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mardi, 26 mai 2026

L’Encyclique « Magnifica humanitas » en parallèle avec un écrit de tradition séculaire : l’Odyssée

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René Moniot Beaumont, 

littérateur de la mer. 

Je viens de lire un condensé de l’encyclique de Léon XIV : que l’IA serve l’humanité et non le pouvoir de quelques-uns. Le Pape réfléchit, dans sa première encyclique « Magnifica humanitas » à la doctrine sociale de l’Église à l’ère de l’intelligence artificielle. Un appel à préserver « une humanité magnifique habitée par Dieu », en promouvant la vérité, la dignité du travail, la justice sociale et la paix ». À l’ère numérique, il faut désarmer l’IA et dépasser la théorie de la « guerre juste », en relançant le dialogue et le multilatéralisme. (Vatican News, 25/05/2026)

« La magnifique humanité créée par Dieu se trouve aujourd’hui face à un choix décisif : ériger une nouvelle tour de Babel ou bâtir la cité de Dieu et l’humanité ensemble. » peut-on lire dans l’incipit de cette encyclique. 

Je n’ai pas pu m’empêcher de rapprocher cette importante réflexion du Pape Léon XIV avec un passage de l’Odyssée : Ulysse et les Sirènes.

L’IA ne serait-elle pas l’émergence d’une période riche en mutations comme du temps du monde grec entre 900-700 av. J.-C. ? Les historiens d’art la nomment, Époque géométrique qui caractérise le changement de la céramique grecque antique dont le style s’orientalise. Pourquoi ? Je vous laisse la réponse.

Bien entendu les techniques ont formidablement changé, mais l’esprit n’est-il pas le même comme le décrit le Pape Léon XIV ?

L’épopée de l’Odyssée a été rédigée vers la fin du VIIIe siècle av. J.-C. (entre 800 et 700, époque possible de la rédaction de l’Iliade et l’Odyssée par l’aède aveugle Homère. (Une polémique existe au sujet de la rédaction de l’Odyssée, essentiellement récit maritime, où la femme est omniprésente de Calypso, Athéna, Circé, Pénélope, etc.)

Les Sirènes, qui sont censées apporter la connaissance totale aux marins, troublent par leurs chants mélodieux les marins. Ces derniers « s’en vont charmé et plus savant ». Aujourd’hui c’est l’IA qui vous promet cela.

Le fait de tout savoir n’empêche pas la mort immédiate de ceux qui ont cédé au chant mélodieux. Grâce à Circé, Ulysse et son équipage éviteront ce sinistre sort en se bouchant les oreilles avec des bouchons d’oreille qui n’étaient pas en silicone recyclable nettoyable de maintenant. Lui, Ulysse, grâce encore à Circé, attaché aux mâts, entendra les chants de la connaissance, il va détenir des connaissances qui lui seront indispensables pour rejoindre sa Pénélope à Ithaque.

Ma curiosité m’a porté dans le sud de Naples pour connaître les îles des sirènes, ces oiseaux à tête de femme. En fait, les spécialistes situent cet endroit dans les îles Galli. Elles avaient été occupées du temps d’Homère par trois femmes prénommées Parthénope, la fondatrice de Naples, Ligée et Leucosie. En fait, ces trois-là étaient des courtisanes, aux voix mélodieuses et de surcroît très belles. Les marins en escale tombaient amoureux ne repartaient indemnes et en mourraient, peut-être de maladie… 

Je vous vois venir en pensant que j’exagère de rapprocher l’écrit pontificale du Pape Léon XIV et les odes d’Homère. Aujourd’hui, « nous sommes en plein dans des guerres « hybrides » sur les plans économiques, financiers et informatiques, en exploitant la désinformation et la peur pour influencer l’opinion publique » comme il est écrit dans l’article de Vatican News.

« Face à cette culture de la puissance, le chrétien est appelé à répondre en « construisant de l’amour » et en engendrant « une résistance active contre le mal et une créativité surprenante dans le bien », écrit le Pape Léon XIV.

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