samedi, 07 février 2026
L’idéologie « Arc-en-ciel » : l’hyper classe mondiale contre le peuple

Lu sur Polémia (cliquez ici) cet entretien intellectuellement stimulant accordé par Martin Peltier à Camille Galic.
Ancien pilier du Quotidien de Paris, chroniqueur au Figaro Magazine puis rédacteur en chef de National Hebdo de 1993 à 1998 et auteur de nombreux livres, Martin Peltier est une plume acérée et l’un des meilleurs analystes politiques de la presse nationale ainsi qu’un excellent orateur, comme ont pu le constater les assistants au dernier forum de Polémia sur l’alarmisme climatique. Après La Révolution arc-en-ciel en 2019 et L’Empire arc-en-ciel en 2020, il publie Le vrai nom du grand bordel : Arc-en-ciel (1), sur lequel il a bien voulu répondre à nos questions. En pleine tempête provoquée par la publication du dossier Epstein, cette analyse est particulièrement salutaire.
Polémia
De Mandela au climat, « l‘oppression coloniale, raciste et patriarcale » !
Camille Galic : Comment vous était venue l’idée de ce concept globalisant auquel vous donnez le nom d’Arc-en-ciel, et où a-t-il vu le jour ?
Martin Peltier : J’avais lu à sa sortie en 1998 un livre touffu mais fondateur, L’empire écologique, qui établit que l’agitation autour de l’environnement et l’ardente obligation de sauver la planète sont un moyen révolutionnaire de changer la façon de consommer, produire et vivre de l’humanité. Pour compléter ma retraite, j’ai travaillé dans le courant des années 2010 sur des faits de société particulièrement significatifs et souvent surprenants, survenus en grande part dans l‘anglosphère. Je me suis aperçu que trois mouvements s’y manifestaient de conserve, revendiquant tous trois le drapeau arc-en-ciel, dont je me souvenais qu’il était aussi celui des mouvements pacifistes soutenus à l’époque par l’URSS. Le premier mouvement visible dans la nation arc-en-ciel de Nelson Mandela et Desmond Tutu, sert de l’antiracisme pour faire honte à l’Europe de ce qu’elle est, en particulier de son passé colonial.
Le deuxième mouvement qui a pris le drapeau arc-en-ciel pour bannière, le rainbow flag, et avait le Rainbow Warrior, le guerrier de l’arc-en-ciel, pour navire amiral, est l’écologisme, dont le climat est pour l’instant la vache à lait principale, avec la santé, car, l’OMS vous le dira, maladies et climat interagissent. Le troisième arc-en-ciel, pas besoin de faire un dessin, est celui du drapeau LGBTQ. J’ai observé très vite que les bassins de militants des trois mouvements étaient poreux, leurs slogans, méthodes d‘agitation et buts, communs. Depuis Noël Mamère, les Verts s’occupent essentiellement de marier les homos et d‘accueillir l’immigré. L’intersectionnalité appelle la convergence des luttes et la synergie des subversions. Le changement de climat nuit plus aux LGBT et aux peuples anciennement colonisés qu’à vous et moi, c’est pourquoi il faut accueillir les "migrants" climatiques, homosexuels, et maintenant malades mentaux, etc.
Greta Thunberg a achevé d‘officialiser la chose lorsque, ayant posé drapeau arc-en-ciel en main, en tee-shirt antifa et avec un keffieh, elle a signé en 2019 une chronique où on lisait entre autres : « Après tout, la crise du climat n’est pas qu’une question d‘environnement. C’est une crise de droits de l’homme, de justice, et de volonté politique. Les systèmes d‘oppression coloniale, raciste et patriarcale l’ont créée et la nourrissent ».
Elle ne disait en fait rien de très nouveau. Le lien entre écologisme, subversion "antiraciste", subversion "de genre", en somme l’unité de l’arc-en-ciel, est d’origine, et n’est pas né dans des banlieues noires ou des ghettos gays. L’écologisme a été inscrit dans la politique par la conférence de l’ONU à Stockholm en 1972, qui a fondé le PNUED, le programme des Nations Unies pour l’environnement et le développement. Le document final édicte 26 principes, dont le premier dit : « L’homme a le devoir de protéger et d‘améliorer l’environnement pour les générations actuelles et futures. de ce fait, les politiques qui encouragent le racisme, l’apartheid, les formes coloniales et autres oppressions et dominations étrangères doivent être éliminées après condamnation ». Il y a donc bien une révolution arc-en-ciel en marche, ce n’est pas moi qui le dis, après une analyse plus ou moins arbitraire, avec des étiquettes que j’aurais inventées, ce sont les intéressés eux-mêmes qui le revendiquent. Cela nous force à écarter, pour en parler, des mots qui ne la décrivent pas bien et contribuent de ce fait à embrouiller l’esprit. Une première partie précise ce que l’arc-en-ciel n’est pas. Certains mots en vogue n’aident pas à la compréhension du phénomène, soit qu’ils prennent la partie pour le tout, soit qu’ils aiguillent carrément sur de fausses pistes : ultra-libéralisme, Big Pharma, Big Reset, dictature sanitaire, dictature des minorités, grand remplacement, cosmopolitisme, nouvel ordre mondial, wokisme, totalitarisme orwellien, etc.
Camille Galic : Dans l’acception courante, l’arc-en-ciel est symbole d’espoir et d’embellie. Quelles sont au contraire les catastrophes que ce « totalitarisme participatif », scripsit Michel Geoffroy (2), a engendrées, notamment en France ?
Martin Peltier : Dans la Genèse, l’arc-en-ciel est le lien que Dieu tend aux hommes et à la terre, après la catastrophe du Déluge, pour ramener paix et prospérité. L’arc-en-ciel d’aujourd’hui EST la catastrophe, il organise la crise permanente à travers un vivre ensemble dont la fonction est de ne pas fonctionner. Il sème la discorde entre les hommes et les femmes, entre les classes, entre les races, entre les dirigeants et les peuples. Les politiques que dicte sa terrible utopie ruinent l’économie européenne et française, brisent les familles, liquident la démographie, dépossèdent de leur sol des populations qui l’habitaient depuis des millénaires : car l’immigration en cours vient d‘amener sur le territoire français quatre fois plus d‘envahisseurs que les grandes invasions, en quatre fois moins de temps. Et ceux qui mènent la révolution arc-en-ciel masquent aux yeux de ceux qu’ils veulent perdre la réalité de ce gigantesque désordre mortel en semant, par l’école, les médias, les productions de l’art et du spectacle, un désordre mental qui l’aggrave. D’où le mot de grand Bordel que j’ai placé dans le titre. C’est sur la Nef des Fous qu’avance la révolution. Un extrême ridicule précède de quelques instants un totalitarisme sans limites.
Camille Galic : Quel rôle jouent dans ce "grand bordel" mondialiste de pseudo philanthropes tels le milliardaire (et forban de la finance) George Sörös et son fils Alexander, désormais président de l’Open Society?
Martin Peltier : J’ai été amené à constater que l’arc-en-ciel, s’il résulte de la rencontre entre l’Est et l’Ouest en fin de guerre froide, et de la fusion de fait des trois internationales — or, humanisme maçon et socialisme —, n’a pas à proprement parler de doctrine ni de penseur. Il profite cependant de lieux de rencontres, la Trilatérale, le Bilderberg, le CFR, le forum économique mondial de Davos, inspire des organisations internationales comme l’ONU et l’UE, et utilise aussi des aventuriers qui servent d‘interface entre doctrines et subversion : avant hier Jean Monnet (3), hier George Sörös ou Maurice Strong, qui fut trente ans conseiller des secrétaires généraux de l’ONU, aujourd’hui Alexander Sörös. L’open Society se réfère à Karl Popper, le chantre de la société ouverte que les Sörös ont pris pour modèle, cet arc-en-ciel qui efface toutes les frontières, de nation, de race, de religion, d‘orientation sexuelle, de sexe, d’espèce. Les Sörös ont typiques de ces intellectuels spéculateurs grenouillant entre argent, influence, activisme politique, agitation médiatique et, disons-le, barbouzerie.
Les "élites" contre le peuple
Camille Galic : Vous invoquez la lutte acharnée « des élites contre le peuple ». Pouvez-vous en donner des exemples ?
Martin Peltier : L’actualité n’en donne que trop, hélas. Le populicide de plus en plus rapide que la technocratie supranationale fait subir aux campagnes (pas de pays sans paysans) en est un. Paris est complice de longue date de Bruxelles, de Washington et de tous les signataires des traités internationaux. Autre exemple : la politique d‘immigration, trahison de la nation par ceux qui devraient la protéger et travaillent à la faire disparaitre. On pourrait aussi parler de l’avortement, du "mariage" pour tous, du remboursement de la folie transgenre par une sécurité sociale en faillite. De la transition énergétique qui ruine tout le monde.
