lundi, 20 avril 2026
L’envol des rapaces de la République des Lettres
« Sans la diffusion, un livre – serait-ce un chef-d’œuvre ! – n’est pas grand-chose, voire rien. Seule compte la puissance de vente »
Entretien avec Philippe Randa
(Propos recueillis par Guirec Sèvres pour le site Synthèse nationale)
Les éditions Grasset sont-elles vraiment dans la tourmente après le licenciement de leur directeur et le départ annoncé de 130 de ses auteurs ?
Le grand public, comme on dit, n’a généralement pas conscience de ce qu’est le monde de l’édition. Il ne connait que les auteurs, parfois le nom de l’éditeur et n’a qu’une très vague idée de ce qu’est un diffuseur. Auteur, éditeur et diffuseur sont certes indissociables de l’existence d’un livre, mais j’ai l’habitude d’expliquer de façon un peu provocante qu’un auteur, ce n’est rien – Quoi ? Mais qu’est-ce que j’ose dire ?! – qu’un éditeur, ce n’est pas grand-chose – Quoi ? Et en plus j’insiste ?! – et que seule compte en fait la diffusion – Euh ?!…
J’ajoute que je peux me permettre de dire cela, étant moi-même fils d’un romancier qui « vivait de sa plume » (et pas trop mal), que j’ai écris moi-même près de 150 livres qui m’ont assez bien fait vivre… et que les éditions que j’ai créées ont publié près de 1.500 titres différents en 30 ans : je ne dis pas cela par prétention, loin de là – beaucoup ont écris et/ou édité beaucoup mieux que moi, oh que oui ! – mais au moins, cela me permet d’affirmer que sans la diffusion, un livre – serait-ce un chef-d’œuvre ! – n’est pas grand-chose, voire rien. Seule compte la puissance de vente.
Mais alors, ces 130 auteurs des éditions Grasset qui prennent le large, ça n’a pas ou peu d’importance ?
Parmi eux, beaucoup d’inconnus, sauf peut-être de la « République des Lettres », soit un micro-milieu qu’on appelait autrefois « germanopratins » (le quartier Saint-Germain-des-Près à Paris) et qu’on a coutume de surnommer désormais les « entre-sois », soit comme l’a nommé Vincent Bolloré, « une petite caste qui se croit au-dessus de tout ». Tous politiquement de gauche, de centre-gauche ou pour les plus téméraires de centre-droit : des noms que le grand public découvrira avec le désintérêt qu’on imagine.
Quant aux quelques noms connus, est-on certain que les ventes de leurs livres, si certaines ont pu être conséquentes par le passé – je l’ignore et ce n’est même pas certain – le sont encore aujourd’hui ? Parmi ces noms, tiens, prenons celui d’Anne Sinclair. Connue, certes, très connues même, enfin de tous les plus quarante ans. Elle a publié ses deux derniers livres chez Grasset, mais c’était il y a 5 et 6 ans. Qu’elle aille se faire éditer « ailleurs » que chez Grasset – si tant est qu’elle écrive encore à près de 80 ans, mais pourquoi pas et on ne peut que le lui souhaiter – est-ce vraiment un tremblement de terre littéraire ?
Et comme la nature a par principe horreur du vide, Vincent Bolloré a justement émis une évidence : cela permettra à d’autres d’être publiés et de prouver leur talent, si talent ils ont, et le verdict sera alors du ressort des lecteurs et non du copinage politique.
Au-delà de l’avenir littéraire de Grasset, les révélations sur les rémunérations d’Olivier Nora, « passées de 830.000 € à 1,017 millions d’€ » dans un contexte de « performances économiques de la Maison Grasset très décevantes » vous ont-elles choquées ?
Outre le montant vertigineux, c’est surtout les 170.000 € d’augmentation en un an, alors que le chiffre d'affaires de Grasset a baissé sur la même période de 28 % (16,1 millions en 2024 et 12 millions d’€ en 2025) : performances économiques effectivement « décevantes », mais comment nommer alors l’arrogante rapacité frôlant l’inconscience de ce monsieur ? On se dit que même un capo de la DZ Mafia n’aurait sans doute pas osé.
Philippe Randa vient de publier La Macronie à l’agonie, éditions Dualpha, préface de Michel Festivi, illustrations de Miège, 158 pages, 21,00 €. Cliquez ici
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Mercredi 20 mai, à Paris : XVIIe cérémonie des Bobards d'Or organisée par Polémia
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Un nouveau livre édité par Riposte laïque : "Moucron la fin, la France sauvée..."
Voici donc le 28e livre des éditions Riposte Laïque, qui bien sûr n’est qu’une fiction, sachant que toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne pourrait qu’être fortuite…
Dans cet ouvrage, le major Alain Bonte, auteur de L’espérance notre rêve pour la France, nous avait déjà mis l’eau à la bouche par un premier ouvrage que Christine Tasin avait recommandé à tous les Gilets jaunes, mais aussi à tous les Français.
Dans le même esprit, dans Opération Pédalo, notre ami Paul Le Poulpe nous avait concocté en 2014 un scénario haletant où une dizaine d’agents des forces spéciales en retraite avaient entrepris un grand nettoyage, pour le plus grand malheur – dans cette fiction – de personnages ressemblant étrangement à deux anciens présidents de la République, une garde des Sceaux issue des îles, une ministre de l’Éducation nationale musulmane, un philosophe juif de gauche haï par les Français, une journaliste LGBT spécialiste des bobards, un prédicateur islamiste, un grand chef gauchiste, une présidente du Syndicat de la Magistrature et quelques autres collabos étaient victimes d’une invraisemblable série de disparitions mystérieuses ou d’accidents inexpliqués.
Il est vrai que pour parvenir à ce but, quelques libertés seront prises avec les Droits de l’Homme, pour le plus grand malheur de certains Algériens revanchards, d’indépendantistes kanaks, d’antifas, de dealers, de journalistes menteurs, de juges politisés, de politicards corrompus – dont le grand chef des créolisateurs – et même d’un président de la République chargé de détruire son pays.
Bien sûr, une issue politique à la crise sera nécessaire et on verra se mettre en œuvre une Union des Droites avec tous les chefs de chaque composante sous les ordres d’un homme que les habitués de CNews (devenu CNouveau) du vendredi soir reconnaîtront sans problème.
Un peu farceur à ses heures, le Major fera apparaître deux personnages, Catherine Tocsin et Prosper Casseur, que nos fidèles lecteurs reconnaîtront sans doute sans trop de peine.
Moucron la fin, la France sauvée est un livre qui mêle une fiction palpitante où les renégats paient au prix fort le prix de leurs trahisons, où la remigration n’est pas du tout un mot tabou, et un voyage historique qui nous emmène, à travers l’histoire du Domaine, de la France de 1205 à celle de 2027, et qui s’achèvera, bien sûr, comme le dit le titre, par la fin tragique d’un Président honni, déclic qui permettra peut-être à la France, au bord de la disparition, d’être à nouveau sauvée.
Moucron la fin, la France sauvée, Alain Bonte, Riposte laïque, 2026, 298 pages, 22,00€
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dimanche, 19 avril 2026
Seul Monsieur Bally Bagayoko maire de Saint-Denis, aurait-il donc le droit d’évoquer ses origines soninké ?
