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jeudi, 09 avril 2026

Un nouveau titre dans la Bio Collection : Georges Dumézil, d'Aristide Leucate

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Né le 4 mars 1898 à Paris, dès l’enfance, Georges Dumézil se révèle extrêmement curieux des langues anciennes et des mythologies. Polyglotte, il vouera sa vie entière à l’étude, au déchiffrement et à l’exégèse des plus vieux textes, du Mahâbhârata indien (Mythe et épopée) aux Eddas nordiques (Mythes et dieux de la Scandinavie ancienne), en passant par les annalistes romains (La Religion romaine archaïque). Son entrée au Collège de France, en 1949 – où il occupera la chaire de « Civilisation indo-européenne », spécialement créée pour lui –, parachèvera plus de vingt ans de recherches consacrées aux Indo-Européens.

En 1938, il découvre que les ancêtres protohistoriques de l’Europe et d’une partie de l’Asie pensaient la société et organisaient leurs rites et leurs mythes dans le cadre hiérarchisé des trois fonctions sociales essentielles : la souveraineté magico-religieuse, la fonction guerrière, l’économie de la production et de la reproduction. La trifonctionnalité était née et, avec elle, une oeuvre immense, sans cesse revisitée, réformée et réécrite (dont Les Dieux souverains des Indo-Européens et Heur et malheur du guerrier pour les deux premières fonctions).

Élu à l’Académie française en 1978, sa notoriété dépasse les frontières de l’Université et Dumézil s’impose alors comme celui qui fera advenir les Indo-Européens à la connaissance du grand public. Il est temps de redécouvrir ce brillant érudit (mort à Paris, le 11 octobre 1986) qui fut, un temps, proche de l’Action française.

L'auteur :

Aristide Leucate est journaliste et essayiste. Il collabore à diverses revues comme Éléments, Livr’Arbitre ou Politique Magazine. Il a publié chez divers éditeurs, notamment, La Souveraineté dans la nation ; Polemos notre père. Connaitre la guerre d’Héraclite à Julien Freund ; un Dictionnaire du Grand Épuisement français et européen ; Réflexions pour une autre Action française ; Aux temps de la justice: en quête des sources pures du droit.

Nous lui devons aussi le Cahier d'Histoire du nationalisme (n°29) consacré à Jean-Marie Le Pen cliquez ici.

Georges Dumézil, l'aède des Indos-Européens, Aristide Leucate, Bio Collection, co-édité par Synthèse nationale et par Déterna, 152 pages, 20,00€, sortie : avril 2026

Pour le commander cliquez ici

17:20 Publié dans Bio Collection | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

RAPPEL : samedi 11 avril, à Paris : colloque annuel de l'Iliade

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Réserver sa place, en savoir plus cliquez ici

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La manifestation du Parti de la France à Saint-Denis interdite

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À la demande de Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, le préfet de Seine-Saint-Denis a pris un arrêté interdisant le rassemblement prévu par le Parti de la France samedi 11 avril à 14h sur le parvis de la Basilique.
 
Pour consulter l'arrêté : cliquez ici 
 
L'équipe juridique du Parti de la France va déposer un recours devant le tribunal administratif de Montreuil.

14:20 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

L'« Obama » de Saint-Denis demande l'interdiction du rassemblement du Parti de la France

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Thomas Joly - Président du Parti de la France

À Saint-Denis, le maire LFI, Bally Bagayoko, demande donc au préfet d’interdire le rassemblement du Parti de la France prévu le 11 avril à 14h sur le parvis de la Basilique, sous prétexte qu’il serait « haineux » et porteur de troubles à l’ordre public. Dans le même temps, il relaie tranquillement l’appel à manifester d’un groupuscule antifasciste qui reprend le logo de la Jeune Garde, dont des membres ont assassinés Quentin Deranque. Voilà le décor. Voilà la cohérence.

C’est devenu une mécanique bien huilée : on diabolise d’un côté, on excuse de l’autre. On brandit l’ordre public quand cela arrange, on ferme les yeux quand cela dérange. Toujours les mêmes mots, toujours la même mauvaise foi.

Car enfin, qui menace réellement la tranquillité publique ? Ceux qui annoncent un rassemblement politique déclaré ou ceux qui appellent à venir l’empêcher ? Ceux qui occupent un espace public dans le cadre légal ou ceux qui rêvent d’en découdre au nom de leur petite croisade idéologique ?

Les élus LFI ne supportent pas la contradiction. Alors ils dégainent les grands mots - « haine », « danger », « trouble » - comme d’autres sortaient autrefois le carton rouge. Ce n’est plus de la politique, c’est de la disqualification.

Et pendant ce temps, ils s’érigent en arbitres moraux, distribuant les bons et les mauvais points, décidant qui a le droit de parler et qui doit se taire. Tout cela au nom du bien, évidemment. Toujours au nom du bien.

Mais derrière cette posture, il y a surtout une fébrilité. La peur que certaines idées existent, la peur qu’elles s’expriment, la peur qu’elles trouvent un écho. Alors on interdit et on caricature.

À force de se poser en victime permanente et d’être invité sur tous les plateaux, Bally Bagayoko finit par se croire au-dessus des règles - comme si la notoriété tenait lieu de légitimité, et l’indignation de programme politique.

12:15 Publié dans Thomas Joly | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Samedi 25 avril, à Toulouse : réunion des Amis de Rivarol

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À propos des 75 ans de Rivarol cliquez ici

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Trêve en Iran, les trois défis de Donald Trump

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Philippe Gélie

Entre une escalade militaire majeure aux conséquences considérables et une trêve temporaire destinée à donner sa chance à la diplomatie, nul ne saurait reprocher à Donald Trump d’avoir choisi la seconde option. Mais il serait naïf de croire que la première a totalement disparu de l’horizon.

La guerre d’Iran n’est pas finie. Après quarante jours de frappes aériennes, le conflit déclenché par le président américain a acquis sa dynamique propre, qu’une ébauche d’entente n’a pas instantanément enrayée. À peine annoncée, la « trêve fragile », comme la qualifie son maître d’œuvre, le vice-président JD Vance, a été malmenée par toutes les parties, au Liban et dans le Golfe. Le fossé entre les interprétations américaines et iraniennes, contradictoirement triomphales, ouvre un espace à de funestes malentendus. Deux tests mettent déjà l’accord à l’épreuve : la capacité du chef de la Maison-Blanche d’imposer à Benyamin Netanyahou l’extension du cessez-le-feu au Liban - alors qu’il se dépêche d’y frapper massivement le Hezbollah – ; et l’ouverture sans restriction – ni péage – par Téhéran du détroit d’Ormuz au trafic maritime commercial.

Sans ces préalables, les pourparlers prévus samedi à Islamabad risquent de tourner court. À entendre Donald Trump, Téhéran aurait cédé d’avance à quasiment toutes ses exigences. Mais il lui reste à le démontrer, au monde comme aux électeurs américains : cela implique de ne pas abandonner Ormuz au contrôle de l’Iran, d’obtenir la restitution de ses stocks d’uranium enrichi, d’encadrer ses capacités balistiques et son programme nucléaire civil… Sans quoi la guerre aurait renforcé la posture stratégique des gardiens de la révolution et – pire, bien sûr – placé le bilan de Trump face aux mollahs nettement en deçà de celui de Barack Obama en 2015.

Il y a fort peu de chances que ces impératifs, fixés par le président américain lui-même, soient atteints grâce au seul bon vouloir des dirigeants iraniens, après qu’ils ont survécu à 13 000 frappes dévastatrices sans céder leur pouvoir ni épuiser leurs capacités de riposte. Aussi Trump va-t-il certainement devoir durcir son jeu, brandissant à nouveau les feux de l’enfer - avec le crédit qui lui reste.

Source : Le Figaro 9/4/2026

10:58 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Gaétan Dirand (1977–2026) : Un destin sous l'étendard à croix celtique

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Gaétan Dirand (1977–2026)

Notre camarade Gaétan Dirand nous a quittés le 31 mars 2026, à l’âge de 49 ans. Ancien des troupes aéroportées, dans lesquelles il effectua son service militaire à la fin des années 1990, il avait commencé à militer dès sa majorité en s’engageant au Front National de la Jeunesse dans le département de la Haute-Saône, dont il était originaire. Au sortir de ses 24 mois de service chez les parachutistes, il arrive à Paris en 1999 et décide de radicaliser son engagement en rejoignant le Groupe Union Défense. En 2000, il en devient le porte-parole et s’illustre par son courage, tant physique qu’intellectuel. Il participe à la création d’Unité Radicale et porte haut l’étendard d’un nationalisme révolutionnaire qu’il voulait à la fois authentique et moderne.

