mercredi, 11 décembre 2013
Chronique de la France asservie et résistante
Robert SPIELER
RIVAROL N° 3119
du 5 décembre 2013
LES intentions de vote en faveur du Front s’établiraient à un niveau jamais atteint. Selon les résultats de la dernière enquête d’opinion publiée, une enquête commandée par l’Union des étudiants juifs de France à l’Institut Polling Vox, les intentions de vote en faveur du Front laissent présager une forte poussée du mouvement présidé par Marine Le Pen, sans précédent pour celui-ci et peut-être même, selon Dominique Jamet qui l’exprime sur le site Boulevard Voltaire, sans équivalent depuis la déferlante de 1947 qui vit le tout nouveau Rassemblement du peuple français (gaulliste) emporter les mairies de Paris, Marseille, Bordeaux, Strasbourg… 42 % des électeurs français envisagent de voter pour les listes du Rassemblement bleu Marine. 18 % en sont certains et 24 % ne l’excluent pas. 59 % des électeurs de l’UMP sont dans ce cas, mais aussi 26 % des électeurs de François Bayrou, 21 % des partisans de Mélenchon et même 14 % de ceux qui, en 2012, ont voté pour François Hollande. Mais la moitié de ceux qui envisagent de voter FN reculeraient si le FN apparaissait comme raciste ou antisémite. Du coup le système qui, pour paraphraser Maurras, gère mal mais se défend bien, a trouvé la parade.

FN : LA CONTRE-ATTAQUE DU SYSTÈME
Plusieurs affaires récentes, divulguées et abondamment commentées par les media, viennent alimenter le lourd soupçon de manipulations. J’avais déjà évoqué dans ces colonnes le cas de curieux candidats aux élections municipales qui découvrent d’un coup que derrière le discours très recentré de Marine Le Pen existe une arrière-boutique aux relents nauséabonds. On se souvient de cette candidate d’origine algérienne qui soudain entend des sarcasmes, des quolibets, des injures venant de la part de certains de ses militants. Durant des mois, elle n’avait rien entendu. Bizarre… Voici qu’un certain Arnaud Cléré, exclu de l’UMP en mai, pour avoir envisagé de monter une liste commune avec le FN à Gamaches (Somme) vient supplier Copé de le réintégrer à l’UMP. La raison ? Il aurait découvert chez les militants du FN un étalage de tatouages nazis et des propos homophobes. Pour appuyer ses propos, il raconte une réunion, mi-octobre, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), avec les têtes de liste et quelques colistiers du nord de la France. « J’ai vu des tatouages de croix gammées sur deux ou trois personnes », assure-t-il. Il fait son mea culpa : « J’ai commis l’erreur de m’allier avec un parti non républicain, sectaire et dictateur qu’est le FN », explique-t-il et, dénonciateur en diable, ajoute : « Quand on voit Marine Le Pen à la télévision, on ne peut pas imaginer à quoi ressemble l’arrière-boutique » Et il ajoute : « Ils parlent sans arrêt de “pédé”, de “pédé”, de “pédé”, ça me fait froid dans le dos ». Ce pauvre chéri est visiblement un grand sensible. On ne sache pas pourtant que le FN soit spécialement hostile aux invertis vu leur nombre dans les instances dirigeantes du mouvement. Copé, qui n’a sans doute rien d’autre à faire, a pris sa plus belle plume pour dire à Arnaud Cléré qu’il n’y avait aucune raison qu’il ne puisse pas retravailler avec l’UMP. Emouvant… Le FN dénonce évidemment une pure invention et la manœuvre oblique d’un transfuge. Mais ce n’est pas fini. Le ralliement d’Anna Rosso-Roig avait fait du bruit au mois de mai. Cette ex-candidate communiste lors des législatives de 2012 avait décidé de passer au Rassemblement-Bleu Marine et de figurer sur une liste FN à Marseille pour les prochaines municipales. Elle avait été séduite par le discours d’ouverture de Marine Le Pen et rebutée par le projet de mariage homosexuel. Elle aussi vient de juger insupportable l’« atmosphère machiste et raciste dans laquelle baignaient les permanences et les réunions du Front ». « Ils sont aussi obsédés par le cosmopolitisme », ajoute-t-elle. « Dans une ville comme Marseille, ce n’est pas possible. On ne peut pas se présenter contre toute une partie de la population ! » Elle précise au passage que Stéphane Ravier, la tête de liste du FN à Marseille, définit le viol comme un « rapport amoureux qu’une partie des deux souhaite. La deuxième pourrait faire un effort ». Elle décrit un FN marseillais «beaucoup plus radical que Marine Le Pen », ce qui, au demeurant, est certainement vrai pour une grande majorité de militants du FN. Il n’est certes pas bien difficile d’être plus radical que la présidente du FN. Cela risque d’ailleurs de lui poser à terme quelques problèmes. En attendant, ce qui apparaît probablement comme des tentatives de manipulation et de déstabilisation a amené le FN à engager des poursuites judiciaires. Gageons que dans les prochaines semaines, d’autres affaires du même acabit feront surface.