Certains esprits chagrins ont alors reproché à l’édile élu de la France Insoumise, de revendiquer une « noble » ascendance. Je tiens immédiatement à les rassurer car, se revendiquant en même temps d’une caste de forgerons, il y a par définition antinomie avec la « noblesse ». La société soninké est en effet divisée en castes héréditaires avec, au sommet, les nobles, suivis des castes artisanales (forgerons ou cordonniers) et des esclaves-dépendants. Les forgerons ne sont donc pas considérés comme nobles, même s’ils sont respectés car ils maîtrisent le feu et le travail du fer. Socialement, ils sont inférieurs aux nobles, mais supérieurs aux anciens esclaves-dépendants. La confusion faite par Monsieur Bally Bagayoko vient probablement du fait que les forgerons pouvaient exercer des fonctions de conseil auprès des chefs.
Le but de cette mise au point n’étant pas de traiter de la question du statut social des forgerons chez les Soninké, je peux donc renvoyer ceux qui désireraient approfondir la question à deux publications fondamentales à ce sujet :
- Dianifaba, L ; Diakho,F., (2024) « L’enclume et ses “pouvoirs” : forger dans la société traditionnelle du Gajaaga ». Temporalités, n° 40, 2024.
Mon propos est tout autre. Il a pour cœur une question : serait-il permis aux décoloniaux de toujours présenter l’homme blanc en faisant référence à ses origines sociales, familiales, politiques, et à son passé historique, tout en interdisant à un historien africaniste de faire de même avec un maire nouvellement élu et qui, de lui-même, sans que la question se soit posée avant ses propres déclarations, a fait état de ses origines soninké ?
C’est pourtant ce que fait le site Mondafrique en publiant une tribune intitulée « Bally Bagayoko sommé de rendre des comptes… à ses ancêtres ». Une tribune qui se veut la réponse à mon analyse en date du 5 avril 2026 intitulée Monsieur le Maire Bally Bagayoko, et sinous parlions de l’esclavage héréditaire chez les Soninké ?
Pour l’intérêt du débat, je publie ici intégralement ma tribune du 5 avril 2026 dont seule une partie avait été mise sur le blog de l’Afrique Réelle, le reste étant réservé aux abonnés à la revue :
Début de l’analyse publiée le 5 avril 2026 par l’Afrique Réelle et primitivement réservée aux seuls abonnés à la revue.
Monsieur Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis, est d’origine soninké. Sa famille vient de la région de Koulikoro au Mali. En pointe dans le discours racialiste revanchard, la question « D’où parles‑tu ? » ne lui a jamais été posée. Elle ne pourrait pourtant qu’être bien acceptée par un proche de la France Insoumise puisqu’elle est née dans les milieux maoïstes et gauchistes des années 1968. Une question qui permet aujourd’hui aux décoloniaux et aux héritiers de Foucault, Bourdieu et Althusser de dresser l’acte d’accusation de l’homme blanc. Une interrogation signifiant pour les déconstructeurs que toute prise de parole est située, socialement, politiquement et historiquement, et qu’elle explique donc le discours et les prises de position. Ce que les anglo-saxons ont défini comme la « théorie du point de vue » (standpoint theory).
10:47 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Tribune libre : Les roses de Budapest
Gabriele Adinolfi
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Je l’avais écrit avant les élections du dimanche 12 avril.
Je soutenais que la défaite d’Orbán ne serait pas un drame et que, bien au contraire, elle représentait une opportunité.
Essayons d’en mieux saisir le sens.
Nous ne pouvons pas savoir si Magyar sera à la hauteur de la tâche, ni quelle est la solidité de son caractère. Ne le connaissant pas, nous pouvons suspendre notre jugement et le reporter à l’épreuve des faits.
Pour l’instant, tenons-nous-en au programme du vainqueur
Il apparaît bien plus intéressant que celui du vaincu.
Doublement des fonds en faveur de la natalité, restrictions en matière de politique migratoire, refus — sauf dans des cas exceptionnels et dûment justifiés — du recours à une main-d’œuvre non européenne.
Ensuite : un parti des Hongrois, comme peuple et comme patrie, au-delà de la droite et de la gauche. (Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?) Lutte contre la corruption et contre le système mafieux qui a installé des oligarques dans les autocraties libéro-soviétiques, là comme en Russie.
Positionnement central de Budapest entre l’Est et l’Ouest et pleine affirmation de l’identité européenne, sans aucune déférence à l’égard de Bruxelles.
Si ce sont des roses, elles fleuriront — mais en tous cas ce sont des roses.
Passons maintenant à l’explication de la victoire de ce Premier ministre de quarante-cinq ans, qui a défié et balayé Orbán sur le terrain patriotique.
Magyar a mis l’accent sur la servilité de ce dernier à l’égard des puissances étrangères — en particulier de la Russie — ainsi que sur la corruption endémique d’un pays administré par trois familles d’oligarques.
Le message a porté : Tisza, le parti du challenger, a remporté plus des deux tiers des sièges et environ seize points d’avance sur celui d’Orbán, qui obtient moins de la moitié des élus du vainqueur. Troisième et dernier au Parlement, le Mouvement Notre Patrie, d’inspiration ethnonationaliste, qui, avec environ 6%, décroche une poignée de députés.
Pourquoi Magyar a-t-il écrasé Orbán ?
Parce qu’il a su capter le sentiment d’indignation populaire face au servilisme du gouvernement envers l’impérialisme moscovite, et à l’offense qui en résulte pour la mémoire et le sentiment national.
Dans tous les meetings et toutes les manifestations, la foule reprenait sans relâche les slogans antirusses de 1956.
Pourquoi Orbán avait-il tenu jusque-là
Essentiellement pour deux raisons.
La première tient au fait que les élections précédentes se sont tenues peu après l’invasion russe de l’Ukraine, lorsque la position du dirigeant pouvait encore apparaître équilibrée et pragmatique. Mais, avec le temps, Orbán s’est de plus en plus affirmé comme un satrape de Moscou, une sorte de Loukachenko.
De plus, cette fois, il n’était pas affronté à un front globaliste, « woke » ou LGBT, mais à un front patriotique ; croire qu’il pouvait résister relevait au mieux de la naïveté.
Les ingérences étrangères répétées dans la campagne n’ont pas non plus joué en faveur du Premier ministre sortant. Le soutien de Moscou ne pouvait être qu’un baiser de la mort.
Mais il y a eu plus : en fin de campagne, il a reçu le soutien du vice-président américain Vance et du neveu de Netanyahou, alors même que le carnage au Moyen-Orient se poursuit.
10:41 Publié dans Gabriele Adinolfi | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Le Figaro, la violence et le silence organisé : quand la presse de référence choisit de ne pas voir
Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées
Je me suis installé au bar des Brisants, à la pointe de Lechiagat, un de ces lieux battus par le vent où les phrases prennent une autre densité. Rien ici ne rappelle le Mar Azul de Buenos Aires, ses voix chaudes, ses gestes larges, ses conversations qui s’enchevêtrent comme des cordages. En Bretagne, le réel cogne. Il ne se laisse ni enjoliver, ni contourner.