À la suite de la dissolution du mouvement en 2002, il quitte un temps la scène militante pour fonder une famille et s’établir à Angers, où il reprend sa carte au Front National. Fondateur du Cercle Anjou Conférences, il est secrétaire départemental du FN 49 de 2011 à 2013. En désaccord avec l’évolution de la ligne et la stratégie dite de « dédiabolisation », il quitte ses fonctions en 2013, tout en restant une figure omniprésente de la mouvance nationaliste au sens large qui a contribué à l'émergence d'une jeune génération de militants poursuivant aujourd'hui son combat. Atteint depuis plusieurs années d’une maladie longue et invalidante, il s’est éteint, muni des derniers sacrements, à la suite d’une hémorragie cérébrale. Il repose désormais au cimetière d’Héricourt, berceau de sa famille.

Gaétan nous laisse l’image d’un militant de caractère, sans compromission, ayant le goût de l’action et doté d’une culture politique, historique et littéraire qui forçait le respect de tous ceux qui, comme nous, ont eu le privilège de militer à ses côtés. Adieu camarade. Tu resteras pour nous un modèle de courage, d’honnêteté et d’élégance dans le combat politique comme dans la vie.

Gaétan Dirand, présent !

Fred d’Asnières

et Elvis

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Repenser notre politique énergétique

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René Proglio, alors à la tête d’EDF, s’est vu remercié par François Hollande en 2014. Il était l’un des rares à avoir une vision globale de notre politique énergétique. Depuis son départ, les catastrophes ont continué. Henri Proglio, dans cet entretien à Valeurs actuelles fait le bilan et ouvre des pistes pour que la France retrouve sa juste place.

Lire la suite ICI

Source : Valeurs actuelles 8/4/2026

09:52 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Du sol au sang : la citoyenneté au bord de la rupture

Quelques rappels des principes de base concernant la nationalité… et sa  déchéance

Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

Je suis assis, comme souvent ces jours-ci, à la même table du Mar Azul, à l’angle de Rodríguez Peña et de Tucumán. La lumière de Buenos Aires entre de biais par la vitre, avec cette douceur poussiéreuse des villes portuaires qui n’ont jamais tout à fait renoncé à leur mélancolie. Sur mon lecteur, à côté de mon café et de mon tostadito, l’article que consacre Libération à l’audience imminente de la Cour suprême des États-Unis défile, avec cette gravité un peu appuyée qui sied aux grandes causes morales.

Le papier de Frédéric Autran, au titre sonore et joliment rédigé, « Droit du sol aux États-Unis, la Cour suprême prise à patrie », plante le décor d’une « bataille épique » autour du quatorzième amendement. L’auteur rappelle avec emphase que ce texte, adopté après la guerre de Sécession, visait à garantir la citoyenneté des anciens esclaves, et qu’il a depuis consacré une conception territoriale de la nation, fondée sur la naissance. Il insiste également sur la continuité historique de cette interprétation, solidement ancrée depuis l’arrêt Wong Kim Ark de 1898, qui avait reconnu la citoyenneté d’un enfant né de parents chinois sur le sol américain .

L’ensemble est écrit dans une tonalité que l’on pourrait dire militante, où l’adversaire est clairement désigné. Donald Trump y apparaît comme le promoteur d’une vision restrictive, voire "blanche" (reflétant la haine de soi de l’auteur), de la citoyenneté, tandis que le droit du sol est présenté comme la clef de voûte d’une promesse universaliste. L’article va jusqu’à évoquer le spectre d’une « société de castes » si ce principe venait à être remis en cause .

Ce récit, pourtant, procède par omissions. Lorsqu’il évoque l’Amérique espagnole et l’abandon du droit du sang au profit du droit du sol au début du XIXe siècle, il oublie d’en dire les conséquences concrètes. Car cette mutation juridique, qui fit passer les hommes du statut de sujets à celui de citoyens abstraits, eut aussi pour effet de dissoudre les protections collectives dont bénéficiaient les communautés indigènes sous la couronne. En les transformant en individus isolés, on les livra sans défense aux appétits fonciers des élites créoles. L’égalité proclamée servit de levier à une dépossession bien réelle.

Cette tension entre abstraction juridique et réalité sociale, Libération la contourne avec une habileté qui n’est pas sans méthode. Elle préfère inscrire le débat dans une dramaturgie morale, opposant ouverture et fermeture, progrès et réaction, comme si l’histoire n’était qu’un tribunal où les bons sentiments tiennent lieu de droit. Pourtant, la question posée est d’une autre nature, presque anthropologique, qu’est-ce qu’un citoyen, et, plus encore, de quoi procède cette appartenance que l’on prétend distribuer avec tant de légèreté ?

Dans sa définition libérale, héritée des Lumières et des révolutions atlantiques, la citoyenneté est d’abord un statut juridique abstrait. Elle repose sur l’idée que l’individu, dégagé de ses appartenances premières, peut être reconnu comme sujet de droit par le seul fait de sa naissance sur un territoire ou de son adhésion formelle à un ordre  politique. Cette conception privilégie l’égalité des droits, la neutralité de l’État et l’universalité des principes. Elle postule que la nation est un contrat, et que ce contrat peut s’étendre indéfiniment sans altérer sa nature. Dans cette perspective, le droit du sol apparaît comme l’expression la plus pure de cette logique, il suffit d’être né quelque part pour en être.

À l’inverse, la conception identitaire de la citoyenneté, que l’on retrouve dans les sociétés anciennes comme dans la tradition européenne, repose sur une idée plus organique du corps politique. Être citoyen ne se réduit pas à un enregistrement administratif, c’est appartenir à une communauté historique, façonnée par une langue, des mœurs, une mémoire commune. La citoyenneté y est moins un droit qu’un héritage, moins une abstraction qu’une continuité. Elle suppose une forme d’incorporation, au sens presque charnel du terme, où l’individu est reconnu comme membre parce qu’il participe effectivement à la vie et au destin du groupe. Dans cette optique, le simple fait de naître sur un territoire ne suffit pas, encore faut-il être, d’une manière ou d’une autre, "des nôtres".

Entre ces deux visions se joue, en réalité, l’un des conflits les plus profonds de notre temps. Car la première tend à dissoudre les appartenances dans l’universalité des normes, tandis que la seconde rappelle que toute communauté politique repose, en dernière instance, sur une forme de délimitation. Comme le notait déjà Guillaume Faye, toute société qui renonce à se définir finit par être définie par d’autres. Le débat américain, sous ses dehors techniques, ne fait que révéler cette ligne de fracture. Il ne s’agit pas seulement de savoir qui est citoyen, mais de déterminer ce que signifie encore appartenir.

Du côté américain, tel que le rapportent les analyses publiées sur Fox News, le débat est ramené à une lecture littérale du texte constitutionnel. Tout se joue autour d’une formule, « subject to the jurisdiction thereof », c’est-à-dire « soumis à la juridiction » des États-Unis. Les partisans de la réforme soutiennent que cette clause n’a jamais eu vocation à inclure les enfants de personnes présentes illégalement ou temporairement sur le territoire.

Le raisonnement est simple, presque brutal. Si l’on considère que toute naissance sur le sol confère automatiquement la citoyenneté, alors, selon eux, on crée un mécanisme irréversible aux effets cumulatifs. Les textes que j’ai sous les yeux évoquent une « attraction puissante » pour l’immigration illégale, la multiplication du tourisme de naissance, et même des risques de sécurité nationale liés à l’accès ultérieur de ces enfants à des fonctions sensibles . La formule est rude, mais révélatrice : atteindre le sol américain et y donner naissance reviendrait à « garantir un ancrage permanent » pour toute une famille.

Selon les analyses diffusées par Fox News, le droit du sol, dans sa forme automatique et indifférenciée, agit comme un puissant dissolvant des frontières  politiques. Il alimente d’abord un phénomène déjà ancien, celui du birth tourism, cette industrie discrète mais florissante par laquelle des étrangers viennent accoucher sur le sol américain afin d’assurer à leur enfant la citoyenneté. À mesure que la règle se banalise, elle cesse d’être un principe et devient un levier. Toute naissance, fût-elle le fruit d’un simple passage, confère un droit irrévocable. La conséquence est limpide : le territoire cesse d’être une réalité historique pour devenir une opportunité administrative. Dans le même mouvement, le droit du sol fonctionne comme un aimant migratoire. Il envoie au monde un message sans ambiguïté, il suffit d’atteindre le sol pour ouvrir une brèche dans la souveraineté, et cette brèche engage l’avenir.