FABRICE LUCHINI, HERMANN GÖRING ET CÉLINE
Fabrice Luchini, le grand acteur, qui s’était déclaré incapable d’être de gauche car cela exigeait des vertus trop héroïques (voir précédent RIVAROL) vient de déclarer le lundi 25 novembre, lors de l’émission « C à Vous », sur France 5 : « Je ne déteste pas du tout Nicolas Sarkozy, je le connais pas mal. Non, mais pour les acteurs, quand tu disais ça il y a quelques années, t’étais comme un pote à Göring ». Luchini raconte que l’ancien président est allé voir sept fois son spectacle sur Céline. Le comédien exprime dans un style amusant sa compassion pour Ayrault : «Jean-Marc Ayrault, on sent bien que c’est un brave homme. On ne sent pas le pervers. On ne sent pas le touzard. ». Mais Luchini n’en a pas fini. Il a poursuivi dans l’insolence et dans l’extravagance : « Il n’est pas comme ça, Ayrault. On sent qu’il n’a pas niqué le fisc, il ne doit pas gagner beaucoup d’argent donc il ne doit pas tellement niquer. On sent que c’est un brave homme, on sent que c’est un honnête homme ». Et alors qu’il aurait pu s’arrêter là, Fabrice Luchini a ajouté : « Mais il n’a pas écrit Le voyage au bout de la nuit, c’est ça le problème ». Ah, rêvons, amis Rivaroliens ! Louis-Ferdinand Céline, premier Ministre ! Qu’est-ce qu’on s’amuserait !
VALÉRIE TRIERWEILER “NE SE TAIRA PLUS”
Valérie Trierweiler a promis vendredi dernier de « ne plus se taire ». Alerte générale ! Au secours ! Le rottweiler serait-il de retour ? Du calme. La situation pour Hollande n’est pas si critique qu’on aurait pu le craindre ou le souhaiter. Elle a prononcé ces mots lors de la remise du prix Danielle Mitterrand à Paris. Compte tenu de ses dérapages tweetiens, l’émotion et la gourmandise furent à leur comble chez les observateurs et les journalistes. Allions-nous assister à une nouvelle avalanche de tweets et de déclarations hasardeuses ? Certains (dont nous) s’en réjouissaient d’avance. Hélas, au lendemain de cette annonce, Valérie Trierweiler a mis fin aux spéculations en apportant quelques précisions. « Mon discours n’avait trait qu’à l’humanitaire », a-t-elle ainsi affirmé. Dommage. Et alors qu’elle s’est engagée dans la défense des femmes violées à travers le monde et des réfugiés syriens, celle qui partage la vie de François Hollande a assuré : «C’est mon seul combat ». Trierweiler a déclaré que « Danielle Mitterrand est(son) “modèle” » : « Elle ne prenait pas la pose, elle prenait des positions. Des positions courageuses » (comme soutenir la dictature castriste). « Elle était une Première dame qui refusait la soumission, elle n’était guidée que par le désir de justice et de liberté. Y compris quand elle devait afficher un désaccord avec le président Mitterrand. Elle n’avait pas peur de porter haut les valeurs de gauche. Elle ne se laissait pas bâillonner. Elle n’avait pas peur du mot “politique” ». S’agit-il d’une mise en garde, en filigrane, à Hollande ? En tout cas, se prenant tout de même pour un morceau de chef d’Etat, elle a annoncé qu’elle allait réunir toutes les Premières dames des chefs d’Etat qui seront présents au sommet franco-africain le 6 décembre prochain. Au fait, où en est la plainte de Xavier Kemlin contre Valérie Trierweiler pour détournement de fonds publics ? Elle vient d’être classée sans suite au motif que « la compagne du président de la République n’est pas liée juridiquement aux Français », car ils « ne sont ni mariés ni pacsés». »