Si vous passez en revue l’arc-en-ciel, vous vous avisez que, dans tous les domaines, les élites s’appliquent non seulement à diriger le peuple et à le soumettre, ce qui peut se comprendre, mais à le nier, à s’en débarrasser, ce que l’IA et la robotique vont permettre à court terme. Le vocabulaire politique actuel le révèle : le populisme est dangereux parce que le peuple est aveugle, plein de bas instincts et de préjugés déplorables, il est mauvais comme les démagogues qui aspirent à le conduire. Tapie avait raison, les électeurs de Le Pen sont des salauds : telle est la conviction profonde de ceux qui se pensent plus intelligents et meilleurs que le peuple. Elle justifie la révolution qu’ils mènent contre lui.
Camille Galic : Le "droit international" si souvent invoqué et d’ailleurs souvent contraire à un autre droit sacro-saint, celui "des peuples à disposer d’eux-mêmes", est-il l’une des armes de l’Arc-en-ciel ?
Martin Peltier : Après 1789, le principe des nationalités a servi à liquider la légitimité des couronnes, après les deux guerres mondiales, celui des peuples à disposer d’eux-mêmes a servi à disloquer l’Europe, puis à lui arracher ses colonies. Un droit chasse l’autre en fonction des besoins des révolutions successives. Le droit international est une expression ambigüe : il y a d‘une part le droit des gens et la codification des rapports entre États, qui empêchent la terre d‘être tout à fait un coupe-gorge, et puis il y a la sacralisation des institutions inter(supra)nationales et du droit des individus tel que le voient les Anglo-Saxons : elle sert à liquider la souveraineté des nations et ce qui subsiste de loi morale issue de la tradition européenne et chrétienne. La subversion du droit d‘asile et celle de la notion de détresse sont typiques de cette instrumentalisation mortelle.
Camille Galic : Avant de condamner l’agression de la Russie contre l’Ukraine, la "communauté nationale" avait condamné le massacre présumé des Rohingyas musulmans en Birmanie mais elle était restée muette devant l’invasion puis la colonisation du nord de Chypre, totalement vidé de sa population grecque, par la Turquie couverte par l’OTAN, ou devant la persécution organisée et l’élimination physique de nombreux Blancs de l’ex-Rhodésie et maintenant d’Afrique du Sud. La leucophobie relève-t-elle de l’Arc-en Ciel ?
Martin Peltier : L’asymétrie des condamnations, en français le deux poids deux mesures, est la caractéristique de la "communauté nationale", notion aussi vague que la "communauté internationale" et pour la même raison : il s’agit de simples voix de l’idéologie dominante, qui est arc-en-ciel. Vous l’avez bien vu, l’arc-en-ciel est leucophobe, c’est l’un des principaux sujets du chapitre que j’ai consacré aux concours de Miss, la beauté d‘Iris. De même qu’il est christianophobe, francophobe, européodesouchophobe et qu’il a la phobie de la répartition du genre humain en deux sexes, homme et femme. L’arc-en-ciel hait tout ce qui, selon lui, "essentialise", c’est une utopie aussi existentialiste qu’égalitariste, il est contre l’être, l’identité, la réalité. La vie.
Camille Galic : Vous affirmez que l’Arc-en ciel est « une religion ». Pouvez-vous développer ? Et comment s’y opposer ?
Martin Peltier : Cette question centrale, je ne l’ai hélas qu’ébauchée en une soixantaine de pages. Écartons les dogmes et mythes de l’arc-en-ciel, son clergé, pour éclairer deux points plus importants : la mutation de la conscience humaine et le panthéisme antichrétien. Depuis cinquante ans, l’ONU et les bonnes personnes appellent à une « révolution globale dans la sphère de la conscience humaine ». Après avoir reconnu son "unité" l’humanité doit admettre qu’elle est "juste un élément de la nature". Il faut « dépasser le fantasme de la séparativité » (UNESCO). L’homme est un animal comme un autre.
L’impulsion a été donnée en 1972 par l’ONU en Assemblée plénière : « Les convictions judéo-chrétiennes » selon lesquelles Dieu aurait donné la terre à l’homme “pour qu’il la soumettre à sa loi” sont à l’origine de la dégradation de l’environnement et des injustices dans le monde. Cette condamnation répétée dans de nombreux textes pendant trente ans trouve son écho ans Anthropologie structurale II (1973). Après avoir dénoncé le « mythe de la dignité exclusive de la nature humaine », Claude Lévy-Strauss se demande : « L’homme occidental ne peut-il comprendre qu’en s’arrogeant le droit de séparer radicalement l’humanité de l’animalité (…) il ouvrait un cercle maudit, et que la même frontière constamment reculée servirait à écarter des hommes d‘autres hommes, et à revendiquer au profit de minorités toujours plus restreintes le privilège d‘un humanisme corrompu ? » D’accord avec l’ONU pour voir la racine du mal dans la séparation de l’homme et l’animal opérée par la Bible, il précède antispécistes, animalistes, décoloniaux, antisexistes et antipatriarcaux, et y situe la racine de toutes les dominations. Aujourd’hui l’arc-en-ciel explore une nouvelle forme de conscience, caractérisée par la capacité non de penser mais de sentir, la "sentience". Il inclut ainsi tout le vivant dans un culte panthéiste de la terre Mère, Gaïa. Le sujet est inépuisable. Ce qu’il faut en retenir d’abord est une double mort : celle de l’homme et celle de Dieu, tels qu’on les a conçus dans l’Europe chrétienne.
Camille Galic : Pensez-vous que, comme certains l’espèrent, le retour au principe de réalité et les excès même de l’Arc-en ciel puissent endiguer cette révolution ou est-elle irréversible ?
Martin Peltier : L’irréversibilité est une superstition de philosophe allemand. Le malheur peut dissiper les plus grandes fantasmagories. Et l’on voit avec plaisir que, depuis Trump, l’imposture sur le climat et la folie transgenre dominent un peu moins la société euraméricaine.
Mais trois choses tempèrent mon optimisme. D’abord, la résilience du système arc-en-ciel, tentaculaire et pas seulement, comme certains le croient, en Occident. Deuxièmement, la réalité elle-même. Démographie, dette, économie, éducation nationale, morale, moral, tout est en capilotade, il n’est plus minuit moins cinq, il est moins une et encore, si l’on est optimiste. Il nous reste quelques secondes à jouer. Enfin, la personnalité de ceux qui sont censés incarner le retour au principe de réalité. Regarder CNews me désole autant qu’écouter France Inter. Certaines prétendues extrêmes droites européennes me fatiguent. Quant à Trump, s’il réjouit parfois par une certaine fraîcheur et par ses coups de boutoir contre l’ONU, il est globalement insupportable, ce qui nuira un jour ou l’autre aux causes justes dont il s’occupe. Bernanos disait qu’Hitler avait déshonoré l’antisémitisme : Trump déshonore l’anti-arc-en-ciélisme.
Et puis, nous avons effleuré la question, la révolution arc-en-ciel n’est pas d’abord une révolution économique, politique ou sociale, c’est avant tout une révolution spirituelle, une inversion générale. Faute de le comprendre, ceux qu’elle vise et qui s’y opposent ne peuvent la combattre efficacement. Elle prétend imposer un nouvel homme dans un nouveau monde, avec ses us, coutumes, croyances. Pour nous en tirer, il faut remettre les esprits et les cœurs à l’endroit. J’ai vu avec plaisir 1 200 jeunes dans une procession aux flambeaux à Paris en l’honneur de sainte Geneviève lors d‘une nuit de janvier.
(1) Éditions du Verbe haut (cliquez ici), 332 pages, 23 €.
(2) Afticle de Michel Geoffroy cliquez là
(3) Cet étrange Monsieur Monnet », Bruno Riondel cliquez ici
11:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Le journal du chaos

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11:24 Publié dans Le Journal du Chaos hebdo | Lien permanent | Commentaires (0) |
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vendredi, 06 février 2026
La commémoration du 6 février 1934 à Paris demain samedi interdite : les Nationalistes ont déposé un recours
17:48 | Lien permanent | Commentaires (0) |
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6 FÉVRIER 1945 - 6 FÉVRIER 2026 : ROBERT BRASILLACH
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02:15 Publié dans La vie de l'association Synthèse nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Le catholicisme français entre minorisation et réveil
Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées
Je me tenais sous le porche de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, à l’abri d’une pluie fine venue du large, ce crachin breton qui ne mouille jamais franchement mais finit toujours par pénétrer les étoffes et les pensées. En attendant un rendez-vous, je faisais défiler sur mon téléphone les pages du Figaro du matin. Un titre, à rebours du pessimisme ambiant, a retenu mon attention, « Ces nouveaux convertis qui veulent entrer au séminaire », signé par Jean-Marie Guénois et publié le 31 janvier 2026 .
L’article constate, chiffres précis à l’appui, une hausse inattendue des inscriptions en année de propédeutique, cette première étape désormais obligatoire avant l’entrée au séminaire. En Bretagne, le phénomène est particulièrement marqué. À Rennes, la Maison Charles de Foucauld est passée de quatre candidats à dix-huit en un an, soit une augmentation de 350%, selon le père Olivier Roy, supérieur de la maison, qui accueille des candidats de neuf diocèses de l’Ouest. À l’échelle nationale, le nombre de propédeutes est passé de 99 en 2023 à 145 en 2025, soit une progression de 46,5% en deux ans. Ces chiffres demeurent modestes à l’aune de l’histoire longue de l’Église, mais ils rompent une courbe qui semblait figée dans le déclin.
Cette année de propédeutique n’est pas un simple sas administratif. Elle est conçue comme un temps de décantation, de discernement, presque de dépouillement. Lancée dès les années 1980 sous l’impulsion du cardinal Lustiger, elle répond aujourd’hui à une réalité nouvelle, celle de candidats arrivant avec une connaissance souvent minimale du catholicisme, parfois même sans catéchèse préalable. Le Figaro rappelle que cette année n’est pas consacrée aux études théologiques, mais à la vie intérieure, fraternelle et caritative, à ce que les formateurs appellent sans détour le combat spirituel, afin de permettre un choix libre, mûri, éprouvé.
Je me souviens très bien du nadir des vocations, il y a quelques années, lorsque pratiquement plus aucun jeune ne frappait à la porte des séminaires français. À cette époque, je m’étais dit que le rebond viendrait un jour. L’Église a pour elle la masse, la patience et le recul historique. Elle sait encaisser les longues périodes de froid, attendre, comme ces cathédrales dont les chantiers traversent les siècles, que le soleil se lève à nouveau. D’autres confessions, d’autres communautés religieuses n’ont pas cette capacité d’endurance. Les églises prétendument-réformées qui ont cru trouver un salut dans l’embrassement de toutes les causes du temps, du progressisme sociétal au wokisme liturgique, se sont vidées à mesure qu’elles abandonnaient le cœur de leurs convictions chrétiennes. Les petites communautés évangéliques elles-mêmes se retrouvent parfois sans pasteur ni fidèles, pour avoir cru qu’en épousant l’esprit du siècle elles pourraient survivre à l’oubli de la promesse.
Parmi les jeunes qui se présentent aujourd’hui en propédeutique, deux courants se distinguent nettement. Le premier est constitué de jeunes issus de familles catholiques pratiquantes, souvent attirés par des formes liturgiques plus classiques, voire traditionalistes. Le Figaro rappelle qu’environ 38% des candidats français entrés en première année de séminaire depuis l’an 2000 ont choisi des formations de style traditionnel. Fraternité Saint-Pierre, Institut du Christ Roi, Institut du Bon Pasteur, Communauté Saint-Martin, ces maisons attirent une jeunesse en quête de continuité doctrinale et rituelle. Cette affluence nourrit, en retour, un certain ressentiment diocésain, rarement avoué mais bien réel, face à des instituts perçus comme concurrents.
La véritable nouveauté tient cependant à l’autre courant, plus récent et plus déconcertant. Il s’agit de jeunes issus du tout-venant sociologique, souvent sans culture chrétienne préalable, parfois même non baptisés. Jean-Marie Guénois rapporte le cas de candidats frappant à la porte d’une propédeutique sans avoir encore reçu le baptême. Ces jeunes arrivent avec peu de connaissances mais avec un appel d’absolu très fort. C’est précisément pour eux que l’année de propédeutique a pris toute son importance, afin de permettre un discernement long, exigeant, parfois décevant pour les impétrants, mais nécessaire.
Dans une société où la notion de couple se délite, où les relations entre hommes et femmes se fragilisent, le célibat sacerdotal n’apparaît plus comme un obstacle infranchissable. Le Figaro rappelle que 35% des Français vivent aujourd’hui seuls, c’était déjà le cas de nombreux propédeutes. Pour beaucoup de ces candidats, le célibat n’est pas un renoncement spectaculaire, mais un état déjà vécu, parfois subi, dans une société qui n’offre plus de cadre stable pour fonder une famille. La vocation religieuse s’inscrit alors dans un paysage social déjà désagrégé.
Cette dynamique vocationnelle s’inscrit dans un contexte plus large de conversions et de retour à la foi familiale. Les demandes de baptêmes d’adultes et d’adolescents ont bondi, passant d’environ 4 000 par an jusqu’en 2022 à 17 784 en 2025, dont la moitié de moins de 25 ans. Une hausse spectaculaire de 228%, que le journal relie notamment aux confinements du Covid et à la recherche de sens née de l’isolement numérique. Cette poussée ne compense toutefois pas l’effondrement des baptêmes de nourrissons, tombés à 25% d’une classe d’âge en 2023, contre 67% au début des années 1980. L’Église se revitalise par le haut alors qu’elle se dépeuple par le bas.
Cette baisse des baptêmes ne peut plus être imputée à la seule indifférence d’une société devenue matérialiste. Cette explication, longtemps commode, est désormais insuffisante. L’adhésion visible au christianisme a changé de nature. Elle n’est plus un geste social anodin, encore moins un automatisme culturel. Elle est devenue un marqueur public, un signe d’appartenance assumée à un système de valeurs perçu comme antagoniste à celui promu par les élites culturelles, médiatiques et politiques. Affirmer publiquement sa foi chrétienne revient souvent à refuser l’injonction au vivre-ensemble telle que la conçoivent les franges les plus militantes de la gauche radicale. Le baptême n’est plus un rite d’intégration sociale mais un acte de séparation symbolique qui anticipe les ségrégations futures.
Il faut ajouter que la tradition sociale elle-même n’opère plus comme jadis. Autrefois, on naissait catholique comme on naissait breton ou limousin, par simple immersion dans un milieu humain et rituel. Cette tradition n’a pas disparu par simple érosion, elle a été activement disqualifiée. Elle est désormais présentée comme suspecte, rétrograde, voire hostile à l’ordre moral dominant. Dans ce contexte, transmettre le baptême à un enfant n’est plus un geste neutre pour les parents, mais un choix exposé, parfois conflictuel, qui engage bien davantage qu’une simple tradition familiale.
On devient aujourd’hui catholique en France comme on est chrétien dans un pays majoritairement musulman. Non par confort social, mais par décision consciente ou acceptation fataliste. Ce choix peut entraîner une marginalisation professionnelle, relationnelle ou culturelle, douce mais réelle. Nous n’en sommes pas encore à payer cette fidélité de notre vie, comme c’est le cas ailleurs, mais il serait imprudent de considérer cette hypothèse comme purement théorique. Le christianisme français entre ainsi dans une phase minoritaire irréversible, et cette minorisation accentue mécaniquement sa dimension identitaire.
Sous le porche de la cathédrale Saint-Corentin, cette vérité se donne à lire dans la pierre elle-même. Les tours sont droites, solides, fidèles à leur axe. C’est la nef qui se décale imperceptiblement, avançant de biais, comme si le bâtiment avait poursuivi sa route malgré les siècles, les interruptions, les reprises tardives du chantier. Cette obliquité n’est pas une erreur, elle est la trace visible du temps long. La cathédrale n’a pas cherché à se corriger pour plaire à une géométrie idéale, elle a continué à avancer. L’Église de France semble aujourd’hui engagée dans ce même mouvement, moins rectiligne, plus exposé, mais fidèle à son axe, en acceptant désormais d’être minoritaire pour rester elle-même.
Source Breizh info cliquez ici
02:11 Publié dans Balbino Katz | Lien permanent | Commentaires (0) |
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France en danger : NON au vote des étrangers.
Un communiqué de Reconquête :
Votre citoyenneté française est gravement menacée. Elle risque d’être vidée de son sens.
La commission des lois de l'Assemblée nationale vient de voter un texte pour modifier la Constitution française et accorder le droit de vote aux étrangers.
Si les Français ne s’y opposent pas fermement dès maintenant, le risque est grand que n’importe quelle puissance étrangère puisse influencer le destin de votre ville, de votre village, et plus tard, de la France. Le droit de vote est indissociable de la citoyenneté française. Ils ne font qu’un. Donner le droit de vote aux étrangers, c’est donc anéantir la citoyenneté.
Ce n’est malheureusement pas une tentative isolée, c’est un courant idéologique très ancré chez des politiques déconnectés qui tentent de le faire passer régulièrement depuis plus d’une trentaine d’années. Ce nouvel assaut menace de changer la Constitution.
S’ils arrivent à leurs fins, il sera très compliqué de revenir en arrière. Peu à peu, ils grignotent la capacité des Français à décider de leur sort.
Une fois ce nouveau « droit » acquis, les étrangers pourraient décider de l’avenir de la France. De votre avenir. Et avec l’abstention qui bat des records, le poids du vote des étrangers serait mécaniquement plus important encore.
Déjà des pays comme la Turquie utilisent officiellement l’immigration massive comme une arme pour menacer l’Europe. Ouvrir le droit de vote aux étrangers, c’est prêter le flanc à toutes les influences étrangères !
Ne laissez pas ces idéologues vous voler le peu de pouvoir qu’il vous reste.
Signez la pétition nationale cliquez ici
02:00 Publié dans Combat nationaliste et identitaire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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mercredi, 04 février 2026
L’heure des petits prédateurs

Vincent Trémolet de Villers
Ces histoires devenues courantes de gendarmes percutés, cette policière traînée à Argenteuil sur plusieurs dizaines de mètres, est-ce dérisoire, peut-être même un peu vulgaire, pour ne pas devenir immédiatement une inquiétude générale, une cause nationale ? Jean-Noël Barrot, notre ministre des Affaires étrangères, veut que la France résiste à « la brutalisation du monde », c’est un noble projet, mais la brutalisation de la vie quotidienne des Français, l’extrême violence qui menace les policiers ne sont pas moins urgentes. Toutes les vingt minutes, un citoyen refuse d’obtempérer et bafoue l’État français dans son autorité.
Les petits prédateurs de quartier imposent la tyrannie de leurs pulsions au mépris de la vie des policiers et des gendarmes. La drogue, la délinquance, l’islamisme ont séparé des quartiers entiers de la République française, et les séparatistes transportent avec eux leur arrogance, leur sentiment d’impunité, leur haine du pays dans lequel ils vivent. Ils le font avec bonne conscience puisque la gauche morale les présente en victimes d’une police répressive, d’un État arbitraire. Quand, à Mulhouse, des étudiants d’une école d’art détruisent une piñata en forme de voiture de police, nous ne sommes plus dans l’anarchisme poétique d’un Georges Brassens, mais dans l’ivresse de la meute qui s’acharne sur le dernier reliquat de l’autorité : la police.
Pas de malentendu, le fracas du monde implique une mobilisation constante de ceux qui nous gouvernent, mais elle apparaîtra comme une diversion si rien n’est fait pour mettre fin au chaos intérieur. Laurent Nuñez dit qu’il ne s’agit en rien d’un « échec », mais, quand les voyous n’ont plus peur de la police, de la justice, de la sanction, où est le succès ?
La vérité, c’est que tout le monde a en tête les conséquences de la mort dramatique du jeune Nahel Merzouk suite à un refus d’obtempérer. Quatre jours d’émeutes dans toute la France, 12 000 voitures brûlées, des centaines de bâtiments incendiés, 45 000 forces de l’ordre mobilisées. Pour éviter une nouvelle explosion, le pouvoir met la violence sous le tapis des périls extérieurs, concentre ses efforts sur la question des réseaux sociaux. L’ordre public attendra 2027… La police et les Français, pourtant, ne veulent pas attendre : la chienlit, c’est maintenant.
Source : Le Figaro 4/02/2026
09:39 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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mardi, 03 février 2026
Pas de sous-SMIC pour les jeunes ! 3
Thomas Joly - Président du Parti de la France
C'est proprement scandaleux qu’en 2026 on remette sur la table l’idée d’un contrat à deux vitesses : un CDI « jeunes » qu’on pourrait rompre sans motif les premières années et qu’on paierait… moins qu’un vrai salaire ! On croyait ces idées enterrées depuis l’échec retentissant du CPE en 2006, et voilà que le MEDEF ressuscite, en plus cynique, ce CDI pliable et fragile pour les primo-entrants sur le marché du travail.
Proposer un salaire en dessous du SMIC à des jeunes qui n’ont déjà pas de pouvoir d’achat, c’est humiliant et injuste. Le SMIC est déjà trop bas pour vivre dignement en France : comment accepter des propositions qui entérinent une précarité structurelle pour ceux qui commencent leur vie active ?
Si l’on veut vraiment plus de flexibilité pour l’embauche ou le licenciement, qu’on l’applique à tous les salariés, qu’on réforme le Code du travail dans sa globalité ! Il ne s’agit pas de sacrifier une génération en échange d’un peu plus de liberté pour le patronat. La valeur du travail ne se discute pas par classe d’âge ou par habilité à payer moins cher.
Et on ne peut pas parler des salaires sans évoquer le véritable boulet de notre économie : le poids des prélèvements sociaux. Chaque entrepreneur et chaque salarié supporte un fardeau énorme, financé par des cotisations et des taxes qui plombent le coût du travail et réduisent le net perçu. Pendant ce temps, ils doivent assumer le financement de retraites déjà promises à des boomers qui vivent souvent mieux que les actifs, un système d’assistanat généralisé et une immigration de masse qui pèse sur les services publics et les salaires. L’État obèse, sa bureaucratie étouffante et ce système fiscal confiscatoire étouffent toute initiative.
Au lieu de créer une société à deux vitesses, on devrait libérer la croissance, alléger les charges sociales, donner du pouvoir d’achat réel et permettre à tous les Français, jeunes ou moins jeunes, de travailler dignement pour un vrai salaire. C’est là que réside la véritable réforme.
23:54 Publié dans Thomas Joly | Lien permanent | Commentaires (0) |
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De « présumés innocents » à « présumés coupables »
La chronique de Philippe Randa
L’incendie d’un bar à Crans-Montana, en Suisse, le 1er janvier et son terrible bilan – 40 morts et 116 blessés – ont légitimement bouleversé l’opinion publique des pays limitrophes de la Suisse et sans doute bien au-delà… et les médias ont largement rapportés les faits connus ou découverts jour après jour, tout autant que l’émotion, voire la colère, des familles de victimes ou de certains témoins du drame. C’est leur rôle.
Ce qui l’est moins, en revanche, c’est que bien peu d’entre eux n’ont tempéré les excès de certaines accusations, en premier lieu contre le couple Moretti, propriétaires français de l’établissement, en second lieu contre la justice suisse qui aurait « tardé » à incarcérer Jacques Moretti (seulement le 9 janvier), tout en laissant « libre » sa femme Jessica, puis « libéré » le premier après « seulement » 15 jours de détention, décision qui offusque la dirigeante italienne Giorgia Meloni : celle-ci a ainsi exprimé « la vive indignation du gouvernement et de l’Italie » (dont six ressortissants ont trouvé la mort dans le drame) et a jugé que « cette décision représente une grave offense et une nouvelle blessure infligée aux familles des victimes de la tragédie de Crans-Montana et à ceux qui sont encore hospitalisés. »
Ce « faits-divers », certes ô combien abominable, ne se cantonne donc plus à une simple tragédie humaine, mais se déplace sur un terrain politique, de façon assez étonnante puisque de motivations politiques ou religieuses, il n’y aurait trace, sauf rebondissements éventuels et à jusqu’à ce jour, peu probables.
Le rôle de la Justice est avant tout une recherche de la vérité, puis de jugement sans affect ; comme elle l’a expliqué, la mise en détention de Jacques Moretti n’était que « préventive » et ne se justifiait que par les « craintes d’une possible fuite », ce que le versement d’une caution de 200 000 francs suisses (215 000 euros), assorti de « mesures de substitution » (confiscation du passeport, interdiction de voyager, sans port d’un bracelet électronique, mais avec obligation de se présenter une fois par jour au commissariat de police) semble écarter.
Ajoutons qu’une « cavale » n’est guère à la portée de tout le monde : Jacques Moretti et son épouse, même pour ceux qui les détestent le plus, ne sont pas d’importants maffieux, disposant de complices et de moyens financiers suffisants pour espérer échapper à Interpol ; et encore, rares sont les grands maffieux à échapper à une arrestation ad vitam æternam…
Au-delà de cette objection, la détention de Jacques Moretti (sinon de son épouse) se justifiait-elle réellement alors que le couple n’est ni jugé, ni condamné et que son « entière » responsabilité n’est pas encore établie ?
La « présomption d’innocence » désormais obligatoire avant toute condamnation pour n’importe quelle personne dont, souvent, les délits sont pourtant avérés, ne peut-elle leur bénéficier, eux qui n’ont tout de même pas orchestré sciemment cette tragédie et dont on peut légitimement penser qu’elle les affecte humainement, sinon autant que les familles des victimes, du moins certainement, eux aussi ? Ce qui, bien sûr, n’exclut en rien leurs éventuelles et peut-être lourdes responsabilités. Et leurs condamnations futures si telles est le cas.
Sans se faire en aucune façon leur avocat, mais simplement pour tenter de raison garder, n’est-il pas indispensable de laisser la police et la justice œuvrer sans passions, sans pressions, afin d’établir si d’autres personnes, voire des institutions, n’auraient pas une part – et quelle part – de responsabilité dans ce drame et dans son ampleur ?
Beaucoup s’insurge souvent, à juste titre et moi le premier, contre le laxisme judiciaire de « présumés innocents »… mais le lynchage populaire de « présumés coupables » n’est-il pas tout aussi indigne ?
18:52 Publié dans Philippe Randa | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Nuremberg, ou l’histoire mise en scène
Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées
Ce dimanche matin d’hiver, attablé dans ma cuisine bretonne, face à une fenêtre que le vent d’ouest gifle avec méthode, je parcours distraitement la presse étrangère. Sur l’écran de l’ordinateur apparaît une longue tribune du Kyiv Post, signée par Bohdan Nahaylo, consacrée au film américain récemment sorti sous un titre volontairement nu, Nuremberg. À mesure que je progresse dans le texte, une impression familière s’impose, celle d’une œuvre qui prétend transmettre l’Histoire tout en la remodelant selon les exigences d’une mémoire étrangère à l’événement qu’elle prétend raconter.
Le journaliste ukrainien commence par reconnaître ce que le film doit à la virtuosité hollywoodienne. Les acteurs sont solides, parfois remarquables, la reconstitution du Palais de justice de Nuremberg est minutieuse, presque obsédante, la solennité des scènes d’audience produit son effet. Rien n’est laissé au hasard sur le plan esthétique. Le problème, insiste-t-il, n’est pas formel. Il est politique, mémoriel, presque métaphysique. Sous l’apparence d’un récit universel, le film propose en réalité une lecture étroitement américaine du Tribunal militaire international.
Le cœur de la critique tient à cette américanisation radicale d’un événement qui, historiquement, ne l’était pas. Le tribunal de Nuremberg fut une construction à quatre puissances, États-Unis, Royaume-Uni, Union soviétique et France. Chacune apportait son juge, ses procureurs, ses traditions juridiques, ses priorités politiques. Dans le film, cette pluralité disparaît. Le spectateur a l’impression d’assister à une confrontation morale quasi exclusive entre procureurs américains et accusés allemands, avec une présence britannique purement décorative. La France est absente, purement et simplement, comme si elle n’avait été qu’un territoire libéré sans voix propre, et non une puissance victorieuse dotée d’une magistrature et d’une réflexion juridique.
L’effacement le plus grave demeure cependant celui de l’Union soviétique. Le Kyiv Post insiste longuement sur ce point, et l’on comprend pourquoi. À Nuremberg, les Soviétiques ne furent ni marginalisés ni secondaires. Le juge Nikitchenko, le procureur Rudenko, jouèrent un rôle central, notamment dans les interrogatoires les plus vifs, ceux de Göring. Surtout, l’Union soviétique représentait de fait les peuples qui avaient payé le tribut le plus lourd à la guerre. Des dizaines de millions de morts, des villes rasées, des villages entiers anéantis en Ukraine, en Biélorussie, en Russie occidentale. En gommant la présence soviétique, le film efface mécaniquement ces morts-là. Il réduit la guerre à un affrontement occidental, comme si l’Est de l’Europe n’avait été qu’un décor lointain, une zone grise sans chair ni mémoire.
Cette omission entraîne une seconde déformation, plus subtile mais tout aussi décisive. Le film place la tragédie vécue par le judaïsme européen au centre absolu du procès, comme si elle en avait constitué, dès l’origine, l’axe unique. Or, rappelle la tribune ukrainienne, à Nuremberg le génocide des Juifs d’Europe n’est pas un chef d’accusation autonome. Il s’inscrit dans l’ensemble plus vaste des crimes contre l’humanité, au même titre que l’extermination méthodique des prisonniers de guerre soviétiques, les famines organisées, le travail forcé, la destruction planifiée des élites et des cultures nationales dans les territoires occupés. Le tribunal s’attache d’abord à la guerre d’agression, au crime contre la paix, concept largement promu par les Soviétiques, qui voulaient faire de l’attaque elle-même un crime international.
Ce déplacement mémoriel n’est pas innocent. Il projette sur 1945 une hiérarchie des souffrances et des crimes qui s’est construite bien plus tard. Les Alliés, à l’époque, savaient ce qui se passait dans les camps, les services de renseignement en avaient connaissance, mais ils n’en avaient pas fait une priorité stratégique. Ils n’ont ni bombardé les voies ferrées d’Auschwitz ni réorienté la guerre autour de cette question. Faire croire que Nuremberg fut d’abord et avant tout le procès du génocide relève donc d’un anachronisme moral, confortable pour notre conscience actuelle, mais historiquement faux.
Je lis ces lignes en repensant à un souvenir ancien. Dans ma jeunesse, attendant la naissance de mon premier enfant, je passais de longues heures à la bibliothèque municipale de Rennes. Elle se trouve à quelques pas de la maternité, comme si le temps des livres et celui des naissances se répondaient. J’y consultais, volume après volume, les transcriptions intégrales du procès de Nuremberg. Une masse écrasante de papier, de procédures, de dépositions, souvent arides, parfois décourageantes.
De cet ensemble monumental, une seule partie me parut réellement vivante, presque charnelle, les interrogatoires du maréchal Göring. Là, soudain, le procès cessait d’être un rituel figé pour devenir un combat verbal. Göring se défendait avec une intelligence redoutable, une ironie parfois glaçante. Il opposait au procureur américain une logique d’État, une rhétorique de la souveraineté, dénonçant déjà ce qu’il appelait la justice des vainqueurs. Ces échanges furent, sans conteste, l’un des sommets du tribunal. Que les scénaristes américains se soient concentrés sur cet homme, sur cette joute, est parfaitement compréhensible. Göring offrait un personnage tragique, brillant, haïssable et fascinant, idéal pour la dramaturgie.
Il est tout aussi compréhensible qu’ils aient choisi une cause dominante, un récit clair. L’histoire, dans la mémoire collective, ne se conserve jamais dans sa totalité. Elle se condense. Les guerres de Religion françaises se réduisent souvent, dans l’imaginaire commun, aux massacres de la Saint-Barthélemy. Peu importe que les historiens aient depuis longtemps déconstruit cette vision simpliste, pour beaucoup, la couronne a décidé un jour d’égorger les protestants parisiens. La mémoire fonctionne par symboles, non par dossiers.
Ce mécanisme est encore plus visible dans le domaine religieux. L’Église catholique a toujours intégré son passé, y compris ses parts sombres. Elle les a ritualisées, nommées, commémorées. Le culte des saints, les martyrs, les récits de persécution ont constitué une immense machine mémorielle. Le catholicisme n’a jamais cherché à effacer ce qui dérange, il l’a absorbé, transfiguré, inscrit dans un récit long. Le protestantisme, à l’inverse, par méfiance envers le culte des morts et des images, a souvent laissé son passé se dissoudre. Il a produit moins de récits, moins de figures incarnées, moins de mythes durables. À long terme, c’est le récit entendu qui l’emporte sur la vérité historique.
Ce rapport inégal à la mémoire se retrouve dans l’histoire des nations. Les Anglo-Saxons ont su imposer leur lecture du passé par une production culturelle massive, cohérente, obsessionnellement répétée. L’Espagne en est sans doute l’exemple le plus frappant. Durant des siècles, elle a subi la légende noire antihispanique, forgée par ses ennemis protestants et reprise sans distance par la littérature et le cinéma anglo-saxons. L’Inquisition, la conquête de l’Amérique, l’Empire espagnol ont été réduits à une caricature sanguinaire, alors que les violences comparables des puissances protestantes ou libérales étaient relativisées, voire justifiées.
Il est frappant de constater que les Espagnols ne commencent que récemment à revendiquer leur passé, à contester cette légende noire, à produire leurs propres récits. Longtemps, ils ont intériorisé la culpabilité imposée de l’extérieur. Hollywood, les romanciers anglophones, les séries historiques ont continué à marteler une vision univoque, dans laquelle l’Espagne incarne le mal archaïque, pendant que l’Angleterre ou les États-Unis se présentent comme les vecteurs naturels du progrès et de la morale.
Dans cette perspective, le film Nuremberg ne fait que s’inscrire dans une tradition bien rodée. Il oublie les Alliés non américains, il gomme les ambiguïtés, il transforme un acte de puissance politique en geste moral universel. Or, le tribunal de Nuremberg n’était pas une cour de justice au sens classique. Il relevait d’un rapport de forces. La rétroactivité des incriminations, l’absence totale d’examen des crimes alliés, les compromis passés avec Staline montrent qu’il s’agissait avant tout d’un acte fondateur de l’ordre d’après-guerre. La justice y était subordonnée à la victoire.
Il existe dans l’histoire d’innombrables procès intentés par des vainqueurs à des vaincus. Ils répondent moins à une exigence de vérité qu’à un besoin psychologique, celui de s’installer définitivement dans le camp du bien. Le cinéma, lorsqu’il s’en empare sans distance, transforme ces moments en mythes édifiants, au prix d’une simplification radicale.