À cela s’ajoutent des implications plus profondes, que les commentateurs américains évoquent sans détour. La citoyenneté ainsi octroyée peut concerner les enfants d’agents liés à des puissances adverses ou à des organisations criminelles déjà implantées sur le territoire, introduisant dans le corps civique des loyautés incertaines, parfois concurrentes. Surtout, elle désarme l’État dans l’exercice même de sa fonction régalienne. L’expulsion de parents dont l’enfant est devenu citoyen transforme la loi en spectacle, la décision en drame, et l’autorité en supplication. Ce que l’on nomme là-bas les anchor babies devient alors moins une formule qu’un mécanisme, une manière d’ancrer juridiquement des présences qui n’étaient au départ que contingentes. Ainsi se dessine, en filigrane, une mutation silencieuse : la citoyenneté n’est plus l’aboutissement d’une appartenance, mais le produit d’une circonstance.

On retrouve là une logique que Carl Schmitt aurait reconnue sans peine, celle de la distinction entre l’appartenance concrète et la simple présence physique. Le territoire n’est plus seulement un espace, il devient une frontière  politique, et la citoyenneté, un acte de décision.

Dans l’autre document, plus factuel, il est précisé que le décret signé par Donald Trump dès son retour au pouvoir vise à exclure de la citoyenneté automatique les enfants nés de parents en situation irrégulière ou titulaires de visas temporaires . L’affaire, désormais pendante devant la Cour suprême, pourrait affecter des centaines de milliers de naissances chaque année et bouleverser plus d’un siècle de jurisprudence.

Les juristes eux-mêmes, y compris parmi les conservateurs, reconnaissent que la tâche sera ardue. La jurisprudence est ancienne, les précédents nombreux, et l’arrêt Wong Kim Ark demeure une pierre d’angle difficile à déplacer . La bataille n’est donc pas seulement juridique, elle est symbolique.

C’est ici qu’apparaît ce que l’on nomme aujourd’hui la fenêtre d’Overton. Il y a encore dix ans, une telle remise en cause du droit du sol eût été tenue pour extravagante. Aujourd’hui, elle est discutée, argumentée, portée devant la plus haute juridiction du pays. Que la réforme aboutisse ou non importe moins que ce déplacement du pensable.

Depuis Buenos Aires, cette question prend un relief particulier. L’Argentine, longtemps terre d’immigration, a elle aussi vu se transformer le sens de la citoyenneté. Les années kirchnéristes ont favorisé des naturalisations massives, souvent liées à des logiques clientélaires, notamment en direction de populations venues de Bolivie ou du Paraguay. La citoyenneté y devient, comme ailleurs, un instrument politique autant qu’un statut juridique.

Ce processus trouve son expression la plus visible dans l’extension des villas miserias, ces enclaves surgies au cœur même de la capitale, dont la Villa 31, adossée aux artères élégantes de Retiro, offre l’exemple le plus saisissant. Là, dans l’ombre des tours et à deux pas des gares, s’est constitué un monde parallèle, où l’État n’entre qu’avec prudence et où la loi commune se dilue dans des rapports de force plus élémentaires. Cette urbanisation sauvage, nourrie par des flux migratoires continus et mal régulés, ne relève pas seulement de la misère sociale, elle est aussi le symptôme d’un défaut d’ordonnancement politique. Car là où la citoyenneté est distribuée sans exigence, elle ne produit ni cohésion ni loyauté, mais juxtaposition. La violence qui s’y développe, trafics, règlements de comptes, économie informelle, n’est pas un accident, elle accompagne cette désagrégation lente du cadre national. Ainsi, au cœur même de Buenos Aires, se donne à voir ce que devient une nation lorsque la citoyenneté cesse d’être une forme et devient un flux.

La France, quant à elle, observe encore ce débat avec une certaine distance, feinte ou réelle. Pourtant, il est probable qu’elle en sera bientôt le théâtre. Le droit du sol, dans sa version contemporaine, constitue l’un des derniers mécanismes permettant la constitution progressive de blocs électoraux durables dans certains territoires. Les succès récents de La France insoumise dans des zones à forte mutation démographique en portent témoignage.

Ainsi, d’un continent à l’autre, une même interrogation affleure, obstinée. La citoyenneté est-elle un héritage, une appartenance, ou une simple conséquence géographique ? Entre le sol et le sang, entre l’histoire et l’abstraction, les nations hésitent, tâtonnent, se contredisent.

Assis à ma table, je songe que ces débats, qui agitent les cours suprêmes et les rédactions parisiennes, ressemblent à ces marées que l’on observe en Bretagne. Elles montent lentement, presque imperceptiblement, puis, un jour, elles recouvrent tout.

Article paru sur Breizh-Info, (cliquez ici)

08:57 Publié dans Balbino Katz | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

mercredi, 08 avril 2026

Parmentier raconté par Francis Bergeron

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mardi, 07 avril 2026

Le nouveau numéro de la "Revue d'Histoire européenne"

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Trump en Iran, seul aux portes de l’enfer

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Philippe Gélie

Donald Trump a fixé aux Iraniens un ultimatum qui s’applique tout autant à lui-même. Qu’il y renonce trop hâtivement, et il risque de renforcer Téhéran au détriment de l’Amérique. Qu’il donne suite à sa menace de déchaîner «  l’enfer », et il entraînera le monde dans une escalade majeure.

L’enfer peut avoir plusieurs visages. Celui d’une destruction massive des infrastructures civiles, au risque de s’aliéner l’opinion iranienne et de provoquer une catastrophe humanitaire, voire un mouvement d’exode jusqu’en Europe. Celui d’opérations commandos au sol hautement périlleuses, dont ses forces spéciales ont eu un avant-goût en sauvant un aviateur, ne donnant que plus d’éclat à leur succès. Ou celui d’un embrasement régional accru, avec ripostes et surenchères des gardiens de la révolution, flambée durable des cours du pétrole, ralliement des chiites d’Irak à l’Iran, enrôlement de monarchies du Golfe afin de libérer le détroit d’Ormuz, un enjeu pour elles existentiel…

À l’orée de la sixième semaine de guerre, on voit qu’on n’a peut-être encore rien vu. La suite est d’autant plus difficile à prévoir que Trump et son acolyte israélien détiennent seuls, aux portes de l’enfer, les clés de notre destin. Appelés à l’aide à retardement, les alliés de l’Amérique n’ont pas cédé aux injonctions ni aux menaces : ils n’avaient pas décidé ce conflit, ils ne s’y joindront pas contre leur gré. Voir tous les Européens de l’Otan refuser ou conditionner l’accès à leurs bases et à leur espace aérien donne la mesure du fossé qui s’est creusé depuis quinze mois. Trump récolte ce qu’il a semé : les droits de douane unilatéraux, les menaces d’annexion du Groenland, la remise en cause des alliances, les ingérences politiques… Il parvient à unir comme jamais les dirigeants européens contre lui. Même ceux qui s’inspiraient de ses succès électoraux prennent leurs distances, tant il sent le soufre.

Malgré ces dégâts, le président américain a placé le monde devant un choix historique. Quoi qu’il décide, dans l’action ou dans l’esquive, nous en subirons les conséquences. Tel est notre dilemme, alors qu’il devient de plus en plus clair que la seule voie d’une victoire complète dans cette guerre passerait par un vrai changement de régime à Téhéran.

Source : Le Figaro 7/4/2026

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lundi, 06 avril 2026

Parution du nouveau numéro (n°30) des Écrits de Rome

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Quelques commentaires sur les récentes élections municipales

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La chronique flibustière de Georges Feltin-Tracol

Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 sont terminées. Malgré le tropisme médiatique accordé aux communes les plus peuplées (Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nice, Strasbourg, Lille, Nantes), il paraît difficile d’en tirer des conclusions de portée nationale tant les situations diffèrent d’une municipalité à l’autre.

On peut cependant émettre deux observations générales qui confirment le contexte chaotique ou de transition, voire d’avant-guerre, dans lequel nous sommes dorénavant plongés : un éclatement inouï de la donne politique et la montée inexorable de l’abstention.

La réforme du mode d’élection dans les communes les moins peuplées imposant la sotte parité et abolissant le panachage ainsi que la rature des candidats explique en partie la forte abstention du premier tour : 42,90% au lieu de 36,45% en 2014 (on oubliera les élections de 2020 marquées par la mystification covidienne). Notons que cette année, 68 communes françaises n’ont pas ouvert de bureau de vote, faute de liste présentée ! En 2020, on en recensait 106 et six ans plus tôt 64…

La désaffection des électeurs se comprend en outre par l’effacement du pluralisme : 68% des communes n’offraient qu’une seule liste élue d’office dès le premier tour avec 100% des suffrages exprimés. La présence de deux listes ne concernait que 25% des communes, ce qui n’a pas empêché la hausse de l’abstention et le fort accroissement des votes nuls et des bulletins blancs. Dans Le Monde (du 27 mars 2026), le chercheur Pierre-Henri Bono précise que le nombre de listes uniques dans les communes de 3.500 à 5.000 habitants est passé de 12% en 2008 à 31% cette année. Si l’on élargit le critère démographique des communes entre 1.000 et 20.000 habitants, il relève un phénomène plus massif encore : 32% en 2014 et 48% cette année ! Le désintérêt des électeurs n’en est que plus flagrant.