MÊME LES AFRICAINS SE MOQUENT DE HOLLANDE
C’est le magazine Jeune Afrique qui, dans un article paru le 22 novembre, se moque du pingouin et de sa « République vertueuse à géométrie variable». Le magazine raconte que Jack Lang avait pris la direction de l’Institut du monde arabe (IMA) « mais alors que ses prédécesseurs (en l’occurrence Dominique Baudis puis Bruno Levallois) avaient été simplement défrayés compte tenu des difficultés économiques de l’IMA, Jack Lang a, lui, exigé un salaire. » Il s’était aperçu tardivement qu’aucune rémunération n’était prévue. Du coup, il a téléphoné à Laurent Fabius pour lui expliquer que dans ces conditions le poste ne l’intéressait plus. Embarras du ministre des Affaires étrangères qui lui a arrangé le coup. Jack Lang perçoit 10 000 euros par mois…
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19:46 Publié dans Chronique de la France asservie et résistante | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Retour sur l'attaque de la librairie Facta :
19:43 Publié dans TV SYNTHESE | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Braqueurs braqués et victimes persécutées : ainsi Valls la justice de Taubira
La chronique de Philippe Randa
Joseph Proudhon s’est rendu célèbre, au XIXe siècles, pour avoir déclaré que « la propriété, c’est le vol » ; nul doute que s’il vivait de nos jours, il ajouterait à son aphorisme avec tout autant de succès politiquement correct « et la protéger est un crime ! » car honni soit qui l’entend ainsi.
Les récents braquages de bijoutiers par-ci, d’attaques de débits de tabac par-là, l’ont amplement démontré : tous ceux qui ne se laissent pas braquer, brutaliser, insulter et détrousser sans mots dire savent ce qu’il leur en coûte ensuite : malheur à ceux qui ont fait front, empêchant les crapules de les dépouiller, les blessant ou les expédiant dans un enfer mérité : tous répondent ensuite de leur témérité devant la Justice.
Ainsi ce bijoutier niçois, d’origine libanaise, Stéphane Turc, qui ignorait que le fusil à pompe de ses agresseurs n’était pas chargé : ayant logé quelques grammes de plomb dans la carcasse du moins rapide, il se retrouva derechef en garde à vue, brocardé par un procureur niçois, l’accusant d’avoir agi volontairement pour donner la mort », malgré qu’il reconnaisse tout de même qu’il est « homme inséré » (!) et que son casier judiciaire était vierge… Il est aujourd’hui mis en examen pour homicide Volontaire : « il n’a pas été placé en détention provisoire, mais en résidence surveillée, bracelet électronique à la cheville à quelques heures de Nice. Il sort parfois quelques minutes, le temps d’aller chercher son pain », rapporte France Inter. Le veinard.
Il y eut ensuite son confrère bijoutier à Cézanne. Lui aussi a abattu celui qui le braquait, mais il possédait toutefois une autorisation préfectorale pour son arme. Libéré une fois sa garde à vue terminé, il sera convoqué ultérieurement devant un juge, tandis que la famille du braqueur tué a décidé de se constituer partie civile ! Et dire que depuis Montesquieu on croyait à l’esprit des lois : « Nul ne peut invoquer sa propre turpitude… » Mais personne, semble-t-il, ne juge utile de le faire remarquer.
