mardi, 26 mai 2026
Bernard Antony, des mémoires de combat au service de la France
Michel Festivi
Bernard Antony qui fut pendant 15 ans, entre 1984 et 1999, député français au parlement européen pour le Front national, ainsi que conseiller régional de Midi-Pyrénées, pendant près de 20 ans entre 1986 et 2004, vient de publier ses mémoires, et elles sont passionnantes à plus d’un titre. Elles nous remémorent pour les plus anciens, une partie de l’histoire politique mouvementée de la France depuis les années 1950/1960, jusqu’à nos jours. Les plus jeunes y apprendront beaucoup de choses sur le combat politique et culturel des plus pugnaces de Bernard Antony, face aux gauches omnipuissantes et totalitaires, et sur les relations internationales.
Mais ce qui rend surtout ses mémoires captivantes, c’est que Bernard Antony a eu plusieurs vies, qu’il a été à l’origine ou au commencement d’aventures extraordinaires, et toujours pour la défense de la France, son histoire, la chrétienté, car pour lui et ceux nombreux qui l’ont accompagné et qui l’accompagnent encore et qui continuent ses oeuvres, la France est indissociable du christianisme et singulièrement du catholicisme qui ont forgé l’âme profonde de notre pays, et ce que l’on soit croyants ou pas.
Très jeune, il s’est éveillé à la vie de la cité au moment du tragique abandon de l’Indochine française. Puis rapidement, encore pré-adolescent, il endosse avec vigueur la cause de l’Algérie française. La fin de l’Empire lui laissera un goût amer, mais qui renforcera plus encore sa détermination. Tout jeune, il militera pour les Comités Tixier-Vignacour, lors de l’élection présidentielle, la première de toute au suffrage universel en décembre 1965. C’est là qu’il fait ses premières armes en politique. Ces comités ont formé tant de militants de la cause nationale, ils furent loin d’être négligeables.
Ce sera ensuite ses études de lettres, et ses luttes en mai 1968 contre les gauchistes, qu’ils soient des « stals » des « maos » ou des « anars », des déconstructeurs de la nation. Après avoir été jeune professeur de Lettres et d’Histoire dans un établissement privé de Castres, il fera son entrée aux laboratoires Pierre Fabre, où il y poursuivra toute sa carrière professionnelle, dans différents postes de responsabilités. Mais parallèlement, Bernard Antony va multiplier les initiatives politiques, culturelles, intellectuelles qui pour beaucoup d’entre elles perdurent encore. Cet homme multidimensionnel fondera une famille, il dédie d’ailleurs son livre à son épouse, ses enfants, ses petits-enfants et arrière-petits-enfants.
De la création à Castres en 1975 du mensuel catholique de tradition « Présent », au comité de boycott des jeux olympiques à Moscou en 1980, - (le totalitarisme communiste dominait alors presque la moitié de la planète) -, jusqu’à la création du Centre Henri et André Charlier avec sa revue mensuelle Reconquête, Bernard Antony n’arrête jamais. Cette même année, il sera à l’origine de la première journée des Amitiés françaises, qui connaîtront ensuite un immense succès au fil des ans. Le Centre Charlier va prendre position pour la candidature de Jean Marie Le Pen dès 1981. À cette époque, Bernard Antony sera aussi l’un des fondateurs du quotidien Présent, le premier quotidien national depuis la guerre, qui défendait l’identité française et chrétienne, avec Jean Madiran et François Brigneau à la manœuvre, parmi d’autres talents. Toutes ces personnalités participeront aux immenses manifestations en 1983 et 1984 pour la défense des Écoles libres. Elles seront aussi des combats culturels si nécessaires, comme en 1989, où elles ne célèbreront pas, et pour cause, le bicentenaire de la révolution française, et elles le feront savoir.
Peu de gens se rappellent que le Pèlerinage de Tradition, qui de Paris à Chartres sur la route de Péguy, qui rassemble désormais 20 000 marcheurs tous les week-ends de Pentecôte, - (et encore les organisateurs sont contraints pour de strictes raisons de sécurité de refuser de nombreux pèlerins) -, c’est encore et toujours Bernard Antony avec Rémi Fontaine notamment, qui ont décidé lors de l’université d’été du Centre Charlier de 1982, de relancer ce grand pèlerinage de Tradition. Un immense succès a été au rendez-vous au fil des ans.
Bernard Antony va prendre une autre dimension, lorsqu’il sera élu député français au parlement européen en juin 1984, sur la liste intitulée « Front d’opposition nationale pour l’Europe des patries ». Elle enverra 10 députés à Strasbourg et à Bruxelles, et Bernard Antony sera réélu en 1989 et 1994. Cette élection de 1984 fut un coup de tonnerre formidable, une surprise absolue. Personne quelques semaines auparavant, n’aurait pu imaginer un seul instant que cette liste puisse faire jeu égal avec celle du Parti communiste, alors totalement bolchévisé. Dans la foulée il sera élu conseiller régional Midi-Pyrénées en 1986, réélu plusieurs fois, et prendra quelques années plus tard la présidence du groupe Front National à la région. Parallèlement au sein du Parti, il deviendra délégué national et dirigera son Institut de formation. Jusqu’en 2004, il siègera au Bureau politique du Front national. Bernard Antony a beaucoup écrit, outre des milliers d’éditoriaux et d’articles, j’ai décompté pas moins d’une vingtaine de livres. Il écrit toujours et encore, et dirige une émission toutes les quatre semaines sur Radio Courtoisie.