Ce désaveu civique accentue la fragmentation de l’actuelle offre politique. Certes, le PS conserve Paris, Le Printemps marseillais divers-gauche la cité phocéenne et les Verts Lyon, mais la gauche municipale perd des symboles historiques tels Clermont-Ferrand. L’alliance LR – macroniste remporte la mairie auvergnate aux mains des socialistes depuis 1944. Accédant au second tour grâce à 11,29% des voix, la liste RN s’effondre à 3,64%. Ses électeurs se reportent en masse vers le candidat du bloc central par hostilité compréhensible envers l’édile socialiste sortant qui préférait mieux combattre la section locale du Bastion social et des identitaires que les trafiquants de drogue implantés dans certains quartiers de sa pauvre ville.

Le PS perd aussi des municipalités dans le Nord, en banlieue parisienne et en périphérie lyonnaise au profit de LFI mélanchoniste (Saint-Denis, Roubaix, Sarcelles, Vaulx-en-Velin). Vieille terre communiste, Vénissieux tombe aussi ! La mobilisation permanente des quartiers de l’immigration en faveur des candidats de Jean-Luc Mélanchon a payé. Les notables socialistes se font « grands-remplacés ». Tant mieux ! On ne les pleurera pas !

Quant au RN, il faut ici distinguer la majorité des candidats des cadres et autres responsables nationaux. La voie vers l’Élysée en 2027 s’annonce plus difficile que prévue. En effet, le RN ne conquiert ni Marseille, ni Toulon, mais il gagne deux secteurs marseillais (les 5e et 6e, donc les IXe, Xe, XIe et XIIe arrondissements). Les métropoles confortent leur vive hostilité envers le parti de la flamme tricolore : 7,07% pour l’UDR Alexandre Dupalais à Lyon, 5,20% à Grenoble avec Valentin Gabriac, 7,02% à Bordeaux pour Julie Rechagneux, 7% à Strasbourg pour l’excellente Virginie Joron. En revanche, le RN s’implante dans les villes moyennes : Menton, Vierzon, Carcassonne, Rognac, La Seyne-sur-Mer, etc. Diverses municipalités RN sont reconduites dès le premier tour avec brio (77,71% à Hénin-Beaumont, 62,22% à Moissac). On notera la perte de Villers-Cotterêts au second tour alors que le maire sortant élu en 2014 et réélu en 2020, Franck Briffaut, adhérent au FN dès 1977, ne sollicitait pas un nouveau mandat.

La poussée frontiste se concrétise dans les villes moyennes. Par exemple, dans les Monts du Beaujolais situés dans le département du Rhône, l’assistant du député RN Jonathan Gery de la circonscription voisine, Rémy Berthoux, devient le maire de Thizy-les-Bourgs. Le cas est intéressant. Le 1er janvier 2013, cinq communes limitrophes fusionnent à l’initiative du maire de Thizy, Michel Mercier, sénateur centriste, président MoDem du conseil général du Rhône et ministre de la Justice de 2010 à 2012. Cette commune nouvelle se trouve dans la 9e circonscription du Rhône tenue par le LR Alexandre Portier. La liste RN réalise au second tour en triangulaire 46,36%. Les « Bo-Bo » lyonnais n’en dorment toujours pas !

La presse locale a évoqué la première mairie d’extrême droite du département de la Loire. Commune rurale de la plaine du Forez, Chalain-le-Comtal ne présente qu’une seule liste à l’initiative de Tom Rieu (aucun rapport a priori avec Damien Rieu). Employé agricole de 23 ans, le nouveau maire a été le suppléant du candidat RN aux législatives de 2022 et de 2024 dans la 2e circonscription de la Loire (Saint-Étienne Sud intra muros). Il quitte le RN après la condamnation de Marine Le Pen sur les assistants parlementaires européens. Il rejoint alors Identité – Libertés de Marion Maréchal. Son engagement public lui vaut 178 votes sur 586 inscrits sans omettre 7,51% de bulletins nuls et 8,87% de votes blancs. Les journalistes pensent que quatre à cinq autres communes de la Loire auraient maintenant des maires encartés au RN et à l’UDR.

On a vu que les agglomérations sont rétives aux candidats du RN. Pourtant dans la préfecture de la Loire, Saint-Étienne, après une éclipse survenue en 2020 (9,24% au premier tour), le RN devient avec huit conseillers municipaux la principale opposition à la nouvelle équipe communale socialiste – verte – communiste – Place publique. Au soir du 15 mars, le RN arrivait déjà en deuxième position derrière l’alliance de gauche et devant les quatre listes de droite et de centre-droit (18,97% et 8 212 voix exprimés). Or, par rapport aux résultats de 2014, le RN perdait néanmoins 688 suffrages. Toutefois, arrivé deuxième lui a procuré un vrai dynamisme puisqu’au soir du 22 mars, le RN a réalisé 26,68%, 11.786 suffrages, soit un apport supplémentaire de 3.574 voix ! Ce résultat ne devrait pas étonner. Dès le premier tour de la présidentielle de 1995, la Loire plaçait en tête Jean-Marie Le Pen à l’instar de six autres départements (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle, Var, Bouche-du-Rhône et Vaucluse). Le FN faisait de si bons résultats qu’au début des années 2000, des rumeurs couraient autour du parachutage électoral éventuel de Bruno Gollnisch sur la ville aux sept collines ou dans ses environs immédiats (Saint-Chamond et la vallée du Gier ou la vallée ouvrière de l’Ondaine).

Bien que non victorieux, le succès le plus brillant revient sans la moindre contestation possible à Jean-Eudes Gannat à Segré-en-Anjou-Bleu en Maine-et-Loire. Le 15 février 2016, sans aucune mention au cours de la campagne électorale de 2014, quinze communes s’unissent dans une commune nouvelle d’une superficie de 242 km². En comptant les bois de Vincennes et de Boulogne, la superficie de Paris fait 105 km². Lyon couvre près de 48 km² et Marseille s’en approche avec environ 241 km². Arrivée troisième et dernier lors de l’unique tour de scrutin, Jean-Eudes Gannat fait 21,72%, soit 1.517 voix. Sa liste obtient sept conseillers municipaux et envoie deux représentants à l’intercommunalité.

Dans un environnement difficile car la commune nouvelle se trouve dans la 7e circonscription, fief d’un député MoDem de la majorité présidentielle, Jean-Eudes Gannat suscite la sympathie des électeurs. Il profite de son statut d’enfant du pays comme d’ailleurs Tom Rieu qui bénéficie en outre d’un autre atout non négligeable : Chaloin-le-Comtal vote largement pour les candidats RN.

Jean-Eudes Gannat apporte la preuve magistrale qu’une démarche radicale réfléchie ne révulse pas toutes les franges de l’électorat. Son succès relatif risque cependant de lui attirer la vindicte de Thémis qui, pour avoir retransmis la sinistre réalité sur les réseaux sociaux, pourrait lui valoir une exécution provisoire et la privation durable de ses droits civiques, civils et de famille, car il est bien plus dangereux qu’un violeur d’enfant ou un trafiquant de drogue. Si sa liste courageuse réussit dans un milieu assez défavorable, pourquoi son exemple n’inciterait-il pas d’autres militants à l’imiter dans des zones bien plus propices à l’Opposition nationale, populaire, sociale, identitaire et européenne par exemple en Ardèche septentrionale autour d’Annonay qui a quand même élu un député UDR, et en Haute-Loire ? Avis aux bonnes et fermes volontés, imitons les exemples de Tom Rieu et de Jean-Eudes Gannat pour l’échéance municipale de 2033 !

Ne soyons donc pas pessimistes ! Il est dès à présent certain que des maires élus sans étiquette sont en leur for intérieur de sensibilité nationaliste-révolutionnaire ou identitaire, nous en connaissons plusieurs dans le Massif Central, dans le Morvan ainsi que dans le Jura.          

Salutations flibustières !

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Yvan Benedetti sera à Saint-Denis (93) samedi prochain avec le Parti de la France

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L'Italie, fière et libre, ne renie pas son Histoire

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dimanche, 05 avril 2026

Eric Zemmour était dimanche midi sur BFM TV

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Il faut préparer la vraie alternative !