Ce matin-là pourtant, j’ouvrais Le Figaro. Une double page entière consacrée à la « flambée des violences » qui rattrape désormais les villes moyennes, à cette « marée qui monte inexorablement en France ». Les chiffres du SSMSI, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, c’est-à-dire l’organisme officiel qui centralise les données de la police et de la gendarmerie, sont là, précis, glacés, incontestablesIls montrent d’abord une accumulation, année après année, des faits de violence et d’atteintes aux biens, une progression qui ne relève plus de l’accident mais d’une dynamique installée. Ils révèlent ensuite un basculement des territoires, les villes moyennes, naguère préservées, rejoignant désormais les grandes métropoles dans les niveaux d’insécurité, comme le souligne l’enquête elle-même. Enfin, ils témoignent d’un déplacement des catégories de la délinquance, avec des faits plus collectifs, plus organisés, plus violents, qui transforment en profondeur la nature même des infractions, phénomène observé jusque dans les prétoires de Bobigny. Tout y est, ou presque.
Il faut lire les deux papiers à la loupe pour mesurer ce qui manque. L’immigration n’apparaît que deux fois, furtivement, comme un élément secondaire que l’on évoque à regret. Jean-Marc Leclerc mentionne Matoury, en Guyane, « sur fond d’immigration illégale et de narcotrafic ». Plus loin, il concède que certaines razzias de pavillons sont le fait de « mineurs issus de l’Est ou du Maghreb ». Puis le texte se referme. Silence organisé, silence construit.
Dans l’article de Paule Gonzalès, ce silence devient une méthode. Elle décrit avec une rigueur presque clinique la transformation du tribunal de Bobigny, l’alourdissement des dossiers, la montée des bandes, l’irruption d’une violence collective qui s’installe dans la durée. Le procureur parle de basculement, les audiences s’étirent jusqu’à l’épuisement, les peines s’allongent. Tout est dit, sauf l’essentiel. Le phénomène est décrit comme s’il naissait de lui-même, dans une sorte de vide sociologique, produit spontané de l’impunité ou du narcotrafic.
Ce n’est plus une omission. C’est une construction.
Jean-Marc Leclerc et Paule Gonzalès ne découvrent pas ces réalités. Ils les côtoient, les documentent, les mesurent. Ils savent. Leur écriture n’est pas ignorante, elle est retenue, calibrée, disciplinée. Elle avance jusqu’au seuil, puis s’arrête. Elle montre sans désigner, elle suggère sans nommer. C’est une forme de censure intériorisée, d’autant plus efficace qu’elle ne dit jamais son nom.
Car enfin, les données existent. Elles ne sont pas secrètes, elles ne sont pas clandestines. Elles proviennent des mêmes institutions que le journal mobilise par ailleurs. Elles disent qu’en France, les étrangers représentent environ 8% de la population, mais près de 17 à 18% des personnes mises en cause par les forces de l’ordre. Cet écart n’est pas marginal, il est constant.
Dans certaines catégories, il devient massif. Les cambriolages de logements, les vols violents, les vols dans les véhicules montrent des proportions qui approchent ou dépassent le tiers des mis en cause. Les tentatives d’homicide, les trafics de stupéfiants, certaines formes de violence de rue présentent également des écarts significatifs. Il ne s’agit pas d’une anomalie ponctuelle, mais d’une tendance structurelle.
Plus encore, la répartition géographique de ces étrangers n’est pas neutre. Une majorité provient du continent africain, avec une forte présence du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. Les taux de mise en cause par habitant y apparaissent, selon les infractions, plusieurs fois supérieurs à ceux observés dans la population française dans son ensemble. Ces éléments ne suffisent pas à épuiser l’analyse, mais ils en constituent une donnée centrale.
Or cette donnée centrale disparaît dans l’écriture. Elle est dissoute dans des formulations générales, remplacée par des causes périphériques, diluée dans une sociologie abstraite. L’impunité, la chaîne pénale, la complexification des réseaux, tout cela existe, bien sûr. Mais cela ne saurait tenir lieu d’explication principale lorsque d’autres facteurs, objectivement mesurables, sont systématiquement écartés du récit.
Il y a là moins une erreur qu’un choix. Le choix de ne pas dire, de ne pas relier, de ne pas conclure. Le choix de préserver une frontière invisible entre ce qui peut être écrit et ce qui doit rester implicite. Cette frontière, toute la presse dite de référence la connaît. Elle la respecte avec une constance remarquable.
Dans cette mécanique bien huilée, les noms importent. Jean-Marc Leclerc et Paule Gonzalès signent ces pages, ils en portent donc la charge. Qu’ils s’abritent derrière la prudence, la ligne éditoriale ou l’air du temps n’y changera rien. Un jour, lorsque cette période sera relue avec le recul que donne toujours l’histoire, leurs textes figureront parmi ceux qui auront vu sans dire, décrit sans conclure, approché le réel sans jamais l’affronter. Par crainte d’être disqualifiés, ou par adhésion à un logiciel qui interdit de nommer, ils auront choisi le silence partiel. Et ce choix, qui aujourd’hui se dissimule sous les élégances de l’écriture, ne pourra indéfiniment échapper au jugement.
Je songeais alors à Spengler, pour qui les civilisations finissantes se caractérisent par une perte progressive de la lucidité. Non pas l’ignorance, mais une incapacité à formuler clairement ce que chacun perçoit pourtant. Une fatigue du regard, en quelque sorte. Le Figaro en offre aujourd’hui une illustration presque parfaite, celle d’un journal qui voit tout, décrit beaucoup, mais nomme peu.
Le lecteur, lui, n’a pas besoin de ces précautions. Il voit les transformations à l’œuvre, il les éprouve dans son quotidien, il confronte ce qu’il lit à ce qu’il vit. Et de cet écart naît une défiance croissante, presque irréversible. À force de taire l’évidence, on finit par rendre suspect tout le reste.
Dehors, le vent s’est levé sur la pointe de Lechiagat. Les hommes d’ici savent que la mer ne pardonne pas les erreurs de cap. Encore moins le refus délibéré de regarder l’horizon.
Source Breizh info cliquez ici
10:21 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Sur TV Synthèse nationale, Jacques Mayadoux nous parle du mouvement Ordre nouveau
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samedi, 18 avril 2026
18 avril 1963, Jean de Brem
10:42 Publié dans Jean-François Touzé, Nous avions un camarade... | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Le journal du chaos

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vendredi, 17 avril 2026
17 avril 1975 : le Cambodge sombrait dans l'enfer rouge...
14:06 Publié dans Un peu d'Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Espagne : un accord de gouvernement a été trouvé entre le Parti populaire et Vox en Estrémadure
Michel Festivi
Après la victoire électorale du Parti populaire, mais surtout de Vox en Estrémadure, lors du scrutin du 21 décembre dernier, un accord de gouvernement vient enfin d’être entériné entre d’une part Maria Guardiola, la présidente de cette région pour le Parti populaire, et Oscar Fernandez Calle, le chef de file local de Vox. N’oublions pas, que lors de ce comice, ainsi dénommé en Espagne, Vox avait obtenu 6 sièges de plus et doublé le nombre de ses élus, et le PP, un de plus seulement, sans obtenir de majorité absolue. Un accord était donc indispensable, puisque les deux partis rassemblent 60% des sièges. La date limite était fixée au 4 mai prochain, à défaut, le parlement était dissous, et de nouvelles élections auraient dû intervenir, avec tous les risques politiques possibles.
