jeudi, 24 septembre 2026
Sombres nuages sur la nation « arc-en-ciel »

La chronique flibustière de Georges Feltin-Tracol
L’information est passée inaperçue au début de l’été. L’Afrique du Sud, la fameuse « nation ”arc-en-ciel” », préfiguration d’un avenir mondial radieux, fait face à une flambée xénophobe inouïe. Pourtant, les chemises brunes ne défilent pas dans les rues du Cap ou de Pretoria. La vindicte populaire n’affecte pas pour l’instant les descendants européens, mais plutôt des populations africaines limmigrées.
Le 30 juin dernier marquait le dernier jour de l’ultimatum posé par plusieurs groupes activistes favorables au départ immédiat des étrangers noirs. Ce jour-là, outre de nombreuses manifestations en maints points d’Afrique du Sud, bien des magasins ont gardé leurs rideaux baissés; les lignes de bus ont noté une faible fréquentation et tous remarquèrent l’étonnante absence d’embouteillages routiers. À Durban, plus de 11 000 Malawites se rassemblèrent aussitôt dans un parc de stationnement motorisé. La veille, l’un des leurs âgé de 29 ans venait d’être assassiné. Les intimidations verbales et les menaces physiques ne suscitent néanmoins qu’une réaction mitigée d’autorités, souvent dépassées sur le plan local par l’ampleur du mécontentement.
Les tensions entre Noirs d’Afrique du Sud et immigrés originaires d’autres États africains sont fréquentes. Les Asiatiques sont eux aussi visés par cette colère populaire difficilement contrôlable. En 2008, des violences similaires avaient provoqué une soixantaine de morts. Treize ans plus tard, en juillet 2021, on recensait jusqu’à 350 morts. La « Bête immonde » semble se complaire dans la patrie de feu « Madiba » Mandela…
Les données démographiques estiment à 5,1%, soit plus de trois millions de personnes, le nombre d’étrangers africains présents légalement en Afrique du Sud. D’autres chiffres, plus ou moins officieux, indiquent au contraire un nombre élevé d’étrangers, légaux et clandestins, de dix à vingt millions ! L’attrait s’explique par le « mirage économique » sud-africain bâti par les Afrikaners et les Blancs anglophones, qui continue d’attirer bien des gens en quête d’espoir matériel. Or trois décennies de gouvernement ininterrompu de l’ANC (Congrès national africain) ont fortement mis à mal les structures économiques déjà affaiblies par des années de sanctions économiques occidentales pour cause d’apartheid.
La corruption endémique des gouvernants, la déliquescence accélérée des services publics et l’obsolescence des infrastructures industrielles et des transports alimentent le fort taux de chômage : 30%. Il monte jusqu’à 60% chez les 15 – 24 ans. La forte pression migratoire accroît – c’est inévitable ! - les tensions sociales. Dans les provinces de Gauteng et du Kwazulu – Natal, des individus hostiles aux étrangers filtrent l’entrée des malades et des enfants devant les écoles et les hôpitaux. Ils effectuent aussi dans les rues des contrôles d’identité aléatoires, interrogent en zoulou ou en xhosa et molestent leurs interlocuteurs s’ils ne répondent pas.
D’après les enquêtes d’opinion, plus de 40% de Sud-Africains, en particulier les Noirs de la classe ouvrière et des milieux agricoles, ne cachent plus leur exaspération envers les étrangers. Cette hostilité manifeste déchire tout discours panafricaniste; elle se distingue aussi parfois de la leucophobie persistante qui heurte les propriétaires terriens boers – afrikaners.
Les États concernés rapatrient dans l’urgence le maximum de leurs concitoyens. Ces actes auraient en effet provoqué le départ de 25.000 à 160.000 étrangers. Des sources journalistiques font pour leur part état de 45.000 personnes rentrant dans la précipitation au Malawi, au Zimbabwe, au Mozambique, au Ghana et au Nigeria. Elles laissent derrière elles affaires personnelles et locaux professionnelles derrière elles. Outrés, le Ghana et le Nigeria s’élèvent contre l’inaction du gouvernement sud-africain. Ils auraient l’intention de saisir des juridictions internationales. Ces départs n’éteignent pas la fronde populaire. Depuis le mois de juillet s’organisent tous les jeudis des manifestations contre l’immigration, et ce jusqu’aux élections municipales de novembre 2026. Y aurait-il donc des interférences politiques ?