Ses fonctions au Parlement européen vont lui permettre de rencontrer les plus éminentes personnalités de l’époque, comme le Pape Jean Paul II, Lech Walesa, Boris Eltsine, le Président de la Lituanie encore occupée par les soviétiques, Lansbergis, et bien d’autres comme le Prince Naradith du Cambodge. Il parcourra le monde, du Liban en guerre, au Honduras pour défendre les Contras nicaraguayens anticommunistes. Il rencontrera les représentants des maquis anticommunistes d’Angola et ceux du Cambodge. Il visitera la Croatie catholique au moment de la guerre en ex-Yougoslavie. Il se rendra en Irak et sera reçu par son ministre des affaires étrangères, le chrétien Tarek Aziz, le numéro 2 du régime de Saddam Hussein. La lecture de ses mémoires nous fait comprendre que deux pays l’ont profondément marqué, le Liban d’abord « son cher Liban », y apportant son soutien absolu aux Chrétiens en guerre, il y fut reçu par les plus hautes personnalités politiques et religieuses, dont la famille Gemayel. La Pologne ensuite, au moment de son basculement vers la liberté, avec la geste de Solidarnosc. Là-bas aussi il aura des contacts directs avec les plus hauts représentants de la résistance polonaise au communisme, qui deviennent les dirigeants d’un pays désormais libre, à la foi catholique ardente.
Je ne peux pas terminer cette chronique sans rappeler que Bernard Antony, qui fut et est toujours un inlassable militant anticommuniste, organisa en 1997 une journée entière à la Mutualité, qui rencontra un succès sensationnel sur le thème du « Procès international des crimes contre l’humanité des régimes communistes », où des témoins de plusieurs nationalités vinrent rappeler ces atteintes considérables aux droits humains, qu’ils connurent et subirent. Bernard Antony est l’un de ceux qui pensent à juste titre, qu’il aurait fallu au moment de la chute du communisme en Europe, un véritable Nuremberg du communisme qui fit rappelons le plus de 100 millions de victimes, et dont ses effets mortifères se font toujours sentir dans plusieurs pays du monde.
Mais je garde pour la fin la création de l’AGRIF en 1984 – (l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne) -. Cette association édite un bulletin, La Griffe. Elle a essentiellement pour vocation d’attaquer en justice tous ceux et celles qui portent atteinte aux Français et aux catholiques, en raison de leur origine et de leur foi. Malgré de multiples obstacles politico-judiciaires, elle a remporté, hier grâce à Maître Georges Paul Wagner et son regretté fils François, puis aujourd’hui avec Maître Jérôme Triomphe son avocat coordonnateur, de très beaux succès judiciaires, qui font avancer la jurisprudence sur la défense de l’identité française et chrétienne, de plus en plus bafouée. Bernard Antony à bien des égards fut un précurseur.
Les mille vies de Bernard Antony ont été d’une fécondité exceptionnelle. Le Centre Charlier et ses universités d’été continuent, comme sa revue mensuelle Reconquête. L’Agrif poursuit sa tâche plus que salutaire, alors que le racisme antiblanc, anticatholique et antifrançais redouble d’intensité. Les graines que Bernard Antony a semées lèvent, on le constate tous les jours avec les divers mouvement patriotes et nationaux. Il faut lire ce livre, il faut lire ses mémoires, car comme il le souligne « il faut surtout s’efforcer d’œuvrer pour l’avenir ». Bernard Antony a aussi côtoyé de nombreuses intelligences comme Gustave Thibon, Jean Madiran, Jules Monnerot, Monseigneur Lefebvre, Dom Gérard, Yvan Gobry, Jean Dumont, Jean de Viguerie, François Brigneau, Jean-Baptiste Biaggi, Pascal Arrighi, Le commandant Yvan Tommasi, Jean Cassagneau, Georges-Paul Wagner, Alain Sanders, Martine Lehideux, Marie-France et Jean-Pierre Stirbois, Judith Cabaud, Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch, Thibaut de La Tocnaye, et bien d’autres que j’oublie, ils me le pardonneront.
Mémoires, Bernard Antony, Godefroy de Bouillon, 2026, 338 p., 35,00 €. Pour le commander, cliquez ici
Bernard Antony, militant historique de la droite nationale et catholique, vient de publier ses mémoires.
15:31 Publié dans Michel Festivi | Lien permanent | Commentaires (0) |
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