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vendredi, 28 août 2026

Présidentielle 2027, dernières nouvelles du vide

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Vincent Trémolet de Villers

Si la campagne présidentielle était un parc d’attractions, faudrait-il déjà la brader au profit d’une licence japonaise régressive ? Les manèges Mélenchon et Le Pen tournent pour la quatrième fois et ne surprennent plus personne. Le chef des Insoumis solidement installé dans sa surréalité politique, économique, culturelle, autocrate d’un mouvement qui lui est entièrement dévoué, donne une idée assez précise de ce que serait la forme amphigourique de la dictature.

La candidate du RN se tait. Pas besoin de discours pour ramasser à la pelle les bulletins des électeurs désespérés. Pour le reste, c’est le grand flou : quel dessein autre qu’elle-même propose-t-elle à la France ? Deux anciens premiers ministres tentent de faire oublier qu’ils ont servi Emmanuel Macron, un intellectuel parisien veut croire qu’il existe une gauche sans La France insoumise. Le représentant de la droite classique, dont le programme correspond sans doute à une majorité de Français, pourrait tenter de remplir ce vide, mais, dans l’exercice, sa prudence est mauvaise conseillère. On ne lui demande pas de se changer en héros de Dragon Ball Z, mais que le candidat perce enfin sous le sénateur.

L’histoire commence à peine et la France s’inquiète déjà quand elle prend les dernières nouvelles du vide. Comment s’enthousiasmer pour les calculs d’arrière-boutique, les querelles de départage, la répétition mécanique et contre-productive du « danger-du-duel-entre-les-extrêmes », cette expression que de plus en plus d’électeurs traduisent par « pitié, laissez-nous nos places » ?

L’arithmétique, en campagne, ne mène à rien. C’est la dynamique qui l’emporte. Celle d’une primaire de la droite et du centre aurait le mérite d’opposer des projets plutôt que des combinaisons, d’exposer les candidats dans un cadre moins sauvage que cette concurrence sans règle, d’entraîner les électeurs dans le début d’une aventure collective. Les meilleures enquêtes d’opinion n’auront jamais l’autorité d’un dépouillement. Quand rien ne parvient à clarifier franchement une situation, s’en remettre aux urnes reste la moins mauvaise solution. Aux prétendants d’accepter la compétition, d’allumer les lumières pour rendre sa force à l’attraction démocratique.

Source : Le Figaro 27/8/2026

 

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Tout le monde en parle : sortie le 2 septembre du livre de Sarah Knafo, "Le casse du siècle"

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Source Le Figaro Magazine du 28 août 2026
 
L’ÉLECTROCHOC DE SARAH KNAFO
 
Si elle n’est pas elle-même candidate à l’élection présidentielle, Sarah Knafo va quand même faire parler d’elle. Et surtout de son dernier livre qui dénonce avec vigueur la façon dont les politiques, de droite comme de gauche, gèrent l’argent des Français depuis cinquante ans.
 
Elle est sans doute la seule énarque capable de rendre compréhensible par le commun des mortels un rapport de la Cour des comptes. Là où ses camarades se complaisent à rendre compliqué un tableau de chiffres, Sarah Knafo le simplifie et trouve la comparaison qui illustre parfaitement la situation. C’est l’objet de son dernier livre dont la construction elle-même est originale. Elle part de ce qu’elle considère comme un vol par l’État de l’argent des Français pour instruire le procès, avec l’enquête, l’instruction et l’audience. « J’ai suivi l’argent », explique celle qui est partie de la feuille de paie pour démontrer les dérives d’un système qui ne cesse de ponctionner davantage les Français. Chaque chapitre est également l’occasion pour elle de lancer des propositions qui feront débat dans la campagne présidentielle qui démarre.
 
En revanche, contrairement aux candidats, son livre n’est pas l’occasion d’évoquer son enfance ou ses envies. « Je ne parle pas de moi, mon objectif était d’enquêter pour les Français », ajoute Sarah Knafo, en faisant le tri dans les notes qu’elle a prises depuis dix ans, quand elle n’imaginait pas entrer en politique. Elle ne cite pas non plus Éric Zemmour (en dehors des remerciements). « S’il est absent du livre, c’est qu’il n’est pas coupable du casse, contrairement à tous les autres. »
 