Il arrive cependant que la création littéraire ou artistique serve la vérité profonde du passé. Marguerite Yourcenar, avec Les Mémoires d’Hadrien, a fixé durablement l’image d’un empereur philosophe. Elle n’a pas inventé, elle a interprété avec rigueur des traces fragmentaires, elle a donné chair à des inscriptions. Désormais, quels que soient les travaux savants, c’est ce visage-là d’Hadrien qui demeure dans l’esprit des générations.
La majorité de la production cinématographique anglo-saxonne suit une autre logique. Elle fabrique des récits efficaces, émotionnels, nationalement utiles. Inutile de s’en lamenter indéfiniment. La mémoire appartient à ceux qui la racontent. Le seul moyen de renverser la vapeur consiste à produire, à notre tour, des récits, des films, des livres, capables d’imposer une autre vision du passé. Celui qui renonce à raconter son histoire accepte, tôt ou tard, de vivre dans celle des autres.
Source Breizh info cliquez ici
14:18 Publié dans Balbino Katz | Lien permanent | Commentaires (0) |
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lundi, 02 février 2026
Samedi 21 février, en Normandie : réunion nationaliste avec Yvan Benedetti
23:46 Publié dans Combat nationaliste et identitaire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Large victoire de la droite de conviction au Costa Rica
20:32 Publié dans Michel Festivi | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Sarah Knafo ou l’énigme que Libération ne sait pas lire
10:16 Publié dans Balbino Katz | Lien permanent | Commentaires (0) |
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2 février : c'est la Chandeleur !
09:43 Publié dans Informations nationales | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Aux Européens de gérer la question russe

Thomass Gomart est le directeur de l’Institut français des relations internationales. Il vient de publier un ouvrage, Qui contrôle qui ? (Tallandier). Où il analyse en historien les nouveaux antagonismes qui régissent le monde et donne des pistes pour penser l’avenir. Dans le chaos actuel, les Européens vont devoir gérer l’émergence de ces nouveaux empires que sont l’Amérique, la Chine, l’Inde et la Russie. Mais sommes-nous armés pour le faire ?
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Source : La Tribune dimanche 1/02/2026
08:58 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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dimanche, 01 février 2026
Antoine Valentin de L’UDR, terrasse le candidat LR
Michel Festivi
23:51 Publié dans Michel Festivi | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Tous contre Trump. Les lâchetés françaises

Une fois de plus, Pascal Praud, chroniqueur avisé du Journal du dimanche met le doigt où ça fait mal, à sa voir sur nos propres lâchetés non seulement médiatiques mais également sociétales. Ah, cette bonne presse qui met sur un pied d’égalité un mort à Minneapolis et 35 000 morts en Iran. Cette même presse qui passe sous silence les victimes au profit des assassins. Ainsi va la France d’aujourd’hui avec la complicité d’une pseudo élite qui ne cessent de nous faire prendre les vessies pour de lanternes.
Lire la suite ICI
Source : Le Journal du dimanche 01/02/2026
11:17 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Soutien au courageux maire de Chessy (77) qui refuse de marier un hors-la-loi en situation irrégulière...
Michel Festivi
Je vous ai déjà relaté l’attitude plus que valeureuse du maire de Chessy, en Seine-et-Marne, Olivier Bourjot, et de ses adjoints, qui ont démissionné comme un seul homme, d’un coup d’un seul, pour s’opposer à devoir marier un algérien de 39 ans, en situation totalement irrégulière sur notre sol, qui avait fait l’objet d’une OQTF en 2022, ladite ordonnance étant devenue caduque pour ne pas avoir été appliquée dans le délai de trois ans, comme des milliers d’autres.
Le préfet avait refusé leurs démissions, et dés lors le couple par son avocat a saisi le tribunal judiciaire de Meaux et il y a quelques jours, une astreinte de 500€ par jour a été fixée jusqu’à la publication des bans, et ensuite de 3.000€ par jour pendant un mois, si la date du mariage prévue n’était pas tenue. Mais l’édile reste droit dans ses bottes et refuse de se plier à cet oukase avec des propos courageux et de plus grand bon sens.
00:06 Publié dans Michel Festivi | Lien permanent | Commentaires (0) |
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samedi, 31 janvier 2026
Sarah Knafo était vendredi soir sur C News
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Insécurité et délinquance : les chiffres officiels publiés en 2026 pour 2024

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a publié dans son édition de 2025 des Chiffres clés de l’insécurité et de la délinquance un document de référence qui dresse un panorama complet des crimes et délits enregistrés en France en 2024 par la police et la gendarmerie nationales. Ces données, définitives, permettent de mesurer précisément l’évolution des violences, des vols, des escroqueries et du sentiment d’insécurité ressenti par la population.
Violences : une progression marquée depuis plusieurs années
En 2024, 976 homicides ont été enregistrés en France, un chiffre en légère baisse sur un an (-2 %), mais qui reste supérieur aux niveaux observés au milieu des années 2010. Les tentatives d’homicide, en revanche, poursuivent leur hausse avec 4 290 victimes, soit +7 % sur un an et +8 % en moyenne annuelle depuis 2016.
Les violences physiques enregistrées atteignent près de 450 000 victimes, en augmentation continue depuis huit ans (+6 % par an depuis 2016). Les violences sexuelles, quant à elles, concernent 122 400 victimes, dont 46 100 viols ou tentatives de viol, avec une hausse annuelle de 9 % en 2024 et de 15 % en moyenne depuis 2016.
Violences intrafamiliales et conjugales : des volumes très élevés
Les violences intrafamiliales représentent une part importante des faits enregistrés. En 2024, 272 400 victimes de violences conjugales ont été comptabilisées, un niveau stable par rapport à l’année précédente mais en hausse structurelle depuis 2016 (+10 % par an). 84 % des victimes sont des femmes, et 86 % sont de nationalité française.
Les violences physiques intrafamiliales touchent particulièrement les mineurs : 48 % des victimes de violences intrafamiliales non conjugales sont mineures, un chiffre qui souligne le poids de ces infractions dans le cadre familial.
Vols et atteintes aux biens : des tendances contrastées
Les vols sans violence contre les personnes concernent plus de 607 000 victimes, tandis que les vols violents sans arme atteignent 48 300 faits, en baisse sur l’année mais à un niveau toujours supérieur à celui observé dix ans plus tôt.
Les vols de véhicules poursuivent leur recul avec 137 600 véhicules volés, mais les vols et dégradations liés aux véhicules restent élevés, avec 352 100 faits recensés. Les cambriolages de logement s’élèvent à 218 200 infractions, un niveau globalement stable.
Les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement représentent l’un des volumes les plus importants de la délinquance enregistrée, avec 417 300 victimes en 2024. Les infractions liées au numérique atteignent 398 700 faits, en hausse de 11 % sur un an et de 12 % par an depuis 2016. Près des deux tiers concernent des atteintes aux biens facilitées par l’usage d’outils numériques.
Mis en cause et élucidation : des écarts importants selon les infractions
Les taux d’élucidation varient fortement selon la nature des crimes et délits. Les homicides affichent un taux d’élucidation de 79 %, contre 55 % pour les violences physiques et seulement 16 % pour les violences sexuelles. Les vols, notamment sans violence, restent très faiblement élucidés, avec des taux compris entre 6 % et 7 %.
En 2024, 290 600 personnes ont été mises en cause pour usage de stupéfiants, un chiffre en hausse de 11 % sur un an, tandis que 52 300 mis en cause concernent le trafic de stupéfiants.
Géographie de la délinquance : une concentration urbaine marquée
La délinquance enregistrée reste fortement concentrée dans les zones urbaines. Les 22 principales métropoles regroupent plus de 80 % des victimes, et l’Île-de-France concentre à elle seule 58 % du total des victimes, alors qu’elle représente environ 19 % de la population nationale.
Les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) affichent des taux de violences et de vols sensiblement supérieurs à la moyenne nationale pour de nombreuses infractions.
Le sentiment d’insécurité continue de progresser. En 2024, 15 % des Français déclarent se sentir en insécurité à leur domicile, 22 % dans leur quartier ou leur village, et 42 % dans les transports en commun. Cette perception est particulièrement marquée chez les jeunes de 18 à 24 ans, les chômeurs et les habitants des QPV.
La satisfaction à l’égard de l’action des forces de sécurité intérieure atteint 56 % au niveau national, un chiffre relativement stable, mais qui masque de fortes disparités selon les territoires et les profils sociaux.
Source : breizh.info
10:26 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Journal du chaos

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07:39 Publié dans Le Journal du Chaos hebdo | Lien permanent | Commentaires (0) |
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vendredi, 30 janvier 2026
Décès de notre camarade Eric Vieux de Morzadec
Je viens d'apprendre la disparition de notre camarade Eric Vieux de Morzadec, militant de la cause nationale depuis toujours. Il avait commencé à Ordre nouveau puis au Front de la Jeunesse alors qu'il était lycéen. Par la suite, il resta toujours fidèle à ses engagements et à ses amis de l'époque.