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Entretien avec Scipion de Salm auteur de Mon combat aux éditions L’Æncre, collaborateur régulier de la revue Synthèse nationale, de Réfléchir & Agir et de Rivarol (propos recueillis par Fabrice Dutilleul).

Vous l’annoncez d’emblée, votre livre est exempt de longues dissertations sur des fondements théoriques, métaphysiques, métapolitiques, philosophiques… Alors, comment le définiriez-vous ?

Après avoir beaucoup lu, sur des décennies, j’ai compris que les ouvrages qui marquent le plus sont brefs et suivent un plan rigoureux. Un modèle du genre, de cette efficacité, pour le pire dans son projet de société, a été le Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau. Mon Combat suit un plan ternaire chronologique : Passé, Présent, Futur. Une société se tient par son unité et un projet collectif pour l’avenir. Manifestement, nous perdons chaque jour davantage ces caractéristiques essentielles, et je propose de les retrouver. J’ai donc réussi à faire court, en espérant avoir gagné le pari, pas si évident, de trouver la bonne longueur quand même, donc sans d’interminables dissertations assommantes surtout, mais sans oublier non plus aucun de tous les principes nécessaires, présents de manière condensée. La France sera reconstruite par un régime autoritaire et social, qui est défini.

Vous abordez autant les sujets de politique intérieure de la France que les conflits planétaires… Qu’entendez-vous apporter aux lecteurs ?

J’entends énoncer une vision générale. Elle est avant tout centrée sur la France, le point de départ, et son avenir, qu’elle peut encore avoir, après bien des efforts nécessaires, dont la liste structurée est au cœur du livre - remigration, restauration démographique et morale, réarmement. La démarche ne peut pas faire abstraction du contexte général, présent : les contraintes de l’UE, de l’euro, de l’OTAN, de l’ONU, de l’OMC, etc., à quitter absolument – ce qui est fort simple, une banale question de volonté – et futur prévisible : l’échec et l’explosion violente de toutes les sociétés cosmopolites, des États-Unis à l’Allemagne. Il faudra envisager d’abord le salut de la France, sans dispersion pour des causes autres, proches ou lointaines, et après sauver ce qui restera des peuples autochtones voisins et amis. Enfin, en supposant un progrès technique raisonnable, sur le long terme, sont évoquées la conquête de l’espace vital, c’est-à-dire, grâce à ses ressources en matières premières, celle de l’espace. Ce futur pour la France permettra qu’il y en ait un pour les Européens authentiques et le meilleur du genre humain.

Votre livre, précédemment publié aux éditions Auda Isarn, a été rapidement épuisé… Vous proposez aujourd’hui une version actualisée aux Editions de l’Æncre Comment expliquez-vous ce succès à une époque où les ventes de livres sont souvent difficiles ?

J’espère que ce succès passé se prolongera pour la version actualisée. Je pense que le livre répond à un besoin, celui d’une radicalité construite. Question évidente pour tous, si, par exemple, le Rassemblement National (RN) arrivait enfin aux affaires en 2027, que ferait-il ? Que reste-t-il du programme du FN de Jean-Marie Le Pen de 2002 : référence simple, pas si lointaine, sans rêver à d’autres temps passés proches ou lointains ? Avec Marine Le Pen ou Jordan Bardella à l’Élysée, aurons-nous encore et toujours l’UE, l’euro, l’OTAN, l’immigration de grand-remplacement avec au mieux de nouveaux flux annuels réduits - et ce n’est même pas certain concrètement –, ainsi que des juges de gauche ou d’extrême-gauche libérant obstinément – au nom de « l’indépendance de la justice » ! – les criminels et emprisonnant les honnêtes gens ? Dans ce cas, la réponse serait « À quoi bon ? ». Il faut donc préparer la vraie alternative, une base programmatique et surtout une vision, sans rêver obstinément de X ou Y comme sauveurs et d’un parti en particulier… J’espère que mon livre y contribuera.

Mon combat, Scipion de Salm, Editions L’Æncre, collection « Méandres », Postface de Georges Feltin-Tracol, 224 pages, 29 €. Pour commander ce livre, cliquez ici.

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Présentation par Roland Hélie du n°32 des Cahiers d'Histoire du nationalisme consacré aux Phalanges espagnoles

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Pour commander ce cahier cliquez ici

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Allez sur TV Synthèse nationale cliquez là

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RAPPEL : samedi 25 avril, en Vendée...

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Laurent Nunez, simple fonctionnaire

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C’est peu dire que notre ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, déconstruit la pelote tissée par Bruno Retailleau en matière d’immigration. De fait, on s’aperçoit que le ministre de l’Intérieur répond aux exigences d’un Emmanuel Macron, réduisant par là même sa fonction à celle d’un simple fonctionnaire. Il est grand temps que l’épisode Macron se termine.

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Source : Le Journal du dimanche, 5/4/2026

09:44 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

LFI ou la « fascisation » de l’adversaire

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« Fascistes », et donc aussi « racistes » : c’est ainsi que sont stigmatisés les citoyens qui s’inquiètent publiquement de l’insécurité crois- sante dans la société française, des effets négatifs d’une immigration de masse non contrôlée ou de la multiplication des territoires conquis par les islamistes, ce qu’il est convenu d’appeler l’« islamisation » de la France ». Le sociologue Pierre-André Taguieff dénonce ici les manipulations du continent antifa de LFI.

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Source : Journal du dimanche 5/4/2026

09:35 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

samedi, 04 avril 2026

Le franc-maçon Laurent Nunez favorable au port du voile islamique par les fillettes

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Le Salon Beige, le 3 avril 2026 cliquez ici

Dans son discours le 12 mars lors de « l’Iftar des ambassadeurs » à la Grande Mosquée de Paris, le ministre de l’Intérieur se prononce en faveur du voile pour les fillettes et pour une diffusion toujours plus grande de l’islam. Voici un extrait de ce discours : « La France ne doit pas perdre en chemin ses enfants et elle ne doit perdre en chemin aucun de ses enfants parce qu’ils se seraient sentis stigmatisés ou blessés. C’est ce qui justifie d’ailleurs ma position sur l’interdiction du port du voile sur l’espace public par les mineurs. Je ne serai pas celui qui ira expliquer à des enfants qu’en portant le voile, elles menacent le vivre ensemble républicain. Je ne le ferai pas parce que je n’y crois pas et parce qu’une telle mesure ne ferait en réalité que détourner l’attention de la vraie menace. C’est une proposition qui, à mon sens, décrédibiliserait le vrai combat donné contre l’islam politique qui, lui, lui, est essentiel. C’est également ce qui justifie et justifiera que je pousse et défende, comme ministre des cultes, toute initiative qui puisse contribuer à mieux faire connaître l’islam. Et tu sais, mon cher Chems [recteur algérien de la Grande Mosquée], combien le président de la République est attaché à développer et à mieux faire connaître l’islam. »

Laurent Nuñez a été initié à la Grande Loge de France, précise Vincent Nouzille dans son livre “Le côté obscur de la force : Enquête sur les dérives du ministère de l’Intérieur et de sa police” :

Cette assertion n'a jamais été démentie…

Extrait de ce livre :

Le fief principal de la franc-maçonnerie reste sans doute la préfecture de police (PP) de Paris. Jusqu'aux années 1970, deux préfets sur trois étaient des "initiés". La tradition ne s'est pas totalement perdue. Nommé préfet de police avril 1993, Philippe Massoni était un pilier de la GLDF. Ancien patron des RG et proche du ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, celui qui était surnommé  "Bouddha" à cause de son visage impassible, a tenu les rênes de la PP jusqu'en 2001, une longévité hors du commun avant de rejoindre l'Élysée comme conseiller de Jacques Chirac. Parallèlement, ce "Très Illustre Frère" avait été promu en 1997 au titre de Souverain Grand Inspecteur général du 33e degré, ce qui faisait de lui l'un des plus hauts dignitaires de la franc-maçonnerie. Plusieurs sont également bien connus des loges, comme l'actuel préfet Laurent Nuñez, initié à la GLDP. Interrogé à ce sujet, il se contente de dire : "Je ne confirme pas". Son entourage explique que s'il a bien été initié, il a pris de la distance avec tout cela. Des frères ont aussi occupé les postes clés au sein du « 36 », le PJ parisienne, ou de la direction de la sécurité de proximité.

Signe peu connu de leur pouvoir : la nomination du préfet Didier Lallement en mars 2019 à la tête de la PP pour remplacer Michel Delpuech est en partie due au soutien dont il a discrètement bénéficié de la part de certains initiés. « Oui, il y a plein de gens qui ont joué de leur influence pour pousser la [...]