Deux mouvements plus ou moins informels sont en pointe dans ce combat. Le premier se nomme « Operation Dudula », soit en zoulou « Opération Repousser ». Son porte-parole, Thami Madondo, collabore avec « March and March » - « Défiler encore et toujours » - dont la principale meneuse s’appelle Jacinta Ngobese – Zuma. Cette ancienne animatrice à la radio de 40 ans condamne le laxisme d’État et une violence quotidienne souvent hors de contrôle. Lors d’une précédente manifestation anti-immigration, elle n’a pas hésiter à brandir un gourdin devant les caméras pour montrer sa détermination.
Créé en 2024 à Durban, « March and March » dont le mot d’ordre est « Abahamba ! » qu’on peut traduire du zoulou par « Qu’ils dégagent ! », irrite l’ANC qui, depuis les élections législatives de 2024, doit partager le pouvoir avec son opposition incarnée par l’Alliance démocratique. Au début du mois d’août, Jacinta Ngobese – Zuma annonce la fondation d’une ONG, SA First Forum (« Forum Afrique du Sud d’abord ! ») et se rapproche dans la foulée d’une autre ONG, composée d’Afrikaners, l’AfriForum. Au risque de déplaire et de heurter les sympathisants de « March and March » et d’« Operation Dudula » ?
Les commentateurs politiques pensent que cette agitation serait soutenue en sous-main par Jacob Zuma. Président de l’Afrique du Sud de 2009 à 2018, cet ancien convive aux repas de Jeffrey Epstein traîne plusieurs enquêtes de corruption. Il quitte l’ANC en 2024 et fonde un nouveau parti politique, uMKhonto we Sizwe (MK ou « Lance de la nation » en zoulou). Il reprend sciemment le nom de la branche armée de l’ANC du temps de la lutte contre l’apartheid. Aux législatives de 2024, sa jeune formation arrive en troisième position avec 58 députés sur 400. Son irruption électoral freine un autre parti, scission elle aussi de l’ANC en 2013, réputé pour son radicalisme révolutionnaire marxiste anti-Blancs, les Combattants pour la liberté économique de Julius Malema (39 sièges, soit cinq de moins).
Ainsi l’Afrique du Sud connaît-elle des populismes guère évoqués par la médiacratie occidentale. Elle a en effet à cœur de ne pas briser des clichés éculés, ni de montrer l’incurie du gouvernement kleptocratique sud-africain. Par ailleurs, cet exemple de remigration incite le Kenya à expulser les marchands d’autres États africains limitrophes alors que le président kenyan se proclame panafricaniste… Qu’attendent donc les vedettes de la musique anglo-saxonne pour organiser un triple concert simultané dans le but de recueillir des fonds pour tous ces déplacés chassés de l’Azanie, ce vrai paradis sur terre ?
Salutations flibustières !
13:13 Publié dans Georges Feltin-Tracol | Lien permanent | Commentaires (0) |
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L’AfD, un modèle de courage et d’intelligence pour la Droite en France
Marc Rousset
« Toute Nation a le gouvernement qu’elle mérite »
Joseph de Maistre
Une montée en puissance de l’AfD jusqu’à 30 % des voix ferait basculer l’Allemagne vers une Europe des nations prorusses.
La France ne peut que se désespérer d’une Allemagne droit de l’hommiste SPD et CDU, totalement aliénée à l’Amérique et à l’OTAN. Dans l’ancienne RDA, l’AfD catalyse les colères anti-immigration : 61 % des Allemands contre 40 % des Français considèrent, selon un sondage DFI que l’immigration présente plus d’inconvénients que d’avantages. L’Allemagne souffre aussi de ses erreurs énergétiques. Le colosse allemand est en train de trébucher et sa prospérité est en danger. Elon Musk a pu déclarer, sur le réseau « X », le 20 décembre 2024, à juste titre, que « seule l’AfD pouvait sauver l’Allemagne ! », de même que seuls les patriotes français de droite peuvent sauver la France, et de même que seuls les patriotes nationaux de droite de tous les pays européens, y compris la Russie, peuvent sauver l’Europe et la Grande Europe !
L’AfD (Alternative pour l’Allemagne) se situait en 2025 à 26,5 % des voix, ce qui en fait le premier parti d’Allemagne devant la CDU (24,5 %) du chancelier Friedrich Merz et le SPD (14 %). Ce parti peut provoquer un tremblement de terre politique en Europe. L’AfD s’oppose à la guerre en Ukraine, est pro-russe ; ce parti s’oppose à l’immigration extra-européenne, au Grand Remplacement (Grosser Austausch), à l’espace Schengen sans contrôle des frontières nationales, à la politique climatique et énergétique actuelle, à l’OTAN ; le parti critique l’aliénation allemande aux États-Unis qui maintiennent toujours une force armée importante dans le pays ; il souhaite la dissolution de l’UE fédéraliste en raison de son « échec », le retour au Deutsche Mark et la création « d’une communauté économique et d’intérêts européenne » respectueuse des nations ; l’AfD estime que les Américains sont à l’origine du sabotage de Nordstream ; dans le programme du parti, il est écrit noir sur blanc que « les intérêts économiques des États-Unis différent de plus en plus de ceux de l’Europe ». Le parti déplore les « souffrances » de la guerre en Ukraine et appelle à « œuvrer pour la paix dans les relations germano-russes », ce qui passe par la levée des sanctions et la réouverture du gazoduc Nordstream, après sa réparation.
Les électeurs de l’AfD ne sont ni des extrémistes, ni des fascistes, mais des citoyens déçus, inquiets, souvent issus des classes populaires ou moyennes qui vivent très mal l’immigration de masse et refusent le dogme vert imposé par le pouvoir en place. La vision de l’AfD remonte aux racines de l’identité allemande, qui a toujours été définie avant tout par la langue, et donc la culture. Qui parle allemand est allemand, qui ne le parle pas ne peut l’être. Le discours anti-immigration de l’AfD repose sur ce principe.
Plusieurs orateurs de l’AfD se sont exprimés lors du congrès du parti en août 2023 : Selon Hans Neuhoff, délégué de l’AfD à Bonn : « L’Europe doit constituer un propre pôle au sein de l’ordre mondial multipolaire et s’émanciper de toute prétention de grande puissance à vouloir diriger. Si elle ne le fait pas, l’apolitisme et le chaos menacent ». Le mot immigration est cité près de trente fois dans le programme du parti : « Ce que nous devons vraiment craindre, ce n’est pas le changement climatique d’origine humaine. C’est le changement de population provoqué par l’homme, qui transformera la vieille Europe en une zone de peuplement pour des millions d’Africains et de Marocains » a déclaré Irmhild Bossdorf, déléguée de Rhénanie-Westphalie. Pour le bavarois Jurij Kofner, « L’Allemagne n’est pas un pays libre et souverain. Elle est occupée par les États-Unis, militairement, politiquement, économiquement et dans l’esprit », reprise d’un leitmotiv du Kremlin, qui a entraîné un « Jawohl » unanime et les applaudissements nourris de la salle !
Le vice-président américain J.D Vance et son chef de la diplomatie Marco Rubio s’en sont pris le vendredi 2 mai 2025 à la décision des autorités allemandes de classer le parti AfD comme « extrémiste de droite » car il n’est pas compatible « avec l’ordre démocratique ». « L’AfD est le parti le plus populaire d’Allemagne et de loin, le plus représentatif de l’Allemagne de l’Est. Aujourd’hui, les bureaucrates tentent de le détruire » a fustigé J.D Vance. Il avait déjà dénoncé une « tyrannie déguisée » et déjà relevé dans une publication sur le réseau X : « L’Occident a abattu le mur de Berlin ensemble. Il a été reconstruit, non par les Soviétiques ou les Russes, mais par l’establishment allemand ». Quant à Marco Rubio, il a pu déclarer : « Ce qui est vraiment extrémiste, ce n’est pas la populaire AfD qui est arrivée en deuxième position lors des dernières élections, mais plutôt les politiques d’immigration à frontières ouvertes de l’establishment, auxquelles l’AfD s’oppose ».
Les élections européennes en 2024 ont marqué un tournant dans l’équilibre des forces au sein de l’UE, tant la montée des partis patriotes de droite dans la plupart des pays membres ne cesse de progresser. La prise de conscience que l’Europe doit s’émanciper de ses liens trop étroits avec une Amérique, qui fait tout pour que celle-ci n’existe pas, est un premier pas vers l’émancipation.
Il semble que l’Allemagne soit sur le point de se réveiller. Dans cette attente, la France devrait se rapprocher davantage de l’Espagne, de l’Italie et de la Russie. C’est le but du Traité du Quirinal, signé à Rome le 26 novembre 2021, et du traité d’amitié et de coopération avec l’Espagne, signé à Barcelone le 19 janvier 2023. Avec l’AfD, une « Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou » serait peut-être de nouveau envisageable !
12:03 Publié dans Tribunes de Marc Rousset | Lien permanent | Commentaires (0) |
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