Garçon attachant et haut en couleur, il s'était beaucoup intéressé à l'Histoire de la Confédération des Etats du Sud. Il vécu aussi un temps dans le sud-est asiatique.
A plusieurs reprise il a participé à nos Journées annuelles de Synthèse nationale. Il venait dédicacer ses livres costumé en officier sudiste. Pittoresque, Eric ne faisait jamais les choses à moitié.
Ayons tous une pensée pour lui.
Roland Hélie
Voici la réaction de notre Ami Michel Vial qui l'a bien connu :
Encore un décès. Notre camarade et ami Eric Vieux de Morzadec a rendu l’âme jeudi à l’hôpital de Vichy. Je le connaissais depuis les années 70 à l’époque où nous étions militants et je l’avais retrouvé à l’UNP (Union nationale des Parachutistes) où il a siégé comme administrateur. Il avait servi comme officier traducteur au Cambodge, un pays qu’il aimait comme il aimait son peuple. C’était un ami profondément humain et sa disparition crée un vide. Repose en paix, Éric.
19:42 Publié dans Nous avions un camarade... | Lien permanent | Commentaires (0) |
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La croix celtique soumise à l'interprétation des juges rouges
Thomas Joly - Président du Parti de la France
En mai 2022, lors d’un match à Lorient, un supporter du Stade de Reims déploie un drapeau comportant une croix celtique, symbole qui n’est pas interdit par la loi française ; il vient pourtant d'être condamné à 4.000 euros d’amende, interdit de stade pendant dix-huit mois, et sommé de verser 2.000 euros à SOS Racisme.
Cette décision ne repose pas sur le droit mais sur une construction idéologique dangereuse : incapable d’interdire un symbole légal, la justice invente un délit d’intention en s’abritant derrière la notion floue de « contexte ».
C’est une rupture assumée avec le sacro-saint « État de droit », puisque la loi n’est plus la même selon l’opinion supposée de celui qui s’exprime. Les juges ne sanctionnent plus des faits objectifs, ils interprètent politiquement des gestes pour leur faire dire ce qu’ils veulent y voir. Cette jurisprudence est redoutable parce qu’elle est extensible à l’infini et qu’elle permet de transformer toute expression légale en infraction potentielle. Aujourd’hui un drapeau dans un stade, demain une opinion sur un plateau, après-demain une simple pensée jugée déviante.
Le football n’est ici qu’un prétexte : le véritable objectif est d’imposer une police idéologique et d’intimider ceux qui refusent de se soumettre au dogme dominant, pendant que des associations militantes prospèrent sur la judiciarisation du débat politique.
19:17 Publié dans Thomas Joly | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Entretien avec Francis Bergeron, auteur de Antoine-Augustin Parmentier le bourru bienfaisant aux éditions Déterna & Synthèse nationale
Propos recueillis par Fabrice Dutilleul
pour le site EuroLibertés
« Ce talent de Parmentier à mettre en scène ses découvertes, en organisant des dîners de savants aux Invalides, en offrant des fleurs de pomme de terre à Marie-Antoinette ou en faisant boire du sirop de raisin à Napoléon pendant le blocus britannique, furent de géniales opérations de communication, qui ont fait gagner un demi-siècle aux Français dans leurs bonnes habitudes alimentaires, et dans la disparition définitive des disettes »
Rares sont les personnes dont le nom de famille est devenu ensuite un nom commun. Il y a bien l’empereur Vespasien et ses urinoirs (en réalité un impôt sur la collecte de l’urine) ou encore le préfet Poubelle qui contribua à l’assainissement des villes par son système de ramassage des ordures.
Mais pour ce qui concerne Parmentier, on associe certes son nom aux pommes de terre, mais sans exactement savoir pourquoi. Car il est de notoriété publique que Parmentier n’a pas rapporté d’Amérique les précieuses tubercules et qu’il n’a évidemment pas « inventé » les pommes de terre. Parmentier n’est pas davantage un auteur de recettes de cuisine ayant imaginé le parmentier de canard ou le hachis parmentier.
Francis Bergeron nous raconte dans sa biographie Antoine-Augustin Parmentier, le bourru bienfaisant, l’histoire de ce bienfaiteur de l’humanité, qui mit fin aux famines en France.
Si Parmentier n’est pas l’inventeur de la pomme de terre, alors qui était-il ?
Originaire de Montdidier dans la Somme (un musée y est actuellement en cours d’aménagement), le jeune Antoine-Augustin Parmentier est devenu pharmacien (on disait « apothicaire » à l’époque) tout-à-fait par hasard : obligé de travailler dès l’âge de 13 ans, il s’est passionné pour ce métier et – par capillarité, pourrait-on dire – va aussi s’intéresser à tout ce qui peut améliorer la vie, la santé de ses contemporains : nourriture, hygiène, agronomie, Il a révolutionné aussi nos habitudes alimentaires. Il a inventé le concept assez à la mode, aujourd’hui, sous le nom d’« alicaments », les aliments qui soignent, qui prolongent la vie, qui guérissent.
Grâce à ses travaux sur le lait, le blé, le raisin, le maïs et surtout la pomme de terre, il a mis un terme définitif aux famines qui, tous les dix ans, ravageaient et dépeuplaient notre pays. C’est de là qu’il tient son extraordinaire popularité.
Parmentier était un altruiste absolu, un philanthrope, un grand chrétien, une sorte de moine savant, ayant consacré sa vie entière à aider son prochain. On aime les grands hommes, en France, on leur donne des noms de rues ou d’aéroports, quitte à les débaptiser plus tard quand survient la disgrâce publique, à bon ou mauvais escient. Parmentier est honoré par des statues, par la philatélie, par des rues et même par des usines de transformation des aliments, sous le nom de « Parmentine ».
Toute une « légende dorée » s’est développée autour de Parmentier, de sa vie, des obstacles qui ont été opposées à ses recherches. J’ai consacré un chapitre à trier le vrai du faux. Mais comme le fait dire John Ford à l’un de ses héros : « Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende. »
Vous êtes l’auteur de nombreuses biographies, consacrées essentiellement à des écrivains, des intellectuels, ou à des aventuriers. Avec Parmentier, vous vous intéressez à un savant, un personnage qui sort donc de vos champs d’investigation habituels. Pourquoi ?
Il m’a fasciné car outre son intelligence, son altruisme, et sa passion inconditionnelle pour la recherche, il était extraordinairement moderne dans l’utilisation des moyens utilisés pour populariser ses découvertes, par exemple l’implication de la cour de Louis XVI ou de l’entourage de Napoléon pour pousser les Français à manger des pommes des terre, malgré les anathèmes stupides portés à l’encontre de ce tubercule. Il a compris avant tout le monde les ressorts intellectuels de la mode, voire du snobisme : c’est à partir du moment où la gens de la Cour ont introduit les pommes de terre dans leurs menus que les gens du peuple ont cherché à faire de même. Avant cela, ils croyaient que ce tubercule pouvait donner la lèpre ou provoquer des « endormissements » dangereux !
Ce talent de Parmentier à mettre en scène ses découvertes, en organisant des dîners de savants aux Invalides, en offrant des fleurs de pomme de terre à Marie-Antoinette ou en faisant boire du sirop de raisin à Napoléon pendant le blocus britannique, furent de géniales opérations de communication, qui ont fait gagner un demi-siècle aux Français dans leurs bonnes habitudes alimentaires, et dans la disparition définitive des disettes.
Vous avez apparemment eu accès à des documents inédits sur Parmentier.
Des documents et des objets, oui. Des correspondances, le testament de Parmentier, sa bibliothèque etc. Sa Légion d’honneur, donnée par Napoléon, se trouve désormais à la Maison de la légion d’honneur.
La descendance de Parmentier est parfaitement identifiée. Le livre est préfacé par un saint-cyrien, Maurice Parmentier, aujourd’hui décédé, représentant de la sixième génération depuis Antoine-Augustin.
En fait, Parmentier ne s’est pas marié, n’a pas eu d’enfants ; il a fait ses recherches et expériences au laboratoire des Invalides, a organisé ses célèbres dîners avec sa sœur, qui a été veuve très jeune. Parmi les descendants du grand Parmentier, on trouve aussi Christian Parmentier qui a trouvé une mort héroïque en avril 1945, à l’âge de 18 ans, lors d’un assaut contre les Allemands qui occupaient encore, à cette date, la pointe de Grave, et aussi Caroline Parmentier, députée (RN) du Pas-de-Calais depuis 2022.
Vous consacrez deux chapitres de votre biographie au sort des savants pendant la Révolution et vous n’hésitez pas à parler de « chambres à gaz » à propos de recherches exigées des savants de l’époque pour l’extermination des Vendéens. De quoi s’agit-il en fait ?