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Le journal du chaos

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vendredi, 03 avril 2026

Samedi 9 mai, à Laure-Minervois (11) : les rencontres culturelles d'Occitanie

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La camée face au Jarl : elle fait moins la fière !

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jeudi, 02 avril 2026

Trois militants prorusses écroués, une presse muette : les zones d’ombre de l’affaire SOS Donbass

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Yann Vallerie Breizh info cliquez ici

Depuis le 21 novembre 2025, Anna Novikova, Vincent Perfetti et Vyacheslav P. ont été mis en examen puis placés en détention provisoire dans le cadre d’une affaire présentée comme touchant à l’espionnage, à l’ingérence et, pour l’un d’eux, à une opération d’affichage prorusse sur l’Arc de Triomphe. Les qualifications sont lourdes. Elles touchent à l’« intelligence avec une puissance étrangère », à l’« exercice d’activité pour s’informer sur les intérêts de la nation pour une puissance étrangère » et à la « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ».

Sur le papier, le dossier est grave. Il mérite donc mieux que les réflexes pavloviens d’une partie de la presse française, qui s’est empressée de reprendre la version des autorités, parfois mot pour mot, sans s’interroger sérieusement sur un point pourtant essentiel : au nom de quoi, sur la base de quels éléments publics, et pour quelle durée ces personnes restent-elles enfermées avant même d’être jugées ?

C’est là que commence le malaise.

Une affaire politico-judiciaire hautement sensible

Les textes disponibles permettent de cerner la trame générale. Les autorités soupçonnent l’association SOS Donbass, fondée par Anna Novikova à Pau, d’avoir servi non seulement à acheminer de l’aide humanitaire vers le Donbass, mais aussi de couverture à des activités d’influence ou de collecte d’informations au profit de la Russie. Le parquet a confirmé l’existence de soupçons portant notamment sur des prises de contact avec des cadres d’entreprises françaises. Reuters, de son côté, a documenté l’existence de réseaux, de connexions militantes et de contacts pro-russes, tout en reconnaissant explicitement n’avoir pas été en mesure d’établir, à partir des documents consultés, une implication directe dans des activités criminelles.

Autrement dit, il existe des soupçons, des fréquentations, des engagements politiques, des déplacements, des prises de position publiques, des réseaux. Cela peut nourrir une instruction. Cela ne suffit pas, en soi, à clore le débat public.

Politique

Or c’est précisément ce qui s’est produit. Dès l’origine, l’affaire a été installée dans un récit quasiment verrouillé : des militants prorusses, des liens avec des cercles du Kremlin, des affiches, des voyages, des contacts, donc une affaire d’espionnage. Le schéma est simple, efficace, médiatiquement rentable. Mais il laisse de côté une question capitale : où commence la preuve pénale, et où s’arrête la seule suspicion politique ?

L’angle mort médiatique : la détention provisoire

Ce qui frappe, dans le traitement de cette affaire, ce n’est pas seulement la reprise des accusations. C’est le peu d’intérêt manifesté pour la détention provisoire elle-même.

Dans une démocratie digne de ce nom, placer en prison des personnes présumées innocentes avant leur procès devrait toujours susciter des questions. Pas uniquement quand il s’agit de figures médiatiquement sympathiques, de militants de causes à la mode ou de profils idéologiquement compatibles avec les rédactions parisiennes. Toujours.

La détention provisoire n’est pas une formalité. C’est une mesure extrêmement grave. Elle prive de liberté des hommes et des femmes qui n’ont pas encore été condamnés. Elle est censée répondre à des critères précis : risque de fuite, risque de pression sur les témoins, risque de concertation frauduleuse, risque de réitération, nécessité de préserver l’enquête ou de mettre fin à un trouble exceptionnel à l’ordre public. Encore faut-il que le débat public ose poser la question : dans cette affaire, sur quoi repose exactement cette nécessité au long cours ?

Très peu de médias semblent l’avoir fait. On a beaucoup lu des portraits à charge, des rappels de réseaux, des allusions au climat de guerre hybride et aux manœuvres russes en Europe. On a beaucoup moins lu de papiers fouillés sur la justification concrète de l’incarcération préventive de ces trois personnes pendant des mois.

Des profils militants, certes, mais cela suffit-il ?

Que sait-on publiquement ? Anna Novikova est décrite comme une militante prorusse assumée, fondatrice de SOS Donbass, engagée dans des convois humanitaires, des manifestations et des campagnes d’affichage. Vincent Perfetti, devenu président de l’association, est présenté comme un soutien de longue date de la cause du Donbass, avec un parcours politique et militant ancien. Vyacheslav P. apparaît comme lié à l’épisode des affiches posées sur l’Arc de Triomphe.

Tout cela dessine un environnement idéologique clair. Mais depuis quand l’adhésion à une cause étrangère, aussi contestable soit-elle aux yeux du pouvoir, vaut-elle démonstration automatique d’espionnage ? Depuis quand des voyages, des discours, des liens militants ou des actions de communication constituent-ils, à eux seuls, la preuve d’une activité clandestine au service d’une puissance étrangère ?

La question mérite d’être posée d’autant plus fermement que les textes cités eux-mêmes laissent apparaître une zone grise. Reuters évoque des connexions, des proximités, des rencontres, mais précise aussi ne pas disposer d’éléments démontrant directement une activité criminelle. L’avocat de Vincent Perfetti parle, lui, de qualifications « absurdes » et d’une dérive inquiétante vers la pénalisation des opinions prorusses. Le mari d’Anna Novikova juge les accusations « invraisemblables ». Ces éléments ne disculpent personne. Mais ils justifient pleinement qu’on regarde le dossier avec autre chose qu’un réflexe de meute.

Le soupçon d’un délit d’opinion aggravé par le contexte

Le fond du problème est peut-être là. Depuis le début de la guerre en Ukraine, tout ce qui relève de la russophilie militante, du soutien au Donbass ou simplement d’une lecture dissidente du conflit est traité en France sous un angle de plus en plus sécuritaire. Le contexte international est réel. Les opérations d’influence russes existent. Les services français ont évidemment raison de s’y intéresser. Mais ce contexte ne dispense ni de preuves, ni de nuances, ni de garanties procédurales.

Car enfin, dans cette affaire, les médias dominants ont-ils vraiment cherché à distinguer entre militantisme radical, propagande, humanitaire partisan, influence politique et espionnage au sens pénal du terme ? Ont-ils sérieusement exploré ce qui relève de l’opinion, de l’activisme, de la provocation politique ou d’une éventuelle infraction caractérisée ? La réponse, à lire la plupart des papiers parus, est non.

Tout se passe comme si le climat idéologique du moment suffisait à rendre certaines questions inutiles. Pro-russe ? Donc suspect. Donbass ? Donc opaque. Convois humanitaires ? Donc probablement façade. Relations avec des réseaux proches de Moscou ? Donc culpabilité à venir. Une telle logique est précisément celle qu’une presse libre devrait combattre.

Pourquoi si peu d’enquêtes à décharge ?

L’autre question gênante concerne le travail journalistique lui-même. Où sont les investigations à décharge ? Où sont les entretiens approfondis avec les proches, les avocats, les soutiens, les contradicteurs du parquet ? Où sont les enquêtes sur les motivations exactes du placement en détention, sur les demandes de remise en liberté éventuelles, sur les éléments concrets retenus par les juges ?

La machine médiatique a, semble-t-il, préféré le récit commode de l’« espion russe au coin de la rue » à un examen rigoureux de la procédure. Pourtant, un journaliste n’est pas là pour applaudir des mises en examen. Il est là pour éclairer, vérifier, confronter, gratter là où l’institution voudrait que personne ne regarde.

Dans cette affaire, il ne s’agit pas de proclamer l’innocence des intéressés. Il s’agit de rappeler une évidence que beaucoup semblent oublier : la justice d’un pays libre ne se mesure pas à sa capacité à enfermer des suspects mal vus, mais à sa capacité à garantir leurs droits malgré l’impopularité de leur cause.

Une démocratie se juge aussi à la manière dont elle traite ses dissidents

Il est possible que l’instruction mette au jour des faits lourds. Il est possible aussi qu’elle révèle un dossier plus fragile qu’annoncé. À ce stade, personne de sérieux ne peut trancher publiquement sur le fond. En revanche, il est parfaitement légitime de s’interroger sur le recours durable à la détention provisoire et sur l’étrange absence de curiosité médiatique à ce sujet.

