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jeudi, 03 septembre 2026

Un manuel de rémigration

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La chronique flibustière de Georges Feltin-Tracol

De Belfast à Rome, de Ceuta à Leipzig, le sujet brûlant de la rémigration prend une ampleur inédite considérable auprès des opinions européennes malgré l’occultation sciemment entretenue par le système médiatique d’occupation mentale. Le 31 octobre prochain doit se tenir à Paris une réunion, la troisième après l’Italie à Milan en avril 2025 et à Porto au Portugal en mai 2026, sur ce thème crucial pour l’avenir des Eurochtones. Pas sûr que le régime répressif d’extrême centre de l’Élysée la maintienne…

Il y a quelques mois paraissait un essai de Jean-Yves Le Gallou sur cette problématique. Son préfacier, le militant identitaire autrichien multi-persécuté Martin Sellner, l’avait devancé dès 2024 avec Remigration. Ein Vorschlag aux éditions Antaios du courageux Götz Kubitschek.

Après une traduction espagnole chez Editorial EAS, voici enfin sa version française ! On remarquera que la publication de Remigration. Une proposition, (2026, 216 p., 18 €.) ne relève pas du groupe éditorial Bolloré que certains naïfs estiment être à la pointe du combat des idées. Non, cette belle initiative d’offrir au lecteur français l’analyse pertinente de Martin Sellner revient à une maison d’édition installée en Vivarais, Hétairie, qui présente un ouvrage soigné et de belle facture. Bravo pour cette parution !

Remigration. Une proposition n’est pas un pamphlet contre la présence immigrée en Europe. Martin Sellner propose par des exemples pratiques et des cas précis qu’une politique de rémigration n’appartient pas à la science-fiction. S’adressant à l’origine au public allemand et autrichien, membres d’États historiquement fédéraux, l’auteur se revendique de droite, terme qui implique dans le monde germanique une rupture certaine avec les conventions formelles établies.

Face à un « État-providence [qui] se transforme progressivement en instrument de redistribution ethnique », « ce livre est conçu comme le fondement d’une “ œuvre pionnière métapolitique ” destinée à préparer la rémigration sur le plan des idées ». Il lui importe de se confronter à une « Allemagne [qui] devient une “ société de minorités multiples ”, dans laquelle la majorité autochtone se trouve peu à peu ravalée au rang d’un groupe ethnique parmi d’autres ». Les justes critiques de Martin Sellner ne concernent pas les minorités ethniques enracinées qui forment la remarquable marqueterie polyculturaliste européenne (les Danois du Schleswig – Holstein, les Frisons orientaux en Basse-Saxe, les Sorabes de Lusace, les Slovènes de Carinthie, les Roms et les Sinti, etc.). Pour lui, « les peuples existent, mais selon une modalité différente de celle des communautés religieuses, économiques ou purement sociales ». Il reconnaît par ailleurs que « l’identité collective n’est pas un objet statique, mais un processus réflexif et dynamique. Elle ne peut donc être définie une fois pour toutes ni définitivement fixée ». Son projet ambitieux de rémigration correspond à « une politique identitaire positive [… qui] souhaite préserver, mais aussi développer, le peuple comme expression de la diversité ethnoculturelle du monde ».

Comment le « cauchemar principal du régime de Berlin » imagine-t-il la rémigration ? Il s’agit d’abord d’« un concept englobant l’ensemble des mesures relevant d’une politique identitaire et démographique de droite, destinée à réduire une étrangeté devenue excessive. Cela comprend l’expulsion des immigrés illégaux, mais ne s’y limite pas : il faut également y inclure une réforme du droit d’asile, du droit de la nationalité et du droit des étrangers, ainsi que toutes les mesures susceptibles d’encourager le retour volontaire ». Dans les faits, « la rémigration désigne un ensemble de mesures destinées à inverser les flux migratoires, sur le fondement d’une politique démographique et identitaire alternative ». Elle contredit donc « la politique démographique dominante [qui] est, sans conteste, celle du remplacement par l’immigration ». Il prévient enfin que « la normalisation démographique par la rémigration ne signifie donc ni “ État  racial ” ni “ lois de Nuremberg ”. La politique de rémigration vise la question de la loyauté, de l’obéissance à la loi et de la volonté d’assimilation ».


Bien que le monde germanophone demeure réticent au modèle de l’État-nation, Martin Sellner défend avec conviction l’assimilation et récuse toute intégration. Tout étranger qui accepte de rejoindre la communauté populaire de destin qui l’accueille doit renoncer à son héritage et adopter mœurs et usages. Grande est donc son opposition au port du voile musulman et à d’autres tenues religieuses dans les espaces publics et dans les bâtiments officiels ! Certes, il entend respecter les distinctions culturelles et religieuses dans le domaine privé. Il soutient en outre un projet assez utopique d’« islam européen » hors de toutes références historiques aux Tatars de Pologne et à l’islam des Balkans avec ses expressions bektachie et soufie. L’auteur espère faire taire ses détracteurs. « Puisque l’intégration demeure un objectif possible, la rémigration ne saurait être comparée au “ nettoyage ethnique ” ni aux autres scénarios d’horreur issus du vocabulaire du lobby migrationniste . » Sur le marché du travail, il observe, sévère, que « le remplacement migratoire afro-arabe ne résout pas la pénurie de travailleurs qualifiés; il l’aggrave ».

Par delà des décisions simples et de bon sens telles l’expulsion immédiate de tout contrevenant allogène, l’application stricte de la préférence nationale, l’incitation financière et professionnelle des migrants à quitter l’Europe, Martin Sellner ne se satisfait pas des programmes britannique et italien de renvoi des étrangers clandestins au Rwanda et en Albanie, programmes hélas arrêtés, faute de volonté politique ou suite à une décision abjecte d’une justice partiale et maligne ! En différenciant parmi les migrants les demandeurs d’asile, les naturalisés et citoyens non assimilés ainsi que les autres étrangers, il réclame une méthode « démoscopique » avec un organisme scientifique central qui traiterait et publierait en permanence toutes les données migratoires disponibles.

Au grand dam des belles âmes, Martin Sellner suggère la création en Afrique du Nord de « villes de rétention » (adaptation des « villes à charte » chères aux libertariens ?) qui recevraient l’ensemble des migrants désireux de se rendre en Europe. « Toute personne arrivant dans la ville modèle serait enregistrée biométriquement, recevrait un titre de séjour de trois ans, des services de base et une allocation mensuelle. Dans la ville, elle serait immédiatement intégrée à un programme de retour. » Si une résidence permanente est possible, tout habitant aurait le droit inconditionnel de rentrer dans son pays natal. L’État qui accepterait ce plan bénéficierait d’aides financières massives dont la suppression de sa dette publique.

En prenant exemple sur Hong Kong et Singapour, « la ville serait administrée par Frontex ou par un joint-venture réunissant plusieurs États européens. Les infrastructures, les systèmes sociaux et sanitaires y seraient organisés efficacement. Une force de police bien équipée, une surveillance complète et un code municipal strict assureraient la sécurité. À long terme, toutefois, les habitants de la ville seraient encouragés à se gouverner eux-mêmes et à élire leur propre organe représentatif ». Ce serait la démonstration tangible que les sans-papiers sont des ingénieurs, des médecins, des capitaines d’industrie, des scientifiques au potentiel inexploité…

Martin Sellner pense cette politique possible au niveau de l’Union dite européenne, d’autant que l’Allemagne est un contributeur net au contraire de la Hongrie et de l’Italie. Une révision radicale de la politique migratoire de la prétendue Union européenne se réaliserait grâce à un accord préalable des gouvernements nationaux de droite identitaire. On demeure sceptique sur ce point, car toute politique à l’échelle institutionnelle européenne se voit limitée, encadrée et surveillée par les traités internationaux et les instances judiciaires cosmopolites comme la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Autre contrainte, afin qu’advienne un pareil changement, il faudrait d’abord chasser la caste du pouvoir qui entérinera des lois d’exception contre les partisans de l’eurochtonie. « Les mesures relevant de cette “ anarcho-tyrannie ” émergente visent d’abord les autochtones et les migrants assimilés. » Les discriminations en cours en Allemagne contre les candidats, les adhérents et les sympathisants de l’AfD et d’autres formations patriotiques en sont des préfigurations manifestes inquiétantes.

En dépit de ces pressions inacceptables et attentatoires au droit imprescriptible des peuples à rester eux-mêmes, « la rémigration constitue […] la priorité absolue de toute politique de droite; et tout responsable politique sérieux, dès qu’il se réclame de la droite, devra tôt ou tard présenter son propre concept de rémigration », d’autant que « la richesse nationale, la sécurité intérieure, la démocratie, l’identité ethnoculturelle possèdent une valeur intrinsèque indéniable. Il est donc éthiquement justifié de militer pour la rémigration afin de préserver ces biens, de promouvoir notre bien commun et d’éviter les souffrances provoquées ». Se servant à bon escient des leçons d’Antonio Gramsci, Martin Sellner affirme que « la vision patriotique du monde doit devenir hégémonique dans son ensemble et former son propre milieu culturel, capable d’englober une large alliance de groupes sociaux différents ». À la différence des multiculturalistes et des autres mondialistes qui œuvrent pour l’homogénéité mortifère du monde, il considère qu’« en tant que projet ethnopluraliste, la rémigration respecte la diversité des cultures et exige le respect mutuel ». Le projet de rémigration facilite en réalité une réelle ouverture au monde, à un monde hétérogène d’ensembles politiques fortement homogènes.  

Salutations flibustières !

00:00 Publié dans Georges Feltin-Tracol | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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