« La République n’a pas besoin de savant » : on connait l’affreuse formule du président du tribunal révolutionnaire, qui a conduit Lavoisier – et d’autres savants, d’ailleurs – à l’échafaud. Parmentier a vécu sous Louis XV, Louis XVI, la Révolution, Bonaparte, puis Napoléon. Lavoisier était un collègue et ami de Parmentier. Il participait aux diners de savants des Invalides. Son sort tragique reste dans toutes les mémoires.
J’ai étudié la façon dont Parmentier, Bayen et d’autres ont réussi à échapper au « rasoir » républicain. L’exercice fut périlleux durant la Terreur. En relisant les travaux de l’historien Reynald Secher, j’ai retrouvé en effet les travaux qui avaient été exigés de savants pour inventer un gaz capable d’exterminer massivement les Vendéens, en les enfermant dans des églises, par exemple. Cela ressemble furieusement aux chambres à gaz de la dernière guerre. Tout cela est documenté, en particulier dans les études de Secher.
Des savants se firent les complices de ces recherches (qui n’aboutirent pas). D’autres savants émigrèrent. Parmentier figurait sur la liste des suspects et il fut « décrété d’arrestation ». Sa seule appartenance à différentes sociétés savantes, avant la Révolution et au début de celle-ci, le mettaient en grand danger. Il réussit toutefois à se faire muter dans la région de Marseille, officiellement pour réorganiser les pharmacies militaires du secteur, mais surtout pour se faire oublier.
Même chez Parmentier on trouve un peu de cet esprit aventurier : il faut dire que certaines périodes de notre Histoire sont propices aux aventures risquées, notamment celles qui correspondent à la vie de ce savant.
Antoine-Augustin Parmentier le bourru bienfaisant, par Francis Bergeron, collection « Bio », co-éditions Déterna & Synthèse nationale, 2025, 134 pages, 20,00 €. Pour commander ce livre, cliquez ici.
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S'intéresser à un roi anglais, pourquoi pas...
Il n'est jamais mauvais de s'intéresser à l'histoire de nos voisins... fussent-ils anglais. C'est ce que nous invite à faire notre Ami Bertrand de Ramondy dans son récit littéraire La tragédie d'un Stuart, Jacques II d'Angleterre (édité chez Godefroy de Bouillon).
L'ouvrage est documenté et, même si le sujet est parfois compliqué, il se laisse lire facilement. Laissons à l'auteur le soin de résumer son livre :
"Hiver 1688. Par un coup de force magistral signé de son propre gendre, l’intrigant Guillaume d’Orange, Jacques II d’Angleterre vacille en quelques semaines du trône des Stuart hérité de ses ancêtres. Comment en était-on arrivé là ? Pour tirer ce drame au clair, Bertrand de Ramondy s’est glissé dans la peau d’un roi livré au sort des réprouvés. Sa jeunesse guerroyeuse. Sa conversion au catholicisme. Devenu roi, son impuissance à gouverner une Angleterre gagnée à l’anglicanisme. Dépossédé de sa couronne, son incapacité à la reconquérir. Pour finir, son exil et sa mort sur cette terre de France qui lui offrira son ultime thébaïde.
En dressant le portrait foisonnant d’un monde qui bascule, ce récit au souffle épique autant que coloré nous fait revivre la grande épopée des Stuart. Il nous fait découvrir un homme plus attachant, plus noble, que ce que l’histoire convenue nous a légué de ce roi d’un autre temps. Dans des pages qui font feu de tout bois, l’auteur jongle avec la grande et la petite histoire, faits historiques et séquences romanesques, scènes de guerre et chapelets de poésie dans les splendeurs des territoires du nord. Cela nous vaut une galerie de personnages hauts en couleurs. Outre Guillaume d’Orange, Marie Stuart, le duc de Marlborough, Henri VIII, Olivier Cromwell, le général Dundee et jusqu’au prince Charles-Edouard Stuart qui 45 ans après la mort de son grand-père tentera gaillardement de reconquérir le trône perdu de ses aïeux.
Chemin faisant, laissant courir sa plume hors des sentiers battus, Bertrand de Ramondy ne résiste pas au plaisir de faire des variations sur l’écheveau touffu des relations franco-anglaises, sur le calvaire de vivre en catholique dans un pays hostile en fin XVIIe siècle, sur l’audace indomptable qui habite l’âme aventureuse des guerriers d’Ecosse et d’Irlande, sur les grandeurs du passé, la modernité, la jeunesse, la guerre, la royauté, la foi, la mort, tout en se risquant à faire des va-et-vient entre le monde d’hier et celui d’aujourd’hui. A l’heure où certains ont la prétention d’afficher que le temps des livres est terminé, voici un livre d’altitude qui ne cache pas son ambition de célébrer l’art littéraire comme étant la voix haute pour rendre grâce à l’histoire autant qu’à ceux qui l’ont servie".
La tragédie d'un Stuart, Jacques II d'Angleterre, Bertrand de Ramondy, Godefroy de Bouillon, 2026, 370 pages, 35,00 €
17:11 Publié dans Livres, Un peu d'Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Conférence de Sylvain Ferreira à Lille ce 31 janvier
La section E&R Nord-Pas-de-Calais recevra Sylvain Ferreira ce 31 janvier pour une conférence intitulée « L’inévitable victoire russe en Ukraine ».
Plus de trois ans après le déclenchement de l’opération militaire spéciale par le Kremlin, la victoire russe se dessine chaque jour un peu plus, comme l’avaient annoncé de nombreux observateurs sérieux, mais marginalisés par la presse aux ordres. Alors que les bastions stratégiques de Pokrovsk et de Koupiansk sont tombés aux mains des Russes, combien de temps l’armée ukrainienne exsangue pourra-t-elle encore tenir, avant l’inévitable victoire du Kremlin ? Sylvain Ferreira, historien, fondateur et animateur du réseau Veille stratégique, va tenter de répondre à cette question.
La conférence débutera à 14 h 30 et sera suivie d’une séance de questions/réponses et d’une dédicace.
- Entrée : 10 euros
- Inscription obligatoire sur le site ladll.fr
- L’adresse exacte vous sera communiquée le matin même par courriel
- Présence d’une buvette et d’un stand Kontre Kulture
16:01 Publié dans Sacha de Roye | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Il y a 6 ans, ROGER HOLEINDRE s'en allait
14:03 Publié dans Livres, Nous avions un camarade... | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Dans la collection "Les Grands classiques de Synthèse nationale" : réédition de "L'argent" de Charles Péguy
Ouvrage court et fondamental dans l’œuvre de Charles Péguy, L’argent, qui se veut être originellement une critique de la réforme scolaire de 1902, entremêle les souvenirs de l’auteur pour reconstituer le passage de la France dans les temps modernes et dénoncer les illusions du progrès bourgeois.
À la veille de la Première Guerre mondiale, L’argent parle du basculement de la France vers sa modernité. Un pays qui connaît alors, et pour la première fois de son histoire, une continuité de la république, mais qui a « moins changé depuis Jésus-Christ qu’il n’a changé depuis trente ans ».
L’argent cache en vérité un véritable combat contre les élites intellectuelles de son temps. Une analyse qui reste d’une brûlante actualité.
L'argent, Charles Péguy, Les Grands classiques de Synthèse nationale, n°10, première parution en 1913, 84 pages, 20,00 € (+7,00 € de port)
Pour le commander cliquez ici
00:16 Publié dans La vie de l'association Synthèse nationale, Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Lille, jeudi 12 février : conférence de l'Iliade avec Jean-Yves Le Gallou et Julien Rochédy
Depuis 1945, l’Europe est enfermée dans un cadre moral qui interdit toute réflexion sereine sur l’identité européenne et toute fierté ethnique. Julien Rochedy, dans Qui sont les Blancs ?, démonte ce récit dominant et cherche à redonner aux jeunes Européens des repères sociologiques et historiques devenus tabous.
Cette démarche, engagée de longue date par l’Institut Iliade, ouvre plusieurs débats centraux qui seront discutés lors d’une rencontre avec Jean-Yves Le Gallou : existe-t-il une unité civilisationnelle du « monde blanc » et faut-il parler de Blancs ou d’Européens ? Animée par Romain Petitjean, la discussion reviendra aussi sur la longue histoire européenne et certaines thèses fortes de Julien Rochedy, comme celle de la « cause glaciaire ».
La rencontre aura lieu à Lille, le jeudi 12 février 2026 à 19 h. Échange entre les auteurs, questions du public, vente et dédicaces. Participation : 15 € (30 € tarif soutien), boisson incluse. Places limitées.
Pour s'inscrire cliquez ici
00:12 Publié dans Communiqués de presse, Sortir en ville... ou à la campagne | Lien permanent | Commentaires (0) |
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