Les tractations ont été longues et parfois compliquées. Au terme de ces pourparlers, Oscar Fernadez Calle obtient la vice-présidente de la région et le portefeuille de la famille, de la dérégulation et des services sociaux. Un autre élu Vox devient chargé de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement. Une désignation automatique d’un sénateur Vox a aussi été acté, les régions en Espagne désignent un certain nombre de sénateur, en plus de ceux qui sont élus au suffrage direct, ce sera Angel Pelayo Gordillo.
Depuis le patio des orangers, de l’assemblée d’Estrémadure à Merida, Maria Guardiola a annoncé et confirmé cet accord. Des documents échangés entre les deux formations, trois points méritent l’attention. Le premier, la réduction de 50% des subventions aux syndicats, organisations entrepreneuriales et aux entités privées sans utilité publique, des réductions importantes des subventions à la coopération et au développement international. Le deuxième, interdiction des burkas et niqabs dans les rues, et le troisième, plus d’accueils de mineurs étrangers non accompagnés. Ce point avait été à l’origine, il y a quelques années, de la pomme de discorde entre Vox et le PP, ce dernier ayant accepté cet accueil, à la demande plus que pressente de Pedro Sanchez, le chef du gouvernement, qui avait pour habitude de favoriser les implantations des mineurs étrangers non accompagnés, dans les régions dirigées par la droite, ce qui avait alors fait éclater la coalition.
Les mesures de ce plan de gouvernement régional ont été prévues en dix grands chapitres, soixante points et soixante-quatorze mesures. Sans entrer dans tous les détails, on soulignera les principaux, comme assurer la continuité de la centrale nucléaire d’Almaraz et mettre fin à l’écotaxe énergétique automatique ; développer les activités industrielles et éviter que ne se mettent en place dans cette région très agricole, des parcs photovoltaïques qui empiètent sur des terres productives. Une volonté de lutter contre les dérives bruxelloises comme l’agenda 2030 et le pacte vert, ainsi que le Mercosur pour favoriser l’agriculture de cette région qui en a tant besoin. Refuser par tous les moyens légaux, juridiques et politiques les répartitions d’immigrants illégaux ; entreprendre systématiquement des méthodes de preuves pour déterminer l’âge de ces migrants notamment. Refuser toute nouvelle ouverture de centres pour mineurs, supprimer certaines subventions à des ONG, et éliminer des programmes l’enseignement de la langue arabe et de la culture marocaine. Un effort sera accompli pour des baisses d’impôts, les régions espagnoles ayant la maitrise de certaines fiscalités. Une baisse de 0,25% des deux premières tranches d’impôts sur le revenu, et développer les déductions de l’impôt sur les successions et les donations, par un système de bonification. Des incitations fiscales sont aussi prévues en matière immobilière et favoriser ainsi l’accession à la propriété. Des mesures pour faciliter l’expulsion des squatteurs, véritable plaie espagnole, sont envisagées. Des moyens pour encourager la natalité, comme une réduction d’impôt plus importante, ainsi que la gratuité des écoles d’enfants des tous petits de 0 à 3 ans.
Le porte-parole de Vox a affirmé, que cet accord était très satisfaisant pour l’Estrémadure, et qu’il va favoriser le développement de cette région très impactée économiquement. Il semblerait que la direction nationale du PP ait laissé les coudées franches à Maria Guardiola pour négocier au mieux. On peut espérer maintenant, des accords similaires en Aragon et en Castille et Leon dans les jours qui viennent.
Le débat sur l’investiture devrait avoir lieu les 21 et 22 avril prochain. Il était grand temps pour Vox d’arriver à un accord, pour prouver que les électeurs ont raison de lui accorder leur confiance. Sinon pourquoi envoyer des députés Vox dans les régions ? D’autant que les élections en Andalousie se profilent pour la fin du mois de mai, et que pour Vox cela ne sera pas facile, face à un PP andalou omnipotent et certain de sa force, dans cette région des plus dynamique, et en pointe dans des tas de domaines, agricoles, touristiques et industriels, nous en reparlerons.
12:08 Publié dans Michel Festivi | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Dimanche 24 mai, toute la Bretagne a rendez-vous à la Fête du cochon organisée par le Parti de la France et par Place d'Armes
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La macronie à l'agonie, le nouveau recueil de Philippe Randa
00:00 Publié dans Philippe Randa | Lien permanent | Commentaires (0) |
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jeudi, 16 avril 2026
Retrait de la proposition de loi Yadan
22:49 Publié dans Communiqués de presse, Eric Zemmour | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Avez-vous lu la biographie de Georges Dumézil, d'Aristide Leucate, sortie dans la Bio Collection ?
Pour la commander cliquez ici
16:04 Publié dans Bio Collection | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Frontières attaqué par les chiens de gardes du Système
12:14 Publié dans Informations nationales | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Samedi 9 et dimanche 10 mai : fin de semaine bien occupée pour l'Action française
10:01 Publié dans Combat nationaliste et identitaire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Espagne, l’étau se resserre autour de l’épouse du Premier ministre
Michel Festivi
Je vous ai déjà entretenu des nombreuses procédures judiciaires actuellement en cours en Espagne, contre des membres de la famille de Pedro Sanchez, le Premier ministre, et à l’encontre de plusieurs personnages de sa garde rapprochée.
Begoña Gomez vient d’être officiellement inculpée de trafic d’influence et de corruption, alors qu’elle a toujours contesté toute implication et qu’elle a refusé de répondre au juge, usant de son droit à se taire. Depuis 2024, le juge Juan Carlos Peinado instruit ce dossier avec un rare courage, alors qu’il est attaqué en permanence par les seconds couteaux de Pedro Sanchez, qui n’ont que faire de l’indépendance des pouvoirs.
Ces corruptions et trafics d’influence, seraient en lien avec des activités privées de madame Sanchez, alors que son mari dirige le gouvernement. La plainte initiale avait été déposée par un groupement « Manos limpias » (mains propres), qualifiée par les socialistes espagnols de « fascistes » bien entendu, d’être de la droite extrême. En résumé, on reproche à la 1ere Dame du gouvernement, d’avoir profiter de son statut privilégié pour favoriser certains partenaires, notamment dans l’attribution de contrats publics, qui étaient proches des activités universitaires de Madame Gomez.
Il y a un peu plus d’un an, Pedro Sanchez avait envisagé de démissionner avant de se raviser. Car ce dossier s’inscrit dans un climat délétère qui touche le PSOE et son chef, puisqu’en Espagne, le 1er ministre reste président du parti. Outre le frère de Pedro Sanchez, d’autres socialistes très importants, sont actuellement dans le collimateur de la justice. Bien sûr le gouvernement fait bloc derrière son patron et sa ligne de conduite est toujours la même, il s’agit de magistrats opposés aux socialistes qui sont instrumentalisés, il s’agit d’un complot de l’ultra-droite, il n’y a rien dans le dossier, etc, etc...
Mais une autre affaire, bien plus considérable se joue actuellement devant la Cour suprême espagnole. José Luis Abalos, ancien ministre des Transports et l’un des plus fidèle lieutenant de Pedro Sanchez, comparaît pour corruption, détournements de fonds publics et appartenance à une organisation criminelle. La Fiscalia espagnole (le parquet) réclame une peine de 24 ans de prison. Abalos et d’autres, auraient touché des pots de vin, suite à des marchés publics, des livraisons de masques et matériels médicaux, pendant la crise sanitaire. Or, Abalos a joué un rôle déterminant dans l’arrivée au pouvoir de Pedro Sanchez en décembre 2018, en réussissant à tisser des alliances hétéroclites pour détrôner le Parti populaire. Car on ne le répétera jamais assez, le PSOE est minoritaire au Congrès des députés, et n’arrive qu’en seconde position derrière le PP.
Ces affaires interviennent au plus mauvais moment pour le PSOE. Il vient de perdre trois élections régionales en Estrémadure, en Aragon et en Castille et Leon, et est en passe d’être vaincu assez largement aussi, lors des importantes élections en Andalousie qui auront lieu à la toute fin du mois de mai. L’Andalousie étant l’une des premières et plus dynamiques régions d’Espagne. Sanchez, comme l’indique un commentateur est « sous perfusion ». Il n’a plus de majorité, il est obligé de passer par un décret royal, détournant le vote des Cortès, pour régulariser 500 000 immigrés sans papier. Cette politique laxiste, se fait à rebours des principales politiques migratoires européennes. Il y a quelques semaines, les Cortès avaient voté une motion de défiance non contraignante sur ces régularisations. Beaucoup de pays européens s’inquiètent de cet appel d’air, car les migrants peuvent parfaitement, une fois régularisés, se rendre dans n’importe quel pays, et notamment le premier géographiquement parlant, la France.
N’oublions pas que l’Espagne, est l’une des principales portes d’entrée de l’immigration en Europe, avec l’Italie et la Grèce, notamment par son archipel des Canaries, déjà submergé.
00:02 Publié dans Michel Festivi | Lien permanent | Commentaires (0) |
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La princesse et le candidat
flibustière de
Georges Feltin-Tracol
La pré-campagne présidentielle démarre en fanfare ! La couverture de Paris Match du 9 avril 2026 officialise l’idylle entre, d’une part, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national (RN) et, au Parlement dit européen, du groupe Les patriotes pour l’Europe, et, d’autre part, la princesse Maria Carolina de Bourbon-Siciles. Dix ans auparavant, le même hebdomadaire offrait en quelques mois plusieurs couvertures avantageuses du couple Brigitte et Emmanuel Macron. Malgré les avertissements insistants de ses plus proches conseillers, François Hollande n’imaginait pas encore que son jeune ministre de l’Économie se lancerait à sa place dans la compétition élyséenne. La princesse et Jordan Bardella avaient déjà été vus ensemble le 13 janvier dernier en quittant le Grand Palais à Paris lors de la réception organisée pour les deux cents ans du Figaro.
Pour l’instant et dans l’attente du verdict en appel de l’affaire des assistants parlementaires du 7 juillet prochain, Marine Le Pen demeure la candidate naturelle de la formation nationale-centriste tandis que Jordan Bardella entend briguer Matignon. Mais une sentence plus lourde et/ou une exécution provisoire aggravée écarteraient de facto Marine Le Pen de la course et laisserait le champ libre avec sa bénédiction à son Dauphin.
Force est de constater que la romance entre l’enfant originaire du 9-3 (la Seine Saint-Denis) et une fille de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV dont elle descend à la onzième génération fait jaser la médiasphère. Le député ex-LFI et apparenté Vert de Seine Saint-Denis, Alexis Corbière, s’élève contre « le peopopulisme… ou la nouvelle étape écœurante de la banalisation de l’extrême droite ». On en frissonne déjà. Quelques pétroleuses déphasées s’indigneront de l’écart d’âge - huit ans ! – entre Jordan Bardella (30 ans) et Maria Carolina (22 ans). Les plus hystériques en hurleront presque au détournement de mineure ! Pour sa part, l’organe-phare de la désinformation et des interprétations tendancieuses, Le Monde du 16 janvier, exprime à travers un article d’Ariane Chemin et d’Ivanne Trippenbach qu’« en s’affichant avec une héritière royale, Jordan Bardella prend le risque de brouiller son image ». Une telle liaison serait-elle une erreur grossière de la part d’un parti qui tenait naguère des positions anti-Système ? Et si la publicité de cette relation était, au contraire, un atout pour le président du RN ? Dans la Grande-Bretagne industrialisée de la seconde moitié du XIXe siècle, le futur premier ministre conservateur Benjamin Disraeli prônait au sein du mouvement Jeune Angleterre une alliance entre le peuple prolétaire et l’aristocratie nobiliaire contre la bourgeoisie fidèle aux Whigs. Ne sommes-nous pas en présence d’une circonstance semblable en plus médiatique ?
La population peut se montrer en effet sensible à cette histoire qui, en ces temps saturés de féminisme, change les codes habituels. Ce n’est plus le prince charmant qui sauve une jeune bergère endormie, mais une vraie princesse qui choisit un roturier. Bien sûr, certaines admiratrices passionnées éprises en leur for intérieur de « Jordan » se sentiront dépitées, mais la majorité se fiche de la vie privée du personnel politique. Mieux encore, cette idylle renforce l’image personnelle du patron des Patriotes pour l’Europe qui rassure l’électorat libéral-conservateur historiquement réticent à voter pour un RN jugé fiscaliste et trop de gauche. Se lier à une Bourbon permet à Jordan Bardella de récuser tout collectivisme de sa part. Lénine aurait-il épousé une grande-duchesse russe ? Dans Le Figaro (du 15 avril 2026), un professeur en Sciences politiques à l’université de Nottingham, Hugo Drochon, estime que « s’afficher avec quelqu’un dont le nom évoque l’héritage [celui de l’Ancien Régime] est une autre manière de rejeter l’ordre contemporain. Cette union de l’homme du peuple avec l’aristocratie peut plaire ». On ne peut que penser au couple mythique argentin Juan et Eva Peron. La femme du chef de l’État argentin portait manteau de fourrure et belle parure de bijoux tout en étant adulée par les « sans-chemises » justicialistes.
Enfin, Le Monde (du 15 avril 2026) publie sur deux pages un nouvel article cosigné Chemin – Trippenbach au fond vipérin. Pratiquant un confusionnisme voulu qui mêle l’origine des photographies parues dans Paris Match (prises au télé-objectif ou préparées à l’avance ?), elles parviennent à y placer Jeffrey Epstein et le président légitime de la Syrie, Bachar al-Assad. Chapeau bas, les artistes !
Qui est donc cette princesse des Deux-Siciles ? Née le 23 juin 2003 à Rome, Maria Carolina Chantal Edoarda Beatrice Januaria est la fille aînée de Charles de Bourbon-Siciles et de Camilla Crociani. À leur mariage à Monte-Carlo en 1998, l’un de leurs témoins n’était autre que le futur prince Albert II de Monaco. Le couple a une seconde fille, Maria Chiara, née en 2005.
Jouant les mannequins de mode à l’occasion et étudiante à l’université de Monte Carlo en section « Mode et études de luxe », Maria Carolina appartient à la Jet Set et participe aux raouts huppés dans les Antilles sur les îles de Saint-Barthélémy et de Saint-Martin, à Dubaï, à Hong Kong et à Monaco. Soucieuse néanmoins d’écarter la réputation facile de fêtarde, elle a accepté la proposition d’Albert II de Monaco d’intervenir en ambassadrice du projet Passion Sea pour la sauvegarde des océans. Éprise de vitesse, Maria Carolina de Bourbon-Sicile percute à vive allure en moto en mai 2025 un mur à Monaco. Elle avouera plus tard que le port du casque intégral et des soins intensifs prodigués à l’hôpital l’ont sauvée. Instruite à domicile hors de tout système scolaire par des précepteurs, elle parle couramment le français, l’italien, l’espagnol, le portugais, l’anglais et, ô horreur !, le russe. Serait-elle donc un agent clandestin de Poutine ? Les mauvais esprits complotistes ne s’interrogent pas encore, mais cela ne tardera pas…
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mercredi, 15 avril 2026
Vendredi 17 avril, à Nice : évocation du "Casse du siècle"
Ce n'était sans doute pas "très politique",
mais, à l'époque, cela nous avait bien fait rêver...
(sans pour autant nous donner des idées, bien sûr...)
Quelques vidéos intéressantes :
• L'émission télé : Faites Entrer L'accusé, Albert Spaggiari, Le Casse du siècle cliquez ici.
• Le film Les égouts du paradis cliquez ici.
• L'émission télé : Secrets d'actualité, L' Affaire Spaggiari, les dessous du Casse du siècle et bien d'autres sont disponibles sur Google.
22:38 Publié dans Sortir en ville... ou à la campagne, Un peu d'Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Dieu reconnaîtra les siens…
Le nouveau Présent cliquez ici
Après que Léon XIV eut appelé à l’arrêt des combats au Proche et au Moyen-Orient, Donald Trump s’est déclaré « pas fan de ce pape faible et désastreux qui dit n’importe quoi » (domaine dans lequel lui-même est expert) et a posté sur son compte social un portrait de lui généré par l’intelligence artificielle et le montrant dans une position christique.
Ne se considère-t-il pas comme un Sauveur ? « Je ne veux pas d’un pape qui juge acceptable [sic] que l’Iran détienne l’arme nucléaire, je ne veux pas d’un pape qui s’indigne que l’Amérique ait attaqué le Vénézuéla […] Je ne veux pas d’un pape qui se permette de critiquer le président des États-Unis, car je fais exactement ce pour quoi j’ai été élu, DE FAÇON ÉCRASANTE, à savoir faire baisser la criminalité à des niveaux historiquement bas et créer le plus grand marché boursier de l’histoire », a-t-il explicité le 11 avril sur son réseau Truth Social. Provoquant ainsi une crise avec l’Épiscopat états-unien mais aussi avec son alliée italienne Giorgia Meloni.
Au même moment, son ami Benyamin Netanyadou faisait bombarder dans le Sud du Liban le mausolée de Simon Pierre, construit au premier siècle de notre ère et censé abriter la sépulture de cet apôtre du Christ. C’est la troisième fois que Tsahal cible ce lieu de culte très cher aux chrétiens et dont on ne sache pas qu’il serve de repaire aux chefs du Hezbollah. Non plus d’ailleurs que l’école anéantie par une bombe israélienne le 6 avril à Beyrouth, où l’on a retrouvé plus les corps de plus de 300 civils ensevelis sous les décombres à l’issue de cette seule journée de terreur.
17:45 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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« C’était mieux avant »...
17:25 Publié dans Charles-Henri d'Elloy | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Samedi 9 et dimanche 10 mai : deux rendez-vous nationalistes à Paris
10:24 Publié dans Combat nationaliste et identitaire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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mardi, 14 avril 2026
VENDREDI 1er MAI, À PARIS, FIDÈLE À LA TRADITION DU FN DE JEAN-MARIE LE PEN : LA JEANNE D'ARC DU PARTI DE LA FRANCE
22:42 Publié dans Combat nationaliste et identitaire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Quand la presse découvre enfin ce que les livres savaient déjà
Jean Raspail, auteur du Camp des saints
Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées
Je retrouvais ces jours-ci la Bretagne, ses lumières obliques et ses vents chargés d’iode, après les chaleurs lointaines de Buenos Aires. Et c’est au retour d’une promenade le long de la plage de Lehan, les souliers encore chargés de sable et l’esprit lavé par le vent du large, que je me plongeai dans la lecture du Figaro.
Je tombai alors sur un article d’Adrien Jaulmes qui, à bien des égards, mérite d’être salué. Il est toujours touchant de voir un grand quotidien découvrir avec gravité ce que d’autres observaient déjà depuis longtemps, comme on s’émerveille de la lune après l’avoir ignorée durant des années. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, dit-on, et il faut donc savoir reconnaître ce moment où une évidence, longtemps tenue à distance, finit par s’imposer.
On imagine sans peine, d’ailleurs, les trésors de diplomatie, de prudence et peut-être d’entêtement qu’il aura fallu au journaliste pour imposer un tel sujet dans une rédaction longtemps tenue en respect par ses propres réflexes. Il est des vérités que l’on n’introduit qu’à pas feutrés, presque en s’excusant de les évoquer.
L’article, fort documenté, part d’un constat simple, après la « French Theory » qui avait irrigué les campus américains, ce sont désormais des auteurs français classés à droite qui traversent l’Atlantique. On y apprend ainsi que la maison d’édition Vauban Books s’est donné pour mission de traduire et diffuser des œuvres jusque-là peu accessibles en anglais, à commencer par Le Camp des saints de Jean Raspail, mais aussi les écrits de Renaud Camus ou encore ceux d’Éric Zemmour.
Présentée ainsi, l’initiative pourrait donner le sentiment d’un phénomène récent, presque émergent, comme si une génération nouvelle venait soudain de découvrir des auteurs longtemps ignorés. Il n’en est rien. Ce que le Figaro observe aujourd’hui n’est que la partie visible, tardive et en quelque sorte légitimée, d’un mouvement bien plus ancien, souterrain, et pour tout dire parfaitement établi depuis plus de vingt ans.
Car voilà plus de deux décennies que des pans entiers de la pensée française, en particulier ceux issus de la Nouvelle Droite, circulent, sont traduits, lus et discutés aux États-Unis. Les œuvres de Alain de Benoist, de Guillaume Faye, ou encore de Jean Raspail ont trouvé, bien avant l’apparition de structures éditoriales comme Vauban Books, des relais discrets mais efficaces, souvent en dehors des circuits officiels, parfois grâce à des initiatives individuelles, à des réseaux militants ou à des éditeurs périphériques.
Ce que change Vauban Books, ce n’est donc pas l’existence de ce courant, mais sa visibilité. L’entreprise ne crée pas un phénomène, elle le rend montrable. Elle lui donne une forme éditoriale acceptable, presque respectable, là où il évoluait jusqu’alors dans une semi-clandestinité intellectuelle que beaucoup feignaient d’ignorer.
Le fondateur de cette maison explique sans détour que ces auteurs étaient « souvent cités mais rarement lus » outre-Atlantique, et que la discussion autour de notions comme le « grand remplacement » reposait davantage sur des rumeurs que sur une connaissance réelle des textes. Cette remarque, d’une simplicité presque désarmante, éclaire d’une lumière crue l’état du débat contemporain.
Ce que le journaliste du Figaro découvre ici avec une forme d’étonnement, je l’observais pour ma part depuis longtemps. À Buenos Aires, en flânant devant les vitrines des librairies, il n’était pas rare de constater que cinq à dix pour cent des ouvrages exposés étaient d’origine française. Mais il s’agissait presque toujours d’auteurs convenables, admis, inoffensifs, appartenant à cette gauche modérée qui a su conquérir les circuits de légitimation culturelle. Les autres, les plus dérangeants, les plus dissidents, demeuraient invisibles, comme frappés d’une interdiction tacite.
Cette censure, car il faut bien l’appeler par son nom, ne procède pas d’un décret, mais d’un climat. Elle se loge dans les comités de lecture, dans les choix éditoriaux, dans les anticipations prudentes des éditeurs soucieux de leur réputation. Rundell le dit lui-même, « aucun éditeur ne dit jamais non, mais tous savent que publier certains livres peut nuire à leur carrière ».
Il faut aller plus loin encore. Cette mécanique de sélection ne tient pas seulement à la peur ou au conformisme, elle s’inscrit dans une transformation sociologique plus profonde du monde de l’édition. Sa féminisation massive, rarement interrogée, a modifié en profondeur les sensibilités dominantes et, par voie de conséquence, les lignes de partage implicites du publiable et de l’impubliable. Sans qu’aucune doctrine ne soit formulée, certaines thématiques deviennent impraticables, certaines approches disqualifiées d’avance, comme si un instinct collectif veillait à maintenir le débat dans des limites convenables.
Il existe, bien sûr, des exceptions, et il convient de les saluer. Ainsi Lise Boëll, éditrice historique d’Éric Zemmour et de Philippe de Villiers, qui, après avoir quitté Albin Michel à la suite de la rupture du contrat avec Zemmour, a poursuivi son travail chez Plon puis à la tête de Fayard, contribuant à maintenir un espace éditorial pour des voix que d’autres auraient préféré voir disparaître.
Cette logique de filtrage ne s’arrête pas aux frontières nationales. Elle affecte également les traductions. Il est, à cet égard, remarquable qu’aucun ouvrage américain traitant du quotient intellectuel et de ses variations entre groupes humains n’ait été traduit et diffusé en France, alors même que ces travaux existent et alimentent des débats parfois vifs ailleurs. Là encore, point d’interdiction officielle, mais une ligne invisible que nul ne franchit.
Je me souviens aussi d’un épisode plus singulier. En novembre 2016, à Washington, lors d’un grand rassemblement organisé sous le label de l’Alt-Right à l’occasion de l’élection de Donald Trump, je me trouvais au premier rang, écoutant des orateurs comme Jared Taylor. À l’entrée de la salle, une librairie improvisée accueillait les participants, et j’y découvris, non sans surprise, un nombre considérable d’ouvrages français ou d’inspiration française. On y trouvait des titres de Alain de Benoist, de Guillaume Faye, et bien sûr Le Camp des saints, comme autant de fragments d’une pensée européenne qui, depuis longtemps déjà, avait traversé l’Atlantique sans attendre l’onction tardive des grandes maisons d’édition.
Il faudrait d’ailleurs rappeler, pour être juste, que cette circulation précoce de la pensée de la Nouvelle Droite aux États-Unis ne doit rien au hasard mais beaucoup à des figures de passeurs, dont le rôle demeure largement ignoré du grand public. Parmi elles, Tomislav Sunić occupe une place singulière. Formé en Europe, puis installé aux États-Unis où il obtint un doctorat en sciences politiques, il fut l’un des premiers à introduire, traduire et systématiser outre-Atlantique les travaux issus du GRECE et d’Alain de Benoist. Son ouvrage Against Democracy and Equality, publié dès 1990, proposait déjà une synthèse structurée de cette école de pensée à destination du public américain. Par son activité d’enseignant, de traducteur et d’essayiste, il contribua à créer, bien avant l’ère des réseaux numériques, un espace de réception pour ces idées, préparant ainsi un terrain intellectuel que d’autres, plus visibles aujourd’hui, n’ont fait que réinvestir.
C’est dans cette réunion de l’Alt Right qu’un journaliste du The New York Times m’aborda. Intrigué par mon accent, il me demanda d’où je venais. Par goût du paradoxe, et peut-être par malice, je lui répondis que j’étais argentin. Ce qui, à cet instant précis, relevait d’une vérité plus sentimentale que géographique. Je lui exprimai mon soutien à Donald Trump et à sa politique migratoire. Il resta interdit, visiblement incapable de concilier ce qu’il voyait et ce qu’il croyait savoir. Par réflexe, je sortis mon passeport argentin. Le silence qui suivit valait toutes les démonstrations, comme si la réalité venait, un instant, fissurer le cadre mental dans lequel il s’efforçait de la contenir.
Ce moment, en apparence anecdotique, éclaire pourtant d’un jour particulier la situation que nous décrivons ici. L’incrédulité de ce journaliste face à ce qu’il avait sous les yeux, un Argentin soutenant Trump, entouré de livres européens, n’est pas d’une autre nature que celle qui a longtemps prévalu dans une partie de la presse française. Elle procède du même décalage entre le réel et les catégories dans lesquelles on s’obstine à l’enfermer.
Car ce que j’observais ce jour-là à Washington, une circulation ancienne, structurée, presque familière d’idées venues de la droite française, relevait déjà d’un phénomène établi depuis des années. Et pourtant, il aura fallu plus de vingt ans pour que le Figaro consente à le regarder en face. Vingt années durant lesquelles des idées ont circulé, des livres ont été traduits, des lecteurs ont émergé, loin des regards et parfois contre eux, comme si une partie de la presse française, prisonnière de ses propres réflexes, n’osait voir ce qui contredisait son horizon d’attente.
Il serait tentant d’y voir un simple retard. J’y vois plutôt le signe d’une époque.
Car, comme le notait déjà Guillaume Faye, les sociétés ne meurent pas tant de ce qu’elles ignorent que de ce qu’elles refusent de voir. Il faut parfois des décennies pour que certaines évidences, pourtant visibles à qui veut bien regarder, franchissent les seuils de la respectabilité.
Faut-il s’en plaindre ? Peut-être pas entièrement.
Car si une hirondelle ne fait pas le printemps, elle annonce du moins un changement de saison. Que le quotidien de la droite bien-pensante, au lendemain du colloque de l’Iliade (dont il ne dit mot), consente à publier une telle enquête n’est pas un fait anodin. Cela signifie peut-être qu’il devient moins l’écho de ses propres rédacteurs, et davantage ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, un journal qui informe.
Et, dans cette lente redécouverte du réel, il se pourrait que les livres, une fois encore, aient précédé les journaux.
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lundi, 13 avril 2026
LA BIO COLLECTION : ENCORE UN NOUVEAU VOLUME...
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Parution du nouveau numéro (n°53) de LIVR'ARBITRES
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Elections en Hongrie : réaction de Éric Zemmour
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"Le Bien commun", n°83, mensuel d'Action française
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Hongrie : le centre et la gauche européenne célèbrent la chute d’Orbán sans savoir qu’ils applaudissent un nationaliste conservateur
YannV, Breizh info cliquez ici
Bruxelles pavoise. Paris exulte. Ursula von der Leyen tweete. Dimanche soir, à l’annonce de la défaite de Viktor Orbán après seize ans de pouvoir, les chancelleries européennes se sont embrassées comme si la démocratie libérale venait de remporter la bataille décisive du siècle. Emmanuel Macron a immédiatement téléphoné au vainqueur pour saluer une victoire « pour la Hongrie en Europe ». La présidente de la Commission a estimé que « le cœur de l’Europe bat un peu plus vite ». Keir Starmer a parlé de « moment historique pour la démocratie européenne ».
Il y a un seul problème dans ce tableau : manifestement, personne n’a lu le programme du vainqueur.
Qui est vraiment Péter Magyar ?
Péter Magyar, 45 ans, avocat formé à Budapest et à Berlin, est une créature du système qu’il prétend abattre. Pendant des années, il a évolué dans les couloirs du pouvoir fidesz : fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères après la victoire d’Orbán en 2010, membre du cabinet du Premier ministre à partir de 2015, directeur de plusieurs entreprises publiques. Son ex-épouse, Judit Varga, fut ministre de la Justice d’Orbán. Son grand-oncle, Ferenc Mádl, présida la Hongrie de 2000 à 2005. Il a grandi avec un poster de Viktor Orbán — à l’époque figure libérale anti-soviétique — épinglé dans sa chambre.
Sa rupture avec le système est récente, datant de début 2024, déclenchée par un scandale de grâce présidentielle accordée au complice d’un pédocriminel — scandale dans lequel son ex-femme était impliquée. C’est en dénonçant la corruption généralisée et en affirmant que « quelques familles possèdent la moitié du pays » qu’il a capté l’attention. Il a repris en main le parti Tisza — acronyme hongrois de « Respect et liberté » — et en a fait en deux ans la première force politique du pays.
Son parti a obtenu une majorité des deux tiers au Parlement, avec plus de 50 % des suffrages, dans un scrutin qui a battu tous les records de participation avec 77,8 % des Hongrois aux urnes.
Les positions réelles de Magyar : ce que Macron n’a pas lu
Voilà où le triomphalisme européen révèle toute sa superficialité.
Sur l’immigration, Magyar est explicitement plus strict qu’Orbán lui-même. Il s’est engagé à mettre fin au programme de travailleurs étrangers massif que le gouvernement sortant avait mis en place depuis 2022 pour compenser le déficit de main-d’œuvre. Là où Orbán importait des travailleurs asiatiques pour des raisons économiques, Magyar entend y mettre un terme au nom de la préservation de la société hongroise. Sur ce sujet, son positionnement est identitaire et conservateur — plus proche d’un Jordan Bardella que d’un Gabriel Attal.
Sur l’Ukraine, Tisza est loin d’être l’allié enthousiaste de Kiev que Bruxelles espère. Magyar a répété tout au long de sa campagne qu’il ne leverait pas l’opposition hongroise à l’envoi d’armes à l’Ukraine. Son programme est vague sur l’adhésion ukrainienne à l’Union européenne — il s’y oppose dans sa forme accélérée, estimant qu’elle augmenterait les risques de conflit. Sa feuille de route pour réduire la dépendance hongroise au gaz russe est fixée à 2035 — soit huit ans après l’objectif de l’UE. Des analystes du Parlement européen ont documenté que les eurodéputés Tisza ont régulièrement voté avec le Fidesz sur les questions ukrainiennes, s’abstenant ou s’opposant aux amendements renforçant le soutien à Kiev.
Sur les valeurs sociétales, Magyar cultive le flou — stratégiquement. Quand Orbán a interdit la Pride de Budapest, Magyar a soigneusement évité de prendre position en faveur du mouvement LGBT, préférant parler de « division » et de « représentation de tous les Hongrois ». Ses positions sur ces questions restent volontairement imprécises, ce qui lui a permis de récupérer des électeurs fidesz conservateurs sans les effrayer.
Sur la Constitution, il a promis de ne pas modifier la Loi fondamentale sans un référendum et l’accord de toutes les forces politiques — un engagement qui freinera considérablement toute rupture radicale avec l’héritage institutionnel d’Orbán.
Ses propositions sociales et économiques sont en revanche classiquement populistes-conservatrices : doublement des allocations familiales, revalorisation des petites retraites, limitation des mandats parlementaires et du poste de Premier ministre à deux.
Pourquoi Orbán a perdu
C’est là que réside la clé que les médias mainstream préfèrent ignorer. Orbán n’a pas perdu parce que les Hongrois ont soudainement embrassé le progressisme bruxellois. Il a perdu pour des raisons économiques très concrètes.
Les sanctions contre la Russie, que Budapest avait combattues mais que l’UE avait imposées, ont lourdement pénalisé l’économie hongroise. Les 18 milliards d’euros de fonds européens gelés par la Commission — soit environ 10 % du produit national brut — ont creusé une crise économique réelle, avec une monnaie fragilisée, une inflation persistante et un pouvoir d’achat en chute. Par une ironie de l’histoire, c’est en partie la politique punitive de Bruxelles envers la Hongrie qui a rendu la situation économique assez difficile pour faire tomber Orbán.
Les Hongrois n’ont pas voté pour l’Europe abstraite. Ils ont voté contre la dégradation de leur quotidien et contre seize ans d’un pouvoir qui avait, selon les témoignages de nombreux anciens proches, effectivement développé un système de corruption clientéliste à grande échelle.
Les gogos de service
La leçon de ce scrutin, que la gauche européenne et les centristes macronistes semblent incapables d’assimiler, est pourtant simple : les peuples d’Europe centrale votent selon leurs intérêts et leurs valeurs propres, pas selon les injonctions de Bruxelles ou les éditoriaux du Monde.
Magyar a gagné en se gardant bien de rompre avec le conservatisme social hongrois. Il a évité soigneusement d’être associé au libéralisme culturel que symbolise l’Union européenne dans l’imaginaire d’une large partie de l’électorat d’Europe centrale. Il a parlé économie, corruption, santé, pouvoir d’achat — et très peu d’Ukraine, de droits LGBT ou de « valeurs européennes ». C’est précisément parce qu’il n’est pas Macron qu’il a gagné.
Les leaders européens qui se félicitent aujourd’hui de cette victoire vont rapidement découvrir qu’ils ont célébré beaucoup trop vite. Des analystes du centre de réflexion European Policy Centre avertissaient dès février que Magyar « ne serait pas un partenaire facile pour l’UE » et que ses positions sur l’Ukraine, la migration et le cadre budgétaire européen rendraient la relation « plus complexe qu’un simple reset post-Orbán ».
La Hongrie a changé de premier ministre. Elle n’a pas changé d’identité.
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09:12 Publié dans En Europe et ailleurs..., Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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