Quand des militants islamistes, des antifas ou des activistes d’ultragauche bénéficient de prudence lexicale, de longs reportages de contexte et de rappels constants à la présomption d’innocence, pourquoi ce souci disparaît-il dès qu’il s’agit de militants prorusses ? Pourquoi certains prévenus ont-ils droit à la complexité, et d’autres seulement à l’étiquette infamante ?

La question dérange, mais elle mérite d’être posée. Et même posée de plus en plus fort.

Au-delà du cas SOS Donbass, une affaire révélatrice

L’affaire SOS Donbass dépasse désormais les seules personnes d’Anna Novikova, Vincent Perfetti et Vyacheslav P. Elle dit quelque chose du climat français. D’un pays où certaines opinions deviennent instantanément sulfureuses, où certaines proximités valent presque condamnation anticipée, et où l’incarcération préventive de profils politiquement détestés ne semble plus scandaliser grand monde.

Politique

C’est précisément pour cela qu’il faut regarder ce dossier avec sang-froid. Non pour blanchir qui que ce soit. Non pour nier les risques d’ingérence étrangère. Mais pour refuser que la raison d’État, l’alignement médiatique et la paresse intellectuelle remplacent l’exigence de preuve, le débat contradictoire et la vigilance à l’égard des libertés publiques.

Car une chose est sûre : dans cette affaire, il n’y a pas seulement trois mises en examen. Il y a aussi une question que trop peu de rédactions ont eu le courage de poser : pourquoi, en France, la détention provisoire de dissidents mal classés idéologiquement semble-t-elle susciter si peu d’émoi ?

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Finistère : Mgr Dognin interdit encore à un prêtre traditionaliste de célébrer dans les églises

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Yann Vallerie, Breizh Info cliquez ici

Quelques mois après avoir chassé la Fraternité Saint-Pierre de son diocèse, l’évêque de Quimper s’oppose cette fois à l’abbé David Aldalur, ancien membre de la Fraternité Saint-Pie X installé à Brasparts, qui revendique une identité catholique traditionnelle et bretonne.

Européens occidentaux

Par un communiqué daté du 25 mars 2026, Monseigneur Laurent Dognin, évêque de Quimper et Léon, a interdit à l’abbé David Aldalur de célébrer dans les églises et chapelles communales du diocèse. Ce prêtre, ancien membre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), s’est récemment installé sur la commune de Brasparts « sans mandat ni mission officielle ».

Un communiqué épiscopal sans appel

« Cette fraternité n’étant pas en pleine communion avec l’Église catholique romaine, son ministère ne bénéficie d’aucune reconnaissance canonique dans le diocèse », écrit Monseigneur Dognin dans son communiqué.

L’évêque rappelle que « conformément à la loi de 1905, les églises et chapelles communales, ainsi que leurs dépendances, sont exclusivement affectées au culte catholique célébré en communion avec le Saint-Siège et sous l’autorité de l’Évêque diocésain ».

Une réponse publique lors du dimanche des Rameaux

Le 29 mars 2026, dimanche des Rameaux, l’abbé Aldalur a, devant un grand nombre de fidèles, que visiblement Monseigneur Dognin n’arrivait plus à réunir jusqu’ici dans cette commune du Finistère, répondu publiquement à cette interdiction lors d’un sermon prononcé à Brasparts devant une assemblée nombreuse. Le prêtre a commencé par lire le communiqué de l’évêque, avant de s’adresser directement à lui.

« Ce n’est pas sans douleur et sans tristesse que je vous lis ce message », a-t-il déclaré en breton et en français. « Excellence ! Mgr Dognin, si seulement ce message pouvait arriver jusqu’à vous. Ah Mgr, si seulement vous pouviez être au milieu de nous ce matin pour voir de vos yeux et entendre de vos oreilles ce qui se dit et ce passe à Brasparts… »

Dans son sermon (à lire ici), l’abbé Aldalur a révélé son vœu le plus cher : « Oui, mon vœu le plus cher, et que j’espère voir réalisé avant ma mort : c’est d’être incardiné dans votre diocèse. »

Il a expliqué sa situation canonique complexe : « Oui, je suis un ancien membre de la FSSPX et j’en suis fier car je suis convaincu que le combat de Mgr Lefebvre sera reconnu plus tard comme celui qu’il fallait mener pour sauver la Tradition de l’Église. »

Concernant son départ de la FSSPX, il précise : « Si je n’ai pas pu rester attaché à cette excellente famille sacerdotale, ce n’est pas une question de désaccord doctrinal, pas même une question d’obéissance, mais une question de vocation. Si l’église n’était pas en crise et si vous n’étiez pas un de ces évêques qui alimentent sciemment ou inconsciemment cette crise (…) je serai devenu dès le départ un de vos prêtres. »

Un combat pour l’identité catholique bretonne

Le cœur du message de l’abbé Aldalur porte sur la défense d’une identité catholique traditionnelle spécifiquement bretonne. Il affirme que les fidèles qui viennent à Brasparts cherchent « ce qu’ils ne trouvent pas ni dans la FSSPX ni dans notre diocèse : Professer, vivre, défendre et revendiquer haut et fort le droit d’être catholique traditionnel breton… de la tête au pied… penn kill ha troad ! »

Il critique ce qu’il considère comme « du modernisme saupoudré de traditionalisme » et « de la pastorale essentiellement française saupoudrée de breton ». « Or nous avons le droit, nous catholiques baptisés bretons en Bretagne à plus que du saupoudrage ! », lance-t-il.

L’abbé souligne l’affluence rencontrée après seulement six mois d’installation : « Mgr, les fidèles qui sont ici aujourd’hui, si nombreux après à peine 6 mois d’installation viennent précisément chercher ce qu’ils ne trouvent pas ni dans la FSPX ni dans notre diocèse. »

Il conclut son sermon par un appel à la persévérance : « Aujourd’hui pour être un prêtre catholique breton traditionnel, il faudra passer par la même voie que NSJC au jour des Rameaux : D’abord l’enthousiasme puis des abandons, d’abord la gloire puis ensuite le dénuement, d’abord les joies et ensuite les larmes. Mais c’est la Croix et seulement la Croix qui est rédemptrice. »

Un évêque déjà en conflit avec les traditionalistes

Cette affaire intervient quelques mois seulement après l’expulsion par Monseigneur Dognin de deux prêtres de la Fraternité Saint-Pierre (FSSP) du diocèse de Quimper, décidée en décembre 2023.

Les abbés Loïc Courtois et Nicolas Télisson, pourtant décrits par l’évêque lui-même comme « des pasteurs zélés » accomplissant « leur ministère avec zèle et se donnant généreusement à la mission qui leur est confiée », avaient reçu l’ordre de quitter le diocèse à la fin de l’année pastorale 2023-2024.

À l’époque, Monseigneur Dognin avait justifié cette décision par des « tensions » au sein du diocèse et par le fait que les activités pastorales des prêtres de la FSSP créaient « de facto deux paroisses personnelles (non canoniques) en parallèle des activités paroissiales ».

Certains observateurs avaient alors souligné les contradictions de l’argumentation épiscopale, notamment le reproche fait à ces prêtres d’être « plus disponibles que leurs confrères » pour le bien des fidèles.

Une ligne de fracture qui s’approfondit

Ces deux affaires successives révèlent une ligne de fracture profonde dans le diocèse de Quimper et Léon concernant la place de la liturgie traditionnelle et, dans le cas de l’abbé Aldalur, la question de l’identité bretonne du catholicisme.

Européens occidentaux

L’abbé Aldalur termine son sermon par une supplique en breton : « Aotrou n’Eskob, spi am eus en em wellimp adarre » (Monseigneur l’Évêque, j’espère que nous nous reverrons), avant de demander la bénédiction épiscopale « pour moi et pour tous les chrétiens qui sont venus ici aujourd’hui et qui viendront demain encore plus nombreux ! »

Plutôt que de s’en prendre à la Tradition, Monseigneur Dognin serait sans doute bien avisé de plutôt s’interroger sur la raison des églises qui se vident dans tout le Finistère, quand elles ne sont pas peuplées uniquement de têtes grises. Sans compter le nombre d’églises et de chapelles qui, toute l’année, restent portes closes, hormis lorsqu’il s’agit de satisfaire quelques touristes.

Le prochain lundi de Pâques, en Scrignac, devrait devrait, eu égard de l’affluence attendue, une nouvelle fois démontrer aux autorités de l’Église catholique en Finistère, qu’elles sont totalement « à la rue ».

12:10 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Le « bébé miracle » de Marine Tondelier ou l'écologie à géométrie variable

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Thomas Joly - Président du Parti de la France

Il y a quelque chose de profondément révélateur dans cette séquence. Marine Tondelier, figure d’une écologie politique qui ne cesse de culpabiliser les Français sur leur mode de vie, annonce, avec force détails, l’arrivée d’un « bébé miracle ». Dont acte : c’est une bonne nouvelle sur le plan humain. Mais politiquement, quelle incohérence.