Carl Meeus
 
EXTRAITS
 
Je les vois venir. Nous les voyons tous venir. Ils vont nous dire que la France est un grand pays. Ils vont nous dire qu’elle s’est toujours relevée de toutes les épreuves. Ils vont nous dire que nous avons tous les atouts pour réussir. Ils vont nous dire qu’il suffit de croire en nous-mêmes, en nos valeurs, en notre génie. Ils vont nous dire qu’il faut faire confiance à notre jeunesse. Ils vont nous dire que nos fonctionnaires sont dévoués, que nos soignants sont héroïques, que nos agriculteurs doivent être respectés. Ils vont nous dire que c’est le moment ou jamais. Ils vont nous dire que c’est la dernière chance. Ils vont nous dire que notre destin se décide maintenant. Ils vont nous dire que, cette fois, nous avons le choix entre la catastrophe et la renaissance, et que ce choix dépend de chacun d’entre nous.
 
Ils vont nous parler de notre modèle social. Ils vont nous dire que nous y sommes profondément attachés. Ils vont nous dire que l’éducation est la clé de tout et qu’il faut sauver l’école. Ils vont nous dire qu’il faut taper du poing sur la table, ou monter dessus, ou la renverser. Ils vont nous dire qu’il faut davantage de démocratie. Qu’il faut nous écouter. Qu’il faut des référendums. Qu’ils ont le programme qui va tout changer. Un programme massif. Ils vont nous parler de la dette et du déficit. Ils vont nous parler du désespoir et de l’espérance. Ils vont invoquer Jeanne d’Arc, Jaurès, de Gaulle et même Mitterrand. Ils vont nous parler de sincérité, de droiture et de courage. Ils vont surtout beaucoup parler d’eux-mêmes, de leur compétence, de leur volonté politique et de leur magnifique détermination.
 
Chacun d’entre eux va nous assurer qu’il est l’homme de la situation. L’homme qu’il nous faut. Celui qui incarne ce que nous avons de meilleur. Celui qui a l’énergie. Celui qui a la fermeté. Et chacun de ces hommes providentiels va tenter de décrédibiliser tous les autres.

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11:05 Publié dans Revue de presse, Sarah Knafo | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Marine Le Pen : le socialisme en bleu marine

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Thomas Joly - président du Parti de la France
 
Marine Le Pen veut gagner la Présidentielle en appliquant le programme économique de ceux qui ont ruiné la France.
 
À force de vouloir séduire l’électeur de gauche, le RN finit par lui vendre ce que la gauche lui vend depuis quarante ans : toujours plus de dépenses, toujours moins de réalisme économique.
 
Le meilleur exemple reste les retraites. Notre système par répartition est déjà déficitaire : le COR chiffre son déficit à 5,1 milliards d’euros en 2025 et prévoit des besoins de financement persistants jusqu’en 2070.
 
Cette gigantesque mécanique intergénérationnelle ressemble chaque année davantage à une pyramide de Ponzi : les actifs d’aujourd’hui (de moins en moins nombreux) paient immédiatement les pensions d’aujourd’hui (de plus en plus nombreuses), tandis que la démographie se dégrade.
 
Que propose Marine Le Pen ? Non pas de préparer l’avenir mais de revenir sur une réforme de 2023 déjà très insuffisante et de maintenir des départs possibles à 62 ans, voire 60 ans pour certaines carrières.
 
C’est exactement l’inverse qu’une droite nationale économiquement sérieuse devrait proposer : organiser progressivement la transition vers une part croissante de capitalisation, afin que chacun se constitue des droits adossés à une épargne réelle et transmissible.
 
Mais Marine Le Pen préfère la vieille potion socialiste : promettre aujourd’hui et envoyer la facture demain.
 
Même son conseiller économique François Durvye a fini par quitter le navire. Hier, il a annoncé son départ et son refus de participer à la campagne présidentielle, en assumant son désaccord avec une ligne économique qu’il ne pouvait plus défendre. La question des retraites était précisément l’un des principaux points de friction.
 
Le symbole est désastreux : quand votre propre caution économique préfère partir plutôt que défendre votre programme, le problème n’est plus seulement comptable. Il devient politique.
 
À vouloir ratisser constamment à gauche, Marine Le Pen risque surtout de laisser en jachère tout un électorat de droite qui attend baisse drastique de la dépense publique, liberté économique et réforme de l’État.
 
Économiquement, elle regarde dans le rétroviseur.
 
Stratégiquement, elle joue avec le feu.
 
Et à force de vouloir être la meilleure candidate de la gauche sociale, elle va inéluctablement finir par convaincre l'électeur de droite de chercher ailleurs.
 

10:28 Publié dans Thomas Joly | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |