmer que l’armée française – bien qu’elle ait été conduite par des ânes ou des assassins, à l’exception des Lanrezac, Pétain et Franchet d’Espèrey – avait au moins fait jeu égal avec l’armée impériale allemande.

En 2015, une vingtaine de jours d’opérations auront suffi à tarir les provisions de bombes et de roquettes ! En outre, l’étude balistique précise de l’assaut du RAID contre un repaire d’assassins djihadistes – le grand spectacle télévisé de la fin de l’année - a démontré que sur les milliers de balles tirées, aucune (soyons gentils : « très peu ») n’avait touché les cibles visées !

Alors se pose une question angoissante. Faut-il féliciter nos militaires de « leur sang-froid » lorsqu’ils ne tuent pas un fou furieux qui attaque à la voiture-bélier un piquet armé de garde… ou faut-il incriminer un défaut d’entraînement au tir ? En temps de guerre – et nous y sommes -, l’essentiel est d’exterminer l’ennemi tant qu’il est armé (et une voiture-bélier est une arme bien plus redoutable qu’une « Kala » manipulée par des néophytes qui ne savent pas contrôler le tir de leur arme).

2016 commence… et l’on peut parier que, même si nos « chefs » sauront manipuler en virtuoses les media et se montrer de nouveau des rois du lamento et de l’imprécation lors des prochaines tueries de djihadistes, les Français de souche européenne, cibles visées prioritairement par les assassins susnommés, vont « déguster » et qu’ils ne seront même pas vengés.

De Gaulle était fort critiquable dans ses choix et n’a pas fait son devoir de chef en 1944-46 ou de 1958 à 1962, alors qu’il se devait de réconcilier les Français après deux guerres aux effroyables conséquences morales. Du moins, était-il un chef ; il l’a démontré en juin 40. Nos « chefs » actuels ne lui ressemblent guère ; on les comparerait plus volontiers au Tarasconnais des contes d’Alphonse Daudet.    

13:14 Publié dans Tribune de Bernard Plouvier | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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