De même, Pascal Rauber, concessionnaire de motos de Saint-Julien-sur-Sarthe, 54 fois cambriolé depuis 1986 – perte sèche : 200 000 euros et une prime d’assurance qui a grimpé à 17000 euros par an – assure avoir agi en état de légitime défense, n’ayant « jamais voulu aller tuer ses voleurs » lorsqu’alerté par l’alarme de son magasin, il a quitté son domicile armé d’un fusil de chasse… Arrivé sur place, une voiture fonce sur lui et pour se protéger, il tire… Les deux malfaiteurs sont interpellés le lendemain à l’hôpital de Dreux (Eure-et-Loir), l’un sérieusement touché à la tête ; l’autre, plus légèrement atteint, est tout de même emprisonné, tandis que le commerçant est placé sous contrôle judiciaire.
« Tant d’années de travail acharné pour finir comme ça ! Je suis fiché chez les assureurs. Plus aucun ne veut me garantir (…) Je passe mon temps à rembourser ce qu’on m’a volé », se lamente le vendeur de moto dont le comité de soutien (14 000 signatures) trouve écho jusqu’en Guadeloupe, en Martinique et même au Canada.
À la série noire des braqueurs braqués répond en écho les nuits blanches des victimes persécutées… enfin, non, c’est « mises en examen » le terme officiel !
19:19 Publié dans Philippe Randa | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Conférence de presse de la Ligue du Midi à Montpellier
C’est dans un café de la place de la Comédie que s’est tenue la conférence de présentation dulivre de Richard Roudier intitulé “ Le Glaive et la Charrue ” (cliquez là) en référence au Romain Cincinnatus, consul au Ve siècle av. JC, connu pour sa détermination et sa simplicité... celui-ci, après avoir déjoué un complot et maté des révoltes, retournera au travail des champs abandonnant le glaive pour la charrue.
Devant un public jeune, l’orateur balaya un 1/2 siècle de “sa” vie politique : depuis la révolte anti-fiscale de Pierre Poujade, en passant par les “années Europe-Action” en référence à la célèbre revue fondée par Dominique Venner, son mai 68 de l’autre côté de la barricade, puis son voyage chez les Occitanistes, son expérience métapolitique à Béziers (Richard est né dans la capitale du vin) et enfin son rôle dans la création du courant identitaire. Ponctuant son propos d’aphorismes décalés “mon grand-père était plus proche de Vercingétorix que d’un trader de la City”, il assurait que notre pays se trouvait confronté à plusieurs priorités : l’urgence du renversement, l’urgence de l’entre soi, l’urgence d’une autre Europe, l’urgence d’une autre France...
A la fin de son exposé, il nous livra un certain nombre de réflexions stratégiques, invitant les nouvelles générations à refaire un mai 68 mais “à l’envers” et pour cela il encouragea “la mise en place d’une plate-forme doublée de l’esprit de première phase qui consiste en un accord entre des organisations militantes ambitionnant des projets, certes différents mais cependant liés, contre un régime suscitant l’envie de le détruire...” Les objectifs de cette première phase devront être limités pour être suffisamment unanimistes : faire tomber le régime, organiser la re-migration, raboter le mille-feuille territorial, rendre lisible la fiscalité et la loi, sortir de l’OTAN et de l’UE !
A l’issue de cette causerie, et pendant que l’orateur dédicaçait son ouvrage, de jeunes identitaires montpelliérains de la Ligue du Midi ont présenté la nouvelle campagne de la ligue: un autocollant intitulé Montpellier anti-racailles présentant la Sainte Patronne de Montpellier en train de fesser un délinquant et une affiche rappelant l’absolue nécessité du combat pour la réappropriation de notre identité au travers du slogan “Fiers de nos Racines”.
Une fort belle après-midi qui a donné des idées aux organisateurs soucieux de développer cette initiative.
15:40 Publié dans Combat nationaliste et identitaire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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En Thaïlande, le principe majoritaire ne fonde plus la démocratie

Eric Miné
Boulevard Voltaire
« Nous en avons assez de cette politique, nous ne voulons plus d’élections. Nous seuls sommes légitimes pour choisir le prochain gouvernement et le soumettre à l’approbation de notre roi. »
Ainsi s’exprimait un manifestant devant un journaliste de l’AFP, ce lundi 9 décembre proclamé« Jour du Jugement » par Suthep Thaugsuban, le tribun qui mobilise depuis plusieurs semaines à Bangkok des foules impressionnantes contre le pouvoir thaïlandais issu des urnes.
Dans le Sud, acquis d’emblée à ce qu’il faut bien appeler une insurrection civile, on ne s’embarrassait pas de ces subtilités et l’imposant cortège qui saturait les rues de Phuket fêtait déjà le « jour de la victoire ».
Victoire ou jugement, l’avenir le dira dans un pays rompu aux coups d’éclat et aux retournements légendaires. Toujours est-il que le Premier ministre, Yingluck Shinawatra, chancelle et, avec elle, un système qui, s’il devait s’effondrer, provoquerait un tsunami politique ressenti bien au-delà des frontières du royaume.
Comptant parmi les nations capitalistes les plus dynamiques, la Thaïlande est en effet un cas à part. Engagée comme quasiment toute la planète dans la mondialisation, elle n’en a pas moins conservé ses institutions et ses traditions à peu près inchangées depuis le coup d’État de 1932 qui vit l’instauration d’une monarchie constitutionnelle sous l’égide d’un régime nationaliste. Hymne diffusé à heures fixes sur les ondes, port de l’uniforme généralisé des collégiens aux fonctionnaires, organisation très encadrée du respect dû à un monarque par ailleurs très vénéré, clergé bouddhiste et armée omniprésents dans la société, jusqu’au nom même du pays adopté en 1939 pour faire valoir les droits d’une hégémonie « thaïe » sur la région, tout symbolise ici aujourd’hui encore la singularité d’une démocratie établie par l’ancien parti unique qui avait su s’accommoder sans encombre du suffrage universel imposé après-guerre par les vainqueurs à l’allié de la dernière heure.
Ce subtil équilibre mariant tradition et modernité est pourtant mis à mal depuis les années 90 par le clientélisme dispendieux d’un milliardaire autodidacte, Thaksin Shinawatra. Frère de l’actuel Premier ministre, il s’assura alors des voix des grandes régions rurales du Nord-Est qui l’imposeront à la tête du pays en 2001. Depuis, manifestations, putsch militaire, condamnation et exil de l’affairiste n’y feront rien, la corruption à vaste échelle permet à sa famille richissime de rester aux commandes d’un État dont elle sape consciencieusement les bases.
Loin de l’interprétation sociale qu’en font aujourd’hui les médias occidentaux, c’est donc à la réaction massive d’un peuple soucieux de la préservation de son cadre de vie à laquelle on assiste aujourd’hui. En abusant de populations naïves qu’ils désorientent par le mirage d’un consumérisme effréné, les Shinawatra sont perçus ici comme l’avatar local d’une finance internationale sans scrupules, étrangère aux valeurs du royaume. Les élections leur étant ainsi systématiquement favorables, Suthep Thaugsuban propose donc de troquer le vieux principe démocratique occidental « un homme, une voix » contre une« démocratie absolue sous la monarchie constitutionnelle », dirigée par un« Conseil du peuple » non élu, d’esprit corporatiste et fondé, lui, sur l’histoire de la nation.
On comprend mieux la frilosité de nos médias à rendre compte de la réalité des événements thaïlandais. Une rébellion tout à la fois populaire et réactionnaire qui rejette le principe majoritaire de la démocratie, voilà qui ne figure pas dans leur grille de lecture.
11:30 Publié dans Eric Miné | Lien permanent | Commentaires (0) |
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