Depuis des années, les pseudo-écologistes expliquent que la planète est surpeuplée, que chaque naissance alourdit l’empreinte carbone, que faire des enfants serait presque un geste irresponsable. Et voilà que l’une de leurs principales responsables transforme sa grossesse en récit public, en symbole, presque en argument de campagne. Ce qui serait condamnable chez les autres devient vertueux quand il s’agit de soi.

Plus troublant encore : cette même mouvance passe son temps à déconstruire la famille traditionnelle, à dénoncer le « patriarcat », à relativiser le rôle du père et à présenter la maternité comme une construction sociale à dépasser. Mais dès qu’il s’agit d’exister politiquement, on redécouvre les vertus éternelles de la mère, figure protectrice, courageuse, presque sacrificielle.

Il y a là une instrumentalisation évidente de l’intime. On nous livre tout : le parcours, les épreuves, les détails personnels, non pas dans la pudeur mais dans une stratégie de communication parfaitement huilée. La politique devient récit émotionnel, et la maternité, un levier électoral.

Il ne s’agit pas de juger une femme qui attend un enfant mais de pointer une contradiction majeure. On ne peut pas, d’un côté, culpabiliser les autres pour leurs choix de vie et, de l’autre, s’exonérer soi-même de ces principes dès qu’ils deviennent contraignants.

À force de moraliser la société, certains finissent surtout par révéler leurs propres incohérences. Et les Français, eux, ne sont pas dupes.

RAPPEL :

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11:59 Publié dans Thomas Joly | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Citoyenneté sans peuple, la fiction politique du droit du sol

Droit du sol en France : conditions, démarches et exceptions

Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

Le débat nord-américain sur le droit du sol met au jour une rupture fondamentale, la dissociation croissante entre citoyenneté et appartenance, au cœur de la crise politique des nations de culture européenne.

Une querelle juridique qui masque une question vitale

L’audience portée devant la Cour suprême des États-Unis à propos du droit du sol est présentée comme une controverse constitutionnelle. Elle est en réalité d’une tout autre nature. Ce qui s’y joue n’est pas seulement l’interprétation d’un amendement, mais la définition même du corps politique.

Le discours dominant s’efforce de ramener cette question à une opposition morale, ouverture contre fermeture, universalité contre exclusion. Cette rhétorique dispense de penser. Elle évite surtout de poser la question décisive, qu’est-ce qu’un citoyen lorsque le peuple auquel il appartient cesse d’être défini ?

Comme le pensait Pierre Manent, « il n’y a pas de démocratie sans peuple, et il n’y a pas de peuple sans limites ». Or toute extension indéfinie de la citoyenneté tend précisément à abolir ces limites.

La grande confusion, citoyenneté et nationalité

L’un des traits majeurs de la modernité tardive réside dans la confusion entretenue entre citoyenneté et nationalité. Cette confusion n’est pas innocente, elle permet de substituer un statut juridique à une réalité historique.

La citoyenneté, entendue comme participation aux droits politiques, tend à absorber la nationalité, qui désigne pourtant une appartenance plus profonde, culturelle, historique, parfois même anthropologique. Cette substitution permet de faire croire que l’appartenance peut être produite par le droit.

Or l’expérience historique montre l’inverse. Même les régimes les plus universalistes ont été contraints de reconnaître cette distinction. L’Union soviétique elle-même distinguait la citoyenneté, soviétique, de la nationalité, ethnique. Cette reconnaissance implicite d’une pluralité irréductible des appartenances traduisait une réalité que l’idéologie ne pouvait abolir.

La citoyenneté libérale, une construction sans mémoire

La conception libérale de la citoyenneté repose sur une abstraction fondatrice. Elle suppose que l’individu peut être détaché de ses origines, de son histoire, de ses appartenances, pour être reconnu comme sujet de droit.

Cette vision trouve son expression classique chez Ernest Renan. Mais l’interprétation contemporaine en trahit profondément l’esprit. Car Renan lui-même insistait sur le « riche legs de souvenirs » sans lequel aucun plébiscite n’est possible. La volonté ne suffit pas, elle suppose une mémoire.

La modernité tardive, décrite par Marcel Gauchet, tend à dissoudre cette mémoire dans l’universalisme des droits. La citoyenneté devient un attribut, un label, une qualité attribuée indépendamment de toute continuité.

Le droit du sol constitue l’aboutissement de cette logique. Il transforme la naissance en fait générateur d’appartenance, indépendamment de toute inscription dans une histoire commune. Le territoire devient un support administratif, non plus un espace vécu.

L’illusion de la citoyenneté universelle

Cette extension indéfinie de la citoyenneté repose sur une illusion, celle d’une communauté politique sans fondement substantiel. Elle suppose que des individus peuvent partager des droits sans partager un monde.

Dominique Schnapper a montré que la citoyenneté moderne repose sur une tension entre universel et particulier. Lorsque cette tension disparaît au profit du seul universel, la citoyenneté perd sa consistance.

Le résultat n’est pas l’unité, mais la juxtaposition. Des individus juridiquement égaux coexistent sans nécessairement former un peuple. Le droit produit une fiction d’unité que la réalité sociale dément.

La conception organique, la citoyenneté comme destin partagé

Face à cette abstraction, une autre conception subsiste, plus ancienne, plus enracinée. Elle considère la citoyenneté comme l’expression d’une continuité historique.

Alexis de Tocqueville soulignait que les institutions démocratiques reposent sur des mœurs. Ces mœurs, produit d’une histoire longue, constituent le socle invisible de la citoyenneté.

Dans une perspective proche, Alain de Benoist rappelle que « toute identité est héritée avant d’être choisie ». Cette formule dit l’essentiel, la citoyenneté ne se décrète pas, elle se reçoit et se transmet.

Le juriste Carl Schmitt apporte une clé décisive. Le politique suppose une distinction, une capacité à dire qui appartient et qui n’appartient pas. Une citoyenneté indifférenciée tend à abolir cette distinction, et avec elle, la possibilité même du politique.

Le droit du sol, moteur de la déliaison

Le débat américain met en lumière une transformation du droit du sol lui-même. Ce qui fut un instrument d’intégration devient un mécanisme de déliaison.

Les critiques soulignent ses effets concrets, attraction migratoire, stratégies d’ancrage par la naissance, transformation de la citoyenneté en moyen d’accès indirect au territoire. La figure des « anchor babies » illustre cette mutation, la citoyenneté cesse d’être un aboutissement pour devenir un levier.

Plus profondément, elle tend à produire ce que l’on pourrait appeler une citoyenneté de circonstance. Elle ne procède plus d’une appartenance, mais d’un événement, la naissance sur un sol.

Cette évolution correspond à ce que Oswald Spengler décrivait comme le destin des civilisations tardives, la survie des formes au prix de la disparition de leur contenu.

Dissocier pour restaurer

Face à cette crise, une piste consiste à rétablir la distinction entre nationalité et citoyenneté. La première relèverait de l’appartenance historique, la seconde de la participation politique.

Une telle dissociation permettrait de reconnaître la réalité des sociétés contemporaines tout en préservant l’existence du corps politique. Elle introduirait une hiérarchie là où règne aujourd’hui la confusion.

Elle suppose toutefois de rompre avec l’illusion selon laquelle le droit peut produire de l’appartenance. Comme le rappelait Guillaume Faye, une société qui ne se définit plus finit toujours par être définie par d’autres.

Une question européenne décisive

L’Europe est désormais confrontée à cette question dans toute son ampleur. Le droit du sol, dans ses différentes déclinaisons, participe à une transformation silencieuse du corps civique.

Cette transformation ne se limite pas à des statistiques ou à des flux. Elle affecte la perception même de l’appartenance, et donc la cohésion politique.

Le débat américain ne fait qu’anticiper des interrogations qui s’imposeront, tôt ou tard, aux nations européennes.

Un révélateur

Le droit du sol n’est pas un simple mécanisme juridique. Il est un révélateur.

Il révèle une mutation profonde, le passage d’une citoyenneté enracinée dans une histoire à une citoyenneté produite par le droit. Entre ces deux conceptions, le choix n’est pas technique, il est existentiel.

Car au terme de cette évolution, une question demeure à laquelle il faudra bien un jour donner une réponse : une communauté politique peut-elle survivre lorsque la citoyenneté n’exprime plus une appartenance, mais seulement une procédure ?

Article paru sur Polémia (cliquez ici)

09:08 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |